Adieu Windows, bonjour le Libre ! Y en a-t-il qui savent ce dont je vais parler ? Cool ! Vous venez faire la conférence à ma place ? Non ! J’ai essayé !
Bonjour. Je m’appelle Magali Garnero, mais, dans la communauté je suis plutôt connue comme Bookynette, Bookynette parce que je suis libraire et que je fais moins d’un mètre soixante. C’est facile à retenir, vous voyez une naine avec un livre, c’est moi !
Je suis aussi présidente de l’April, j’oublie toujours ce moment-là, depuis 2022. Je suis aussi membre de Framasoft [1], donc, quand tu parles de nous comme ça, Gauthier [Fanucci, Alternatiba], tu m’envoies du love.
Pourquoi ?
Pourquoi « Adieu Windows, bonjour le Libre ! » ? Parce qu’il y en a marre de Windows qui nous change ses systèmes d’exploitation tous les 10 ans, qui arrête le support et en plus, cette année, ils ont été – j’allais dire un gros mot, désolée – un peu bêtes : ils ont voulu arrêter le support quatre ans après la sortie de Windows 10, sauf qu’une loi européenne dit qu’ils sont obligés de le maintenir pendant cinq ans ! Donc forcément, ils se sont fait remonter les bretelles, donc, forcément, ils nous ont « offert » un an de plus de support soi-disant « gratuit » ! Il faut aller créer un compte sur un site internet où on vend son âme puisqu’on donne accès à son ordinateur ! Bref ! Ils annexent totalement votre ordinateur si vous voulez continuer à avoir ce support sur Windows 10 qui est encore moins bien que les Windows précédents. Bref ! À chaque fois, c’est pareil. Tous les cinq ans j’ai l’impression qu’on fait un truc contre Windows, mais cette année, on en a vraiment eu ras-le-bol et on s’est dit « on va faire une opération ».
Je crache sur Windows, mais ce ne sont pas les seuls. Si vous suivez un peu l’actualité, vous verrez que Apple, à chaque fois qu’un nouvel iPhone sort, bizarrement tous les autres iPhone sont ralentis ; il y en a qui ont des Pixel 4 ? Non ? Vraiment personne ! Eh bien bravo, parce que, avec la dernière mise à jour qui a été faite par Google, toutes les batteries des Pixel 4 étaient foutues au bout de deux heures. Au bout de deux heures, vous n’aviez plus de téléphone ! Vous imaginez, à notre époque, une batterie qui dure deux heures ! Eh bien c’est Google. Bravo ! Ils l’ont fait !
C’est quoi le problème ?
Quel est le problème ? Quand on est obligé de se débarrasser d’un matériel qui fonctionne encore, ça s’appelle l’obsolescence programmée, ça a commencé dans les années 50 avec les collants qui ne filaient pas et qu’on a arrêté de produire <[il s’agit de bas en 1940, NdT] [2] avec les ampoules qui duraient des heures entières et qu’on a arrêté de vendre parce que sinon les gens n’en achetaient plus [3]. Ça s’appelle l’obsolescence programmée.
J’ai la définition de Wikipédia, j’adore Wikipédia pour ça : « L’obsolescence programmée est, aux termes de la loi française, l’ensemble des techniques y compris logicielles par lesquelles le responsable de la mise sur le marché d’un produit vise à réduire délibérément la durée de vie. » Le plus important c’est « réduire la durée de vie ». Ce n’est pas normal de devoir se séparer d’objets qui fonctionnent encore !
Je suis aussi allée chercher la définition sur le Larousse parce que, comme je l’ai dit, je suis libraire, donc j’aime bien avoir plusieurs sources. C’est un peu plus simple : « L’obsolescence désigne la dépréciation d’un équipement avant son usure matérielle. ».
À l’April, l’obsolescence programmée est un sujet qu’on traite depuis des années. Nous sommes vraiment en mode lutte. C’est inadmissible que ce genre de pratique soit encore autorisé en France, dans l’Union européenne et même dans le monde.
Obsolescence logicielle
Chez nous, c’est plutôt basé sur le logiciel, on est plutôt là pour les logiciels libres, j’imagine que vous vous moquez un petit peu des collants et des ampoules, quoique que ! On est quand même un peu tous concernés par les ampoules !
Avec l’obsolescence logicielle, on est vraiment sur des dysfonctionnements qui sont pesants ou trop lourds pour la mémoire de l’appareil. Quand je vous parlais de ralentissement des téléphones portables de Google ou d’Apple, on est vraiment en pleine obsolescence logicielle.
Pourtant…
Il y a des lois contre ça. L’April n’est pas responsable de toutes les lois qui vont promouvoir le logiciel libre, mais il y a quand même pas mal de lois qui ont été passées, en France, pour éviter tout ce qui est obsolescence programmée, pour faciliter l’interopérabilité. J’en ai cité quatre :
la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire [4], l’AGEC, qui date de 2020. Donc, depuis 2020, l’obsolescence programmée est plus ou moins interdite en France. Ça n’empêche toujours pas les multinationales de nous faire de l’absence programmée sur tous leurs matériels ;
Au niveau de l’Europe, il y a le Digital Markets Act [5] dont je parlais tout à l’heure puisque c’est ce qui oblige Microsoft à maintenir pendant cinq ans le support de Windows 10. Vous avez sûrement entendu parler du DMA et du DSA [Digital Services Act, en bien ou en mal, eh bien, grâce à ça, Microsoft a dû rallonger d’un an son support ;
il y a aussi le Cyber Resilience Act [6] qui est passé. Je ne suis pas du tout spécialiste, mais j’ai vu qu’il y avait une conférence de Marta [7] à 16 heures 55. Marta, si tu es dans la salle, je pense que j’irai te voir à 16 heures 55 ; je vous conseille aussi d’y aller parce qu’au niveau plaidoyer politique, ce sont vraiment des avancées qui peuvent être mises en place pour défendre notre écosystème libriste ;
et puis, en ce moment, il y a une directive européenne sur l’écoconception qui a été mise en place, qui est en discussion en France. Il faut donc surveiller ça parce qu’il y a peut-être encore des lois qui vont nous protéger.
On ne se rend pas compte à quel point on a de la chance d’être en Europe par rapport à d’autres pays ! Nous sommes quand même assez bien protégés, en tout cas il y a une volonté de protéger les citoyens qu’il n’y a pas forcément ailleurs.
Écologiquement, c’est un problème
C’est une slide pour une autre conférence, que j’ai gardée, parce qu’avec l’obsolescence programmée, le changement constant et inadmissible de matériel informatique qui nous est imposé par Microsoft, Apple, Google et compagnie, c’est inadmissible écologiquement.
Déjà, ça fait de la surconsommation. Je ne vais pas forcément rentrer en mode écologie, ni même territoires et compagnie, mais on va extraire des matières dont on n’a pas forcément besoin, on pourrait s’en passer, et cela va avoir des conséquences négatives.
On va surconsommer. À une époque, avoir un ordinateur c’était assez exceptionnel, maintenant tout le monde a un téléphone dans sa poche.
On va l’utiliser tout le temps, même quand on n’en a pas besoin : qui regarde l’heure sur son téléphone ? Qui prend des photos avec son téléphone ? Est-ce que vous l’auriez fait autant avec un appareil photo, avec une montre ? Nous sommes vraiment conditionnés pour utiliser notre matériel informatique, même si on n’en a pas besoin. Par contre, si vous allez sur Wikipédia plutôt que d’ouvrir un dictionnaire, je ne vous en voudrais pas| ! C’est autre chose.
Et puis surtout les déchets que ça occasionne et qui, manifestement, ne sont jamais traités en France. C’est toujours envoyé dans d’autres pays et c’est dommage.
Économiquement, c’est prendre les gens pour des pigeons
Cette surconsommation de matériel informatique que nous poussent à faire Microsoft, Google, Apple, c’est vraiment nous prendre pour des cons. J’ai marqué « pigeons » parce que, quand j’ai fait le slide, j’étais un peu plus, on va dire politiquement correcte, mais effectivement, cette surconsommation n’encourage qu’une seule chose : les multinationales à s’enrichir sur notre dos. Ce n’est donc pas terrible comme programme, en tout cas, je n’ai pas envie de contribuer à cela, je n’ai pas envie de vivre dans une société où des gens se font de l’argent sur le dos des autres. En plus, plus ils ont d’argent, plus ils vont racheter leurs concurrents, plus ils vont avoir un monopole assez astronomique et forcément, plus ils ont un monopole, plus ils vont encourager les gens à changer de matériel. C’est un cercle vicieux. On revient à ce que j’ai dit avant : ça favorise le gaspillage.
Puis ça me fait chier, parce que ça oblige les gens à acheter du matériel neuf alors qu’ils ont encore du matériel qui fonctionne. Avec Gauthier, nous en avons parlé tout à l’heure : nous allons organiser des cérémonies dans des cimetières avec des gens qui enterrent leur ordinateur pour montrer à quel point c’est stupide.
Respect des lois
Heureusement, en Europe nous avons des lois qui nous protègent, donc Microsoft a dû repousser son support d’un an à Windows 10, youpi pour les gens qui utilisent Windows 10 ! Nous on s’en fout puisqu’on n’utilise pas Windows, mais comme je vous disais, création d’un compte sur leur site, accès total à notre ordinateur, récupération de données privées. Quand on commence à rentrer en mode complot, je pense espionnage, contrôle et ainsi de suite, si vous avez des idées, on va pouvoir imaginer le pire. En tout cas, ce n’est pas normal qu’une entreprise puisse obliger comme cela ses clients, ses utilisateurs, à rentrer dans cette spirale infernale.
Comment lutter ? 1/3
Je vous ai fait un topo hyper négatif, mais maintenant on va respirer et on va vous montrer comment lutter contre ça. Vous avez vu, il y a 1/3, on va avoir plusieurs diapos et, à la fin des trois diapos, nous serons tous souriants.
Adieu Windows, bonjour le Libre !
C’est le titre de ma conférence. C’est un site internet [8] qui regroupe tous les événements ainsi qu’un grand nombre d’associations qui permettent au grand public de passer sous autre chose que Windows, Apple, Google.
C’est vraiment quelque chose d’assez sympa. C’est l’April qui le promeut mais, en fait, on s’appuie sur le travail d’énormément d’associations qu’on appelle des GULL, Groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres, qui organisent des événements un peu partout en France, en Suisse et en Belgique. Je rajoute Suisse et Belgique parce que je suis contente, il y a eu des événements dans ces pays-là.
[Applaudissements]
Magali Garnero : C’est gentil, merci. Tu es Suisse ? Tu es Belge ?
Public : Belge.
Magali Garnero : Tu es Belge ! Voilà ! Pas mal d’événements se déroulent dans ces pays-là et tous ces événements sont regroupés sur ce site internet et, à la base, ces évènements sont enregistrés sur L’Agenda du Libre [9]. Pour ceux qui ne connaissent pas L’Agenda du Libre, c’est une plateforme qui est mise en place depuis bien avant que je rentre dans le Libre, ça commence donc à faire un moment, et qui regroupe tous les événements qui sont organisés par la communauté.
Cette opération va durer un an, forcément puisqu’on a un an de support gratuit, on va pouvoir cracher sur Microsoft pendant un an, sachant que ce n’est pas dit que j’arrêterai le 13 octobre. Je pense que je vais continuer aussi quand ils arrêteront leur support en leur disant que c’est inadmissible. Mais bon ! Donc 13 octobre 2026, c’est la fin, prenons rendez-vous tout de suite. Vous me verrez forcément en train de râler parce que c’est en continu, c’est tout le temps, c’est chaque jour pendant un an et en plus, ça augmente tous les jours !
Quand j’ai fait ce slide, il y avait 97 associations participantes en France, Belgique et Suisse. Je ne sais pas si quelqu’un veut bien avoir la gentillesse d’aller sur le site internet pour voir si ce chiffre a augmenté. N’importe quelle association peut, si elle le veut, s’inscrire pour soutenir l’opération. Elle apparaîtra sur la page des associations que vous voyez à l’écran et plus on est nombreux, mieux c’est. Il y a une semaine, on était à 97, c’est quand j’ai dû faire les slides. D’ailleurs c’est bien d’obliger d’envoyer les slides une semaine à l’avance parce que, du coup, j’ai passé la semaine sans stresser. Je ne sais pas si quelqu’un est allé sur le site : 98 ! Je vise 100. Si vous voulez faire partie des associations qui soutiennent l’opération, genre Alternatiba, il suffit juste d’aller sur le site de l’Agenda du Libre, de proposer votre organisation et, à la fin vous avez ce qu’on appelle des tags, il faut rajouter « adieu-windows », ce n’est pas très difficile.
Il y a une autre page sur ce site, qui s’appelle « Les événements ». On voit tous les événements qui sont organisés depuis le 14 octobre. Quand j’ai préparé ma conférence il y en avait 697, si tu es sur le site, est-ce que tu peux me dire si ça a augmenté ? Ah ! 775 ! En une semaine, ce n’est quand même pas mal. Vous voyez que c’est quelque chose qui augmente vraiment très régulièrement, je pense qu’on dépassera facilement 1500 avant le 13 octobre. Je ne suis pas très inquiète. Je referai la conférence l’année prochaine, si vous voulez, pour la quatrième édition [de AlpOSS] et je vous donnerai les résultats finaux en mode « on l’a fait ! ». Sachant que comme ça fait à peu près un mois que je suis sur le Pacte du Logiciel Libre [10], je n’ai pas eu le temps de m’occuper cette opération, mais je pense que le chiffre va augmenter.
D’autres initiatives
D’autres initiatives permettent aussi au grand public de quitter Windows ou Apple, Google et compagnie.
S’adressant au grand public, j’aime bien parler de Aide GNU/Linux [11], je ne sais pas si des gens les connaissent, moi je les connaissais plutôt en mode parrain/marraine Linux. En gros, ce sont des gens, seuls, des particuliers qui vont aller proposer leur aide à d’autres particuliers. Je trouve assez amusant de ne pas se former en association ou en entreprise ou en autre organisation, des tiers-lieu aussi. Non, là on vient chez toi et on essaye de t’aider. J’aime bien cette initiative.
Il y a Fin de Windows 10 [12]. J’ai traduit en français, vous le connaissez sûrement sous End of 10 qui vient plutôt d’Allemagne, je ne vois personne me faire oui. C’est une autre alternative, européenne, beaucoup plus européenne que celle de l’April, qui est quand même arrivée jusqu’en France.
Il y a Non à la taxe Windows [13], l’opération de HOP, Halte à l’Obsolescence Programmée, avec qui on a fait pas mal de partenariat lors des Journées Nationales de la Réparation [14]. Je me souviens être allée à Lille, des copains sont allés un peu partout en France pour proposer ces alternatives et éviter que les gens jettent leur ordinateur.
Et puis il y a la démarche, je ne sais pas comment il faut le dire, NIRD [15], les gens que je rencontre ne disent pas tous la même chose. C’est plus dans le système éducatif, c’est le ministère de l’Éducation qui a lancé ça. Pour moi, ce sont plutôt des professeurs qui ont lancé ça, puisque je les ai vus discuter sur la liste Éducation de l’April [16]. Le ministère a récupéré cette démarche, qui arrive enfin à communiquer dessus en espérant qu’elle soit mise un peu partout. Je crois qu’il y a eu une conférence ce matin, sur le sujet [17]. J’ai un oui de la tête, j’ai trois oui de la tête, qui dit mieux !
Il y a donc pas mal de démarches qui sont faites pour aider les gens à sortir de Windows. Je pense que plus il y aura de démarches, mieux ce sera, plus on est nombreux à faire les choses, plus de personnes en profitent.
Comment lutter ? 2/3
Je disais qu’il y a plusieurs manières de lutter.
Nous avons choisi le plaidoyer politique, celle que Alternatiba [18] fait, celle que La Quadrature [19] fait aussi : aller contacter des élus locaux pour leur dire que le logiciel libre c’est bien et que les GAFAM c’est nul. Du coup j’en profite, je fais ma pub, j’ai hacké ma propre conférence comme vous le voyez. En ce moment, le Pacte du Logiciel Libre vient de sortir, il est tout beau, il est tout neuf, vous avez les premiers exemplaires papiers sur le stand PLOSS-RA où je suis. En gros, c’est un pacte qui demande aux candidats, pour l’instant on ne vise que les candidats, de s’engager pour arrêter de faire, sur le stand je dis « de la merde », mais là, en conférence, je vais dire « pour faire les choses bien », c’est-à-dire arrêter d’utiliser les services des GAFAM pour lesquels il y a des licences monstrueuses à payer constamment et plutôt faire travailler les entreprises et les associations locales qui vont faire des logiciels libres qui seront adaptés réellement aux besoins des collectivités et ainsi de suite.
Il y a trois engagements :
donner la priorité au logiciel libre
défendre et promouvoir une informatique émancipatrice
et contribuer à la pérennité des logiciels libres utilisés.
Parce que, franchement, il y a en marre de cette vassalisation que nous avons vis-à-vis des États-Unis. Avant, on ne s’en rendait pas trop compte parce que les États-Unis étaient des amis. Depuis janvier de l’année dernière, ce n’est plus vraiment le cas, on commence vraiment à se méfier. Une sorte de petit accélérateur s’est mis en place pour que les gens sortent de tout ce qui est multinationale américaine. Il faut vraiment en profiter, il faut vraiment reprendre le contrôle. Ce matin, quelqu’un m’a dit « autonomie stratégique », merci Jérôme, j’aime beaucoup ce terme-là que je préfère vraiment à « souveraineté numérique », qui a manifestement une connotation un peu droite extrême.
Vous voyez le pacte en grand [sur l’écran, NdT] parce que je ne suis pas sûre qu’on puisse le lire, à part les gens du premier rang. Il est tout beau. Il a été fait à la sueur de notre front en un mois et demi. Pour ceux qui connaissaient le premier (en format papier], le premier était pas mal, celui-là est beaucoup plus engageant, peut-être qu’on aura beaucoup moins de signataires, mais, au moins, ce seront des signataires convaincus et qui feront des choses un peu comme à Échirolles. D’ailleurs, je voudrais remercier Aurélien Farge, je ne sais pas s’il est dans la salle, c’est un de nos signataires du Pacte du Logiciel Libre en 2017 ; il n’est pas dans la salle. La mairie d’Échirolles, en la personne d’Amandine Demore, a signé à nouveau le Pacte du Logiciel Libre. C’était mon premier pacte et c’était ici, je suis donc super contente !
[Applaudissements]
Comment lutter ? 3/3
La troisième manière de lutter, en fait il y en a plusieurs, ce n’est pas forcément celle qu’on utilise ou à laquelle on pense, c’est le plaidoyer politique : aller contacter les sénateurs, les sénatrices, les élus de l’Assemblée, les députés, tous ces gens-là qui sont un peu effrayants parce qu’on a toujours l’impression que ce sont des têtes pensantes, qu’ils sont calés sur tout ce qui est lois, justice et compagnie, mais, en fait, ils sont comme vous et moi, ils dorment, ils mangent et ils vont aux toilettes ! Il faut vraiment aller les consulter et il y a moyen de les consulter parce que, régulièrement, il y a des choses qui arrivent dans la loi sur lesquelles on peut influer, on peut les aider à améliorer les projets de loi.
J’ai mis le Code de la consommation qui est à améliorer, mais c’est un code qui sera tout toujours à améliorer parce qu’il y a toujours des choses à changer. Mais, chaque fois qu’il passe dans l’hémicycle, on peut essayer de placer des petits amendements, essayer de lutter contre des choses qui ne sont pas forcément visibles.
Dernièrement, quelque chose nous a pris à peu près 20 heures de travail bénévole, c’est l’appel à contribution de la Commission européenne. La Commission européenne s’est enfin rendu compte que ce serait bien qu’elle accélère sa démarche logiciels libres, toujours pour les mêmes raisons américaines, et elle a fait un appel à contribution pour que les gens s’expriment, donc forcément l’April a fait un document de cinq ou six pages pour dire ce qui serait bien [20] . Le CNLL a balancé à nouveau les 70 propositions pour mettre le logiciel libre en avant. Plein d’entreprises ont décidé de faire des choses. C’est rare que l’UE nous déroule un tapis rouge comme cela, il fallait vraiment en profiter.
Il y a aussi tout ce qui est action en justice et pétitions. Je ne crois plus trop aux pétitions, mais, parfois, ça fonctionne, parfois certaines sont même annulées par l’Assemblée nationale parce que trop virulentes, du coup ils sont obligés d’en discuter quand même. Les actions en justice, c’est la solution qu’a choisie Halte à l’Obsolescence Programmée [21]. En ce moment, ils ont une action en justice contre Apple, une action en justice contre Google, ils ont pas mal d’actions en justice en cours, il faut surveiller un petit peu ça parce que qui dit action en justice dit jurisprudence, qui dit jurisprudence dit aide pour les futurs procès qui arriveront forcément, attendez-vous à plein de procès dans les années à venir.
Il y a d’autres alternatives que j’adore, ce sont les logiciels et les services en ligne. C’est quand même une bonne alternative aux produits de Microsoft. Je parlais de boycott tout à l’heure, on est en plein dedans. Je voudrais remercier toutes les entreprises en logiciel libre et open source, qui sont présentes là, mais qui sont aussi en France et ailleurs, Framasoft, je ne sais pas s’il y a des gens de Framasoft dans la salle, et puis tous les petits chatons [22] qui existent parce que, par votre travail en tant qu’entreprises, associations ou même bénévoles dans votre coin, vous faites progresser la cause et vous nous donnez des raisons de vous défendre et de promouvoir ce que vous faites. Merci à vous tous et je crois que c’est valable pour tous les gens qui sont dans la salle ! Ne soyez pas timides !
[Applaudissements]
Magali Garnero : Pour finir, je vous ai mis sur mes slides plein de liens que vous pouvez aller vérifier, sachant que mes slides sont déjà sur site de l’April si vous voulez les récupérer. Comme d’habitude à l’April, ils sont sous triple licence libre, c’est important. Ça n’a rien à voir avec ma conférence, mais c’est important de mettre une licence sur ce que vous faites, que ce soit de l’art ou des logiciels, parce que sans licence c’est le droit d’auteur le plus restrictif qui est appliqué, du coup vos œuvres ne peuvent pas être réutilisées. C’est une conversation que j’ai eue ce matin et je le redis ici : faire du Libre c’est bien, mettre une licence vous permet de marquer plus votre engagement. Rien à voir.
Si vous avez d’autres questions bookynette chez april.org, Bookynette sur les réseaux sociaux ou sur le stand PLOSS-RA. Désolée, pas de temps pour les questions.
[Applaudissements]