Magali Garnero : Bonjour les Journées du Logiciel Libre. Je m’appelle Magali Garnero, mais je suis plus connue sous le pseudo de Bookynette parce que je suis libraire et que je fais moins d’un mètre soixante. Assise vous ne vous en rendez pas compte, mais je suis pas la plus grande des libristes.
Quand et pourquoi ?
Pourquoi avons-nous lancé cette opération [1] ?
Je pense que vous avez tous entendu parler de l’arrêt du support de Windows 10 par Microsoft, c’était en octobre 2025, mais dès le mois de janvier on savait que ça allait être fini, on s’est dit « c’est une super occasion, c’est vraiment un truc parfait. Tous les gens qui ont acheté des ordinateurs qui sont sous Windows 10 vont être dans la mouise, ils n’ont pas forcément les moyens de passer sous Windows 11, cet arrêt du support est inadmissible. » Windows nous fait ça régulièrement, nous ne sommes donc pas très surpris, mais on avait vraiment envie de marquer le coup.
En plus, nous étions en contact avec plein d’associations dont HOP, Halte à l’Obsolescence Programmée [2] avec qui on a déjà fait des partenariats sur l’obsolescence, je ne sais pas si les gens savent ce que c’est que l’obsolescence ou si j’ai besoin d’expliquer ce qu’est l’obsolescence, de toute manière je vais l’expliquer. Bref, nous étions déjà en partenariat avec HOP et on s’est dit qu’on allait faire des choses ensemble, ça va être merveilleux. HOP a préféré faire « Non à la taxe Windows ! » et demander à ce que le support soit prolongé. À l’April, la prolongation du support on s’en…… pourquoi pas, mais on préfère le boycott. On s’est dit qu’on n’allait pas forcément relayer ce qu’ils font, on va partir sur totalement autre chose et on a lancé l’opération Adieu Windows.
Je sens que tu as quelque chose à me dire, je rapproche le micro, du coup ça j’ai touché le câble, c’est la malédiction du numérique, pourtant j’aime le numérique, il ne me le rend pas autant que je l’aime.
Voilà ! On se dit qu’on n’allait pas du tout soutenir la prolongation du support sachant que ce support, selon les lois européennes, était obligatoire pendant encore un an, je ne sais pas pourquoi Microsoft a fait une annonce en 2025 en disant « on arrête », ils allaient forcément se faire aligner par l’Europe.
Nous sommes partis sur totalement autre chose.
Imaginez plusieurs libristes qui se demandent « qu’est-ce qu’on fait ? ».
C’est quoi le problème ?
On s’est dit que puisque Microsoft arrête son support, on va parler d’obsolescence programmée.
L’obsolescence programmée ce n’est pas nouveau, ça existe depuis des années. Je vous ai mis la définition de Wikipédia et je vous ai mis la définition de Larousse. Wikipédia parce qu’ils font les choses bien. Larousse parce que je suis libraire, j’en ai un et j’ai voulu savoir comment ils en parlent. C’est Larousse, on sent que ce ne sont pas des informaticiens. En gros, ça parle de dépréciation de choses qui continuent à fonctionner mais qu’on arrête d’utiliser pour des mauvaises raisons qui sont souvent liées à l’argent. Vous avez tous eu le temps de lire qu’il y avait derrière moi ou pas, sinon je vais attendre un petit peu et je vais meubler.
Ce terme d’obsolescence programmée m’a toujours tuée parce que c’est quelque chose qui est dans la loi mais qui n’est pas respecté.
Ce n’est pas nouveau !
Comme je disais, ce n’est pas nouveau.
Je ne sais pas si des gens étaient là en 1925, je ne pense pas. En 1925, il y avait une super lampe à incandescence, les ampoules qu’on met au plafond, il y en a encore dans pas mal d’endroits même si ici c’est plutôt autre chose. Ils avaient trouvé une ampoule qui ne s’éteint pas, qui ne meurt pas, qui dure des années, c’était génial, les gens se sont jetés dessus, tout le monde avait des super ampoules. Effet de bord, plus personne n’achetait d’ampoules ! Qu’ont fait les industriels ? Ils ont fait un retour en arrière, ils sont revenus sur des ampoules qui claquaient au bout de trois ans. Voilà les premières traces de l’obsolescence programmée. Plutôt que vendre un produit fonctionnel qui va durer des années, on vend de la merde, on sait que ça s’arrêtera, c’est de la consommation, il faut rentabiliser les entreprises, c’est de l’argent pour les gens qui ont des actions dans ces entreprises. Je vais arrêter de dire du mal des multinationales, mais, en gros, il faut faire de l’argent.
En 1940, pareil. Je pense qu’aucune femme n’était là en 1940. Ils ont fait des bas en nylon qui ne filaient plus, c’est merveilleux ! Sauf qu’on arrête d’acheter des bas qui ne filent plus puisque ceux qu’on a ne filent pas. Économie en chute. On refait de la merde. Autant distribuer de la merde que tout le monde va acheter régulièrement plutôt que d’avoir un bon produit qui fonctionne.
Et ça continue comme ça. Je peux vous parler des voitures, des cartouches d’encre, des imprimantes, des vêtements. Si vous achetez des vêtements chez Schein, sachez que vous ne pourrez pas les réparer, c’est irréparable, les couturières s’arrachent les doigts. Bref ! Tout est fait comme ça pour que les gens consomment au lieu d’avoir des produits robustes.
Vous me direz qu’on n’est pas trop concerné dans le numérique ! Eh bien si !
Exemples
Je ne sais pas si des gens sont sous Apple – je t’aime quand même ! Il faut savoir qu’avec Apple, chaque fois qu’une nouvelle version paraît, bizarrement les anciennes versions sont extrêmement ralenties. Une étude a été faite dans une université sur les moteurs de recherche. Dès qu’il y a une nouvelle version Apple, le moteur de recherche reçoit énormément de questions genre « mon téléphone ralentit que puis-je faire ? Mon téléphone n’affiche plus, que puis-je faire ? ». Dès qu’il y a un nouveau modèle, les anciens fonctionnent moins bien. C’est étonnant ? Non ce n’est pas étonnant, c’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée, on essaie de te forcer à changer de modèle.
Qui a des imprimantes HP ? [Magali lève la main, NdT]. Je ne sais pas vous, mais moi je n’en peux plus de mon imprimante entre les cartouches qui ne fonctionnent plus, le tambour qui ne fonctionne plus et « attention j’ai dépassé un certain nombre d’impressions ». Alors que la machine fonctionne elle est bloquée pour une de ces trois raisons-là. Toujours de l’obsolescence programmée ou de l’obsolescence matérielle, comme vous voulez.
Qui a un Google Pixel 4 ? Est-ce que quelqu’un, parmi vous, a un téléphone Pixel 4 ? Pour une fois je n’ai personne, c’est vrai que nous n’êtes pas trop nombreux. Ils ont fait une mise à jour qui était merveilleuse, après la mise à jour la batterie durait deux heures ! Une mise à jour qui fait qu’après le téléphone dure deux heures. Je ne sais pas combien de fois vous rechargez votre téléphone par semaine, jour, heure. Tu avais un Pixel 4 ?
Public : Inaudible.
Magali Garnero : Avec ton téléphone portable, tu es obligé de te trimballer avec ta prise ou ton chargeur. C’est parfait ! Du coup on se rapproche du téléphone fixe, on ne peut pas s’éloigner d’une prise électrique. C’est Google, c’est du numérique, c’est Android, c’est censé être libre et pourtant on a eu cette grosse merde. Je crois qu’ils ont arrêté.
Et puis Windows c’est du numérique, mais Windows 7, Windows XP, Windows 8, il n’y a pas eu de Windows 9, Windows 10. À chaque fois ils arrêtent le support pour vous forcer à acheter du nouveau matériel.
Septembre 2025
C’est vrai qu’à l’April ça nous saoule, donc on s’est dit qu’on allait faire autre chose.
On a essayé de faire un truc avec HOP, ça ne s’est pas fait.
À ce moment-là, on est en septembre, aux alentours du 15 septembre. Il faut savoir qu’à l’April prendre une décision ça prend du temps. Nous sommes des administrateurs, nous sommes assez nombreux et on doit être d’accord. Françoise [Conil] est dans la salle, c’est une des administratrices, elle pourra témoigner. Il faut que tout le monde soit d’accord, il faut qu’on ait une majorité, il faut qu’on ait une bonne idée. Moi j’ai une idée par jour, il faut vraiment me canaliser pour trouver LA bonne idée.
Au sein de l’April on a quelque chose qui est extraordinaire qui s’appelle l’Agenda du Libre [3]. Connaissez-vous l’Agenda du Libre ? Je vois des oui, je vois des non.
L’Agenda du Libre est un truc extraordinaire. C’est un site internet sur lequel on voit tous les événements de la communauté libriste et on voit aussi toutes les organisations qui font partie de cette communauté libriste et c’est rangé par département, par région, par tout ce qu’on veut. Si toi-même tu as une entreprise ou si tu fais partie d’une association, inscris-toi. Toutes ces associations, toutes ces organisations créent constamment des événements et vont les publier sur l’Agenda du Libre. Or, le grand public ne sait pas ce qu’est l’Agenda du Libre. Déjà le grand public ne sait pas ce qu’est le Libre, donc vous imaginez l’Agenda du Libre !
On se dit que l’April va être interviewée par tous les journalistes qui veulent savoir ce qu’on fait contre l’arrêt du support de Windows 10, alors qu’on s’en fout de cet arrêt du support, mais nous allons forcément être interviewés. Il faut qu’on arrive à faire quelque chose qui va visibiliser toutes les actions des Groupes d’Utilisateurs de Logiciels Libres, les GULL, tous ces gens qui font des événements, qui font des install parties, qui font des permanences, qui organisent les Journées du Logiciel Libre, qui font les choses au jour le jour. On va essayer de leur donner une sorte de visibilité beaucoup plus importante que juste locale. Sachant que ce sont souvent les locaux qui viennent aux install parties, mais bon, on essaye de faire un truc immense et on lance l’opération Adieu Windows, bonjour le Libre !
Lancement de l’opération
Ce nom « Adieu Windows, bonjour le Libre ! » a été choisi suite à l’échange de 25 mails. Le nom d’une campagne est important, on ne se rend pas compte à quel point c’est important. Il fallait que ce soit un peu dénonciateur, « Adieu Windows », et il fallait que ce soit positif, il fallait qu’on propose quelque chose pour être entraînants.
On en discute, finalement on a une majorité qui rajoute « vive le Libre », on arrive à « Adieu Windows, bonjour le Libre ! ».
Gee, qui n’est pas là parce qu’il est coincé sur son stand – si vous aimez les bandes dessinées je vous conseille d’aller dans le grand couloir, vous avez les Éditions ptilouk.net [4]. Ce sont des bandes dessinées très drôles que ce soit Superflu Riteurnz, que ce soit La chaîne Météore, mais aussi le jeu vidéo Sales gosses !, moment pub fini –, nous fait un petit dessin avec un logo, que vous verrez tout à l’heure, avec lequel on va pouvoir communiquer.
On a le nom, on a l’accord, on profite de l’aura de Microsoft, on a l’Agenda du Libre, qu’est ce qui manque ?
Réalisation de l’opération
Il nous manque l’argument. L’argument de choc, autant vous dire que ça n’a pas été hyper compliqué à l’April, il suffisait de faire une lecture globale du site internet et on avait tous les arguments des raisons pour lesquelles il faut arrêter Windows. Comme ça fait 30 ans qu’on le dit c’était assez facile, on avait même plus de texte que ce dont on avait besoin parce que nous sommes très prolixes à l’April pour écrire du texte.
Il nous fallait l’accord de GULL. Lancer une opération pour faire la promotion des gens c’est sympa, s’ils ne sont pas au courant, s’ils ne sont pas d’accord, ça devient compliqué. On est début octobre, le 2 ou le 3, on est à 10 jours de la date d’arrêt du support qui était le 14 et on envoie des mails à plus de 200 associations pour leur dire « rejoignez le mouvement ». Mon vice-président, Laurent Costy, vient d’arriver dans la salle, qui s’est alors pris la tête dans les mains. Il faut vraiment contacter ces gens et surtout il faut qu’ils acceptent de participer. Oui c’est l’April, oui ils nous connaissent, mais ils n’ont peut-être pas envie d’avoir plus de monde que ce qu’ils ont déjà. S’ils croulent déjà sous le public, s’ils n’ont pas assez de bénévoles, ils n’ont peut-être pas envie qu’on leur envoie encore plus de gens, mais on contacte tout le monde.
On contacte les journalistes, on fait de la communication c’est-à-dire qu’à chaque fois que des journalistes nous demandent « que pensez-vous de l’arrêt du support », on leur dit « on s’en fout, mais on en train de mettre quelque chose en place » et on parle de l’opération Adieu Windows. C’est donc une communication qui se fait de façon nationale et même, je vais me la péter un tout petit peu, j’ai rencontré un journaliste suisse et un journaliste belge, je les ai forcément renvoyés vers des GULL suisses et belges. D’ailleurs je salue Swisslinux [5] qui a fait Les Rencontres Hivernales du Libre [6] il n’y a pas très longtemps, qui nous ont super bien reçus, ils sont géniaux.
Pour que les journalistes aient quelque chose à voir, l’Agenda du Libre c’est très général et ce n’est pas qu’avec les GULL qui ont accepté de participer à l’opération, il faut qu’on fasse un site internet qui soit beau, qui soit joli, qui soit accueillant, où il y ait tous les informations hyper importantes, et cela se fait en une nuit. Nous sommes le 10 octobre et il ne reste plus que quatre jours ! J’ai la chance incroyable d’avoir, à l’April, Julie Chaumard qui est aussi une administratrice et Vincent Calame. Ils nous mettent un SPIP en place. Ils récupèrent tous les argumentaires sur lesquels on a communiqué et, en une nuit, ils font un site internet, le site que je vais vous montrer. Et bien sûr, on continue à contacter les médias qui ont osé ne pas nous contacter, c’est inadmissible !
Tout ce dont je vous parle se fait à peu près en dix jours. Dix jours lancer une campagne.
Vous me direz qu’on n’avait que la com’ à faire puisque tous les événements sont faits par les GULL, mais il faut le faire. Il fallait recevoir l’accord des GULL, sachant que quand les GULL répondent soit c’est par mail soit ils mettent le tag « adieu-windows x sur leur évènement sans qu’on sache qu’ils font partie de l’opération, il faut donc bien surveiller tous les événements qui arrivent pour les inscrire parce que qui inscrit un événement inscrit son association automatiquement, c’est logique. Parfois ils ne vous répondent pas, mais ils font quand même partie de l’opération.
Présentation du site Adieu Windows, bonjour le Libre !
Oui j’en suis fière. Je suis techniquement une brêle, je ne sais pas dessiner, mais je trouve ce site-là magnifique.
On retrouve le dessin de Gee, un dessin qu’il avait fait pour la campagne financière du Lama déchaîné qu’on avait lancée en 2024 [7], qui était en noir et blanc, en gros qui était un peu anti-Microsoft. Là il nous l’a colorisée, il a rajouté le Cloud Azure Microsoft, il a fait un truc magnifique qu’on a réussi à implémenter de cette manière-là ce qui fait qu’on a un site quand même assez joli. Quand on voit le site institutionnel de l’April et qu’on voit ça, on voit la différence : pratique, fonctionnel, avec plein d’informations, joli, sympa. Ça va changer, spoil, le site de l’April est en train de changer.
On a donc ce site qui est fait en une soirée par trois bénévoles sous SPIP. Je tiens à préciser, parce qu’on m’a dit que SPIP c’est vieux, qu’on fait des trucs très bien avec SPIP. Je remercie les bénévoles qui s’occupent de SPIP. Nous faisons nos sites sous SPIP et ça fonctionne.
À la base, il n’y avait que cinq pages : la page d’accueil, l’argumentaire, les événements, les associations et comment organiser un événement parce qu’on s’est dit que si quelqu’un veut organiser un événement peut-être qu’il a besoin d’aide. On a été obligé de rajouter le « Point Presse » pour les journalistes, on a été obligé de rajouter le « À propos ». Dans le « À propos » ça parle de l’April parce qu’on avait oublié de se présenter. On lance une super opération et on oublie de parler nous ! Typique de nous !
Comme je vous disais, sur ce site internet on va récupérer tous les événements qui sont sur l’Agenda du Libre.
Il faut savoir qu’à l’April on aime bien être transparents, on aime bien parler de tout. On a aussi une page « Argumentaire » sur laquelle on va parler d’autre chose que de nous. Nous sommes en train de lancer Adieu Windows, mais d’autres initiatives se sont mises en place comme NIRD [8] dans l’éducation, au ministère de l’Éducation par des bénévoles dont un fait partie de l’April, comme les parrains et marraines Linux qui ont mis en place une carte, gogocarto.fr [9], avec des gens qui sont prêts à aider, mais qui ne font pas partie de l’association et End of 10 [10] qui a été lancée par une équipe allemande.
On a quand même fait tout un paragraphe pour parler de ces opérations-là parce que si les gens ne trouvent pas d’événement dans leur coin, ils trouveront peut-être des gens qui font partie de ces initiatives.
L’argumentaire
On renvoie les journalistes qui nous ont contactés vers les GULL qui nous ont dit qu’ils étaient OK pour participer.
Si vous avez du temps, un ordinateur et pas trop de chaleur, vous pouvez aller lire l’argumentaire qui fait quand même deux formats A4, mais sur Internet ça ne se voit pas ça scrolle tout seul.
Les associations
On a 100 associations, 100 organisations, 104 aux dernières nouvelles, qui participent à l’événement. On a commencé à 40 et au fur et à mesure des mois ça a augmenté. En novembre on était à 70. Lors des Rencontres Hivernales du Libre, en janvier, on avait dit 97, à AlpOSS on était à 99, j’étais dégoûtée, je faisais une conférence [11], 99 associations. Là ça y est, on a dépassé les 100, donc je suis toute contente. Ça peut être des GULL, ça peut être des associations basiques, ça peut aussi être des entreprises qui veulent soutenir l’événement, ça peut être des fablabs, ça peut être des médiathèques, ça peut être de simples tiers-lieux, ça peut aussi être des particuliers qui se sont inscrits à l’opération.
Si vous voulez être inscrit dans cette opération et en faire partie, il suffit d’inscrire votre organisation sur l’Agenda du Libre et de rajouter le tag « adieu-windows », c’est d’une simplicité enfantine. Au pire, si vous n’y arrivez pas, vous envoyez un mail, on le fera pour vous, j’adore rajouter ce tag, je vous le dis, je kiffe à chaque fois.
Bref, on a 104 associations en France en Belgique et en Suisse. Parce que forcément, si je me déplace en Suisse, que je rencontre Swisslinux – je crois qu’ils y étaient déjà –, bref, ce serait donc dommage de pas y être et ça donne une certaine notoriété à l’association qui en fait partie puisque les journalistes locaux vont du coup contacter des GULL qui sont à côté de chez eux et s’il y en a un, c’est lui qu’ils vont contacter. Je crois que Next est allé du côté de Bordeaux pour son article [12].
Donc 102 associations, je ne sais pas pourquoi j’étais à 104, peut-être parce que j’ai reçu des mails. Bref !
Les événements
Tous les événements qui sont sur l’Agenda du Libre avec le tag « adieu-windows » apparaissent sur le site Adieu Windows, mais ils apparaissent toujours sur l’Agenda du Libre, donc vous les voyez quand même.
Typiquement les Journées du Logiciel Libre sont sur Adieu Windows, sont sur l’Agenda du Libre. D’ailleurs merci de vous inscrire tous les ans sur l’Agenda du Libre, ça me fait super plaisir.
On est à 1166 événements, on a dépassé les 1000 il n’y a pas longtemps et ça augmente tous les jours. Tous les jours les gens proposent des événements et tous les jours ce chiffre augmente. Si ça se trouve, je vous dis 1166, mais je vous mens, involontairement, c’est plus, sachant que j’ai fait la mise à jour de présentation il y a trois jours et que l’image qui est derrière moi indique 1004, parce que je n’ai pas changé les slides que j’avais, j’ai juste mis à jour au niveau des chiffres, donc ça augmente tout le temps. Et c’est génial de voir que des événements arrivent avec le tag et que je n’ai rien à faire.
Il y a plusieurs sortes d’événements. Il y a
- des install parties comme celle qui a lieu en ce moment dans un des bâtiments, ce n’est plus à côté du village c’est ailleurs, c’est juste là
- des ateliers alors, pas ateliers de réparation, c’est autre chose, mais des ateliers de formation sur certains logiciels. Typiquement voulez apprendre, au hasard, Inkscape [13] le logiciel utilisé pour faire la super image qui est derrière moi, vous pouvez trouver des gens qui vont vous former sur Inkscape. Je sais que Paheko [14], le logiciel de comptabilité, fait énormément d’ateliers de formations. Bref on peut rapidement monter en compétences grâce à des ateliers qui sont organisés près de chez soi ou pas. Je viens de Paris à Lyon pour participer à un événement. S’il y avait un atelier Inkscape j’y participerais, message subliminal, on ne sait jamais !
- des rencontres, ça peut être des apéros, ça peut être des barbecues, ça peut être plein d’autres événements, ça peut être de restaurants. Bref, n’importe quelle action de rencontre. Ça peut être juste des discussions informelles
- ça peut être des permanences. Parfois on utilise plusieurs mots pour la même chose, « permanence » parce que c’est un événement qui revient toutes les semaines alors qu’une install partie ce n’est peut peut-être qu’une fois par mois, je ne sais pas. Chaque GULL utilise le vocabulaire qu’il veut
- ça peut être des formations qui ne sont pas la même chose que des ateliers ou peut-être que c’est la même chose mais ce n’est pas le même mot
- ça peut être des apéros, je pense que tout le monde voit ce qu’est apéro. Sachez que les apéros à l’April sont végés sans alcool, si vous voulez manger de la viande et apporter de l’alcool, il faut le faire vous-même, mais ça peut aussi être des apéros.
Mode d’emploi et autres initiatives
Comme je vous le disais, on a une sorte de mode d’emploi sur la façon d’organiser des événements au cas où quelqu’un voudrait se lancer mais qui ne sait pas. Un mode d’emploi a été fait à l’aide de plusieurs GULL, de plusieurs témoignages, pour aider des personnes qui voudraient se lancer. C’est une aventure extraordinaire, si vous ne l’avez jamais fait, faites-le, c’est original.
Partenariats
En 2026, nous avons eu plusieurs bonnes surprises. Cette opération Adieu Windows a créé un engouement, a attiré des gens qu’on connaissait mais qui n’étaient pas encore passé au Libre. Gauthier, qui était là, m’a dit « je reviens dans une demi-heure », je vais devoir meubler ou alors je vais passer à la slide d’après.
Je vais vous raconter comment ça s’est passé en gros avec Alternatiba, ensuite Gauthier vous parlera de l’opération d’Alternatiba.
Nous sommes en contact avec Alternatiba depuis pas mal de temps, mais on ne faisait rien ensemble. Ils ont préféré soutenir à l’opération HOP avec prolongement du support de Windows parce que, climatiquement, il faut prolonger pour faire durer les ordinateurs et ainsi de suite. Ils ne sont pas dans le mode boycott, mais ils avaient quand même envie de dénoncer – j’allais dire un gros mot – le fait que Windows oblige les gens à racheter des nouveaux matériels, donc, avec Alternatiba, nous avons fait une sorte de procession funèbre, je ne sais pas si vous en avez entendu parler [15]. Nous nous sommes baladés avec un énorme cercueil noir, ils étaient quatre à le porter pas parce que c’était lourd, le cercueil était vide, je vous rassure, mais juste pour l’équilibre du cercueil parce que quand vous êtes à deux à porter un cercueil il a tendance à pencher, bref ! Donc plusieurs associations, il y avait Alternatiba, il y avait HOP, 60 Millions de consommateurs qui ne s’appelle plus comme ça maintenant, bref, il y avait plein d’associations et nous sommes allés enterrer un énorme cercueil dans lequel il avait 300 millions d’ordinateurs, ils n’y étaient pas vraiment, c’est une image, devant les locaux de Microsoft. Y a-t-il des gens qui ont vu ces images-là dans L’Humanité ? OK, je t’aime, j’aime tout le monde, rassurez-vous !
Ça a été un gros coup médiatique, on a réussi à faire venir des médias qu’on ne voit pas souvent, il y avait Le Monde, il y avait L’Huma, il y avait Les e-novateurs, ça me permet de faire coucou aux e-novateurs, je vous aime.
Ne lisez pas ce qui est écrit derrière moi, sinon Gauthier n’aura plus rien à vous dire !
Cette procession-là a permis de se mettre d’accord pour faire des choses ensemble.
Public : UFC-Que Choisir.
Magali Garnero : Je crois que maintenant ils s’appellent autrement, Que Choisir Ensemble, bref, ce n’est pas grave, nous étions assez nombreux. Comme il fallait que ce soit gardé secret on n’a pas pu communiquer autour, donc nous n’étions pas très nombreux, mais c’était assez marquant.
Je vais vous révéler un truc qui est pas encore officiel, puisque Gauthier n’est pas là, je vais passer au bas de ma slide, l’April a été contactée par les Restos du Cœur qui veulent libérer leur infrastructure numérique [16]. Donc les GULL qui sont inscrits à Adieu Windows vont recevoir un appel dans les jours à venir disant que les Restos du Cœur ont besoin de vous, est-ce que vous accepteriez de devenir bénévoles temporaires des Restos pour les aider à installer du logiciel Libre sur leurs ordinateurs. Ils ont déjà la distribution, ce sera Linux Mint Mate, elle est prête, elle correspond déjà à l’intégralité des besoins qu’ont tous les centres des Restos du Cœur, il y a juste besoin d’aide pour l’installation.
Du coup je vais sauter Alternatiba, désolée Gauthier
Cette opération Adieu Windows donne une énorme visibilité aux logiciels libres et des associations qui ne seraient pas venues vers nous entendent parler du Libre et, avec tout ce que fait Trump, elles veulent quitter Microsoft, elles veulent quitter Google, elles veulent quitter Amazon, Facebook et Apple, elles découvrent que le logiciel libre existe et elles viennent vers nous. Merci Trump, tu auras au moins fait ça bien. Grâce à ses conneries, grâce à ses propos débiles, il emmène les gens vers le Libre.
Est-ce que quelqu’un a déjà entendu parler du juge Guillou [17] ? Je vois des oui. Pour ceux qui ne connaissent pas, le juge Guillou est un juge français qui fait partie de la Cour pénale internationale, ce n’est pas n’importe qui. Cette Cour pénale a plus ou moins pris parti contre Israël et le génocide en Palestine. En faisant ça, forcément, elle a fâché Netanyahou qui en a parlé à Trump et Trump a décidé de considérer tous ces juges comme des terroristes. Aux États-Unis, on enlève aux gens qui sont considérés comme des terroristes tout ce qui est paiement bancaire qui passe par Visa ou par Mastercard, on leur enlève leur messagerie Outlook, on leur enlève toutes les plateformes de location, on leur enlève plein de choses puisque ce sont des terroristes. En gros, le juge a réussi à nous faire une sorte de mode d’emploi de toutes nos dépendances aux États-Unis. C’est extraordinaire ! Il nous a dit tout ce qu’il vit au jour le jour depuis un certain temps. Je parle du juge Guillou, mais ils sont cinq dans cette situation, cinq juges de la Cour pénale internationale à vivre ça, ce qui nous montre à quel point nous dépendons de ces multinationales au quotidien. Il ne peut même plus faire une location de chambre dans n’importe quel pays, même si ce n’est pas aux États-Unis, parce que ça passe par des plateformes qui sont américaines.
Public : Il faut aller voir la vidéo de l’audition du juge Guillou à l’Assemblée nationale [18]. On voit qu’il a été évincé des systèmes informatiques américains. Allez-y, en plus il y a d’autres vidéos intéressantes sur le site de l’Assemblée nationale.
Magali Garnero : Toujours pas de Gauthier ? C’est contre mon cœur, mais il reviendra.
En parler !
Que faut-il faire pour que cette opération soit connue et qu’elle ait encore plus de visibilité ?
Il faut en parler dans les médias. Dernièrement un article a été publié dans une revue qui fait de la généalogie, qui en a parlé, donc merci, ça faisait longtemps.
Il faut en parler lors des événements libristes, je suis là, c’est pour cela que je fais la conférence. Je le mets dans la signature de mes mails, pas depuis que mon ordinateur est en réparation. Dans la signature de vos mails n’hésitez pas à parler de Adieu Windows parce que, en faisant ça, vous allez parler aussi d’autres événements qui sont un peu partout en France, Belgique et Suisse.
Il faut en parler autour de vous dès que vous en avez l’occasion.
J’ai quelques flyers Adieu Windows sur le stand de l’April, il y en a plein à l’ALDIL [19], n’hésitez pas.
Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? En parler autour de soi, participer à des événements. Si vous allez dans des événements qui ne sont pas forcément sur Adieu Windows mais qui sont organisés par des GULL, parlez-leur de Adieu, Windows, il y a encore des GULL qui ne sont pas sur Adieu Windows, ils ont le droit de ne pas y être, peut-être parce qu’ils n’ont pas entendu, peut-être parce que je n’ai pas le bon mail, peut-être que c’est passé dans les spams, étant donné que j’envoie énormément de courriels, c’est possible que je passe dans les spams maintenant.
Donc recruter de nouvelles associations, organiser des événements.
On va faire un flashback en arrière, vous n’avez rien vu, vous n’avez jamais vu cette slide et je vais vous parler de Gauthier qui fait partie d’Alternatiba [20], ça fait dix minutes que je meuble. J’ai essayé de garder le secret, pour que tu puisses toi-même en parler.
Il faut savoir qu’à un événement qui s’appelle AlpOSS [Alpes Open Source Software], qui est organisé à Échirolles, pas très loin de Grenoble, je faisais justement une conférence Adieu Windows bonjour le Libre ! et j’ai eu la chance de croiser Gauthier. Gauthier je te laisse la parole.
Gauthier Fanucci : Avec Bookynette, nous nous sommes croisés dans les couloirs de AlpOSS. Je viens vers elle en disant « Alternatiba voudrait faire des choses avec l’April. » Alternatiba n’est pas du tout une association qui promeut le logiciel libre, c’est une association écolo qui milite pour le climat et la justice sociale, mais qui veut aussi mettre en valeur des alternatives et nous nous sommes interrogés sur le problème de la fin du support de Windows 10 dont Booky vous a parlé. Nous nous sommes dit que c’est un scandale démocratique, social et aussi écologique avec la quantité d’ordinateurs Dont la plupart des gens ne vont pas trop savoir quoi faire et ils vont acheter un nouvel ordinateur sous Windows 11. On s’est dit qu’il y avait quelque chose de vraiment intéressant à faire en termes de mobilisation et qu’il fallait s’appuyer aussi sur les forces des libristes convaincus. On s’est dit « faisons du lien entre le monde écolo qui ne connaît rien au logiciel libre et le monde libriste qui ne connaît probablement pas grand-chose aux préoccupations de monsieur et madame Tout-le-monde qui est sur Gmail, etc. », nous nous sommes dit « faisons ce lien-là ». Du coup, avec Alternatiba, nous avons lancé une campagne qui s’appelle Piratons Microsoft [21], j’ai quelques petits flyers, on n’en a plus beaucoup. L’idée c’est de mettre la pression à Microsoft pour, dans un premier temps, dire « essayons le plus possible d’étendre la fin des mises à jour de Windows 10 pour pouvoir avoir du temps – c’est la partie où, avec l’April, on ne se rejoint pas –, pour pouvoir faire en sorte qu’un maximum de personnes puissent migrer sur des logiciels libres et c’est là où, effectivement, on s’entend vraiment.
Il y a plein de groupes locaux Alternatiba, qui promeuvent des alternatives au niveau de leur territoire, qui sont invités à faire du lien avec des groupes locaux d’utilisateurs et utilisatrices de Linux, les GULL, donc faisons du lien entre les groupes locaux d’Alternatiba et les GULL pour organiser des install parties et rendre accessibles ces install parties pour nos militants lambda d’Alternatiba. Naturellement la personne ne va pas aller à cette install partie, donc essayons de faire davantage ce lien-là.
C’est l’idée, on s’est dit « faisons ce lien-là », et puis on a eu une idée aussi qui était de symboliquement enterrer les ordinateurs qui allaient être condamnés par Microsoft, donc 300 millions d’ordinateurs. On a fait une procession, une marche funèbre devant le siège de Microsoft, plusieurs associations ont pris la parole dont l’April.
Magali Garnero : J’en ai oublié une. J’ai parlé de l’April, j’ai parlé de HOP, j’ai parlé d’Alternatiba.
Gauthier Fanucci : Il y avait aussi Que choisir Ensemble, le nouveau nom de UFC-Que Choisir.
Magali Garnero : Il y en avait une autre. J’ai honte.
Gauthier Fanucci : Vous pourrez retrouver des informations sur piratonsmicrosoft.fr si ça vous intéresse.
Magali Garnero : C’était Zero Waste France [22] je suis contente je m’en suis souvenu.
En savoir plus
Magali Garnero : Tout ce que je vous ai dit est sous triple licence parce que tout ce qu’on fait à l’April est récupérable, modifiable, distribuable si vous avez envie de faire cette conférence.
Avant de finir, je voulais savoir s’il y a des GULL dans la salle. OK. Est-ce que vous pouvez donner les noms de vos GULL ? Toulibre [23], OK. Il me semble que Toulibre et Alpinux [24] sont déjà membres de Adieu Windows.
Public : Très probable.
Magali Garnero : Toulibre j’en suis sûre, Alpinux, si ce n’est pas le cas, tu vas te foutre la honte tout seul !
Cédric :Ce qui s’est passé c’est qu’on a fait une opération d’installation de Linux au mois de septembre et on s’est fait déborder par les évènements.
Magali Garnero : En fait, j’ai un retour de tous les GULL, depuis à peu près six mois, qui font des événements. On leur a donné tellement de visibilité qu’ils n’ont plus assez de bénévoles pour renseigner tout le monde et qu’ils sont obligés de faire revenir les gens. Est-ce que tu nous confirmes ça Cédric ?
Cédric : C’est pire que ça. Au mois de septembre il y a le forum des associations, on présente Alpinux et quatre jours plus tard on propose une install partie. On dit « vous voulez découvrir Linux, pas de problème, on va vous l’installer ». On a donc fait notre install partie, un samedi de 9 heures à 17 heures, et des gens sont restés sur le carreau. On leur a dit « vous avez une permanence deux fois par mois dans les Hauts-de-Chambéry », pas de souci les gens sont venus jusqu’au mois de décembre, on a dû réguler avec des rendez-vous, etc. Ça a épuisé les équipes, les bénévoles, donc on a dit « stop, on arrête ». Notre rôle de bénévole ce n’est pas que faire des installations, c’est aussi faire des présentations, échanger, etc. On a arrêté de faire le passage à GNU/Linux sur les PC des utilisateurs. Tous les jeudis soir, pour vous donner une idée, on l’a fait de 18 heures à 22 heures. Donc au mois de décembre, d’un commun accord, on a arrêté. Nous avons fait notre install partie standard au printemps, là aussi on a eu pas mal de monde. C’est vrai qu’on a calmé le jeu au niveau des install parties et c’est pour cela que nous ne nous sommes pas plus affichés que ça.
Magali Garnero : Sachant que c’est le cas de très nombreux GULL dans de très nombreux endroits qui nous disent « nous sommes débordés, nous sommes épuisés, on a un succès incroyable. » En fait Trump a donné une raison de faire, a donné une visibilité à Adieu Windows, vous additionnez les deux et vous avez des gens qui veulent changer.
Si vous avez besoin d’informations vous pouvez me joindre à @bookynette sur les réseaux sociaux libres où je suis, ne me cherchez pas trop ailleurs, je n’y serai pas, je ne suis pas sur LinkedIn, je ne suis pas sur Facebook. Vous pouvez m’écrire à bookynette@ et vous mettez à peu près l’association que vous voulez, April, Framasoft, Parinux, je n’ai pas encore squatté Alternatiba, on ne sait jamais !
Vous pouvez récupérer les slides qui sont derrière moi, je vous encourage même fortement à donner des petites conférences, à vous en servir pour vos mails, à distribuer tout ça parce que c’est comme tout, le principe de la pédagogie c’est la répétition. Donc plus les gens entendront parler de Adieu Windows, bonjour le Libre !, plus ils entendront parler du Libre, plus ils entendront parler de GNU/Linux, plus ils passeront au Libre, en tout cas ils sont motivés, il faut donc en profiter. Même l’Assemblée nationale nous auditionne pour parler de ça [25].
Si vous avez des questions, je suis sur le stand April, tu peux venir me poser toutes les questions ou même tu peux les poser maintenant, je t’écoute. C’est cette slide-là que tu veux ou c’est la précédente ? Ce sont les licences libres qu’on utilise. Celle-là ce sont tous les endroits où tu peux trouver des informations.
Est-ce que vous avez des questions sachant que j’ai fait ma conférence en moins de 40 minutes donc nous avons 20 minutes, non 15 minutes pour les questions, donc profitez, allez-y. Je sais que la première question c’est toujours compliqué. Pouhiou, un membre de Framasoft, dit toujours « on vire la première question, on passe directement à la deuxième », est-ce que ça vous va ?
Questions du public et réponses
Public : J’ai déjà installé GNI/Linux. Je devais passer de Linux 8 à Linux 10 dans une association, donc j’ai fait une clé pour cela. Concrètement comment faites-vous ? Comment faites-vous ?
Magali Garnero : Concrètement je mets ma clé sur l’ordinateur que je veux migre, je boote sur la clé, je fais OK, OK, OK, et ça fonctionne parce que c’est merveilleux. Juste devant toi, vraiment un rang devant, il y a un monsieur qui va pouvoir nous renseigner.
Public : Historiquement Alpinux fait des install parties parce que les utilisateurs qui veulent passer sous Linux ne savent pas comment ça fonctionne. J’ai eu un échange avec une personne qui voulait nous aider, qui a dit : « Je viens chez vous parce que je ne sais pas comment faire, j’ai bien téléchargé le truc. – L’image ISO ? – Oui, c’est ça, l’image ISO, j’ai cliqué dessus, je n’ai rien vu, aucune installation. »
Magali Garnero : Elle n’avait pas les mêmes clics que moi alors.
Public : La personne s’imaginait qu’elle pouvait télécharger son truc comme pour Windows, faire clic dessus pour l’installer. Il y a déjà cet aspect-là qui peut en effet poser problème. Après, en informatique il y a des trucs qui sont imbitables comme « booter sur une clef USB ». Aujourd’hui l’ordinateur ne nous aide vraiment pas, un coup il faut appuyer sur Echap, un coup sur F12, et je ne parle pas des pièges des boots sécurisés.
Alpinux se positionne là-dessus pour aider, pour donner le coup de pied aux fesses aux utilisateurs.
J’ai fait des install parties et la première question qu’on pose à l’utilisateur complètement novice : quelle distribution voulez-vous installer ? [Rires, NdT]. On voit que la personne en face a les yeux dans le vide, donc on commence à lui expliquer, « il y a plusieurs distributions et vous avez aussi plusieurs bureaux. » Chez Alpinux on a pris le parti de dire « OK, on va migrer tout le monde, on va montrer la voie – ça nous rappelle un slogan –, on va éviter tout ce jargon technico–technique, on va essayer de passer rapidement dessus et on leur dit "on va vous installer Linux" ». On a pris le parti d’installer Linux Mint qui a un menu « Démarrer » qui ressemble à celui de Windows 7 à l’époque, et puis on retrouve le navigateur Firefox, s’ils insistent on peut leur mettre Chrome, on leur installe une suite logicielle pour l’édition de documents. En fait, on leur pré-installe. On leur installe à partir de l’image officielle de Linux Mint et, derrière, on leur fait un petit package personnalisé de leur installation, on la met à jour. Ils repartent avec leur PC, ils ont une seule chose à faire derrière, c’est connecter le wifi de leur maison et il faut leur dire. L’install partie sert à montrer aux gens comment on fait. Je ne sais pas s’ils seront capables de le refaire, en tout cas on leur donne tous les éléments pour pouvoir le refaire chez eux. On a même édité un guide sur la façon d’installer Linux Mint sur son PC et les petits premiers paramétrages.
Magali Garnero : le monsieur qui a posé la question, dans quelle région es-tu ? Dans quelle ville ?
Public : Inaudible.
Public : Après il faut vous rapprocher d’un GULL. Je vous invite à Chambéry, c’est le premier et le troisième jeudi de chaque mois pour qu’on vous montre, pour prendre des notes.
Public : Inaudible.
Magali Garnero : Là vous êtes en train de parler technique.
Public : On arrête de parler technique. Ce n’est as la clé, c’est le PC !
Gauthier Fanucci : Quand on a lancé la campagne, plusieurs personnes nous ont dit : « Je ne sais pas faire, comment est-ce qu’on peut faire, etc. ? » et la réponse que je donne c’est « va voir des humains gentils dans ton coin, qui sont regroupés en groupes d’utilisateuri·ces de Linux, donc des GULL, ce sont des gens qui pourront t’aider ». C’est la réponse que je fais vraiment systématiquement. « J’aimerais bien le faire. – Demande autour de toi, il y a des gens qui ont pris le temps de s’y connaître un peu mieux. Tu pourrais réparer ta voiture tout seul, mais si tu n’as pas la formation mécano-auto, ça va te prendre du temps. Heureusement il y a des gens sympas, qu’on appelle des garagistes, qui ont fait cette formation-là, du coup c’est un peu la même chose. » « Je voudrais faire ce truc-là sur mon ordinateur », donc allons voir ces humains sympas, des libristes qui ont pris le temps de regarder, allons boire des coups avec ces gens-là pour pouvoir installer Linux ensemble.
C’est un peu l’idée. Ce qu’on promeut à Alternatiba c’est de recréer ce lien humain et c’est aussi la philosophie des GULL.
Magali Garnero : Tu es libriste dans l’âme !
Gauthier Fanucci : Du coup j’ai deux casquettes, je suis libriste et écolo.
Public – Laurent Costy : Ce que je vais dire est une boutade. Je suis content de découvrir que, finalement, il y a une saturation de la sollicitation des GULL. J’ai connu des heures, dans le logiciel libre, où on prêchait dans le désert à des conférences comme ici, etc. Je le prends comme un signe positif, sauf, certainement, l’épuisement des bénévoles. Je trouve super positif, super intéressant. Comment, finalement, faire pour passer à l’échelle. Là on arrive à un point de rupture, en tout cas de changement. Il faut penser plus large. Ce que tu dis concernant les ressources que vous mettez en place, c’est précieux, c’est hyper important, j’imagine que c’est partagé, etc., mais ça ne l’est encore pas suffisamment. Il y a des exemples.
Par le plus grand des hasards j’ai aidé quelqu’un à installer Linux par mail, je ne pensais pas que ça pouvait aboutir et ça a aboutit, c’est merveilleux. J’ai transcrit sur LinuxFr [26] pour dire que parfois ça peut être facile, ça peut être compliqué à cause du BIOS, à cause de tout ça, mais parfois ça marche assez simplement. Je me suis même demandé si ce n’était pas un fake, si ce n’était pas une blague, quelqu’un qui avait échangé avec moi. À la fin elle a dit « c’est bon, j’ai réussi », je n’arrivais même plus à la contacter, donc c’est ça peut aussi être facile. En tout, mon propos c’est de dire que finalement c’est un bon signe que les GULL soient hyper sollicités, peut-être un peu trop, et comment faire pour réussir à solidifier tout ça. N’y a-t-il pas moyen de faire des visios avec d’autres GULL quand vous êtes saturés, de vous mettre en lien ? Comment arriver à partager tout ça au-delà du territoire, même si le territoire est l’humain, je suis d’accord, c’est ce vers quoi il faut qu’on tende.
Public : Je rejoins un petit peu ce qui vient d’être dit. J’ai participé cet après-midi à l’install partie, j’ai installé quatre Linux tout seul, et, sur les quatre, il y en avait deux qui avaient des problèmes de BIOS, j’ai galéré sur deux. La réflexion m’intéresse beaucoup : comment peut-on monter à l’échelle ? Si je passe une après-midi pour en faire quatre ! Mon agglomération ce sont 100 000 habitants, j’ai du boulot ! Est-ce qu’on pourrait s’échanger des trucs ? L’April pourrait proposer des astuces sur les ordinateurs, sur les modèles, sur les machins, toutes les astuces de BIOS, déjà savoir si c’est Echap, F2, F12, F10 pour rentrer dans le BIOS, on ne sait jamais. Comment pourrait-on arriver à s’échanger nos astuces pour gagner un temps fou, pour que ça aille plus vite ? Est-ce qu’on pourrait s’échanger des ressources ?
Magali Garnero : Je rappelle que l’April, à la base, fait la promotion de la sensibilisation et de la défense du logiciel libre. Nous ne sommes pas des tecos, c’est pour cela qu’on se repose sur les GULL qui savent faire. Je veux bien te faire un howto, mais il n’aura rien d’intéressant, de vraiment viable parce que c’est vous qui savez faire.
Public – Laurent Costy : Ce n’est pas à l’April de le faire.
Magali Garnero : Sachant que chaque association, chaque GULL a sa manière de faire, a sa distribution fétiche et ainsi de suite et que quelque chose qui marche très bien pour un GULL ne marcherait pas pour un autre. Ça va donc être compliqué de faire un regroupement de toutes les informations. À la rigueur, mieux vaut faire un regroupement de liens avec d’autres associations qui savent mieux faire que l’April. Par contre si tu veux un howto sur la façon de contacter ton sénateur, viens me voir. Franchement j’ai plein de manières de faire, sympas et pas sympas, là je serai très douée pour t’aider.
Je crois qu’il y a une autre question là-bas qu’on va accepter parce qu’il est 51, il ne reste plus que quatre minutes.
Public : J’ai justement été contacté par Alternatiba à Strasbourg. Le problème c’est que je vais déménager, ce n’était pas le bon moment pour me contacter à Strasbourg, mais bon c’est déjà une première chose. Je ne sais pas si Gogocarto [9], cette carte-là a été gérée par l’April ou quoi que ce soit...
Magali Garnero : Gogocarto n’est pas du tout géré par l’April. Nous sommes en lien avec, on se partage des informations. Comme tu le vois sur le site Adieu Windows, on a un lien vers leurs initiatives, que je trouve extraordinaires. On peut avoir de l’aide à des endroits où il n’y a pas d’associations, où il n’y a rien. Il y a quand même des gens et je trouve cela extraordinaire parce qu’ils sont extrêmement nombreux sur ce site-là.
Gauthier Fanucci : Il y a plus de 1000 parrains/marraines référencé⋅es sur la carte « Aide Linux ».
Public : Vu qu’on a une très grosse communauté de libristes sur Mastodon aussi, si quelqu’un veut nous aider, je pense que c’est une bonne idée de contacter les gens sur les réseaux.
Magali Garnero : Je crois que pas mal d’associations sont sur Mastodon, qu’on peut trouver facilement et on peut aussi les contacter comme ça.
Gauthier Fanucci : Peut-être qu’on peut conclure avec cet appel aux libristes :
si vous n’êtes pas dans un GULL, rejoignez un GULL parce que les GULL ont besoin d’aide pour faire ce grand déménagement de Microsoft vers Linux
si vous êtes un GULL, référencez-vous sur l’initiative Adieu Windows, bonjour le Libre !, sinon personne ne vous trouvera
et puis si vous êtes une personne isolée, inscrivez-vous sur cette carte des parrains et marraines, regardez s’il n’y en a pas trois autres autour de vous et créez un GULL.
En fait nous, les libristes, nous ne prêchons plus dans le désert. Depuis deux/trois ans, il y a une prise de conscience de plus en plus massive et aujourd’hui Linux n’est pas le Linux des années 2002/2005, 1996, qui était vraiment difficile. Aujourd’hui c’est une distribution accessible et vraiment une bonne alternative pour monsieur et madame Tout-le-monde. Arrêtons de faire nos trucs entre libristes et faisons ce lien, faisons en sorte qu’il y ait de plus en plus de personnes, avec notre aide, qui puissent de passer à Linux.
Magali Garnero : C’est super, tu fais ma promo, du coup je vais faire la tienne.
Si vous êtes libriste et que vous avez envie d’aider Alternatiba, contactez-les, dites-leur que vous voulez bien les aider.
Je vais juste finir sur une chose. C’est vrai que le Libre a l’image du geek barbu, de 40 ans, blanc, qui ne sort pas de son ordinateur, ça c’était au 20e siècle. Maintenant le Libre est vraiment accessible à tous, c’est beau, c’est joli, c’est simple, même moi j’y arrive et je suis libraire, c’est vous dire ! Il faut vraiment qu’on arrive à casser cette image qu’a le Libre, qui est encouragée par nos concurrents qui ont plein de thune pour dire du mal de nous. Il faut vraiment qu’on arrive à casser ça pour le rendre accessible au grand public. Je pense que tout le monde a un papa, une maman, un enfant, un frère, un cousin, un voisin, un collègue et si on essaye de convaincre une seule personne, juste une personne, si tout le monde fait ça on aura doublé la population libriste, vous imaginez ! Je suis hyper positive, je me dis que plus on est nombreux, plus on est nombreux et on changera le monde. J’aime bien la phrase de Framasoft « on change le monde un octet à la fois », je dirais qu’à l’April on change le monde un amendement à la fois et ici on change le monde une journée à la fois et c’est aujourd’hui.
Merci.
[Applaudissements]