Les 7 péchés du numérique dans les associations Journées du Logiciel libre 2026

Découvrez ce qui, dans nos usages quotidiens du numérique, est à la fois très polluant et nous fait perdre du temps et de l’argent… Des alternatives simples, éthiques et durables vous seront proposées.

Il est 11 heures. Soyons carrés. Je vous propose de commencer.
Merci beaucoup à toutes les personnes qui sont venues, que ce soit pour cette conférence, maintenant, ou pour d’autres, ça fait très plaisir de voir des personnes qui sont curieuses, qui ont envie de découvrir.
Je vais vous accompagner pour l’heure qui va venir. J’espère que je serai un bon hôte, que vous allez passer un bon moment en ma compagnie. Comme vous avez pu voir sur le programme, c’est plutôt destiné aux personnes débutantes, qui aimeraient commencer à faire un pas de côté, mais qui ne savent pas trop par où commencer. Après, si vous avez déjà des notions, si vous connaissez déjà des choses, on va essayer quand même de passer un bon moment tous et toutes ensemble.
Comme je l’ai dit, c’est la deuxième année où j’interviens dans le cadre des Journées du Logiciel Libre. Je voulais donc remercier aussi, je ne sais pas s’il y en a dans la salle, les membres de l’organisation, les personnes qui rendent possible ce très bel événement que j’aime beaucoup, donc je suis content de venir cette année encore.

Pour me présenter très brièvement, je m’appelle Lilian. Dans le civil, on va dire que je suis professeur particulier en philosophie et en lettres et, il y a deux ans, j’ai créé une association, que je vais vous présenter, justement sur les libertés numériques.
Petit point à noter. J’ai contracté en une heure quelque chose que, normalement, j’ai l’habitude de faire en une heure et demi. Du coup j’ai peur, à la fin, de ne pas avoir le temps pour un vrai moment de questions/réponses. Je vais essayer, mais ça risque peut-être de mordre un petit peu. Je vous invite vraiment à ne pas hésiter à poser une question dès qu’elle vous vient, une remarque, une interrogation, un doute au cours de la conférence. Si vous voulez, levez la main, je sais que ça fait un petit peu scolaire, mais ça va être plus confortable pour vous, vous n’aurez pas à chercher un moment pour me couper, et plus confortable pour moi, parce que je peux finir ma phrase tranquillement et vous donner la parole, avec le micro, bien sûr.

L’association que j’ai créée c’était, à la base, pour les associations. L’idée c’est de permettre aux associations de trouver des outils numériques qui leur permettent de gagner en autonomie, de faire un pas de côté, justement, par rapport aux géants du Web qu’on va découvrir un petit peu aujourd’hui à travers les sept péchés. Essayez de retenir par cœur le nom de l’association, je trouve que c’est plus respectueux, je lui ai donné un nom simple, court, pour que ce soit facile à comprendre, c’est : Lyonnais à l’ENS Profitant d’un Avant-midi Studieux pour Désirer Éclairer Leur Compréhension des Ordinateurs Téléphones et autres Écrans. C’est bon pour tout le monde ? Vous saurez le répéter ? Sinon, on peut abréger ça en « Le Pas de Côté » si on prend la première lettre de chaque mot. L’idée c’est justement de faire un pas de côté par rapport à ces péchés du numérique.

Qu’est-ce qu’un péché du numérique ? Qu’est ce qui vous est venu en tête quand vous avez lu le nom de la conférence ? Tout est bon à prendre, j’aimerais savoir ce que ça vous évoque comme image.

Public : Ça fait penser un peu à l’hygiène numérique.

Lilian L’haridon : Oui. Qu’est-ce que tu entends par là ?

Public : Ne pas donner ses informations personnelles à n’importe qui, des choses comme ça. Avoir des bonnes pratiques, ne pas avoir le même mot de passe partout, la même adresse mail partout.

Lilian L’haridon : Oui, carrément, c’est ce dont on va parler.
Il y a une question derrière.

Public : Peut-être péché dans le sens l’avarice, la jalousie, tout ça. C’est effectivement quelque chose qu’on vit chez les GAFAM, il y a des gens qui volent nos données personnelles et tout ça.

Lilian L’haridon : Oui, carrément. Ça vient effectivement de là. On va pouvoir faire le lien avec ces péchés-là. Merci beaucoup.

Objectifs

Les objectifs de la conférence que je m’engage à vous transmettre, que je vais essayer de vous transmettre pour que cette heure-là serve à quelque chose pour vous,

  • déjà découvrir sept pratiques qui sont liberticides et écocides, je vais vraiment essayer d’axer là-dessus, sur le côté libertés individuelles et collectives et l’environnement
  • et puis, bien sûr, découvrir des alternatives, sinon ce ne serait pas drôle.
  • On va aussi essayer de comprendre quelques bases de l’informatique parce que ça peut être nécessaire contre le sentiment d’impuissance, qu’on n’est pas capable de changer quoi que ce soit, avoir quelques bases ça peut être utile par rapport à ça.
  • Et puis, l’idée vraiment centrale c’est de politiser son approche du numérique, c’est vraiment l’objectif de base de la conférence. Comme je l’ai dit, à la base ça a été créé pour les associations, mais, en vrai, ça a été changé pour pouvoir intéresser les particuliers et les entreprises. Dans les associations, on est très sensible à tout un tas de choix qui engagent, des choix politiques, des choix économiques, des choix en matière de gouvernance, mais, souvent, on fait un peu passer à la trappe les outils informatiques parce qu’on a l’impression que c’est un truc sur lequel on n’a pas trop la main, que c’est un truc de geek qu’on ne maîtrise pas et, parfois, on est effectivement un peu laissé dans l’ignorance par les outils qu’on utilise. L’idée de la conférence c’est de faire en sorte que les choix numériques, individuels ou dans les associations, soient vraiment des choix, un truc qu’on choisit de manière éclairée. Un choix c’est quelque chose de politique et justement, l’objectif derrière, c’est un petit peu la politisation de notre approche.

C’est parti.

Les 7 péchés du numériques dans les associations

C’est fait sous forme de grotte. On va explorer une petite grotte dans laquelle on va s’enfoncer progressivement à la découverte des 7 péchés. J’espère que vous n’avez pas peur de l’obscurité parce qu’on va y plonger.
Je laisse toujours cette option au début de la conférence : on peut sortir de la grotte, on s’arrête là, vous repartez, tout va bien, ou on peut, au contraire, décider de s’enfoncer pour aller découvrir un petit peu ce qui se cache là-dedans. Est-ce que ça vous va si on continue ? Personne n’est effrayé ? OK, ça marche, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

Nous voilà dans l’espace central, vous voyez qu’on a plusieurs sujets à explorer. Est-ce que quelqu’un pourrait nommer tous les petits trucs qu’on voit, à quoi correspondent tous les petits logos ? Est-ce que quelqu’un veut se lancer ?

Public : Il y en a un qui semble être la sécurité des données, je dirais celui qui est au centre, il me semble.

Lilian L’haridon : OK.

Public : Ça me fait penser aux outils de travail qu’on peut trouver notamment dans le milieu associatif.

Public : Google.

Lilian L’haridon : Oui, effectivement, on trouve beaucoup de Google, pas que.

Public : Du Meta par exemple. Et l’outil pour partager des fichiers.

Lilian L’haridon : Ici, on va en reparler. Vous avez le nom de ce petit ami ? C’est ChatGPT développé par OpenAI.
Pour l’instant, on n’est pas encore bien équipé pour s’aventurer à droite, dans les profondeurs de la grotte, donc je vous propose d’aller à gauche, là vous n’avez pas le choix, mais vous aurez le choix de la destination après. On passe la petite rivière de l’angoisse. Nous voilà arrivés ici, il y a trois possibilités, trois choses qu’on peut explorer : on a Excel, on a Google Drive et on a Google Chrome. Par où voulez-vous commencer ? Le premier qui parle a gagné et tout le monde se plie à sa décision, donc prenez l’initiative.

Public : Google Drive.

Lilian L’haridon : OK. J’ai entendu Google Drive, on commence par Google Drive.

Google Drive

Qu’est-ce qu’un cloud ?

On va commencer par une petite question. Google Drive est un cloud, mais qu’est-ce qu’un cloud ?

  • Un espace immatériel dans lequel on peut stocker des fichiers ?
  • Un service en ligne pour transférer des données ?
  • L’ordinateur de quelqu’un d’autre ?
  • Ça ne veut rien dire ?

Je vous laisse cogiter, phosphorer, échanger avec vos voisins, appeler vos amis, mais à la fin, il faudra une réponse.

Public : Un nuage. On a besoin d’une corne de brume.

Lilian L’haridon : Oui, effectivement, on a besoin d’une corne de brume pour s’en sortir.
Quelle réponse vous semble la plus correcte ? J’ai tout entendu. On va faire un petit vote à main levée, comme cela j’aurai une idée.
Qui pense que c’est la première ? OK, on a une majorité.
Qui pense que c’est la deuxième ? OK.
Qui pense que c’est la troisième ? OK.
Qui pense que c’est la quatrième ? OK, minorité absolue.

La première : un espace immatériel sur lequel on peut stocker des fichiers, c’est perdu, ce n’est pas ça, ce n’est pas grave, on a autant de vies qu’on veut, on a le droit de se tromper, ce n’est pas ça, on reviendra après là-dessus.
La deuxième alors ? Oui ? Non.
Du coup, logiquement, la troisième et du coup, logiquement, ce n’est pas la 3.
Alors qu’est-ce que ça pourrait être ? Alors c’est la quatrième « ça ne veut rien dire ». Pourquoi ?

Public : C’est un serveur de fichiers en ligne.

Lilian L’haridon : Effectivement, la première réponse, en vrai, n’est pas trop mal, on s’y retrouve, « un espace immatériel dans lequel on peut stocker des fichiers », OK, ce n’est pas délirant, mais il y a un mot dans cette définition qui la ruine complètement, « immatériel ». Est-ce que quelqu’un voudrait prendre le micro et expliquer pourquoi ce mot n’a pas trop sa place ?

Public : Ce n’est pas possible d’avoir un espace immatériel où on stocke quelque chose. Si on stocke quelque chose, c’est fatalement sur un support, que ce soit une disquette, un disque dur, un serveur, peu importe ! Pour la disquette, pardon !

Lilian L’haridon : Sur des tables en marbre !

Public : Il faut un support matériel pour stocker quelque chose, le cloud, dans le fond, ça n’existe pas, c’est un abus de langage.

Lilian L’haridon : Oui, carrément. Tu voulais ajouter autre chose ?

Public : Ça consomme du courant, ça pollue les rivières, etc.

Lilian L’haridon : Oui, effectivement, derrière il y a l’idée de consommation. L’idée c’est que rien n’est immatériel, à part le seigneur tout-puissant ! C’est vraiment la première grosse idée, selon moi, à retenir de la conférence, en gros il y a deux idées à retenir. Vous pouvez prendre des notes autant que vous voulez, mais, pour moi, il y a vraiment deux grosses idées à retenir, ça c’est la première, je signalerai la deuxième tout à l’heure. Effectivement, rien n’est immatériel, Internet c’est matériel, les logiciels c’est matériel, du coup il faut regarder un peu comment ça marche d’un point de vue matériel, parce que ça permet de mieux comprendre les enjeux qu’il y a derrière.
Pour aller voir un peu à quoi peut ressembler un cloud, ça peut ressembler à ça. Celui-ci est particulièrement grand et bien rangé, la plupart du temps ce n’est pas du tout cette ambiance-là.
Il y avait une autre réponse dans le quiz, il y avait « l’ordinateur de quelqu’un d’autre », que j’aime bien aussi, elle n’est pas du tout absurde. L’idée c’est qu’un cloud ça va être soit un ordinateur soit plusieurs ordinateurs sur lesquels vous allez copier vos données. Pour Google Drive, par exemple, si Google a un gros ordinateur en Irlande, typiquement ils ont beaucoup de serveurs là-bas, si vous voulez faire une copie de vos dossiers, vous allez en Irlande, vous prenez votre clé USB, vous mettez les fichiers et vous avez une copie, ça marche vraiment comme ça, jusque-là on n’a pas l’intermédiaire de la clé USB. Du coup, quand on prend conscience que c’est matériel, comme s’il fallait le faire à la main avec une clé USB, tout de suite on va se poser des questions qu’on ne se pose pas autrement : où sont ces serveurs ? Sont-ils sécurisés ? Qui y a accès ? Est-ce que des copies sont faites ? Si jamais je supprime mes données, est-ce qu’elles sont vraiment supprimées ou est-ce qu’elles sont gardées quelque part ?
Si jamais vous avez un cloud local pour stocker des données, par exemple chez vous, chez votre voisin, quelque part dans votre ville, vous avez les réponses à toutes ces questions et, si jamais vous n’êtes pas content de la manière dont ça se passe, vous pouvez aller râler. Par contre, vous ne pouvez pas aller à la Silicon Valley pour dire à Google « excusez-moi, j’aimerais récupérer mes données sur le cloud », c’est un truc qui fonctionne un peu moins.
Derrière, bien sûr, il y a l’impact environnemental, très important. Ça consomme énormément d’eau, énormément d’électricité, c’est un point qu’il faut absolument garder en tête.
Après, j’ai envie de vous dire que si ça pollue mais que ça sert à quelque chose, c’est déjà ça. Là, mon point, c’est que ça pollue vraiment pour rien, c’est-à-dire que toutes ces données qu’on va mettre sur des clouds, ici sur Google Drive, ça peut être aussi sur One Drive de Microsoft, vont être récupérées par un long processus de calcul très souvent fait par IA, toutes les données vont être recoupées pour avoir un profil hyper précis des personnes qui utilisent ça : qui tu es, l’âge que tu as, pourquoi tu utilises ça, ce que tu en fais, et tout cela va permettre d’établir un profil de consommateur pour après pouvoir vendre tout un tas de choses.
Bien sûr c’est totalement illégal en vertu de ce qu’on appelle le RGPD, Règlement général sur la protection des données [1]. Est-ce que cela vous parle ? Est-ce que quelqu’un pourrait expliquer au groupe dans les grandes lignes, on reste dans les grandes lignes, on ne va pas dans les méandres.

Public : Je vais essayer. Le RGPD est une initiative de la Commission européenne, né en 2016 et mis en application en 2018. L’idée c’est de protéger les informations au niveau européen, mais également de le faire appliquer à des pays étrangers en imposant un cahier des charges, même si ce n’est pas toujours respecté on le sait, pour des données qu’elles soient écrites ou même stockées en ligne.

Public : Personnelles.

Public : Pas que. En fait données, données personnelles, la différence est un peu vague. Ça contrôle comment une entité va récolter des informations et comment elle va les exploiter. L’idée c’est que le consommateur, derrière, peut avoir un droit de regard, de consultation, de modification et aussi de suppression.

Lilian L’haridon : Trop bien. Merci beaucoup. Je pense qu’on peut applaudir.

[Applaudissements]

Public : Merci beaucoup.

Lilian L’haridon : Celui qu’on ne peut pas applaudir, par contre, c’est Google. Le problème c’est que non seulement Google Drive ne respecte pas ce RGPD, mais surtout il ne peut pas le respecter. L’infrastructure, la manière dont les données sont gérées fait que peu importe à quel point on peut leur mettre des amendes, peu importe à quel point on peut les amener à un procès, ce que font certains pays, au Danemark ou en Hollande un procès fait à Google, justement concernant Google Drive dure depuis plusieurs années, énormément de données de l’État sont stockées là-bas. En fait, Google Drive ne peut pas se conformer au RGPD parce que, s’il le fait, tout le traitement des données personnelles par IA ne marche plus, du coup il n’y a plus d’argent et les services ne sont plus financés, il faut trouver un autre modèle économique.

Pourquoi je vous montre ça [Un tableau avec une liste de personnes et des renseignements sur chacune d’elles, NdT]. C’est vraiment la genèse de l’association Le Pas de Côté, pourquoi je l’ai créée à la base. Je faisais des distributions alimentaires toutes les semaines et, à chaque fois, il fallait remplir un petit questionnaire : qui êtes-vous ? Quel âge avez-vous ? Où habitez-vous ? Vos études ? Je n’avais pas la moindre idée de ce qui était fait de ces données, je me disais « c’est sans doute pour leurs statistiques internes », et, un jour, j’ai découvert que tout cela était mis sur Sheets, le tableur de Google Drive, du coup j’ai commencé à réfléchir. Je me suis dit « ça veut dire qu’à n’importe quel moment Donald Trump signe un papier et toutes ces données sont rapatriées aux États-Unis, l’État américain peut y avoir accès et faire tout ce qu’il veut avec. Google connaît toutes ces infos sur nous, il peut les revendre à des entreprises mais aussi à des États, Google passe certains contrats avec des États pour leur vendre des informations sur leurs citoyens. Ça a commencé à me paraître problématique : si on prend le régime alimentaire, par exemple, ça veut dire que le jour où Google veut vendre ses données, par exemple au gouvernement français, le gouvernement français dispose d’une liste plutôt précise et plutôt correcte de qui est musulman en France, qui est juif en France, qui sont des informations sensibles, ça peut être des choses sur l’orientation sexuelle, les convictions politiques, ce genre de chose. D’où l’intérêt, quand on manipule déjà ses propres données mais surtout les données des bénéficiaires d’une association ou des clients d’une entreprise, de faire très attention parce qu’il y a des personnes qui sont particulièrement vulnérables et on n’a pas envie que leurs informations personnelles se retrouvent, comme cela, entre les mains de n’importe qui.
C’était pour le péché, mais, concrètement, quelle solution va-ton pouvoir apporter ?

kDrive

Je ne vous en propose qu’une, généralement je propose une ou deux solutions pour ne pas m’éparpiller, mais, en vrai, il y en a énormément, il suffit d’aller voir d’autres conférences ou les stands que vous avez ici, aux Journées du Logiciel Libre, pour voir tout ce qui peut exister. J’en propose une qui est particulièrement accessible, ça s’appelle kDrive [2]. C’est un cloud qui fonctionne point par point comme Google Drive sauf, bien sûr, son modèle économique : les données sont stockées en Suisse, c’est conforme au RGPD, il y a toujours, évidemment, l’aspect environnemental mais c’est un truc auquel l’association fait extrêmement attention, leur bilan carbone est nul ce qui, je trouve, est assez exceptionnel pour une association.
Encore une fois, plein d’autres solutions existent, on va en voir pendant l’atelier. C’est une possibilité : aller mettre ses données personnelles et aussi les données des autres personnes qu’on est amené à côtoyer plutôt sur ce genre d’outils que sur des choses comme Google Drive, qui ne respectent pas le RGPD. On peut aussi ne pas mettre les choses en ligne et les garder en local, c’est une solution qui fonctionne, parfois on n’a pas trop le choix.
Avez-vous des questions sur ce premier péché du numérique ?

Public : Peut-être parler de la différences entre données personnelles et données sensibles ?

Lilian L’haridon : Je n’ai pas prévu d’en parler, c’est vrai, peut-être à la fin, dans la conclusion, j’essaie de garder l’idée en tête.
Pour les associations, l’association Framasoft peut mettre à disposition des espaces de cloud, mais pas pour les particuliers pour les associations [3]. J’étais dans deux associations qui avaient fait ce processus, elles avaient demandé à Framasoft un espace de cloud. C’est un truc hyper complet, bien plus complet que Google Drive, sur lequel vous avez plein d’outils, et vous êtes sûr que c’est bien géré, que le traitement des données, derrière, concerne uniquement les données nécessaires, il n’y a pas de traitement par IA pour établir un peu le profil des utilisateurs. C’est un truc à savoir : si vous êtes dans une association, vous pouvez faire la demande d’un espace de cloud à Framasoft et avoir gratuitement un espace. C’est vraiment intéressant.
Voilà pour ce premier péché.
Qu’est-ce que vous aimeriez explorer à présent ? Encore une fois, vous avez le choix, mais je vais peut-être juste obéir à la première personne qui parle.

Public : Excel.

Microsoft

Lilian L’haridon : Excel. C’est parti.
Je vais vous montrer une image, elle ne va pas apparaître très longtemps, donc regardez bien et après je pose une question. Un, deux, trois, terminé ! De quoi s’agissait-il ? Est-ce que c’était ?

  • une feuille de calcul
  • un tableau
  • un excel
  • une base de données

Qui se lance ? On peut faire comme tout à l’heure, essayer de réfléchir option par option.
Qui pense que c’était une feuille de calcul ? OK.
Qui pense que c’était un tableau ? OK.
Qui pense que c’était un excel ? OK.
Qui pense que c’était une base de données ? OK.
J’ai l’impression qu’il y a une très légère préférence pour la base de données, si je ne dis pas de bêtises.

Public : Un tableau ?

Public : Un Excel ?

Lilian L’haridon : Pas de bol aujourd’hui ! C’est une feuille de calcul. C’était simplement une petite question pour remarquer que, très souvent, on ne va pas donner aux outils le nom de l’outil, on va leur donner le nom du logiciel qu’il y a derrière. Typiquement, là, on peut dire que je suis en train de présenter un « powerpoint », en fait pas du tout. Ça n’a pas été fait avec le logiciel Powerpoint, ça n’a aucun rapport avec lui et pareil pour ce qu’on a vu avant, qui n’était pas « un excel ». Excel peut faire des trucs comme ça, oui, mais, en l’occurrence, ce n’était pas Excel, c’était ce qu’on appelle une feuille de calcul dans laquelle on peut faire des tableaux et qui effectivement peut servir de base de données.

Du coup, ici, on va parler d’un autre Cavalier de l’Apocalypse parmi les GAFAM, on va parler de Microsoft. Il y a une anecdote que j’aime beaucoup : Microsoft, sur sa page Wikipédia, a une section entière appelée « Controverses et affaires judiciaires ». Je trouve ça dingue, aucune autre entreprise, de ce que j’ai vu, n’a ça, Microsoft y a droit, l’historique est tellement chargé qu’il y a une section exprès pour cela et ça a commencé très tôt, effectivement.
Pourquoi parler de Microsoft, en fait parce que ce sont des gens hyper sympas. Ce sont des gens qui passent leur temps à faire des cadeaux. Là vous avez ce qu’on appelle la Suite Office, notamment Excel, Word et Powerpoint pour les plus utilisés. OK, c’est payant, ce n’est pas cool, on n’a pas envie de payer, mais en fait ils vont le mettre très généreusement, très largement, à disposition notamment à l’école. Quasiment tous les collèges, tous les lycées, toutes les universités françaises peuvent donner à leurs élèves un accès gratuit à ça, c’est donc hyper généreux, du coup je n’ai rien de plus à dire, j’aime bien les cadeaux, je n’ai rien contre ça !
Plus sérieusement, je pense qu’il faut se méfier des cadeaux depuis ça, je ne sais pas si vous souvenez [Cheval de Troie], ça avait un peu mal tourné, donc, depuis, je suis un peu méfiant quand on me fait des cadeaux.
En fait, oui, c’est un cadeau, mais ce que va offrir Microsoft, notamment aux jeunes élèves, c’est une dette. Du coup soit on peut voir le côté cadeau, ça fait toujours plaisir, soit on peut voir le côté dette et ça fait un peu moins plaisir.
En réalité, le problème c’est que si, dès l’enfance, on est habitué sur l’ordinateur familial, sur l’ordinateur du collège, puis du lycée, puis de l’université à utiliser la suite Office ça nous crée une dépendance qui vient avec tout un tas de problèmes.

  • Premier problème, la dépendance. Le jour où on arrive sur le marché du travail, on sait utiliser ces logiciels, on ne sait pas utiliser les autres, d’ailleurs on a peur, d’ailleurs ils sont bizarres. On veut un employeur qui les utilise, l’employeur le sait, du coup c’est ce qu’il propose à ses employés. Par contre, l’employeur doit payer et il doit payer cher, c’est l’idée qu’il y a derrière.
  • Bien sûr, ça ne s’arrête pas là, sinon ça serait plutôt rigolo, il y a aussi un gros problème de surveillance. C’est-à-dire que quand on utilise Excel, par exemple, sur son ordinateur, on a pu prouver que des données partaient de notre ordinateur, étaient envoyées en ligne vers Microsoft, mais on ne sait pas quelles données. On sait qu’ils regardent, on sait qu’ils ont des caméras braquées sur nous, on sait qu’ils chopent des trucs, mais on ne sait pas quoi. Il y a donc, évidemment, de très gros enjeux de sécurité derrière, notamment pour les entreprises, les grosses entreprises françaises qui vont utiliser la suite Office, on sait que certaines de leurs infos partent vers les États-Unis, on ne sait pas lesquelles, on ne sait pas ce qui en est fait, j’imagine que c’est juste pour la décoration !
  • Autre problème, évidemment, ce n’est toujours pas conforme au RGPD, ils ont raté le test.
  • Un autre souci, c’est que ça nous rend un peu prisonniers de ces logiciels. Le jour où vous voulez passer à un logiciel libre et que vous avez 150 fichiers sur Excel, si ce sont des petits fichiers, pas très compliqués, il n’y aura pas trop de soucis, mais dès que vous avez des trucs un peu compliqués, des fonctions un peu lourdes, des macros, des trucs un peu précis, il peut y avoir de la casse quand vous passez d’un logiciel à l’autre. Les créateurs de logiciels qui veulent faire des bons logiciels, des logiciels utiles au public, savent qu’il faut ce qu’on appelle l’interopérabilité : il faut que ce que tu fais sur mon logiciel, la feuille de calcul que tu fais sur mon logiciel, marche sur un autre logiciel. C’est compliqué, mais c’est ce que les gens essayent de faire. Microsoft s’en fiche complètement, au contraire : il faut que tu restes chez moi, donc si tu mets ton fichier chez quelqu’un d’autre, il sera tout cassé. Du coup, les gens vont se dire « ce nouveau logiciel est pourri, il a totalement cassé mon fichier, je vais rester sur Excel », évidemment !
  • Un autre problème, bien sûr, c’est payant. Je n’ai rien contre ce qui est payant, mais payer pour un truc quand on peut avoir le même truc gratuitement, ça devient un peu un peu plus embêtant.
  • LibreOffice

    Du coup on peut aller s’intéresser à une alternative qui est gratuite et, pour les autres points, il n’y a pas du tout ces problèmes-là, c’est LibreOffice [4]. Est-ce que c’est un truc qui vous parle ? Oui.

    Public : Pas trop le choix !

    Lilian L’haridon : Quand j’ai commencé à quitter tous les outils des GAFAM, je voyais un peu LibreOffice comme quelque chose d’un peu bizarre, un peu vieux, que j’utilisais quand j’étais en primaire, qui ne marche pas trop, pareil pour Firefox dont on va reparler. En fait non, c’est génial, ça marche très bien. Par contre, on peut peut-être se poser une petite question.
    LibreOffice, comme je l’ai dit, ce sont des logiciels gratuits qui font pareil que la suite Office, on peut faire du texte, on peut faire des tableaux, etc., mais on a vu tout à l’heure, avec Google Drive, que la gratuité n’est pas forcément une bonne chose, parce que, derrière, le modèle économique va être un maximum d’extraction de données et de revente, après, de ces données.
    Du coup, pourquoi n’est-ce pas un souci que LibreOffice soit gratuit ? C’est parce que c’est ce qu’on appelle un logiciel libre. Du coup ma question, c’est le deuxième point qui, selon moi, est vraiment important à retenir de cette conférence : qu’est-ce qu’un logiciel libre ? Est-ce que c’est

    • un logiciel dont le code de fonctionnement est facilement accessible
    • un logiciel qu’on peut utiliser comprendre, copier, modifier
    • qui n’est soumis à aucune juridiction
    • qui est développé par une fondation et non par une entreprise.

    Il va falloir répondre. Je donne un indice : il y a deux réponses correctes.
    Qui pense que ce serait plutôt la première option : le code de fonctionnement est facilement accessible.

    Public : La première réponse.

    Lilian L’haridon : La première réponse a l’air plutôt intéressante.
    Est-ce qu’on peut l’utiliser, le comprendre, le copier et le modifier ? OK.
    Est-ce qu’il n’est soumis à aucune juridiction ? Non, effectivement.
    Est-ce qu’il est développé par une fondation et non par une entreprise ? Souvent celle-là fait tomber quelques personnes parce que c’est un piège. Derrière les logiciels libres il y a beaucoup de grosses fondations, par exemple la Fondation Mozilla [5] qui développe Firefox, mais, en fait, ce sont des outils tellement pratiques, qui arrangent tellement tout le monde, que les entreprises aussi, et même les GAFAM, payent des gens, payent des salariés, pour développer des logiciels libres. Par exemple, chez Google, il y a des gens dont le taf c’est de développer, toute la journée, des logiciels libres parce que, en bout de course, Google en bénéficie aussi. Ça diminue largement ses coûts de développement.
    Effectivement, le code de fonctionnement d’un logiciel libre est facilement accessible. La conséquence, c’est que je peux l’utiliser sans contrainte, je n’ai pas forcément à payer une licence, je peux le comprendre aussi, je peux le copier d’un simple clic et, du coup, l’envoyer à d’autres personnes, et je peux le modifier.

    Public : Pour moi, le logiciel libre n’est pas un logiciel dont le code de fonctionnement est facilement accessible, dans ces conditions-là, c’est un logiciel open source, ce n’est pas un logiciel libre. C’est différent, il y a deux notions différentes pour moi.

    Lilian L’haridon : Effectivement, il y a un distinguo à faire.

    Public : Sachant que, pour moi, le code de LibreOffice n’est pas disponible, il n’est pas accessible [Sur cette page, https://fr.libreoffice.org/who-are-we/, on lit : « LibreOffice est un logiciel libre et open source ». Sur cette page, https://fr.libreoffice.org/download-other/, on lit : « Tout notre code source est hébergé sur git », NdT].

    Lilian L’haridon : Pour LibreOffice, je ne sais pas. C’est vrai qu’il y a certains logiciels dont le code n’est pas forcément accessible ou dont l’accès peut être monnayé.
    Il y a une petite distinction à faire entre open source et logiciel libre. Pareil, par manque de temps je vais essayer de le faire très rapidement.
    Open source, donc source ouverte, le code est accessible.
    Logiciel libre, c’est plus une certaine éthique, une certaine vision de ce que doit être un logiciel : ça doit être un bien commun. Après, il y a différents types de logiciels libres, différents régimes de propriété concernant l’accès au code.
    Merci pour l’info sur LibreOffice, je ne savais pas que le code n’était pas accessible. En tout cas, ça me surprend. J’avais parlé avec un chef d’entreprise qui, justement, utilisait dans son entreprise la suite LibreOffice. À un moment, il avait été bloqué parce qu’il avait besoin d’une fonction hyper spécifique qui n’existait pas, je ne sais plus ce que c’était, du coup il avait appelé un développeur externe pour faire une toute petite modification sur LibreOffice et lui rendre une version avec cette petite spécificité. [Sur cette page, https://fr.libreoffice.org/download-other/, on lit : « Tout notre code source est hébergé sur git », NdT]
    Merci beaucoup d’avoir apporté ça. S’il avait eu besoin de modifier Word, c’était raté, il ne pouvait pas. Voilà par rapport à ça.

    Google Chrome

    Il nous reste à parler rapidement de Google Chrome.
    Pour les besoins de la conférence, j’ai fait quelque chose que je ne recommande pas forcément, ça a été réalisé dans un cadre un peu sécurisé, ce n’est pas forcément à reproduire chez vous. Je suis allé sur Google – j’ai une petite goutte de sueur. On voit pas forcément, il y a un petit lien qui m’indique, en gros, quels sont les traqueurs. Normalement, il ne devrait y en avoir aucun, parce que je suis juste sur la page, je n’ai pas fait de recherches, je n’ai rien fait, je n’ai pas fait pas bouger ma souris ou quoi que ce soit, je suis juste allé sur Google en tout bien tout honneur, je vous assure que je ne faisais rien de mal. Il y a trois pisteurs, trois cookies, trois petits bouts de programmes qui ont été injectés dans mon ordinateur, dans cette page, qui sont là pour regarder un petit peu ce que je fais.
    L’idée c’est que Google a tellement besoin de données, se nourrit tellement de données pour établir le profil des gens, que vous n’avez même pas besoin de faire des recherches, vous allez juste sur la page d’accueil et il va regarder l’heure qu’il est, quel est votre ordinateur, quand vous l’avez acheté, ce que vous avez comme logiciels sur votre ordinateur ; il va regarder les déplacements de la souris, si vous faites des fautes de frappe ou des fautes d’orthographe quand vous faites votre recherche. Tout cela, toutes ces petites données, isolées, ne sont pas très intéressantes, elles ne disent pas grand-chose, mais, quand on en a des tonnes et des tonnes sur vous, on va pouvoir avoir une idée hyper précise de qui vous êtes. Donc partout surveillance, surveillance, surveillance ! C’est un peu le slogan de Google : « Quoi que tu fasses, où que tu sois, rien ne s’efface, je pense à toi. » Il pense à toi nuit et jour !
    On pourrait se dire « en fait, c’est juste mon nom, mon prénom, mon adresse, ça peut être un peu craignos mais ça va ! ». Oui, effectivement, il connaît votre identité officielle, on va dire, mais ça ne s’arrête pas là, bien sûr. Il peut aussi connaître vos itinéraires : qu’avez-vous fait aujourd’hui ? Où êtes-vous allé ? Typiquement, si vous avez un Android avec la géolocalisation, Google sait que vous êtes actuellement aux Journées du Logiciel Libre. Où vous avez fait vos études, quelles sont vos croyances religieuses, vos convictions politiques, vos préférences romantiques et sexuelles, ça peut peut-être intéresser certains gouvernements ; vos troubles alimentaires, vos troubles du sommeil, vos loisirs, le profil de votre enfant, tout cela ce sont des données qui peuvent être hyper intéressantes.
    Qu’est-ce qu’on fait avec toutes ces données ? On va aller du plus innocent au plus grave, même si tout est grave.
    On peut vous vendre des jeux à la con, c’est-à-dire qu’une des grosses sources du chiffre d’affaires de Google, c’est la vente de publicités : j’ai une cartographie complète de ton profil, je sais que tu pourrais être intéressé par ce jeu, je sais très bien que tu vas télécharger ça, je sais combien tu vas dépenser, je sais combien tu vaux pour le développeur du jeu.
    On perd du temps, on perd de l’argent, on peut s’isoler des gens, mais il y a plus grave.
    On peut aussi vous vendre certains produits – celui-là est vraiment moche [un pendentif, NdT], je suis désolé –, parce qu’on sait ce qui va vous intéresser. Quand on est sur les réseaux sociaux, par exemple, on sait très bien que ce n’est pas pour rien qu’on voit certaines pubs. Typiquement, désolé, je balance un peu sous le bus, je sais que, parmi mes proches, certains ne reçoivent que des trucs qui peuvent m’intéresser, typiquement des pubs pour l’escalade, vils en ont dans tous les coins, des trucs pour des pizzas par exemple. Les annonceurs savent pertinemment ce qui va vous intéresser.
    Beaucoup plus grave, parce que ça met une limite concrète à la liberté de déplacement, on peut vous vendre des endroits où aller. Typiquement, vous êtes sur Google Maps, vous allez chercher un magasin de jeux vidéo, vous allez chercher un restaurant, un magasin de vêtements, Google va vous indiquer certains commerces plutôt que d’autres. Souvent ce sont les commerces qui payent pour dire « j’aimerais être recommandé par Google Maps et par d’autres services Google », ils vont donc être un peu mis en avant et on va vous amener vers un commerce plutôt qu’un autre, vers un service plutôt qu’un autre. Votre liberté de choix et votre liberté de déplacement prennent un coup assez sévère.
    Et puis, parce qu’on peut toujours aller plus loin, on peut vous vendre des intentions de vote. Dans la version longue de la conférence, je développe un petit peu sur le scandale Cambridge Analytica [6], je vais vraiment essayer de le faire en 30 secondes : une société achète à Facebook des données de ses utilisateurs pour établir leur profil et indiquer, notamment au Parti républicain aux États-Unis, où faire des meetings, sur quel thème, de quelle durée, pour quelles personnes, comment l’annoncer. C’est difficile de savoir à quel point ça a joué dans la victoire de Donald Trump aux élections [en 2017], parce qu’il y a énormément de facteurs à prendre en compte, ce qui est sûr c’est que ça a eu un impact énorme et que ce n’est pas si difficile à faire quand on a un peu les moyens.
    Et puis, bien sûr, tous ces traqueurs polluent énormément et réduisent la durée de vie des ordinateurs. Tous ces pisteurs, tous ces cookies, c’est comme des sacs à dos qu’on leur met dessus, des gros sacs bien lestés, du coup ça va encore réduire leur durée de vie.

    Firefox

    L’alternative, il y en a plein, mais la grande alternative, une qui est pas mal, qui ne fait pas forcément consensus, on pourra en rediscuter, c’est Firefox [7] qui peut remplacer Google Chrome.
    Firefox est développé par une fondation, la Fondation Mozilla. On pourrait dire que c’est un peu le slogan inverse : « Quoi que tu fasses, où que tu sois, j’efface tes traces, je n’te vois pas. » Les données qui sont conservées sont uniquement les données qui sont utiles pour la navigation. Un maximum de filtres est mis, justement, pour empêcher les sites de nous pister.
    Concrètement, si vous deviez garder un seul truc de cette conférence, parmi les 7 péchés dont on va parler et les 7 alternatives que je présente, à mon avis ça pourrait être cela parce que c’est hyper rapide à faire. Si votre navigateur est Google, vous allez sur Google, ou sur ce que vous avez, vous téléchargez Firefox, vous en faites votre navigateur par défaut, vous importez vos favoris, votre historique, et voilà, en cinq minutes vous avez déjà mis un gros stop au flux de données qui partaient de chez vous pour aller chez les GAFAM.
    Avez-vous des questions là-dessus ?

    Public : Ce n’est pas tellement une question. Dans le cadre de mon travail, je me suis intéressé, justement, aux paramètres Google, si vous êtes intéressé : sur votre compte Google, quand vous allez dans l’onglet « Données et confidentialité », vous avez la rubrique « Annonces personnalisées » avec « Mes préférences publicitaires », et là vous allez voir ce que Google a emmagasiné sur vous, ça va vous donner des choses très précises : votre relation amoureuse, votre niveau d’études, si vous êtes propriétaire ou locataire, des choses comme ça, et vous pouvez le désactiver.

    Lilian L’haridon : Oui, c’est hyper intéressant d’aller voir ça. Je suis peut-être parano, je me dis qu’ils ont peut-être des infos qui ne sont pas données, je sais pas, je n’ai rien pour le prouver, c’est une idée que j’ai en tête.
    Merci beaucoup. Du coup, ça peut être intéressant d’aller voir et d’aller désactiver, évidemment.

    Voilà pour nos trois premiers péchés. J’espère que ça vous aura apporté des choses. Du coup, maintenant, on peut aller voir un peu ce qui se cache de ce côté-là. Là, il n’y a pas d’option pour revenir en arrière, maintenant c’est trop tard, vous avez pris la décision, donc, maintenant, on assume.
    Par où commence-t-on ? OpenAI ? OK, c’est parti sur l’ami ChatGPT.

    Intelligence artificielle – OpenAI et ChatGPT

    Quand on parle de ChatGPT et des IA, les problèmes qui nous viennent en tête sont souvent des problèmes catastrophiques : les IA vont nous renverser, vont remplacer l’humanité, oui, peut-être, mais ce n’est pas forcément ça le problème actuel, je pense que ce n’est pas forcément ce qui devrait nous préoccuper là maintenant, même si c’est intéressant de travailler là-dessus. À mes yeux – bien sûr on pourra en discuter, c’est une nouveauté de la conférence, donc tout est très ouvert à la discussion –, le principal problème actuel c’est que c’est une énorme pompe à fric.
    En fait, l’IA est un super argument marketing, maintenant vous avez de l’IA partout que ce soit utile ou pas, qu’il y en ait vraiment ou pas, parfois il n’y en a même pas, du coup ça va attirer énormément d’investissements, notamment des investissements publics qui pourraient être utilisés ailleurs. Souvent, on va oublier des solutions qui sont moins coûteuses, qui sont moins techniques, qui sont moins polluantes, parce qu’on se dit que l’IA c’est révolutionnaire, ça va tout révolutionner. Déjà prouvez-le, ensuite tout dépend de l’usage qu’on en fait et tout dépend de qui possède l’intelligence artificielle. Par exemple, si c’est OpenAI, on peut peut-être douter du côté révolutionnaire, côté réactionnaire, par contre, j’ai un petit peu moins de doutes.

    Mon propos n’est pas forcément de ne pas utiliser les IA, ce sont des outils qui existent depuis très longtemps, un petit peu moins longtemps pour les IA génératives vraiment perfectionnées. Ça peut éventuellement être intéressant. Je veux surtout essayer de vous proposer quelques bonnes pratiques. Si jamais on utilise les IA à titre particulier, dans une entreprise, dans une association, quelques bonnes pratiques à garder en tête pour éviter de trop faire marcher la machine à données, de trop envoyer de données chez les GAFAM.

    Les bonnes pratiques

    • Premier point : essayer d’anonymiser les données au maximum. Typiquement, je pourrais dire « mon association à 53 500 euros de budget, on veut développer un projet pour faciliter l’accès à un médecin généraliste pour les habitants du Var. » Super, les Américains sont très contents de savoir ça, alors juste ça, ce n’est pas hyper précis mais, à force de requêtes, ils vont pouvoir se faire une idée hyper précise de ce qui se passe en France actuellement. Et puis, dans les IA, on peut parfois mettre des trucs beaucoup plus précis.
      On peut essayer d’anonymiser ça, on essaie de rester un peu flou : « Mon association a un budget d’environ 50 000 euros, on veut développer un projet pour faciliter l’accès à un médecin généraliste pour les habitants d’un département rural », c’est notamment intéressant si vous injectez vraiment des fichiers dans une IA. Si je reprends l’exemple d’une association, vous lui donnez votre budget, votre rapport d’activité, même des informations que vous considérez comme confidentielles, par exemple le budget prévisionnel, il faut savoir que les conversations avec les IA vont souvent être relues par des petites mains, à la main, pour vérifier si l’IA a bien répondu, ou pas. Du coup, si ça vous amuse de mettre votre mot de passe chez une IA, il faut savoir que, très potentiellement, un humain peut tomber là-dessus et après qu’est-ce qu’il va en faire ? Libre à lui de décider, nous n’allons pas lui enlever sa liberté de penser ni sa liberté d’action.
    • Chose numéro 2 qu’on peut faire, plutôt dans une logique écologique : utiliser l’IA générative quand c’est utile, pas par réflexe ; quand je dis « IA générative », c’est tout ce qui va créer du texte, des images, du son, par opposition aux IA plus anciennes, qui sont utilisées depuis des dizaines d’années, par exemple dans les GPS pour aider à calculer un itinéraire ou ce genre de chose.
      Typiquement, un truc qui ne devrait pas être fait : « Gemini, est-ce que tu penses je devrais me faire un tatouage Dark Vador ? ». Évidemment, la réponse est non, du coup ce n’est peut-être pas nécessaire, après ça dépend il peut y en avoir des sympas.
      Par contre ici, pourquoi pas, « je dois finir ma lettre de motivation dans une demi-heure, je suis perdu, voilà ce que j’ai écrit jusqu’ici, est-ce que tu peux m’aider à compléter ? ». Là on a un usage qui est peut-être un petit peu plus légitime.
      On ne peut pas cloisonner usages légitimes et usages illégitimes, c’est à vous de vous demander à partir de quel moment vous êtes perdu, « je ne sais pas quoi faire, je demande de l’aide à saint Gemini ou à saint ChatGPT », là ça peut être entendable.
    • Troisième point hyper important : ne pas créer de compte sur les IA, sinon elles vont pouvoir accumuler un maximum d’informations, et encore moins lier ce compte à Google parce que là vous faites un pacte entre Google et entre OpenAI, par exemple, si vous êtes sur ChatGPT et, du coup, c’est vraiment la razzia d’informations, tout va pouvoir être lié.
      Par exemple, là je suis sur ChatGPT, il me propose de me connecter ou de m’inscrire. Du coup, si jamais vous devez quand même créer un compte pour x ou y raisons, faites-le directement avec votre adresse mail plutôt qu’avec Google et essayez d’utiliser des IA qui ne vous demandent pas de vous inscrire. Pour l’instant, c’est le cas de ChatGPT, on peut l’utiliser sans s’inscrire. C’est loin d’être le cas de toutes.
    • Et puis, quatrième réflexe, aller changer les paramètres de confidentialité de son moteur de recherche pour qu’il nous aide à faire une barrière entre le pistage par l’IA et nous.
      Sur Firefox ça ressemble à ça : « Demander aux sites web de ne pas vendre ni partager mes données. » Ça ne règle pas à 100 % le problème, mais c’est un début.
      Une autre possibilité que j’aime bien, c’est un site qui s’appelle Duck.ai [8]. En fait, c’est une interface entre vous et l’IA, c’est-à-dire que vous parlez aux IA classiques, que vous connaissez, ChatGPT et compagnie, mais un filtre est mis, justement pour empêcher que les données soient utilisées pour l’entraînement de l’IA, notamment. Disons qu’en allant sur duck.ai, votre conversation est automatiquement paramétrée pour avoir le degré de confidentialité le plus haut possible. Quand je dis « le plus haut possible », ce n’est pas non plus très haut, vous êtes toujours en train de parler avec une IA, mais c’est le plus haut possible.

    Ce ne sont pas vraiment des alternatives, ce sont plutôt des bonnes pratiques.
    Est-ce que vous avez des questions là-dessus ? OK.
    Il nous reste à aller voir ce qui se cache par là.
    Là, il y a à boire et à manger. Est-ce que vous pouvez me dire ce qu’on a ?

    GMS Google

    Public : C’est Google Mobile Services.

    Lilian L’haridon : Oui, très bien. Est-ce que tu veux expliquer ce qu’on entend par là ?

    Public : Généralement, c’est ce qu’on va retrouver sur les smartphones Android, les applications préinstallées, la suite Google, dont on ne pouvait pas se débarrasser avant, aujourd’hui on peut grâce au DMA èDigital Markets Act], mais ça reste installé par défaut.

    Lilian L’haridon : Effectivement, les GMS Google, tous ces petits machins, parfois on ne sait même pas à quoi ça sert, sont installés par défaut. En fait, ça vient nous mettre dans une sorte d’écosystème, on entend parler de l’écosystème Google, dans lequel on est un petit peu enfermé, parce qu’en fait – ça ne me fait pas mal au cœur de le dire, il faut assumer – ça marche très bien, concrètement c’est très bien d’un point de vue pratique. Si vous avez des besoins particuliers, les logiciels libres c’est plus sympa, vous pouvez les modifier, mais pour un utilisateur lambda, qui a des besoins lambda, en fait Google marche très bien. Tout est connecté, il y a donc beaucoup moins d’efforts à fournir, les informations sont captées les unes des autres par les différents logiciels, tout est pré-rempli, tout est déjà compris par Google, du coup, ce qui est merveilleux, c’est que vous n’avez pas besoin d’aller voir ailleurs. C’est un peu une relation toxique dans laquelle la personne va vous dire « je sais déjà tout sur toi, donc je suis parfait pour toi, tu n’as pas besoin d’aller voir d’autres gens, ils seront moins bien, ils te comprendront moins bien. » Oui, ils te comprendront moins bien, c’est un avantage, ils ne savent pas qui tu es et ils n’ont pas envie de le savoir.
    Est-ce que vous savez qui est ce monsieur ? Ça vous parle ?

    Public : C’est un juge de la Cour pénale internationale.

    Lilian L’haridon : Oui, carrément, un juge de la Cour pénale internationale qui s’appelle Nicolas Guillou. Il y a un peu moins d’un an, en août 2025, il a voté, avec d’autres juges, un mandat d’arrêt international contre Benjamin Netanyahu. Donald Trump a vu ça, il n’était pas hyper content, pas du tout content, donc Nicolas Guillou, qui n’a rien fait de mal, s’est retrouvé totalement banni par les entreprises américaines avec d’autres personnes style des dirigeants terroristes, du narcotrafic, des vrais narcotrafiquants pour le coup, pas juste un pauvre président [9]. C’est-à-dire que les entreprises américaines n’ont plus le droit de lui fournir des services. Typiquement, il ne peut plus payer avec sa carte bancaire Mastercard, parce que tout le système bancaire international fonctionne via les États-Unis, donc c’est terminé. Tous ses fichiers, notamment ses fichiers professionnels sur Google Drive, OneDrive, c’est terminé. Je ne sais pas si ce monsieur était sur Gmail, mais c’est terminé. C’est là, d’un coup, qu’on se rend compte qu’à l’échelle nationale notre souveraineté numérique ce n’est rien du tout et à l’échelle individuelle, ce qu’on pourrait appeler notre autonomie numérique, notre indépendance vis-à-vis des grandes entreprises américaines, pareil, ce n’est rien du tout. Ce monsieur a été complètement exclu de l’espace numérique, alors qu’il n’est pas du tout Américain, il ne vit pas aux États-Unis, mais ça a suffi pour l’exclure totalement parce qu’il n’était pas d’accord avec la politique américaine.
    En fait, quand il y a un tel monopole, quand un petit nombre d’entreprises, en plus toutes du même pays, contrôlent à ce point-là les données des individus et ce qu’ils peuvent faire avec leur matériel informatique, ça va mettre d’énormes limites à notre liberté et ça incite, justement, à faire un pas de côté, à changer, à faire autre chose.

    Les alternatives

    Par rapport, justement, à toutes ces applications Google installées par défaut, une foule d’initiatives existent et vous allez en retrouver plein aux stands des associations. Je n’en ai cité que quelques-unes, il a fallu mettre des limites.
    Il y en a quelques-unes dont on a déjà parlé. Tout n’est pas Google mais c’est l’univers des GAFAM.
    J’attire votre attention sur WhatsApp. On peut le remplacer par Signal, son intérêt augmente un peu, c’est une super nouvelle, de plus en plus de personnes vont dessus, c’est une alternative assez intéressante.
    Vous pouvez en retrouver énormément d’autres au village des associations.
    Si vous avez des besoins spécifiques, parce que ce sont des logiciels plutôt généraux, il y aura forcément une alternative qui existe, il y a forcément des choses à aller trouver.

    De manière générale, ce que vous pouvez garder en tête :
    si vous avez besoin d’une alternative pour des usages plutôt personnels, plutôt ponctuels, il y a le site Dégooglisons Internet [10], proposé par Framasoft, sur lequel vous allez trouver plein de choses ;
    si c’est plutôt pour des usages professionnels, vraiment réguliers, que vous avez des gros besoins, il y a les chatons. CHATONS [11] est le Collectif des Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts Neutres et Solidaires. Ce sont des hébergeurs locaux qui vont héberger vos données, vos mails, vos visios, tout ce que vous pouvez avoir besoin de stocker et c’est hyper intéressant : si vous n’êtes pas content, vous savez à qui aller poser des questions et vous savez à qui aller botter les fesses. Il n’y en a pas mal à Lyon, donc n’hésitez pas à vous intéresser à ça si vous avez des usages professionnels ou des usages vraiment réguliers de vos logiciels.
    Voilà pour ça.

    On arrive à la fin de la conférence, il nous reste cinq minutes, donc ça y est, nous sommes prêts, nous sommes équipés pour aller voir les deux derniers péchés.

    Les réseaux sociaux

    Petit point très rapide sur les réseaux sociaux, je n’ai pas forcément envie de m’étendre là-dessus, rien que vous ne connaissiez déjà. L’idée c’est que les réseaux sociaux fonctionnent un peu comme une vente aux enchères pour l’attention des utilisateurs, pour leur vendre de la pub.
    Le problème, derrière, c’est que je vois beaucoup d’associations qui investissent de plus en plus les réseaux sociaux. Pour se faire entendre par des potentiels bénévoles, des potentiels adhérents, des potentiels partenaires, du coup elles doivent crier plus fort que les autres, ce qui est dommage, on n’aime pas voir des associations en concurrence quand elles sont toutes sympas. Et surtout, vous criez plus fort, à un moment vous atteignez la limite technique de la plateforme, la manière dont la plateforme fonctionne fait que vous ne pouvez pas crier plus fort, vous ne pouvez pas demander plus d’attention.
    Il y a plein d’autres supports pour communiquer, pour aller chercher des bénévoles, des adhérents, des partenaires, et ça peut être intéressant d’aller explorer un petit peu de ce côté-là. L’idée, pour une association, ce n’est pas forcément de quitter les réseaux sociaux, même si ça peut être un geste fort et un geste intéressant, c’est de réinvestir d’autres terrains, à commencer par le terrain où on est, le terrain réel, aller faire des conférences, aller tenir des stands, aller dans la rue, parce que là, pour le coup, on peut être entendu. Il y a d’autres possibilités. En fait, je pense qu’il y a énormément de choses qui n’ont pas encore été essayées sur la manière de communiquer de la part des associations. Pourquoi ça n’a pas été essayé ? Parce qu’on s’est rué sur ce que proposaient les réseaux sociaux, mais je pense qu’il y a beaucoup de choses à faire. Certaines sont peut-être de très mauvaises idées, ça ne marchera peut-être pas, c’est inutile, mais essayons, et peut-être d’autres vont se révéler être des super moyens, pour les associations, de communiquer en interne comme en externe, autrement que par les réseaux sociaux.
    Est-ce que vous avez des questions là-dessus ou des remarques, un retour d’expérience sur la place des réseaux, par exemple si vous êtes dans une entreprise ou une association ?
    OK, ça marche.

    Vouloir être parfait

    On va pouvoir aller voir le dernier péché, on s’achemine vers la lumière. Félicitations, on a réussi à sortir de cette grotte, après cette traversée.
    Le dernier péché, tout simplement, c’est vouloir être parfait, vouloir trop bien faire. Pourquoi je dis cela ? Il faut revenir au début de la conférence quand je disais que, souvent, le problème c’était qu’on se sentait impuissant. On n’a pas les connaissances techniques, on ne sait pas comment agir, on ne sait pas quoi faire, c’est là qu’on va entendre les arguments, qu’on entend beaucoup sur tout un tas de sujets : « C’est trop tard pour agir, ils ont déjà gagné, on ne peut rien faire, il y a trop de forces en présence. » Quand on milite pour d’autres causes, ce sont des trucs qu’on entend et auxquels on sait comment répondre ; pour le numérique, on ne sait pas forcément. Parfois, on ne se sent pas autonome, on ne se sent pas légitime, on n’a pas conscience de ses réelles possibilités d’agir. La métaphore que je donne souvent c’est un peu la métaphore des fourmis. Il faut imaginer un flot de fourmis et chacune porte, dans ses petites pattes, un petit bout de donnée, un petit bout d’argent, un petit bout de vie privée. Ça va être compliqué d’empêcher totalement les fourmis de passer, mais on peut faire un trait à la craie, tout simplement, et on empêche la plupart de passer. Avec les alternatives qui ont été proposées c’est justement l’objectif. Pas aller à 100 % de confidentialité parce que c’est le travail de toute une vie et là, pour le coup, il y a des compétences techniques à avoir, mais je suis convaincu que faire une grosse ligne c’est accessible à tout le monde pour, déjà, mettre une grosse limite et agir concrètement. Je pense que si tout le monde fait ça, ça peut déjà faire une grosse différence.

    Je ne veux pas que tout ce que vous avez entendu vous paralyse, au contraire, j’espère que ça vous a appris des choses et que ça vous a motivé pour faire un petit pas de côté.
    Pas forcément aller voir toutes les alternatives que vous avez vues, mais choisir un truc et dites « je vais aller voir, je vais aller explorer », plutôt que de vouloir tout faire à la fois ce qui peut être assez paralysant.
    J’aime beaucoup cette phrase de Blaise Pascal, qui dit « l’homme n’est ni ange ni bête, et souvent qui veut faire l’ange finit par faire la bête. » Donc restons humains, restons humbles, essayons pas à pas de faire des pas de côté et je pense qu’on peut trouver des choses assez intéressantes.

    Merci.

    [Applaudissements]

    Si ça vous intéresse si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’écrire lepasdecoté@gmail…

    [Rires]

    Non ! lepasdecote chez ikmail.com, hébergé chez Infomaniak, dont on a parlé tout à l’heure.

    Je vous dis un mot très rapidement de la conférence suivante, ils se présenteront, si jamais vous ne savez pas trop si vous restez, si vous ne restez pas. Ils vont présenter, si j’ai bien compris, un outil pour créer des jeux de rôles, je crois que c’est un peu plus large que ça, que je le dis très mal. Ça a l’air hyper intéressant, s’il y en a qui veulent rester découvrir, je pense que ça peut être très chouette.
    Merci à vous pour votre présence et bon appétit à ceux qui vont manger.