Walid Nouh : Bienvenue sur Projets Libres, le podcast de linuxFR.org où l’on parle des logiciels libres, des données ouvertes et des communs numériques.
Je suis Walid Nouh, je suis ravi d’être avec vous aujourd’hui pour le troisième épisode sur l’April, l’association April. Je vous encourage à aller écouter les deux premiers épisodes [Épisode 1 [1], Épisode 2 [2] si vous voulez avoir une introduction et en savoir plus sur l’histoire de l’April.
Aujourd’hui, avec mes trois invitées, nous allons parler de deux des parties importantes de l’April, des actions importantes de l’April qui sont Libre à vous ! [3], l’émission de radio de l’April, et Libre à lire ! [4] qui est le site avec toutes les transcriptions. Vous allez voir, c’est passionnant. Sujet qui me touche de près puisque moi-même avec le podcast, avec les transcriptions, j’ai pas mal de questions et d’avis sur le sujet, ça va être très bien.
Je suis ravi d’accueillir aujourd’hui Isabella Vanni qui est coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April, Marie-Odile Morandi qui est membre du CA de l’April et responsable du groupe Transcriptions, et Julie Chaumard qui est administratrice de l’April, chroniqueuse et membre de l’équipe régie de Libre à vous !.
Mesdames bienvenue sur le podcast Projets Libres, c’est avec grand plaisir que je vous accueille aujourd’hui. J’espère que vous allez bien
Isabella Vanni : Bonjour Walid. Merci pour cette invitation. Pour ma part, je vais très bien.
Julie Chaumard : Bonjour Walid. C’est Julie. Merci aussi beaucoup pour l’invitation, très beau podcast.
Marie-Odile Morandi : Bonjour Walid. Merci aussi.
Walid Nouh : Très bien. On va d’abord commencer par les présentations. Je vais demander à chacune, au fur et à mesure, de vous présenter, nous dire qui vous êtes, comment vous avez découvert le logiciel libre et de quelle manière vous êtes arrivée à l’April et, un peu plus en détail, ce que vous y faites. Je vais laisser Marie-Odile commencer. Marie-Odile, à toi l’honneur, est-ce que tu peux nous expliquer qui tu es s’il te plaît ?
Marie-Odile Morandi : Bonjour. Je suis Marie-Odile Morandi. J’ai épousé il y a très longtemps un Italien et depuis, évidemment, j’habite en Italie. Pendant très longtemps j’ai été enseignante de Technologie-Collège au collège du lycée Stendhal de Milan qui est dans un des lycées français à l’étranger et, depuis 2013, comme on dit, j’ai fait valoir mes droits à la retraite et je suis en retraite.
Comment j’ai découvert le logiciel libre ? En tant qu’enseignante de Technologie, je faisais évidemment des recherches sur le Web, je gérais même un mini-réseau, et puis j’achetais régulièrement des magazines type Linux Magazine, qui offraient, en plus de la revue, un cédérom qui contenait de nombreux logiciels libres prêts à l’installation. Suite à la création de Framasoft [5], je pense que c’est là que je me suis davantage intéressée aux logiciels libres et évidemment j’ai suivi Framasoft. J’ai même eu l’occasion de rencontrer et de faire venir à Milan Alexis Kauffmann [6] quand il était professeur de mathématiques au lycée français de Rome, quand je me suis rendu compte que c’était lui. Il est venu à Milan faire une conférence aux enseignants sur le sujet. Voilà pour ma rencontre avec le logiciel libre. J’ai oublié les questions suivantes.
Walid Nouh : Quand est-ce que tu as découvert l’April et qu’est-ce que tu y fais ?
Marie-Odile Morandi : J’ai découvert l’April un été, il faisait très chaud, j’étais dans un petit courant d’air, chez moi, je naviguais sur le Web, et l’April, cet été-là, avait fait un April Camp. Un April Camp c’est une rencontre qui se tient en général sur un week-end, une rencontre de bénévoles, d’adhérents à l’April, de gens qui aiment le Libre. J’entendais ce qui se passait, ce que j’entendais me plaisait beaucoup. J’ai adhéré à l’idée et très vite, le mois suivant j’ai adhéré à l’April. Je pense que c’est en 2011 qu’avait eu lieu cet April Camp. Voilà ma rencontre avec l’April.
Je ne suis ni programmeuse, ni traductrice, ni rien du tout de tout cela, je voulais m’impliquer à l’April. Le groupe Transcriptions [7] existait, il était mené par notre présidente, à l’époque il était dirigé par Bookynette. J’ai donc commencé à faire des transcriptions, j’ai commencé à m’impliquer dans ce groupe petit à petit et, très rapidement, Bookynette m’a demandé si je voulais la remplacer en tant qu’animatrice de ce groupe, ce que j’ai accepté. Donc, depuis 2013/2014 je suis animatrice, c’est un bien grand mot, du groupe Transcriptions de l’April. Voilà pour mon travail à l’April.
Walid Nouh : Merci Marie-Odile. Je propose à Julie de se présenter.
Julie Chaumard : Oui, Walid. Moi je vis à Paris, mais j’ai passé presque toute mon enfance dans le sud-ouest, c’est pour cela que vous allez entendre que j’ai un accent. Mon métier c’est informaticienne dans l’ingénierie systèmes et la programmation. Dans ma vie personnelle, je suis aussi musicienne, je m’investis beaucoup dans les arts, ce qui fait qu’il y a trois ans j’ai créé une agence web dans le domaine culturel et artistique essentiellement.
Comment j’ai découvert le Libre ? Étonnamment, je ne connaissais pas du tout le Libre même en étant dans le domaine de l’informatique, c’est quelque chose que je trouve aujourd’hui quand même insensé. J’ai découvert le Libre il y a environ deux ans avec l’émission de radio Libre à vous !. Comment suis-je arrivée à cette émission ? À 50 ans, j’ai décidé de démissionner pour vivre d’autres aventures et j’ai bien fait parce que j’ai découvert beaucoup de choses, notamment le domaine du Libre. J’avais vu une annonce de l’April qui cherchait des personnes pour faire la régie de l’émission, cela m’a intéressée, je suis intéressée par le son, par le direct, même par le spectacle vivant. La radio et sa régie m’ont attirée et c’est en faisant la régie à Libre à vous ! que j’ai donc écoutée, et je me suis rapidement dit « c’est vraiment génial », j’aimais beaucoup ce que j’entendais. C’est comme cela que j’ai découvert l’April. Ça a été vraiment une grande découverte. Ça a démarré avec l’émission Libre à vous !, je voyais des personnes passionnées, bienveillantes, professionnelles, avec des valeurs qui me correspondaient tout à fait. J’ai vu qu’ils cherchaient des personnes pour tenir des stands, pour faire des interventions dans des conférences, des choses comme cela, je me suis donc portée volontaire. Ça m’a beaucoup plu, je suis donc devenue membre, j’ai essayé de m’investir comme je pouvais et puis, quelque temps après, je suis devenue membre du conseil d’administration. Voilà pour mon histoire.
Walid Nouh : Merci. Isabella, est-ce que tu veux te présenter ?
Isabella Vanni : Je suis Isabella Vanni. Moi aussi j’ai un petit accent, je suis née et j’ai vécu une bonne partie de ma vie en Italie, je suis franco-italienne. J’ai eu du mal, pendant toute ma jeunesse, à trouver ma voie. J’ai fait exprès de choisir une faculté très généraliste, sciences politiques en Italie, qui n’a rien à voir avec Sciences Po en France, qui permet d’étudier plein de choses différentes. J’adorais étudier mais je ne savais pas trop où me diriger. J’ai même tenté la recherche avec un doctorat de recherche sur l’histoire de la pensée politique, mais ça ne me convenait pas parce que j’étais tout le temps seule, dans des archives, je ne voyais personne, ça me déprimait plus qu’autre chose. Du coup, j’ai fait une formation coopération internationale, j’ai commencé à travailler dans l’humanitaire, notamment, dans un premier temps, dans la communication et dans la collecte de fonds, mais je ne trouvais pas ma place non plus.
Finalement, à presque 40 ans, j’ai découvert l’April parce que je cherchais un nouvel emploi. J’ai vu une annonce d’une association qui s’occupait de logiciels libres, je ne savais pas du tout ce que c’était. Il y avait énormément d’informations sur le site, j’ai donc pu très facilement acquérir plein d’informations. J’ai trouvé que l’association était très sérieuse, transparente, professionnelle aussi et les valeurs qui étaient véhiculées sur le site me correspondaient. Du coup, j’ai postulé et j’ai ainsi décroché un poste de travail à l’April et c’est comme cela que j’ai découvert le Libre. En fait, je me suis rendu compte que j’avais déjà utilisé des logiciels libres par le passé, je n’en étais pas du tout consciente, je n’en avais pas eu du tout conscience et je n’avais pas du tout conscience des enjeux. Je dois dire qu’en très peu de temps je suis devenue libriste. Je dis souvent, dans mes interventions, que je promeus le Libre dans le cadre de mon travail, dans mon cadre professionnel, mais je le fais aussi à titre personnel parce que c’est une cause à laquelle j’adhère à 100 %.
Aujourd’hui, au sein de l’April, je m’occupe principalement, pas que, surtout de la sensibilisation auprès du grand public. Par exemple je suis amenée à produire des ressources et des outils de communication, je coordonne l’initiative nationale Libre en Fête [8], j’organise la participation de l’April à différents événements – stands, interventions – et c’est à moment-là que Julie répond à mes appels à bénévoles ! Je peux moi-même être amenée à intervenir en tant que conférencière officielle de l’April. Et bien sûr, je prépare et anime des émissions Libre à vous ! en alternance avec mes collègues, Étienne Gonnu et Frédéric Couchet.
Walid Nouh : On va revenir juste après sur Libre à vous !. Avant, Isa, est-ce que tu pourrais définir en quelques mots, pour les gens qui n’auraient pas écouté les deux autres épisodes, quelles sont les grandes missions de l’April ?
Isabella Vanni : L’April est une association francophone, qui œuvre dans l’espace francophone, qui a pour but de promouvoir le logiciel libre auprès de tout le monde, donc grand public, associations, entreprises, institutions, vraiment toutes les couches de la société. Elle fait vraiment la promotion des principes, de la philosophie, de l’éthique du logiciel libre. Nous ne faisons pas d’accompagnement technique, il y a énormément d’associations en France qui le font sur le terrain, des associations de proximité et c’est très bien ainsi, il faut être près des gens pour pouvoir les aider en informatique. On promeut surtout pourquoi c’est important de défendre nos libertés informatiques et d’utiliser une informatique qui nous respecte.
Il y a aussi un axe plaidoyer politique, qui est pris en charge notamment par mon collègue Étienne Gonnu. C’est-à-dire qu’il peut y avoir des projets de loi, des décisions, qui mettent à mal le logiciel libre, qui mettent en danger nos libertés informatiques. L’idée c’est de faire une veille juridique, d’analyser les projets de loi, de contacter les parlementaires, les décideurs politiques quand on voit que les choses peuvent mal tourner pour logiciel libre et c’est un axe que seule l’April fait en France pour le logiciel libre parce que, déjà, il faut des compétences, il faut aussi du temps, du temps salarié. Nous sommes donc les seuls à le faire.
Walid Nouh : Très bien. Merci.
Premier chapitre de cette interview. J’aimerais qu’on parle de votre émission de radio Libre à vous !. Est-ce que vous pouvez expliquer ce qu’est Libre à vous !, quels sont ses buts quand, est-ce que ça a commencé ? Julie peut-être.
Julie Chaumard : Quand est-ce que ça a commencé ? L’épisode numéro 1 a eu lieu en mai 2018 mai 2018, ça continue depuis 2018, et aujourd’hui je ne sais plus à quel numéro on en est, 265, saison 9.
Ça commencé sur la radio qui s’appelle Cause Commune [9] qui venait aussi de se créer quelques mois avant, c’était une opportunité. Je n’étais pas, Isabella, je ne sais pas si tu étais là.
Isabella Vanni : Oui, j’étais là.
Julie Chaumard : Tu pourras plus nous dire plus pourquoi.
Isabella Vanni : En 2017, l’association Libre à Toi [10] qui, à l’époque, gérait une webradio homonyme autour du partage de savoirs et qui avait, par ailleurs, déjà couvert plusieurs événements autour du Libre dans lesquels l’April était intervenue, avait répondu à un appel d’offres ouvert par le CSA, le Conseil supérieur de l’audiovisuel, pour obtenir une fréquence FM en Île-de-France. Il faut savoir que l’ouverture de fréquences est un événement assez rare. Libre à Toi a proposé une radio, Cause Commune, autour du partage des savoirs. Son dossier était très solide, il a séduit le jury, et elle a obtenu cette fréquence. On appréciait déjà ce que la webradio faisait, c’était tout à fait en lien, en phase avec nos valeurs. Nous nous sommes dit que nous pouvions proposer notre émission et profiter de cette opportunité pour avoir un autre canal de communication et de promotion du Libre.
Le but de Libre à vous ! c’est de donner les clés pour comprendre les enjeux du logiciel libre et des libertés informatiques, de proposer des moyens d’action, de discuter aussi de l’actualité, c’est quelque chose que l’émission de radio et le direct en particulier nous permettent de faire, peut-être qu’on creusera le sujet plus tard.
Walid Nouh : Donc cette émission de radio s’adresse à tout le monde, elle ne s’adresse pas à un public qui a déjà des connaissances particulières sur le sujet.
Julie Chaumard : Cette émission s’adresse effectivement vraiment à tout le monde. On ne parle pas geek, on n’emploie pas des termes techniques et, si on en dit, on les explique, mais ce n’est pas fait pour les informaticiens. D’ailleurs, les sujets sont assez ouverts. C’est ce que j’ai trouvé très intéressant quand j’ai découvert le monde du Libre, j’ai découvert aussi tout un monde, c’est vraiment très intéressant, ça m’a appris sur la politique, sur le vivre ensemble, sur l’égalité homme-femme. Les libertés informatiques sont un enjeu de société et ça m’a appris aussi cette société-là. C’est vraiment ouvert à tous les sujets, mais si on est geek, on y trouve aussi son compte.
Walid Nouh : Je confirme. Marie-Odile est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
Marie-Odile Morandi : Il faut rappeler qu’en mai 2018 a eu lieu la première émission. Au début, c’était une émission mensuelle et, très rapidement, on a décidé de faire une émission hebdomadaire donc tous les mardis de 15 heures 30 à 17 heures ce qui demande, il faut le souligner, un travail énorme de la part des salariés de l’April parce qu’une semaine c’est vite passé, il faut trouver les intervenants, etc. Donc, pour fidéliser le public, si possible, on a décidé que c’était mieux que ce soit une émission hebdomadaire.
Isabella Vanni : Tout à fait, Marie-Odile pointe justement le problème de la fidélisation. Si on fait une émission seulement une fois par mois, c’est compliqué. Les personnes ne se rappellent pas si c’est le premier, le deuxième mardi. Bref, pour la fidélisation c’est vraiment important que ce soit, a minima, hebdomadaire et ça nous permet aussi de traiter plus de sujets. Si on enlève les mois des vacances d’été, il n’y aurait eu que dix épisodes par an, ce n’est pas beaucoup, alors qu’on a plein de choses à raconter ! Faire une émission hebdomadaire permet aussi de traiter plus facilement l’actualité.
Donc oui, ça prend énormément de temps, ça demande beaucoup d’heures de préparation pour chacun et chacune d’entre nous, mais ça les vaut bien, ça rentre complètement en phase avec nos axes de promotion du logiciel libre. Nous sommes donc contents et contentes de continuer à faire faire une hebdomadaire depuis huit ans.
Walid Nouh : Quels sont les avantages que vous trouvez à être sur une radio ? On a commencé à en égrener quelques-uns. Quels sont les avantages, pour vous, d’être sur la radio, comparés à produire vous-même votre propre contenu comme je le fais, par exemple, à travers le podcast ?
Julie Chaumard : Le média radio est quelque chose de très important parce que, déjà, il a sur les ondes une diffusion un peu différente de celle du podcast. C’est génial que Cause Commune soit sur la bande FM parce que ça touche un autre public que le podcast. Le fait que ce soit à la radio c’est aussi toute une ambiance radio, je ne vais pas décrire maintenant une ambiance radio, ça pourrait durer longtemps, mais c’est une ambiance à part. Je ne sais pas, Isabella, ce que tu en penses. Marie-Odile, à distance, je ne sais pas comment tu vis ça, mais le direct est vraiment un moment à part. Tout notre corps est vraiment plongé dans l’instant, c’est direct. Le moment à vivre est différent, d’ailleurs les invités le disent, ils sont en général très contents de vivre cela, je n’ai vu que des gens contents. Le média radio permet quand même une autre accessibilité à un certain public.
De toute façon, on a aussi le format podcast. Pour moi, ce qui est très important c’est de diversifier les formats.
Walid Nouh : C’est vrai que vous rediffuser par la suite, en podcast, les contenus que vous avez enregistrés en direct. Marie-Odile, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
Marie-Odile Morandi : Notre format podcast n’est pas du tout un format sur lequel les interventions sont retravaillées, coupées, reprises, etc. C’est un travail pour enlever les sons incongrus, pour enlever quelques petites choses, pour enlever les « euh » que peuvent prononcer les intervenants et les intervenantes, mais rien d’extrêmement sophistiqué. Ça reste toujours très proche du direct et c’est la volonté qui a été manifestée : rester le plus possible proche du direct.
Il faut noter que non seulement l’émission est diffusée sur la radio FM 93.1 et en DAB+, mais elle est aussi diffusée sur le web. J’écoute toutes les semaines la radio sur le streaming de la radio Cause Commune, donc une diffusion importante.
Walid Nouh : Je dois avouer, pour avoir moi-même enregistré le deuxième épisode, l’histoire de l’April, dans la radio, que c’est effectivement une ambiance très différente de ce qu’on est en train de faire à l’heure actuelle. Je trouve ça finalement assez complémentaire et je dois aussi dire que Libre à vous ! est un format que j’aime beaucoup parce qu’il est très complémentaire de ce que je fais, d’ailleurs je m’en sers souvent comme source et j’encourage régulièrement les gens à aller écouter des sujets qui ont déjà été traités dans Libre à vous !, que je reprends pour les traiter d’une manière un peu différente sur le podcast.
Isa, tu voulais rajouter quelque chose ?
Isabella Vanni : Oui, je voulais rebondir sur l’ambiance dont parlait Julie, ses mots ont eu beaucoup d’écho en moi. C’est sûr que parler sur un plateau, savoir qu’on est en direct, c’est une source de stress, de pression, mais, en même temps, ça pousse à être très concentrée, ce qui est pas mal et qui permet de vivre une expérience différente. On profite de cela, de la concentration, des énergies, des bonnes vagues qu’on se transmet. Le fait d’être sur la bande FM permet aussi à l’émission d’être découverte par des publics potentiellement éloignés de nos sujets ou qui ne connaissent pas nos sujets. Le bassin d’écoute potentiel est très grand, même si c’est compliqué de savoir combien de personnes nous écoutent vraiment en direct.
Le fait de faire un podcast natif, c’est-à-dire un podcast qui naît en tant que tel, fait que les personnes qui écoutent ce podcast sont surtout des personnes qui connaissent déjà les sujets ou qui ont fait, par exemple, une recherche sur Internet. Tandis que quand on fait une émission et qu’on sait qu’on peut avoir des personnes qui ne connaissent pas du tout nos sujets, on a forcément un langage moins technique, en tout cas, comme disait Julie, on essaie d’expliquer certains concepts ou certains acronymes afin de rester accessible à tout le monde. C’est pour cela que l’émission de radio c’est vraiment le format qui nous convenait dans le but de parler à un maximum de personnes, à un public le plus large possible.
Walid Nouh : Ce qui est intéressant, c’est que vous avez un format qui est contraint, je suppose que vous ne pouvez pas dépasser le temps qui vous est imparti, ce qui est très différent de ce qu’on est en train de faire là où, finalement, ce n’est pas que le temps n’a pas d’importance, mais c’est beaucoup moins grave si on fait un format plus long.
Julie Chaumard : C’est vrai que quand on anime l’émission, on a la contrainte du temps, du coup ça participe à l’effet énergisant du direct. On a des sujets très importants, des priorités et on sait qu’on doit les caser dans la demi-heure, le temps du sujet. On va donc diriger plus ou moins : si ce sont vraiment des priorités, on va peut-être couper un sujet en cours pour dire « il faut aussi qu’on parle de cela » ; d’un autre côté, on est aussi dans l’émerveillement de ce que les personnes disent, la discussion qu’on a, du coup, parfois, on peut avoir envie de faire durer deux ou trois minutes de plus parce que c’est super intéressant, là aussi on s’adapte avec la régie, l’animateur, peut-être qu’on va mettre une musique un peu moins longue, on va la couper, peut-être même pas mettre de musique. On va s’adapter, ce qui fait qu’il y a un jeu, mais on ne doit pas dépasser une heure trente pile, je dirais même une heure vingt-sept, à la fin il y a des petites annonces très rapides et le générique. C’est effectivement un jeu quand on prépare l’émission et quand on anime l’émission. Isabella anime énormément.
Isabella Vanni : À peu près une fois par moi. C’est vrai que rester dans le timing est un vrai défi et je pense que c’est ce qui me mettait le plus de pression au départ. Mais, comme tu dis, ce n’est pas grave si on fait sauter une pause musicale, ce n’est pas grave si on écourte les annonces de fin, ça fait partie des joies du direct. Nous ne sommes pas des professionnels. Ça fait plusieurs années qu’on fait l’émission, on commence un petit peu à avoir quelques compétences, mais ce n’est pas non plus notre métier. Je trouve qu’on se débrouille déjà pas mal comme ça.
Un autre défi très important, qui je pense, concerne plus le format radio qu’un podcast pour lequel on fait du montage, donc pas un podcast comme celui de Libre à vous ! qui reprend pile-poil l’émission, c’est la distribution du temps de parole. On est en direct et on veut valoriser toutes les personnes qui sont invitées sur le plateau. Quand il y en a plus qu’une, avoir la vigilance de faire en sorte que tout le monde puisse s’exprimer est un défi supplémentaire. On a envie que les personnes aient un bon souvenir de leur expérience dans Libre à vous !.
Walid Nouh : Marie-Odile tu voulais intervenir.
Marie-Odile Morandi : Isabella a dit qu’ils ne sont pas des professionnels mais, vu de l’extérieur, je peux affirmer qu’ils sont devenus de parfaits professionnels. Quand j’écoute des émissions mainstream public, que les journalistes interrompent continuellement les personnes qui parlent, c’est devenu d’un désagréable, horrible ! Quand il y a trois journalistes contre une personne qui est interrogée, c’est tout à fait désagréable, alors que dans Libre à vous ! il y a une personne qui mène l’émission, les personnes intervenantes ont tout à fait le temps de s’exprimer librement, d’ailleurs elles le reconnaissent souvent, elles ont le temps de dire tout ce qu’elles ont envie dire, de parler. Isabella et les autres personnes qui mènent les interventions sont tout à fait bienveillantes envers les intervenants et les intervenantes et c’est à souligner. C’est vraiment quelque chose qu’il faut leur reconnaître, que je trouve extraordinaire, qui me plaît beaucoup. Libre à vous ! devrait être un exemple pour bien des émissions qu’on entend maintenant.
Walid Nouh : Ça m’amène à la question suivante : qui participe à la réalisation et à la création de Libre à vous ! à l’intérieur de l’April ? Bien sûr, il y a les différents invités, mais pas que. Qui sont les personnes qui travaillent pour faire en sorte que l’émission Libre à vous ! existe. Isa, est-ce que tu veux commencer ?
Isabella Vanni : Il y a une équipe éditoriale qui est composée de trois personnes de l’équipe salariée de l’April : Étienne Gonnu, Frédéric Couchet et moi-même. Nous pilotons l’émission, nous tenons à jour le planning, nous prévoyons les émissions à venir. Normalement, on essaye de préparer et animer une émission chacun et chacune par mois. Il faut trouver des sujets, il faut aussi trouver les personnes intervenantes, caler la date, si possible avoir la personne sur place, si ce n’est pas possible faire à distance. Ce n’est que très rarement qu’on enregistre une émission, c’est vraiment quand on n’arrive pas à caler une date. C’est arrivé tout récemment avec des élus qui ont un agenda très plein, on n’a pas pu faire autrement. Mais même quand on enregistre, on le fait dans les conditions du direct, sans montage, les propos restent tels qu’émis par les personnes.
Trouver les sujets, trouver les personnes, je pense que là-dessus, Walid, nous faisons la même expérience, c’est quelque chose qui peut être très chronophage, c’est-à-dire qu’il y a des personnes qui répondent tout de suite « je suis partante, voilà mes dates » et on arrive à caler assez rapidement quelque chose ; il y a des personnes qui disent « je suis partante », mais, pour trouver une date, on galère. Et puis il faut aussi briefer les personnes intervenantes, leur donner toutes les informations pratiques, préparer l’émission en amont, parce que le but de notre émission c’est de donner la voix à des actions et à des projets autour du Libre qui nous plaisent et qu’on a envie de mettre en valeur. L’idéal c’est de demander à la personne, en amont, quels sont, par exemple, les sujets qu’elle souhaite absolument aborder, parce que le but, à nouveau, c’est que les personnes soient contentes de leur intervention.
Tout ce travail préalable, pré-enregistrement, pré-diffusion, peut prendre pas mal de temps, mais c’est essentiel pour la suite, pour que tout se déroule dans de bonnes conditions.
Pour l’émission on est sur place. Il y a une animatrice ou un animateur, les personnes intervenantes et puis il y a besoin de la régie. Il faut donc aussi s’assurer qu’il y ait une personne de l’équipe régie disponible, ce sont toutes des bénévoles. Ce qui me permet de rappeler que nous ne sommes que trois personnes salariées dans l’émission Libre à vous !. Toutes les autres équipes, peut-être qu’on va les énumérer un peu plus en détail par la suite, sont constituées uniquement de bénévoles, je pense qu’on peut en compter facilement entre 20 et 30. C’est énorme, c’est vraiment un projet collectif et, clairement, Libre à vous ! ne pourrait pas exister sans l’investissement, sur la durée, de toutes ces personnes.
Walid Nouh : Julie, est-ce que tu veux rajouter quelque chose, par exemple sur ton implication dans Libre à vous ! ?
Julie Chaumard : L’émission Libre à vous ! c’est le mardi après-midi. Il se trouve, comme je l’ai dit, que j’ai démissionné il y a trois ans, que je ne suis plus salariée, donc j’essaye de me rendre le plus possible disponible le mardi après-midi. J’ai quand même un autre travail et je fais des choses, je suis pas disponible tous les mardis, mais j’essaye d’être disponible le plus possible, surtout que j’adore y aller. D’autres personnes s’occupent de la régie et viennent aussi bénévolement : Bookynette, qui est la présidente de l’April, vient régulièrement ; nous avions Élise, en début d’année, qui est partie sur des projets un peu lointains, mais, officiellement, elle fait encore partie de l’équipe, quand elle reviendra, j’espère bientôt, elle reprendra. Sinon, il y a l’équipe salariée qui tourne. On a donc un planning régie, on s’inscrit, « on est libre tel mardi, tel mardi ». Voilà pour la régie. Je ne sais pas si tu veux expliquer ce qu’est la régie ou si, Walid, tu veux d’abord parler des autres personnes qui interviennent par exemple à la postproduction.
Walid Nouh : J’allais vous demander après la manière un peu technique dont vous travaillez sur la production. Tu peux donc, avec grand plaisir, commencer à expliquer qui travaille sur les différents sujets.
Julie Chaumard : Pour l’animation, la préparation, la régie, je ne suis pas experte de tout, Marie-Odile et Isabella vont aussi m’aider.
Une fois qu’on a fini l’émission, l’équipe régie et l’animation a fini son travail, ça a été diffusé en direct, ça a été enregistré pendant le direct, qu’est-ce qu’on fait de l’enregistrement ? Il part en post-production pour un traitement du podcast, pour améliorer le son, on ira peut-être plus dans le détail plus tard.
Il y a une découpe du podcast, un chapitrage, il y a une mise en ligne du podcast. D’ailleurs il y a un site internet Libre à vous !, il faudra aussi qu’on en parle, où les personnes peuvent retrouver les chapitres du podcast.
Il y a la transcription par Marie-Odile.
Il y a donc toutes les personnes qui s’occupent du site internet, toutes les personnes qui s’occupent de cette post-production, ce sont des équipes coordonnées, qui ont aussi un planning comme pour la régie, chacun à son tour fait les choses, il y a de la maintenance à faire sur le site internet, il y a un designer, des personnes s’occupent du site, il y a l’équipe transcriptions. J’aimerais bien donner des noms, est-ce que je donne des noms ?
Walid Nouh : Bien sûr !
Julie Chaumard : Je donne quelques noms, puis Isabella va m’aider.
À la post-production, pour le traitement, toutes les personnes sont des bénévoles, on a Élodie Déniel-Girodon, Julien Osman, Lang1. Pour le traitement du podcast, on a aussi Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio, qui fait un traitement avant la mise en ligne sur le site de la radio.
À la découpe du podcast, on a Quentin Gibeaux, Théocrite et Tunui.
Antoine Bardelli a fait le design du site internet, Jean Galland et Vincent Calame s’occupent du site.
Ce sont les noms que j’ai. Isabella, en as-tu d’autres ?
Isabella Vanni : J’ai le plaisir d’annoncer que, suite à une annonce, nous avons réussi à recruter deux nouvelles personnes qui ont rejoint tout récemment l’équipe podcast, il s’agit de Nicolas Graner et de Sébastien Chopin. Nous sommes ravis parce que le traitement du podcast prend quelques heures et des bénévoles de l’équipe podcast nous avaient dit que la fréquence à laquelle ils s’attelaient à cette tâche commençait à être un peu trop intense, ils n’étaient plus que trois ; c’est la vie des associations, des bénévoles arrivent, des bénévoles partent. Étoffer un petit peu cette équipe podcast était un objectif de cette année pour leur permettre à la fois de pouvoir souffler un petit peu entre un traitement et l’autre, mais il ne faut pas avoir trop de personnes non plus pour éviter de perdre la main, il s’agit d’une tâche technique et si, à chaque fois, il faut reprendre la procédure, ça devient un peu lourd.
Sinon, au niveau du site web, Julie tu as tout dit.
J’aimerais bien rappeler l’apport de Vincent Calame pour ce qui est de la base de données des musiques. Vincent Calame, couteau suisse, il s’occupe du site web, mais il est aussi spécialiste des bases de données et c’est lui qui a développé la base de données [11] qui nous permet de collecter, filtrer et choisir rapidement les titres qu’on va diffuser pendant les trois pauses musicales de l’émission.
Walid Nouh : D’accord. Marie-Odile, est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
Marie-Odile Morandi : Je me faisais la réflexion que nous pourrions parler de l’émission Libre à vous ! pendant des heures et des heures, tellement on y fait de choses !
Isabella Vanni : Marie-Odile, il y a Laure-Élise. Tu veux dire ce qu’elle fait.
Marie-Odile Morandi : Il y a Élodie Déniel et Laure-Élise Déniel. Élodie est la personne qui s’occupe des podcasts, c’est ça ?
Isabella Vanni : Tout à fait.
Marie-Odile Morandi : Elles sont sœurs. Laure-Élise habite en France habite en Suisse, NdT et quand je faisais des chroniques, comme je déteste entendre ma voix à la radio, vraiment, Laure-Élise s’était proposée pour enregistrer la chronique que j’écrivais. J’écrivais la chronique et Laure-Élise qui est une professionnelle dans ces métiers, enregistrait la chronique en lui donnant le ton, en lui donnant les intonations qu’il fallait. On a donc deux sœurs qui sont bénévoles pour l’April.
Isabella Vanni : Laure-Élise donne aussi la voie à nos jingles.
Marie-Odile Morandi : Exactement. Élodie est d’une rapidité exemplaire pour traiter le podcast quand c’est son tour. L’émission est enregistrée le mardi soir et le jeudi ou le vendredi le podcast est traité, il est à disposition à envoyer à Olivier Grieco pour les dernières retouches et pour être publié sur le site Libre à vous !.
Walid Nouh : Là, on a juste brièvement, rapidement, parlé des chroniqueurs, pourtant les chroniqueurs c’est une partie intégrante de Libre à vous !. Combien de chroniqueurs avez-vous et qui sont-ils ? Isabella.
Isabella Vanni : Nous avons aujourd’hui, si je ne me trompe pas, dix chroniqueurs et chroniqueuses. On a dix chroniques [12], mais on triche, parce que, en réalité, il y a une chronique qui est animée par deux personnes, Laurent Costy et Lorette Costy qui est sa fille. On a eu d’autres chroniqueurs et chroniqueuses par le passé, mais, comme je disais, ce sont des bénévoles, certains ont arrêté. On a le plaisir d’avoir avec nous une chroniqueuse officielle, je lui laisse la parole.
Marie-Odile Morandi : C’est à moi que tu t’adresses, Isabella ?
Walid Nouh : C’est à Julie !
Isabella Vanni : Deux chroniqueuses, du coup ce n’était pas facile de comprendre de qui je parlais.
Walid Nouh : Marie-Odile, si tu veux commencer.
Marie-Odile Morandi : Effectivement, j’ai commis des chroniques pendant un certain temps, les chroniques s’appelaient « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Je prenais deux ou trois transcriptions qui étaient particulièrement intéressantes sur un sujet et j’essayais de regrouper les choses, de tirer des conclusions, de mettre en valeur les gens qui parlent dans ces transcriptions. Mais j’avoue que cela me demande énormément de travail et le temps étant ce qu’il est, les transcriptions demandent énormément de travail, j’ai un peu laissé en suspens ce travail des chroniques. C’est comme ça ! Je laisse Julie parler de sa chronique.
Julie Chaumard : Effectivement, je n’ai pas fait non plus de chronique depuis septembre. Personnellement, dans ma vie, en ce moment, c’est un peu le rush. On ne le penserait pas, mais même une chronique de dix minutes par mois, c’est beaucoup de temps, parce que, comme le dit Isabella, il faut déjà que je cherche le sujet, il faut trouver les personnes, que je cadre avec elles ce qu’on va dire, préparer un peu le sujet. Je dis ça, mais il y a des personnes qui arrivent très bien à faire une chronique tous les mois, en ce moment je n’y arrive pas, par contre je n’ai pas abandonné. La chronique s’appelle « À la rencontre du Libre ».
Sur les neuf chroniques qu’il y a actuellement depuis septembre en mode suivi, chacun a un peu sa façon de faire sa chronique et ses sujets, c’est super intéressant, on peut en parler.
« À la rencontre du Libre » n’est pas une chronique dans laquelle je parle toute seule d’un sujet, j’aime bien inviter quelqu’un et c’est aussi pour cela que ça demande de trouver quelqu’un. J’aime bien inviter quelqu’un pour qu’il raconte pourquoi il utilise le Libre et comment, rapidement, en dix minutes. Ça peut donner des idées, à droite à gauche, aux personnes qui écoutent.
Marie-Odile Morandi : Toujours sur les chroniques je voulais, si c’est possible, donner une importance particulière à la chronique, j’aime bien dire à l’envers, tenue par Lorette Costy et son papa Laurent qui est, lui aussi, administrateur de l’April. C’est une chronique qui a même eu l’honneur d’être à une manifestation tout à fait importante, la Journée du Libre Éducatif [13], organisée au niveau ministère de l’Éducation nationale avec monsieur Le Baron Le Baron, Directeur du numérique pour l’éducation. Et puis donner un relief particulier aussi à la chronique de Gee, à la chronique de Luk, qui sont des chroniques particulièrement grinçantes, qui peuvent un petit peu secouer les personnes ou faire remettre en cause un certain nombre d’idées préconçues qu’on peut avoir.
Walid Nouh : Isabella, pour reparler des sujets récurrents.
Isabella Vanni : Un sujet récurrent, qui a une fréquence mensuelle, ce qui est important, c’est Au café libre, un débat autour de l’actualité du Libre, c’est bien que ce soit une fois par mois. Pour ce format de sujet, on a une équipe de six personnes, à nouveau bénévoles, bien sûr, qui s’alternent par nombre de trois pour débattre des actus brûlantes.
On a aussi des Parcours libristes, des interviews d’une seule personne pour parler de son parcours personnel et professionnel et là, la fréquence n’est pas établie, on essaie d’en faire trois ou quatre par an. D’ailleurs les deux derniers parcours libristes sont ceux de deux femmes. L’une des actions qu’on mène pour mettre en avant les femmes dans le monde du Libre c’est de leur donner la parole pendant une heure pour les faire connaître, pour les valoriser.
Il y a aussi des émissions qu’on appelle « Au cœur de l’April », une à deux par an. Dans ce type de sujet, on parle vraiment de nos actions en tant qu’April. On peut parler aussi de Libre à vous !, on en profite pour interviewer par exemple les bénévoles qui s’investissent dans les différentes tâches.
On a aussi des interviews de collectivités, c’est plutôt mon collègue Étienne Gonnu, chargé affaires publiques, qui s’occupe de ce type de sujet. J’aimerais bien parler du dernier sujet : il a réussi à parler de la politique logiciel libre de deux grandes villes françaises, Grenoble et Lyon [14]. C’est important parce que c’est complètement en phase avec notre axe promotion et plaidoyer : priorité au logiciel libre dans les administrations publiques ; montrer des exemples de communes qui pratiquent le logiciel libre, qui l’utilisent, qui le promeuvent ou qui ont fait une transition récente vers le logiciel libre. Et, point très important, on n’invite pas que les personnes de grandes villes mais aussi celles de petites communes justement pour montrer que c’est possible de le faire s’il y a la volonté politique, décisionnelle. Si on se fait bien accompagner, c’est possible de le faire. Donc, grâce à l’émission de radio, au podcast, à la transcription, on a ainsi des supports qu’on peut partager, que d’autres aussi peuvent partager parce que c’est sous licence libre, bien évidemment. On espère encourager, conforter d’autres collectivités à sauter le pas.
Walid Nouh : Très bien. Je dois avouer que les Parcours libristes c’est quelque chose que j’aime bien. D’ailleurs, assez récemment, vous avez fait l’interview d’Elena Rossini [15] et c’était super parce que je l’ai interviewée et je n’ai pas redit la même chose, j’ai juste dit aux gens « allez écouter son parcours sur Libre à vous ! », comme cela j’ai pu me concentrer sur d’autres sujets. C’est un format que j’aime beaucoup. J’avais déjà fait pareil avec Agnès Crépet [16] l’année dernière ou il y a deux ans. C’est un format vraiment très chouette.
Julie est-ce que tu veux rajouter quelque chose là-dessus, ou pas, sinon on passe à la question suivante ?
Julie Chaumard : Je pense que ce qui plaît au public c’est sûrement le fait qu’à chaque émission, le mardi, il a un peu la surprise de ce qu’il va y avoir, si c’est un sujet récurrent comme Au café libre avec l’actu, un Parcours libriste, ou si on va inviter une personne pour parler d’un sujet sur le Libre comme l’émission dont tu parlais, Isabella, avec deux politiques de Grenoble et de Lyon, deux personnes qui sont venues parler de logiciel libre, c’était le numéro 262, émission vraiment très intéressante, surtout que ces deux personnes ont parlé autant stratégie que de questions très pratiques. C’est cela qui est intéressant dans Libre à vous !.
Il y a donc ces sujets longs avec deux chroniques, à chaque fois, en plus du sujet long, qui peuvent être très différentes. On n’a pas beaucoup parlé des chroniques.
On a, par exemple, la chronique de Gee, sur un ton humoristique. Il explique ce qui l’a un peu irrité dans le monde non-libre et qu’on pourrait améliorer.
Vincent Calame nous parle de ses lectures.
Laurent Costy et Lorette, dont on a parlé, c’est une voix à deux, plutôt axée aussi sur l’humour, les jeux de mots, vraiment superbe, très différent de celle de Vincent ou même de celle Benjamin Bellamy dont le titre est « Le truc que (presque) personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne tous ». La dernière fois, il nous a parlé d’imprimante. Je me suis demandé ce qu’il allait bien pouvoir raconter de libre sur les imprimantes, mais oui, j’ai découvert des choses.
Florence Chabanois, dans sa chronique « F/H/X », nous parle de l’égalité homme-femme. Il faut savoir que dans le monde du Libre, aussi, il faut ramener des filles. Depuis deux ans que je connais Libre à vous !, comme je disais, j’ai moi-même beaucoup évolué. Je me rends compte de la culture que j’avais, j’ai travaillé dans un milieu informatique, de geeks, depuis 20 ans, je sais ce que c’est. J’étais à peu près la seule fille, j’avais moi-même pris des mauvaises habitudes en tant que fille, maintenant je m’en rends compte et je trouve ça hallucinant grâce à toutes ces chroniques.
On a aussi Isabelle Carrère.
On a Jean-Christophe Becquet qui va nous parler des pratiques du Libre, des ressources.
Tout cela plus les sujets principaux, c’est vraiment incroyable, d’une très grande richesse et c’est très agréable à écouter. J’ai l’impression que je fais la promo !
Walid Nouh : Je voudrais poser une question. Vous avez commencé à introduire le fait que vous faites des actions afin de mettre en avant, de rendre plus visibles les femmes. Je n’y arrive pas d’un épisode sur l’autre, mais j’essaye d’avoir une parité sur quelques mois : quand je fais un épisode avec que des hommes, derrière je vais faire un épisode avec que des femmes pour être sûr, au moins sur le temps long, qu’il y a toujours des femmes qui parlent. Au départ, je trouvais ça assez dur et puis, finalement, ce n’est pas très dur. Il suffit juste d’être curieux.
Je voulais vous demander comment vous repérez les invités qui vous intéressent ? Pour moi, par exemple, c’est beaucoup dans les conférences que je peux regarder, dans lesquelles je peux aller. On a parlé d’Elena, Elena est passée juste après moi dans une conférence, sinon je ne l’aurais pas connue. Comment trouvez-vous vos invités ?
Isabella Vanni : En ce qui me concerne, dernièrement les invités sont venus à moi. J’étais sur un stand au Capitole du Libre et plein de personnes sont venues en disant « j’aimerais bien traiter ce sujet à la radio », ça tombe bien c’était dans les sujets que je traite personnellement, qui sont plus en lien avec la sensibilisation auprès du grand public. Bien évidemment, chacun essaie de trouver les sujets qui lui parlent plus. Je ne m’aventurais pas sur un sujet un peu plus technique, ce sera plutôt mon collègue Fred, informaticien, qui va s’occuper de cela. C’est donc comme cela que j’ai fait une émission, par exemple sur les espaces du Faire, donc à hackerspaces, fablabs, etc.
Parfois, des partenariats se mettent aussi en place. Par exemple l’ABF, l’Association des bibliothécaires de France, qui avait mis en place une enquête pour évaluer l’utilisation du logiciel libre en bibliothèque, pour cartographier les bibliothèques qui en font la promotion, nous a sollicités, je me dis « c’est un sujet super ! On va parler des résultats de l’enquête, on va inviter d’autres bibliothèques qui font ces actions. »
D’autres fois ce sont mes collègues qui font de la veille, qui suivent un petit peu ce qui se passe dans l’actualité du libre et qui proposent des sujets.
Il y a donc plusieurs entrées possibles.
Walid Nouh : OK, très intéressant. Dernière question concernant Libre à vous !, à mon avis pas des moindres, nous en avons déjà parlé ensemble, Isabella, il n’y a pas très longtemps. Je m’aperçois et je sais que des gens écoutent, il y a des retours, par exemple sur Mastodon, merci beaucoup à ces personnes qui font des retours, mais globalement j’ai des retours de la plupart des gens quand on se rencontre physiquement. J’aurais aimé savoir comment vous avez des retours sur ce que vous produisez. Est-ce qu’il y a des gens qui vous font des retours en ligne ? Est-ce que c’est plutôt quand vous rencontrez les gens physiquement ? Je trouve que c’est quelque chose d’important d’avoir des retours, d’avoir des gens qui disent qu’ils écoutent, qu’ils aiment bien, que c’est trop long, que ce n’est pas assez long, bref, de plein de manières différentes. Comment cela se passe-t-il pour vous ? Qui vous fait des retours et sous quelle forme ? Julie, est-ce que tu veux commencer ?
Julie Chaumard : Au début, je ne connaissais pas le Libre et l’April. Au bout de quelques mois, j’ai commencé à vouloir participer, je suis allée donc dans des conférences, des séminaires, des journées ou des week-ends où on se retrouve tous autour d’un sujet comme les RPLL, les Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre, à Lyon, et là, je me suis rendu compte que tout le monde connaissait Libre à vous !. Ça m’a un peu interloquée, ça fait très plaisir. J’étais venue spécialement pour faire des interviews, je disais « je suis Julie de Libre à vous !. – Oui, on connaît. », partout où j’allais, évidemment dans le séminaire de libristes, mais quand même, tout le monde connaissait.
L’autre jour, je suis allée à un apéritif, à une soirée rencontre de la radio – je dis le mot apéritif parce que j’ai aussi bu l’apéro – qui ne diffuse pas que Libre à vous !, et là j’ai rencontré quelqu’un qui a découvert Libre à vous !, je ne sais plus trop comment, et qui a commencé à m’en parler.
Alors évidemment, je reste dans le milieu informatique, radio, mais, dans ce milieu-là, l’émission est quand même très connue, en tout cas de ce que je vois autour de moi, et appréciée aussi. Quand les gens disent qu’ils la connaissent, ils disent qu’ils aiment beaucoup la diversité, le ton soit sérieux, soit moins sérieux, qu’il y ait un peu de tout, c’est ce que j’entends. Quand je donne des interviews, tout le monde est plutôt content de vouloir y participer.
Voilà mon vécu, mon ressenti sur les retours. Isabella va vous expliquer qu’ils font des démarches pour avoir des retours.
Isabella Vanni : Aussi, effectivement.
On demande systématiquement, après chaque émission, de faire un retour sur l’émission : ce qui vous a plus, quels sont les points de vigilance. C’est possible de le faire en faisant des commentaires sur la page de l’émission, en nous faisant un courriel sur bonjour chez libreavous.org.
On peut aussi avoir des retours un peu plus costauds, on va dire, si les personnes remplissent un questionnaire qu’on a mis en ligne pour connaître un peu mieux notre auditorat, pour essayer de comprendre. On a aussi proposé de donner des suggestions de sujets à traiter, de personnes à inviter.
Ponctuellement, on fait des questionnaires un petit peu plus étendus, on en a fait un en juin 2025 par exemple, dans lequel on a aussi demandé des retours sur les chroniques. Les retours sont globalement très bienveillants, même les critiques sont constructives, avec des mots encourageants. Ce sont surtout Marie-Odile et Julie qui ont bénéficié de ces retours.
Et puis, il y a un retour un peu particulier, qui nous a fait extrêmement plaisir, je ne sais pas si on peut vraiment parler de retour, mais quand même ! Recevoir le prix spécial du jury « Acteurs du Libre » à l’occasion de du salon professionnel Open Source Experience [17] a été une très belle reconnaissance du travail qu’on fait désormais depuis neuf saisons.
Walid Nouh : Tout à fait. Marie-Odile, est-ce que tu veux rajouter quelque chose sur cette partie retours, commentaires ?
Marie-Odile Morandi : Pas particulièrement. Je pense que tout a été dit et c’est vrai qu’il reste quand même un petit peu difficile d’avoir des retours plus élargis, j’en parlerai plus longuement tout à l’heure.
Walid Nouh : OK. L’heure tourne, je vous propose de passer au deuxième grand sujet, qui est une des autres grandes actions de l’April, Libre à lire !. Pour commencer, je vais laisser la place à un Marie-Odile pour nous expliquer ce qu’est Libre à lire ! et à qui ça s’adresse.
Marie-Odile Morandi : Avant de parler de Libre à lire !, il faut peut-être dire un petit peu ce que sont les transcriptions. Le groupe Transcriptions de l’April décide de transformer en texte les enregistrements audio, les vidéos qu’on peut trouver sur le Web, qui concernent le logiciel libre, les libertés informatiques et puis, plus généralement maintenant, un petit peu l’IA parce que ça concerne aussi nos libertés.
Le groupe Transcriptions de l’April existe depuis très longtemps, je pense qu’il a été créé en 2006. J’ai pris la relève, comme je l’ai dit tout à l’heure, à partir de 2013, je me suis beaucoup impliquée et je transcris pratiquement tous les jours quelque chose.
Auparavant, les transcriptions étaient publiées sur une partie du site de l’April, ce n’était pas forcément très mis en avant, très reconnaissable. Depuis début 2019, a été mis en place le site Libre à lire !, le site sur lequel sont publiées toutes les transcriptions qui sont faites par l’April. J’ai regardé, je crois qu’aujourd’hui, on en est à plus de 1670 transcriptions.
Toutes les émissions Libre à vous ! ont été transcrites depuis le début, on peut retrouver toutes ces transcriptions sur le site Libre à lire !.
C’est un site qui a été mis en place, ça a pris plusieurs mois, le graphisme a été préparé notre graphiste attitré, Antoine Bardelli, qui s’occupe beaucoup de tout ce qui se fait à l’April. Suite à des discussions, il a fait le choix des couleurs, le choix des dispositions. Ce site a donc été mis en route en février 2019.
Walid Nouh : D’accord. Avant de poser d’autres questions, j’aimerais qu’on revienne sur la fonction des transcriptions. Quand j’ai commencé à travailler sur le podcast, au départ je ne faisais pas de transcriptions, à la fois parce que je n’étais pas extrêmement sensibilisé au sujet et aussi parce que c’était une charge supplémentaire que je ne pouvais pas me permettre de faire. Avec le temps et l’optimisation de la manière dont je travaille, je me suis mis à faire les transcriptions. À ce moment-là, des gens m’ont remercié pour les transcriptions, même des gens proches de moi, qui m’ont dit qu’ils n’écoutaient pas l’audio, qu’ils lisaient le texte. Marie-Odile, j’aimerais que tu nous parles de la fonction de la transcription, à qui elle s’adresse et pourquoi on fait ces transcriptions ?
Marie-Odile Morandi : On fait les transcriptions pour rendre disponibles le plus possible tous les enregistrements audio, toutes les vidéos qu’on peut trouver sur le sujet. On sait que, dans notre société, beaucoup de personnes sont porteuses de handicap et je peux vous assurer qu’en vieillissant nous sommes tous, chacun à son tour, porteurs de handicap. Il faut donc rendre tout cela accessible au plus grand nombre, c’est une des premières missions du groupe Transcriptions, une diffusion le plus large possible de tout ce qui se dit. Et puis il y a des personnes dont le temps est limité et j’ai souvent des retours qui me disent « je n’écoute pas les enregistrements, j’attends que la transcription soit faite, je viens lire la transcription et puis, si je veux approfondir à un certain moment, je vais écouter d’enregistrement. » Avoir un texte c’est vraiment permettre au plus grand nombre de s’intéresser à tous ces sujets.
Walid Nouh : Il y a aussi quelque chose que je voudrais ajouter, Marie-Odile : on ne peut pas faire une recherche dans une vidéo alors que dans un texte on peut faire une recherche, on peut mettre des ancres, on peut mettre des rappels, des liens externes, plein de trucs, et finalement, quand je dois rechercher par exemple dans mes anciens épisodes, moi-même je vais chercher dans la transcription pour savoir ce que les gens ont dit.
Marie-Odile Morandi : Tout à fait. Je relis une dernière fois chacune des transcriptions avant de la publier et j’ajoute tous les liens que je trouve utiles de façon à ce que les personnes aient un travail le plus exhaustif possible sur tout ce qui peut les intéresser, chacun n’étant pas intéressé par la même chose que son voisin. On peut faire effectivement des recherches. On peut faire des recherches sur le site Libre à lire !, il y a un moteur de recherche, on peut faire des recherches sur les sujets qui nous intéressent.
Walid Nouh : Pour les auditrices et les auditeurs qui ne sont pas familiers du travail de transcription, est-ce que tu pourrais donner une estimation du temps que tu passes, on va dire pour un épisode de Libre à vous !. Combien de temps ça te prend ?
Marie-Odile Morandi : J’ai désormais des habitudes. Toutes les semaines, j’essaie d’écouter l’émission parce que ça me donne des billes pour la suite, savoir ce qu’ont dit les personnes. Le mardi soir, je commence la transcription. En fait, j’ai peu à m’occuper des chroniques, sauf quelques exceptions. En général, les chroniques sont écrites par les personnes, elles m’envoient leur chronique. J’écoute, je modifie ce qui a été modifié quand elles ont parlé à l’oral et c’est assez rapide.
Par contre, pour la partie sujet central de l’émission Libre à vous ! qui dure en général cinquante minutes/une heure, je commence le mardi soir, mettons deux heures, je recommence le mercredi matin, mettons là aussi deux heures pour faire le premier jet et puis je relis et, à ce moment-là, j’envoie, disons le brouillon de la transcription, aux personnes qui sont intervenues et je l’envoie aussi sur la liste Transcriptions pour que les personnes qui appartiennent à la liste relisent cette transcription.
C’est devenu beaucoup plus facile depuis deux ou trois ans, parce que j’utilise un logiciel qui s’appelle Scribe [18], c’est en ligne, c’est un service qui a été mis au point par les Ceméa, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active. J’envoie l’enregistrement de l’émission Libre à vous !, je reçois en retour une transcription, un brouillon qu’il faut bien sûr relire, améliorer, mais, pour le premier jet, c’est vraiment un gain de temps inestimable. Les gens qui ont fait et qui proposent ce service sont à remercier, je les remercie régulièrement.
J’essaie vraiment, le mercredi après-midi, d’envoyer ce brouillon de transcription aux personnes qui sont intervenues, parce que je pense que tous les gens ont leur temps qui est limité. Ces personnes ont encore l’émission à laquelle elles ont participé la veille tout à fait fraîche à l’esprit, ce qui leur permet, très vite, de relire, d’apporter les corrections ou de me les envoyer, de cette façon, on avance.
Quand le podcast a été traité, je relis une dernière fois la transcription avant de la publier. Et, là aussi, l’équipe post-podcast est à remercier parce que, parfois, des choses qu’on n’a pas bien entendues dans l’enregistrement qui est mis à disposition le mardi soir, deviennent vraiment claires et limpides suite au traitement du podcast, on entend parfaitement tout ce qui se dit.
Voilà pour le travail sur les transcriptions de l’émission Libre à vous !.
Walid Nouh : Merci. Isabella, est-ce que tu as quelque chose à ajouter ?
Isabella Vanni : On peut peut-être parler de la façon dont on communique sur les transcriptions. Déjà, elles bénéficient de tous les canaux de communication qu’on utilise pour mettre en avant l’émission, bien sûr, donc la page d’actualité sur le site de l’April, la page d’actualité sur linuxFr.org, le post sur Mastodon, le message courriel sur les informations internes. Bien évidemment, on en parle dans nos lettres d’informations, publique et interne.
Marie-Odile fait aussi, ce qui très intéressant, un bilan mensuel [19] des transcriptions publiées, ce qui donne la mesure du travail énorme, de la production énorme de cette ressource qui, comme tu disais Walid, est facilement réutilisable pour mille et un buts, même pour citer une personne, faire une citation correcte, c’est beaucoup plus simple quand on a le texte sous la main.
Walid Nouh : Julie, est-ce ce que tu veux rajouter quelque chose sur le sujet ?
Julie Chaumard : Je me suis beaucoup servie des transcriptions. Je fais des recherches dans les émissions passées, je suis donc contente d’avoir l’écrit. Parfois aussi, effectivement, j’aime bien ne pas écouter l’audio et lire quand je veux quelque chose de très précis, que je n’ai pas le temps d’aller chercher dans l’audio. Ça peut m’arriver aussi.
Isabella Vanni : C’est super pratique. Je pense qu’au moins une fois par jour je vais sur Libre à lire ! pour retrouver une information.
Walid Nouh : J’ai deux questions, je pense pour Marie-Odile. La première question : pour quelle raison est-il si important d’avoir une transcription vraiment nickel, super belle, hyper bien faite et tout, alors que, on va dire, pour la plupart des créateurs de contenu, dont je ne fais pas partie, maintenant la transcription automatique suffit, que ça soit parfait, c’est trop temps à y passer pour finalement pas grand-chose ? C’est ma première question. Et ma deuxième question, qui va avec, c’est comment, Marie-Odile, tu choisis et tu décides de transcrire ce qui n’a pas été produit par l’April ? Par exemple, il est arrivé plusieurs fois que, de ta propre initiative, tu transcrives des épisodes de Projets Libres. Je te laisse répondre.
Marie-Odile Morandi : Je vais répondre à la première question. L’IA me fait une grande concurrence à l’heure actuelle. Parfois ce n’est pas trop mal comme transcription, mais quelquefois ça porte à rire, c’est vraiment n’importe quoi, ça serait mieux que ça n’existe pas. Quand je choisis des émissions, des enregistrements, des vidéos, maintenant je regarde s’il y a une transcription automatique et quelle est son allure. Si la transcription est vraiment nulle, alors je transcris. Si la transcription me semble pas trop mauvaise je laisse et je passe à autre chose.
Je suis évidemment tout ce que fait l’April. En priorité, j’essaye de transcrire les intervenants et les intervenantes de l’April qui ont fait une conférence. Cet été, Isabella était en Bretagne, elle a fait une conférence [20], c’est évidemment toujours la priorité, les membres de l’April.
Et puis je cherche. Je suis de près tous les événements qui ont lieu. Récemment a eu lieu le Capitole du Libre, toutes les vidéos du Capitole du Libre sont maintenant publiées, j’ai déjà commencé à en transcrire quelques-unes. Des membres de l’April sont intervenus, des personnes n’appartenant pas à l’April sont intervenues. Petit à petit, je vais voir ce qui m’intéresse. Je ne choisis pas ce qui est trop technique, quand ça devient technique, personnellement, ça ne m’intéresse pas forcément, je préfère ce qui est plus, disons politique, sur les sujets. Je fais mes choix de cette façon-là.
C’est difficile d’avoir le nombre de visites quotidiennes sur le site Libre à lire !. Le système qu’on a en place pour compter ce nombre de visites ne me semble pas du tout fiable. En général, j’ai de très bons retours. Les gens sont contents d’avoir eu leur intervention transcrite, les retours sont en général élogieux, les gens sont vraiment très satisfaits. On a eu très peu je vais dire de mauvais coucheurs. Depuis 12 ans que je fais ce travail-là, on en a eu au maximum trois.
Walid Nouh : Je dois avouer que parmi les retours que j’ai sur le podcast, une partie des retours c’est sur la transcription, des gens qui disent « merci de faire des transcriptions » et c’est cool parce que c’est du temps qu’on ne voit pas, c’est du temps très long. Pour ma part, ce n’est pas forcément ce que je préfère faire, mais ça me semble être vraiment important de le faire.
J’ai une question : quelle est la place de Libre à lire ! dans tout le plaidoyer que vous faites ? Est-ce que Libre à lire ! c’est très important vis-à-vis des gens, des politiques, etc., qui seraient peut-être plutôt susceptibles de lire du texte ? Quelle est la place de Libre à lire ! dans tout ce travail de plaidoyer, Marie-Odile ?
Marie-Odile Morandi : Je pense que ça en fait en partie justement. J’oublie au fur et à mesure mais l’April a fait une demande de subvention. Notre délégué général a beaucoup parlé avec la personne qui s’occupait de cette demande de subvention et je pense que Libre à lire ! fait partie des choses qui peuvent apporter un grand plus à tout ce que fait l’April.
D’autre part maintenant, de par ma position qui a été acquise au fur et à mesure des années, je communique sans forcément le dire, régulièrement j’ai des échanges de messages avec des personnes, par exemple avec l’assistante parlementaire, le bras droit du député Philippe Latombe avec laquelle je communique et qui me remercie régulièrement, parce que Philippe Latombe fait des choses assez intéressantes sur nos sujets, cette dame me remercie justement au sujet des transcriptions qui sont faites. Ne parlons pas de toutes les villes qui utilisent le logiciel libre et qui font aussi des retours. Les transcriptions leur permettent de montrer encore davantage ce qu’elles font.
Walid Nouh : Isabella, tu veux rajouter quelque chose ?
Isabella Vanni : C’est vrai que c’est une action très visible très concrète. Au-delà de son utilité indéniable, c’est plus facile aussi de la mettre en avant.
Walid Nouh : Il y a aussi un aspect référencement qui est non négligeable.
OK, ça fait déjà une heure vingt-cinq qu’on parle.
Isabella Vanni : Et on aimerait dire encore tellement de choses !
Walid Nouh : Je pense qu’on ne va pas tarder à s’arrêter. On a pas mal fait le tour. Je suis très content déjà d’avoir pu parler de ces deux sujets, en particulier du sujet transcriptions, un sujet qui me tient mal à cœur, pour en faire toutes les semaines. C’était très agréable de pouvoir parler avec Marie-Odile. On ne s’était jamais parlé en vrai, plutôt par Mastodon et par e-mail, c’est donc très chouette.
Pour terminer, j’aimerais vous laisser, en guise de conclusion, un mot de la fin. Je voudrais que chacune d’entre vous puisse donner un mot de la fin qu’elle voudrait faire passer aux auditrices et aux auditeurs du podcast Projet Libres. Marie-Odile, je te laisse commencer.
Marie-Odile Morandi : Merci. Je vais évidemment parler pour défendre les transcriptions. Je voulais rappeler que pour faire des transcriptions il n’est absolument pas utile d’avoir des connaissances particulières. On peut tout à fait commencer en relisant une transcription qui a déjà été faite, en apportant des corrections. Je dois souligner que récemment un étudiant de l’Université de Calais a commencé des transcriptions.
Je pense qu’en faisant des transcriptions on apprend énormément de choses sur le sujet du logiciel libre, des libertés informatiques. Et je tiens à souligner que c’est une façon de faire de la politique, de la vraie politique, pas celle qui consiste à s’invectiver régulièrement, mais vraiment traiter les choses en profondeur. Venez nous rejoindre si le cœur vous en dit !
Walid Nouh : Merci Marie-Odile. J’ajoute que, pour moi, c’est aussi un moyen de faire de la veille. Pas mal de termes, de projets, de choses sont citées dans les interviews. Quand je fais la transcription, que je rajoute les liens externes, c’est aussi un moyen d’aller regarder ces projets, savoir ce que c’est, ce que ça fait et tout ça. De mon côté, en tout cas, c’est un moyen de faire ma veille.
Julie est-ce que tu veux nous partager ton mot de la fin, s’il te plaît ?
Julie Chaumard : Pour le mot de la fin, je voudrais parler du bénévolat. Je voulais dire que j’ai connu le Libre, que j’ai connu le l’April, deux choses qui m’ont beaucoup apporté, avec, comme porte d’entrée, le bénévolat, puisque j’ai répondu à une annonce de bénévolat pour faire la régie. Je voulais dire que le bénévolat c’est quelque chose dont on ne parle pas assez et que cela apporte beaucoup. J’ai aujourd’hui 52 ans, j’ai moi-même commencé le bénévolat l’âge de 30 ans, parce que, tout d’un coup, je me suis dit « il faut que j’aide les autres ». Je voulais remercier toutes les personnes, donc remercier la société qui m’avait aidée les années précédentes, dans des étapes de ma vie. Le bénévolat que je fais depuis l’âge de 30 ans m’a ouvert énormément de portes. J’ai notamment fait beaucoup de bénévolat dans le domaine de la musique et dans le domaine artistique et c’est quand même grâce à cela que, depuis trois ans, j’ai pu créer une agence web et avoir des clients. J’ai pu avoir une connaissance du domaine, j’ai donc une agence web dédiée au domaine artistique, c’est super et tout cela c’est beaucoup grâce au bénévolat que j’ai fait pendant de nombreuses années.
Les jeunes ont besoin d’expérience. Parfois les jeunes cherchent un domaine dans lequel ils voudraient évoluer, même parfois les moins jeunes. Je leur conseille vraiment de faire du bénévolat. Le bénévolat c’est un peu comme le Libre, ça parle de la société, du vivre ensemble et de la place de chacun.
Je voulais juste ajouter un petit truc. À un moment donné, dans l’émission, j’ai dit que je c’était bien parce que je n’étais pas salariée, que je pouvais venir le mardi après-midi. En fait j’ai réfléchi. Je fais du bénévolat depuis plus de 20 ans, je n’ai pas attendu de ne plus être salariée, j’ai très souvent pris des journées de RTT ou de congé pour faire des activités extra-travail.
C’était mon mot de la fin.
Walid Nouh : Très bien. Isabella, veux-tu, toi aussi, faire ton mot de la fin, s’il te plaît ?
Isabella Vanni : Mon mot de la fin : j’ai adoré les mots de la fin de Marie-Odile et de Julie qui m’ont beaucoup touchée, je plaisante ! Non, je ne plaisante pas, j’ai vraiment adoré !
Mot vrai mot de la fin : si vous n’avez pas le temps et l’énergie de vous investir sur la durée pour faire du bénévolat, parce qu’il faut ces deux ressources pour le faire et on ne les a pas forcément à disposition, il y a des façons très simples de contribuer au logiciel libre et l’une de ces façons c’est de parler de Libre à vous ! et de Libre à lire ! autour de vous. De partager les podcasts et/ou les transcriptions. L’avantage c’est que dans les deux cas vous pouvez même ne partager qu’un sujet en particulier, parce que le podcast de l’émission est disponible également en podcasts individuels, la transcription est chapitrée. Ce sont donc des actions très simples, qui prennent peu de temps, mais qui sont importantes pour nous, pour nous aider à promouvoir le Libre. Contribuer au logiciel libre passe aussi par des actions très simples, donc n’hésitez pas à le faire.
Walid Nouh : C’est un bon mot de la fin.
Je vous remercie, toutes les trois, d’être venues pour parler de Libre à vous !, de Libre à lire ! et de l’April de manière un peu plus globale. À la fin de ces trois émissions sur l’April je pense qu’on en sait un peu plus sur toutes vos différentes missions.
Je vous invite toutes et tous, bien entendu, à partager les épisodes, à en parler autour de vous. Si vous en avez la possibilité, à devenir bénévole, à aider l’April.
Pour terminer, je dirais que pour moi c’était un vrai plaisir. C’est le dernier enregistrement de l’année. C’était aussi le projet associatif sur le podcast de l’année : en 2024, c’était Framasoft, en 2025 l’April, en 2026 on verra. Ça a été un très grand plaisir. Je suis très content d’avoir fait cette série avec vous tous et vous toutes. À bientôt, au plaisir de se croiser.
Auditrices et auditeurs, comme d’habitude n’hésitez pas à partager cet épisode, à le commenter, à lire la transcription, à aller voir le site et les actions de l’April et à bientôt. Merci beaucoup.
Isabella Vanni : Merci Walid.
Julie Chaumard : Merci Walid pour le podcast.
Marie-Odile Morandi : Merci.
Walid Nouh : Vous avez écouté un épisode de Projet Libres, le podcast de Linuxfr.org. La musique est composée par Clément Oudot, alias KPTN, sous licence CC By SA, à retrouver sur kptn.org. Si vous avez aimé le podcast, vous pouvez en parler autour de vous et nous soutenir en suivant le lien dans la description de l’épisode.