Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Isabella Vanni : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans Libre à vous !. C’est le moment que vous avez choisi pour vous offrir une heure trente d’informations et d’échanges sur les libertés informatiques et également de la musique libre.
La vie des GULL et la Fête des Possibles, c’est le sujet principal de l’émission du jour. Avec également au programme la chronique de Gee intitulée « Corbeille & récupération de fichiers » et aussi une toute nouvelle chronique signée Anne L’Hôte, « Complète ta rue ! ».
Soyez les bienvenu·es pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission qui vous raconte les libertés informatiques, proposée par l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Je suis Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April.
Le site web de l’émission est libreavous.org, vous pouvez y trouver une page consacrée à l’émission du jour avec tous les liens et références utiles et également les moyens de nous contacter.
N’hésitez pas à nous faire des retours ou à nous poser toute question.
Nous sommes mardi 15 septembre 2026.
Nous diffusons en direct sur radio Cause Commune, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.
Nous saluons également les personnes qui nous écoutent sur les webradios radio Cigaloun et radio Broussaille, ainsi que sur les radios FM Radios Libres en Périgord et Radio Quetsch.
À la réalisation de l’émission aujourd’hui, pour sa première, Yann Collette, nouvelle recrue à la régie, et Julie Chaumard. Bonjour à vous.
Yann Collette : Bonjour.
Julie Chaumard : Bonjour.
Isabella Vanni : Nous vous souhaitons une excellente écoute.
[Jingle]
Chronique « Les humeurs de Gee » – « Corbeille & récupération de fichiers »
Isabella Vanni : Nous allons commencer avec la chronique « Les humeurs de Gee ». Gee, auteur du blog-BD Grise Bouille vous expose son humeur du jour : des frasques des GAFAM aux modes numériques, en passant par les dernières lubies anti-Internet de notre classe politique, il partage ce qui l’énerve, l’interroge, le surprend ou l’enthousiasme, toujours avec humour. L’occasion peut-être, derrière les boutades, de faire un peu d’éducation populaire au numérique.
Le thème du jour : « Corbeille & récupération de fichiers ».
Bonjour Gee.
Gee : Salut Isa et salut camarades.
Si vous regardez un peu des séries policières, vous avez sans doute déjà vu cette scène où la police scientifique récupère, sur le disque dur d’un suspect, des données qui avaient pourtant été effacées. Alors, facilité scénaristique ou réalité ? Eh bien, au risque de vous surprendre, nous ne sommes pas dans le même cas que ces fameux zooms infinis sur des images qui permettent d’identifier un suspect dans le reflet d’une paire de lunettes qui faisait pourtant 10 pixels de large. Il est effectivement possible de récupérer des fichiers supprimés dans certains cas, et je vais vous expliquer pourquoi et comment.
Déjà, il faut évacuer rapidement le cas où les fichiers ont juste été « mis à la corbeille ». La corbeille c’est juste un dossier spécial où vos fichiers sont mis en attendant de savoir si vous voulez vraiment les supprimer. Ça ne supprime rien du tout tant que vous ne la videz pas. Et au passage, un fichier dans la corbeille prend autant de place qu’un fichier normal, pour les quelques personnes qui pensaient avoir trouvé une astuce pour gagner de la place sur leur ordinateur en mettant des fichiers dans la corbeille. Il faudra d’ailleurs m’expliquer par quel miracle cette technique marcherait et, du coup, pourquoi on ne construirait pas l’entièreté des disques durs dans l’étrange matériau mystique dont serait conçues les corbeilles pour pouvoir conserver des données sans prendre de place. Bon !
Prenons le cas où vous videz votre corbeille et où les fichiers sont supprimés, vraiment. Ça veut dire quoi, « supprimer » ? En fait, l’incompréhension vient souvent d’une mauvaise analogie : comme on parle de fichiers et de dossiers, on a tendance à imaginer qu’un fichier informatique serait un peu comme une feuille de papier où on écrirait des trucs. Du coup, pour supprimer des données, eh bien on prendrait une gomme, on effacerait ce qui est écrit pour retrouver une page blanche, vierge. Sauf qu’une page blanche, en informatique, ça n’existe pas. Un bit, la base du stockage numérique, n’a que deux états : 0 ou 1. Il n’a pas d’état « neutre », « vierge » ou « non initialisé », il y a toujours quelque chose d’écrit. Votre disque dur, même quand vous l’achetez neuf, ce n’est pas une page blanche que vous pouvez remplir ou effacer. Ce serait plutôt comme un très long cadenas à code, ces cadenas où vous faites tourner des petits cylindres sur lesquels sont inscrits des chiffres. Même si vous n’avez jamais utilisé ce cadenas, il y a toujours un code d’affiché. Donc, quand un fichier est écrit sur le disque dur, c’est comme si on arrangeait tout un tas de petits interrupteurs – les bits – pour que la bonne information soit affichée, comme on ferait tourner les cylindres d’un cadenas pour que le bon code soit affiché.
Dans le cas d’un disque dur, on va avoir tout plein de fichiers partout, ainsi que des endroits où il n’y a pas de fichiers, mais où il y a quand même des choses écrites. Pour s’y retrouver, le système de fichiers stocke une sorte d’annuaire des fichiers pour savoir quelle partie du disque contient tel ou tel fichier et quelles parties sont disponibles.
Que se passe-t-il alors quand on supprime un fichier ? Eh bien on supprime de l’annuaire la référence à ce fichier et on considère alors l’espace occupé par le fichier comme disponible. Mais le contenu est toujours là. Donc oui, avec les bons outils, on peut récupérer un fichier qui a été supprimé, puisqu’en fait on a juste supprimé la référence de l’annuaire. Évidemment il ne faut pas trop tarder puisque, au bout d’un moment, le contenu risque bien d’être écrasé et réutilisé pour stocker un autre fichier, donc disparaître pour de bon. N’empêche que ça peut poser de gros problèmes de sécurité : quand vous vendez votre disque dur sur LeBonCoin, même si vous avez pris soin de le formater avant, la personne qui l’achète peut récupérer votre sexta… vos photos de vacances dessus.
J’avais fait une BD sur le sujet l’année dernière, et on m’avait même envoyé un article du blog Zythom – le lien sera sur la page du podcast – qui racontait une anecdote assez flippante sur le sujet. L’auteur raconte que lorsqu’il bossait comme informaticien expert judiciaire, on lui avait demandé de récupérer toutes les adresses e-mail présentes sur un disque dur saisi dans une affaire de pédocriminalité. Et là stupeur, il découvre tout un tas d’adresses issues du même nom de domaine, le nom d’un hôpital. Est-ce qu’il est sur le point de révéler un réseau pédocriminel organisé au sein d’un établissement de santé, ce qui serait fou et assez gerbant au passage ? Plutôt que de passer assez hâtivement à cette conclusion, notre informaticien fouille et décide d’analyser un peu ces données. En gros, il essaie de déterminer qui parle avec qui dans ces adresses mails et là il identifie deux groupes complètement séparés : un groupe d’adresses mails qui échange parfois, effectivement, des contenus pédopornographiques et un autre groupe, sans aucun lien, qui échange principalement des e-mails sur des sujets médicaux. C’est évidemment dans ce second groupe que se trouvent les adresses de l’hôpital en question. L’informaticien regarde aussi les dates des e-mails : même chose, les deux groupes sont séparés temporellement, les e-mails en lien avec l’hôpital étant toujours antérieurs aux autres.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Vous l’avez peut-être déjà deviné. En fait, le disque dur avait commencé par être utilisé dans un hôpital avant d’être effacé et vendu d’occasion pour finir dans les mains d’un pédophile. Mais, comme je vous l’ai expliqué, effacé ne veut pas dire supprimé physiquement, d’où cet imbroglio qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour le personnel de l’hôpital qui aurait pu se retrouver accusé à tort dans une affaire de pédocriminalité.
Vous allez me dire : du coup, est-ce qu’on ne devrait pas réécrire quelque chose sur les fichiers quand on les supprime, par sécurité ? Je ne sais pas, écrire que des bits à 0, que des 1 ou alors aléatoirement des 0 ou des 1 ? Sachez que des utilitaires le font et, si vous manipulez des données sensibles et que vous voulez vous assurer de leur suppression, ça peut être une bonne idée de les utiliser. Bon, si vous manipulez des données sensibles, ce serait de toute façon mieux de les chiffrer, c’est-à-dire de les rendre illisibles à qui n’a pas la clef de déchiffrement, mais c’est un autre sujet. En tout cas, si d’aventure je dois revendre un support de stockage, je pense que je ne manquerai pas de faire tourner un de ces utilitaires de suppression, il y a notamment Shred, sur GNU/Linux, qui peut faire ça très simplement.
Pourquoi ne le fait-on pas systématiquement, me demanderez-vous ? Déjà parce que ça rendrait la suppression de fichiers potentiellement très longue. Imaginez que vous supprimiez un fichier vidéo de plusieurs gigaoctets, ce serait très long de ne réécrire que des zéros sur des gigas de données, aussi long que de le copier, en gros, alors qu’actuellement, quand vous supprimez un fichier, c’est quasi instantané.
L’autre raison, c’est tout simplement pour préserver la durée de vie des supports : un support de stockage numérique n’a qu’une certaine longévité et ne peut être écrit et réécrit qu’un certain nombre de fois avant de cesser de fonctionner correctement. Donc tant qu’à faire, autant éviter les écritures inutiles.
Et la suppression classique du fichier, c’est-à-dire celle qui ne supprime que la référence du fichier dans l’annuaire, est suffisante et inoffensive dans l’immense majorité des cas. Elle peut même vous sauver si vous supprimez un fichier par erreur. Ça m’est déjà arrivé, j’avais supprimé un petit programme sur lequel j’avais travaillé de longues heures et j’étais bien content de pouvoir le récupérer !
Pour finir, notez que même les logiciels d’écrasement comme Shred ne garantissent pas forcément la suppression totale des données. Des secteurs d’un disque dur peuvent devenir défectueux et ne plus être réécrits. Il y aurait même des techniques de criminalistique avancées qui permettraient de retrouver l’état précédent d’un bit, c’est dire !
Au final, pour être vraiment sûr, il n’y a plus qu’à détruire physiquement le disque, comme ça on est vraiment sûr !
En tout cas, quand vous supprimez un fichier, gardez toujours bien à l’esprit ce que ça signifie :
mettre un objet à la corbeille ça ne supprime rien, ça déplace votre fichier dans un dossier spécial, c’est tout ;
vider la corbeille ça supprime les références des fichiers dans l’annuaire de votre disque dur, pas leur contenu, contenu qui va donc rester accessible jusqu’à ce que vous l’écrasiez physiquement par un autre fichier et encore, il peut rester des traces.
Pensez-y la prochaine fois que vous revendez votre disque dur, sauf si vous êtes un pédocriminel parce que, dans ce cas très précis, au lieu de vendre votre disque dur, je ne saurais que vous conseiller d’aller le déposer intact dans un commissariat de police avec des aveux signés, on gagnera du temps et ça rendra service à tout le monde !
Allez, salut !
Isabella Vanni : Merci Gee et vous pouvez écouter ou réécouter le Parcours libriste de Gee dans l’émission Libre à vous ! du 8 septembre 2026, le numéro 283, libreavous.org/283 pour la trouver facilement.
Je te dis au mois prochain.
Gee : Oui.
Isabella Vanni : Merci beaucoup.
Nous allons maintenant faire une pause musicale.
[Virgule musicale]
Isabella Vanni : Après la pause musicale nous parlerons de la vie des GULL et de la Fête des Possibles.
Nous allons écouter Clint at the Front Porch, par Two Bullets For The Devil. On se retrouve dans environ deux minutes. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.
Pause musicale : Clint at the Front Porch, par Two Bullets For The Devil.
Voix off : Cause Commune, 93.1.
Isabella Vanni : Nous venons d’écouter Clint at the Front Porch, par Two Bullets For The Devil, disponible sous licence libre Creative Commons By SA 3.0. Je voulais remercier Étienne qui avait prévu ce morceau pour l’émission de la semaine dernière, il n’a pas pu le diffuser, je lui ai piqué !
[Jingle]
Isabella Vanni : Passons maintenant au sujet suivant.
[Virgule musicale]
La vie des GULL et la Fête des Possibles
Isabella Vanni : Nous allons poursuivre par notre sujet principal qui porte sur la vie de GULL et la Fête des Possibles avec nos personnes invitées, Florian Monteghetti et Otyugh. L’échange sera animé par Laurent Costy en studio avec moi. Florian Monteghetti et Otyugh interviennent à distance. Je m’assure qu’ils sont bien avec nous. Bonjour à vous.
Florian Monteghetti : Bonjour.
Isabella Vanni : Super. Et bonjour à Laurent, bien sûr.
Laurent Costy : Bonjour.
Isabella Vanni : N’hésitez pas à participer à notre conversation au 09 72 51 55 46 ou sur le salon web dédié à l’émission, sur le site causecommune.fm bouton « chat ».
Toutes les références de l’émission seront rendues disponibles sur la page consacrée à l’émission, libreavous.org/284, ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez en podcast.
À toi la parole Laurent.
Laurent Costy : Merci Isabella. Bonjour à toutes et à tous.
Aujourd’hui nous allons effectivement parler des GULL, Groupes d’Utilisateurs et Utilisatrices de Logiciels Libres, un terme qu’on entend régulièrement dans l’émission quand on est familier des logiciels libres, mais, pour les personnes qui nous écoutent pour la première fois, je vous ai décrit l’acronyme. Nous accueillons donc Otyugh et Florian qui représentent respectivement le GULL Libre à Quimperlé et le GULL CercLL à Marseille. Je les laisserai se présenter tout à l’heure et évidemment nous accueillerons aussi Isabella, qui est à ma gauche, pour parler de la Fête des Possibles puisque c’est elle en tant que coordinatrice de la vie associative et responsable des projets à l’April qui est en lien avec le collectif qui organise la Fête des Possibles. Elle pourra donc nous expliquer ce qu’est la Fête des Possibles et pourquoi on fait le lien entre les GULL et la Fête des Possibles.
Je propose de commencer directement. On va laisser Otyugh se présenter et ensuite Florian. Je vais peut-être faire une petite parenthèse, une petite introduction. Quand nous avons préparé l’émission avec Otyugh et Florian, ça m’a rappelé très vaguement ma jeunesse parce que j’avais lu le bestiaire monstrueux de Donjons et Dragons et cette créature, l’otyugh, m’intriguait. Quand j’ai recherché les images sur Internet ça fait effectivement un peu peur. Explique-nous peut-être un peu l’origine de ton pseudo, Otyugh, et évidemment pourquoi tu arrives dans ce GULL, Libre à Quimperlé.
Otyugh : C’est un pseudo que j’ai pris quand j’étais collégien : c’est un monstre des égouts c’était à l’image de mon ego de l’époque et, depuis, je n’ai pas changé !
Laurent Costy : C’est très accueillant !
Otyugh : Je viens d’études d’informatique et je n’ai jamais vraiment réussi à travailler là-dedans, du coup je suis devenu auto-entrepreneur. Entre le jardinage et ça j’ai du temps libre, du coup je me suis retrouvé dans des GULL.
Laurent Costy : Auto-entrepreneur sur quel métier si ce n’est pas indiscret ?
Otyugh : Je fais du dépannage informatique donc du Linux quand je peux, un tiers quoi !
Laurent Costy : Très bien, merci.
Florian. Excuse-moi, par contre, je n’ai pas trouvé ton prénom dans le bestiaire monstrueux de Donjons et Dragons.
Florian Monteghetti : Je suis resté sur mon prénom, quelque chose de classique !
J’ai commencé à tomber dans Linux au lycée. C’est vrai qu’au cours de mon cursus éducatif j’ai continué à l’utiliser, j’ai fait des études d’ingénieur et ensuite une thèse en maths. Aujourd’hui je suis universitaire à Marseille. Je continue à utiliser Linux globalement depuis 2008, que ce soit au niveau perso ou au niveau pro. Donc, pour moi, c’était assez naturel de m’investir dans un groupe local où je peux partager ce que je connais et essayer de propager la bonne parole.
Laurent Costy : Merci pour ces deux descriptions de vos parcours.
On va passer la parole à Isabella pour présenter la Fête des Possibles.
Isabella Vanni : La Fête des Possibles est une initiative qui est portée par le Collectif pour une Transition Citoyenne. Elle a lieu chaque année environ durant quatre semaines sur les mois de septembre et octobre partout en France et en Belgique.
L’objectif de la Fête des Possibles c’est de rendre visibles, de donner un bon coup de projecteur aux alternatives, aux initiatives citoyennes qui construisent une société plus durable, solidaire, plus juste et aussi avec l’espoir de donner envie à d’autres personnes de passer à l’action en voyant ces alternatives.
Pour ce faire, toutes les personnes et organisations qui portent ces initiatives sont invitées à inscrire des rendez-vous sur le site de la Fête des Possibles et, une fois modérés par l’équipe de coordination de la fête, les rendez-vous apparaissent par magie sur une carte qui facilite la recherche d’un événement près de chez soi pour les publics qui souhaitent découvrir ces initiatives.
Cette année la Fête des Possibles a lieu du 11 septembre au 11 octobre.
Laurent Costy : Merci Isabella. On reviendra tout à l’heure sur le lien entre l’April, les GULL et puis la Fête des Possibles, comment ça s’est construit et surtout pour quelles raisons on le fait.
Je vais laisser la parole à Florian pour présenter l’objet du CercLL, le GULL de Marseille qui, je crois, est assez ancien.
Florian Monteghetti : En fait le CercLL a commencé comme une association de fait à la fin des années 2000, qui organisait des install parties sur Marseille.
Laurent Costy : Peut-être qu’on peut expliquer install parties pour les gens qui nous écoutent.
Florian Monteghetti : Une install partie c’est un événement où les gens viennent généralement avec leur matériel et on leur explique ce qu’est Linux. Généralement ce sont des gens qui sont déjà curieux. On les conseille sur ce qu’ils peuvent installer et on procède à l’installation avec leur assistance en général. Voilà l’idée des install parties.
Du coup c’est une association qui faisait pas mal d’install parties et, en 2012, ils se sont constitués comme une association loi 1901 à proprement parler, ils ont adhéré à l’April en 2013.
Laurent Costy : Parfait. Merci. On a une visibilité claire de ce que fait le CercLL et pourquoi il s’est créé.
Libre à Quimperlé est, je crois, une structure un peu plus récente.
Otyugh : Oui, on n’a pas encore deux ans. À la base, c’était une seule personne qui donnait des cours et qui faisait des install parties à la médiathèque locale de Quimperlé. Je suis arrivé sur le tard avec Alain et nous avons décidé de faire une association pour pouvoir redistribuer des ordinateurss et accepter des dons pour pouvoir les reverser.
Isabella Vanni : Combien êtes-vous aujourd’hui ?
Otyugh : On a une quarantaine d’adhérents et nous ne sommes que deux au CA parce que personne n’est intéressé par l’administratif. Sinon, il y a à peu près quatre à six personnes qui savent installer et qui aident.
Laurent Costy : Après, le conseil administration d’une association ce n’est pas forcément que de l’administratif, normalement c’est plutôt la gouvernance et essayer de tracer une perspective à la structure associative, mais on pourrait en discuter ce serait l’objet d’une autre émission ! En tout cas, c’est pour essayer d’attirer des gens au conseil d’administration de Libre à Quimperlé.
Otyugh : Ça serait bien !
Laurent Costy : Vous avez marqué tous les deux, lors de la préparation, « depuis peu l’accès à des ordinateurs via OGO ». Est-ce que vous pouvez préciser ce qu’est OGO parce que je ne connais pas.
Otyugh : Ordi Grand Ouest [Filière du réemploi et du numérique dans le Grand Ouest].
Laurent Costy : Ordi Grand Ouest. D’accord ! Du coup c’est effectivement localisé plutôt sur l’ouest de la France. Quelqu’un peut expliciter, peut-être Otyugh [Seul Otyugh en avait fait mention dans le fichier de préparation, Note de l’intervenant] ?
Otyugh : J’espère que je ne vais pas dire n’importe quoi. Je ne sais même pas quelle est la structure, je suis en train de regarder. En gros, ils redistribuent des ordinateurs de la fonction publique, normalement de privés aussi mais il n’y n’arrivent pas trop. Ils proposent généralement gratuitement les fixes, pour les portables c’est un prix symbolique genre 10/20 euros. Donc deux/trois fois par an on a une liste d’ordinateurs, on les demande et on les reçoit.
Laurent Costy : D’accord. Est-ce qu’ils suppriment les données sur les disques durs avant de vous les passer ?
Otyugh : C’est à nous de le faire. Pour l’instant, il y a un projet de charte qui n’est pas encore bien fini, ce n’est pas super bien ficelé, mais, à terme, ça devrait l’être. Ils essayent de faire une charte pour être carrés là-dessus, avoir un genre de certificat pour avoir bien effacé les données, mais après, ça vaut ce que ça vaut finalement [Pas grand chose, Note de l’intervenant].
Laurent Costy : Bien sûr. J’avais déjà entendu ce problème justement de responsabilité quant aux données qui resteraient sur les disques durs, j’avais déjà rencontré ce problème-là dans le monde associatif. C’est visiblement une question qui reste et qui n’est pas forcément facile à résoudre.
Otyugh : De fait, cela fait que les gens n’ont pas confiance, du coup ils enlèvent les disques durs des ordinateurs, on se retrouve donc avec des ordinateurs sans rien.
Laurent Costy : D’accord. Il faut donc remettre des disques durs neufs ce qui, quand ce sont des disques durs mécaniques, n’est pas une mauvaise chose que de les remplacer par du SDD, du disque dur numérique.
Otyugh : Mais c’est cher !
Laurent Costy : C’est cher et d’autant plus cher maintenant depuis l’explosion de l’IA.
On a un peu parlé de la gouvernance pour Libre à Quimperlé, petite association, mais c’est un peu la vie des associations en France. Il faut savoir que sur les 1,4 million d’associations en France entre 85 % et 90 % sont sans salarié·e, ce sont toujours des petites structures avec des personnes motivées, ce n’est donc pas étonnant de trouver des petites associations.
Qu’en est-il du CercLL Florian ?
Florian Monteghetti : Nous sommes environ 70 adhérents et, en termes de gouvernance, on a principalement trois personnes : on a un président, un secrétaire, un trésorier et un secrétaire adjoint. Nous sommes un peu dans une phase de passation entre l’ancienne garde et la nouvelle garde.
Laurent Costy : D’accord. Ça veut donc dire que vous avez des jeunes adhérents et adhérentes au sein du CercLL ?
Florian Monteghetti : Je dirais que ce sont majoritairement des gens plutôt âgés, mais, cette année, on a eu de nouveaux adhérents. Nous sommes en train d’essayer de nous organiser pour donner un peu le pouvoir aux jeunes adhérents, si je peux m’exprimer ainsi.
Laurent Costy : Tu dis « adhérent » au masculin. Est-ce que vous voyez arriver des adhérentes ou pas ? Puisqu’on sait que ça reste une question dans le monde du numérique.
Florian Monteghetti : On a des femmes aux install parties. Au niveau des adhérents c’est minoritaire. Je n’ai pas la base de données pour savoir exactement, mais on n’est pas à la parité, c’est clair. Elles sont les bienvenues, évidemment.
Laurent Costy : Évidemment ! Merci pour ces précisions.
On a parlé un peu des membres. Au niveau du fonctionnement, quels sont les événements ? On a un peu parlé des install parties. Comment ça s’organise, comment ça se structure ? Peut-être pour Otyugh.
Otyugh : Deux fois par mois on propose une date. Durant une après-midi on fait une permanence. Les gens viennent avec leurs problèmes, leur ordinateur sur Windows ou juste des questions et on les aide. On accepterait que des gens viennent aider.
Isabella Vanni : Pardon, je m’incruste. Les personnes doivent-elles s’inscrire ou c’est en accès libre ?
Otyugh : Non. On est dans une pièce avec des ordinateurs.
Laurent Costy : Du coup vous êtes accueillis par la médiathèque de Quimperlé.
Otyugh : Tout à fait.
Laurent Costy : Est-ce que c’est un lieu de passage suffisant. Comment arrivez-vous à mobiliser ? Ça peut aussi être une difficulté que j’ai déjà croisée pour les GULL, finalement de réussir à communiquer vers le grand public, à se faire connaître. Comment ça fonctionne ? Est-ce relayé par la médiathèque ? Avez-vous un partenariat un peu solide avec eux ? Comment ça se passe ?
Otyugh : Ils mettent l’événement sur leur site et, généralement, il y a un petit article dans le journal. On fait régulièrement des flops et régulièrement on a trop de gens donc il y a trop de bruit dans la salle et c’est l’aquarium.
Laurent Costy : Avez-vous réussi à identifier pourquoi parfois c’est un flop, pourquoi parfois c’est mobilisant ?
Otyugh : Les vacances scolaires, s’il fait beau ou pas, des trucs comme ça.
Laurent Costy : Il faut prévoir en fonction de la météo.
Isabella.
Isabella Vanni : Une autre façon de faire connaître les événements c’est de les mettre sur le site de la Fête des Possibles.
Laurent Costy : Et de l’Agenda du Libre.
Otyugh : Je le fais systématiquement.
Isabella Vanni : C’est peut-être l’occasion pour moi de dire ce qu’est l’Agenda du Libre, comme cela vous entendez aussi la voix d’une femme !
L’Agenda du Libre est une plateforme, un site géré par l’April. Ça n’a pas été créé par l’April, mais on le maintient désormais depuis de nombreuses années. Ça permet d’inscrire des événements autour du Libre, ça peut être le logiciel libre, la culture libre, le chiffrage, plein de choses sur ces thématiques-là. Pour les organisations, il y a la possibilité d’afficher leurs rendez-vous, pour les personnes de trouver facilement un rendez-vous près de chez elles. Il y a aussi une carte qui permet de chercher facilement par zones géographiques et il y a aussi la possibilité d’inscrire son organisation afin qu’elle fasse partie d’un annuaire. C’est donc très pratique.
Tous les événements de Libre à Quimperlé sont effectivement inscrits, c’est donc plus facile pour les personnes de trouver les événements.
Nous vous avons invités aussi parce que vous avez inscrit, vous avez proposé des rendez-vous aussi sur le site de la Fête des Possibles, je ne sais pas si c’est la première année.
Laurent Costy : Florian, je t’en prie.
Florian Monteghetti : Pour nous ce n’est pas la première année. Je crois que depuis le début de la Fête des Possibles on s’inscrit, on participe.
Isabella Vanni : CercLL est parmi les premiers qui postent.
Florian Monteghetti : C’est ça. Je crois que c’est la troisième ou la quatrième fois du coup.
Laurent Costy : D’accord et pour Otyugh, Libre à Quimperlé ?
Otyugh : Je crois que quand on voit passer on s’inscrit.
Isabella Vanni : C’est bien ! La Fête des Possibles c’est intéressant parce que, du coup, c’est une autre façon, une autre porte d’accès pour des publics qui sont potentiellement curieux et sensibles à ces sujets mais qui ne connaissent pas l’Agenda du Libre. Ils voient la promotion de la Fête des Possibles, ils peuvent vous retrouver par cette autre porte d’accès.
Laurent Costy : C’est clair. C’est très complémentaire de s’inscrire sur les deux. Je suis d’accord avec toi, Isabella, c’est une bonne suggestion.
Pour terminer juste avec le fonctionnement de Libre à Quimperlé, tu évoques une mailing list, un wiki, un forum. Est-ce que ça fonctionne bien ? Est-ce qu’il y a du trafic ? Est-ce que les gens vous contactent beaucoup par là, est-ce qu’ils arrivent à résoudre leurs problèmes aussi par là en dehors des install parties qui sont organisées ?
Otyugh : J’aimerais beaucoup. En réalité c’est plutôt marginal. Finalement, nous utilisons le wiki pour rendre notre trésorerie publique ou ce genre de truc. À terme on aimerait bien, mais malheureusement.
Laurent Costy : Pour comprendre ce que tu viens de dire, pour être transparents vous mettez les comptes de l’association sur le wiki, c’est ce que tu es en train d’expliquer ?
Otyugh : Oui. Dès qu’on reçoit des dons ou qu’on fait une dépense, je l’écris tout de suite, je fais le trésorier.
Laurent Costy : D’accord, c’est intéressant.
Peut-être, Florian, sur les actions que vous menez par rapport au fonctionnement ou les actions régulières que vous pouvez mener.
Florian Monteghetti : Je pense que c’est comme pour Otyugh, les install parties sont quand même le gros de notre activité. Mais parfois, selon les compétences qu’on a en local, on fait des ateliers thématiques sur des thèmes particuliers qui peuvent intéresser des gens. Ces dernières années on a fait des ateliers sur The Gimp et sur le gestionnaire de mots de passe hors-ligne KeePassXC. Des membres essayent de maintenir notre site internet pour faire une revue de presse et, comme Otyugh, on fait aussi des dons à des projets libres tous les ans avec les reliquats qu’on a. C’est un peu une façon de contribuer aux logiciels qu’on utilise au quotidien.
Isabella, je t’en prie.
Isabella Vanni : On a parlé de The Gimp, peut-être peut-on dire ce que c’est pour les personnes.
Florian Monteghetti : The Gimp est un vieux logiciel libre qui fait du graphisme, c’est un peu un Photoshop libre, on va dire, c’est une alternative à Photoshop qui a une interface qui peut être assez déroutante. Donc, pour des gens habitués à Photoshop, ça peut être un peu difficile de rentrer dedans sans aide.
Laurent Costy : Comme pour tout logiciel. Quand on a des habitudes avec un logiciel, passer sur un autre, sur un autre outil, c’est toujours désapprendre pour réapprendre, alors que quand on est tout vierge de clics, c’est beaucoup plus simple en général.
Isabella Vanni : On a cité aussi XMPP.
Laurent Costy : XMPP, il faut expliquer ce que c’est.
Florian Monteghetti : Je n’ai pas parlé de XMPP. J’ai parlé de KeePass.
Isabella Vanni : Pardon ! On peut dire ce qu’est KeePass.
Florian Monteghetti : C’est un outil super utile.
Laurent Costy : Ça a été exprimé. Isabella doit aussi, en plus, diriger l’émission donc s’assurer qu’on est bien dans les clous du temps.
Isabella Vanni : C’est bien, ça me permet de parler !
Laurent Costy : J’avais une question pour laquelle vous aurez le droit d’utiliser un joker, de ne pas y répondre maintenant, par contre ça vous obligera à chercher après, à nous renvoyer la réponse plus tard : combien d’ordinateurs ont-ils été passés sous GNU/Linux depuis l’existence de votre GULL ?
Florian Monteghetti : Si on fait 12 install parties par an, on va dire qu’on en passe minimum trois à chaque fois : 36 par an sur dix ans ça fait 300, dans ces eaux-là.
Laurent Costy : Je ne pensais même pas avoir une estimation de réponse.OK, 300, je trouve que c’est intéressant. Est-ce que la démarche pour les passer sous GNU/Linux s’est un peu simplifiée maintenant ? Il y a dix ans ça restait peut-être compliqué, est-ce que ça s’est simplifié, ou pas ? Est-ce que d’autres paramètres sont venus complexifier ? Des choses se sont simplifiées, d’autres se sont complexifiées ? Vous pouvez répondre tous les deux. Je commence par Florian puis, Otyugh, tu pourras compléter.
Florian Monteghetti : Je dirais que l’installation en tant que telle on va dire depuis Windows 10, le fait que tous les ordis utilisent l’UEFI [Unified Extensible Firmware Interface] ça a énormément simplifié l’installation. Globalement, je dirais que l’installation ne pose plus trop de problèmes sur des machines post 2015. Là où les problèmes peuvent arriver c’est quand les gens ont des besoins spécifiques et là il faut voir dans le détail avec eux.
Otyugh : Je trouve que globalement ça n’a pas changé non plus. Pour les laptops c’est un peu la roulette russe d’habitude, à part ça, ça marche !
Laurent Costy : OK. Isabella.
Isabella Vanni : J’ai une question : depuis l’annonce de la fin des mises à jour gratuites, de l’assistance gratuite de Microsoft sur Windows, est-ce que vous avez constaté que plus de monde vient aux install parties ?
Otyugh : Il y a eu un moment où les gens nous en ont parlé, je pense que ça a duré deux/trois semaines, c’était peut-être l’époque où il y avait l’avertissement de Windows lors des mises à jour. C’est mon interprétation.
Laurent Costy : D’accord. Ça a été très localisé au moment des messages de Microsoft. Je n’avais pas perçu ça.
Vas-y Florian, tu voulais compléter.
Florian Monteghetti : J’ai un peu la même interprétation que Otyugh. On n’a pas vu de gros changements de volume ou de types de public. Par contre, il y a d’autres associations sur Marseille qui font de l’informatique et j’ai pu remarquer qu’elles ont été sensibilisées à Linux depuis cette annonce. Pour pas les citer, il y a notamment une association qui s’appelle Emmaüs Connect qui fait de plus en plus la promotion de Linux. Je pense que ce sont peut-être les structures associatives qui ont des gros parcs sous Windows 10, qui se disent « on ne peut plus vendre des ordis sous Windows 10 », ce qui les a clairement incitées à passer à Linux. C’est ce que je pense.
Laurent Costy : D’accord. Très bien. Merci.
On a parlé des ordinateurs, mais finalement qu’en est-il des smartphones ? Otyugh ?
Otyugh : Pour moi joker.
Laurent Costy : Vas-y Florian.
Florian Monteghetti : C’est très rare que ça arrive. Je pense que cette année ça a dû m’arriver une fois, j’ai donc fait une installation sur un téléphone. Ce qui est dur pour les gens c’est que le téléphone est tellement central que la perspective de ne plus avoir les services Google peut créer des obstacles auxquels on ne s’attend pas et on s’en rend compte à l’utilisation. Ça reste quand même réservé à des gens assez expérimentés, malheureusement.
Laurent Costy : Une install de quoi demande Otyugh ?
Florian Monteghetti : En général, on installe LineageOS.
En gros, Android est un système d’exploitation qui est fait par Google dont la base, au départ, c’est Linux et ensuite ils rajoutent leurs couches, des couches open source disponibles librement et des couches propriétaires.
LineageOS est un projet communautaire. Ils reprennent la partie open source, ils la packagent à nouveau pour permettre l’installation en autonomie. Ça permet d’avoir un Android sans les services Google.
Laurent Costy : Tu évoques le fait que pour les gens c’est finalement tellement central qu’ils ne veulent pas y toucher, mais, avec un téléphone, les GAFAM, les Big Tech, collectent bien plus de données et bien plus intéressantes encore qu’avec un ordinateur. On peut rajouter la géolocalisation, donc on sait exactement d’où on part, où on va, etc., ce qui n’est pas le cas quand on éteint son ordinateur et qu’on le met dans son sac. Finalement, il y aurait presque « plus d’importance », entre guillemets, à libérer son téléphone qu’à libérer son ordinateur. Je me trompe ?
Florian Monteghetti : Je suis complètement d’accord. Pour moi, c’est un gros point noir. Je ne comprends pas qu’en Europe on n’essaye pas de retirer notre dépendance à ces OS de téléphone américains, je pense que c’est une grosse erreur. Malheureusement c’est vrai qu’aujourd’hui, en termes d’alternatives viables pour le grand public, ce n’est pas fameux.
Laurent Costy : Il y a de moins en moins de recul. Est-ce que, techniquement, c’est plus compliqué qu’une installation sur un ordinateur ?
Florian Monteghetti : Les obstacles c’est surtout que les fabricants de téléphones mettent des bâtons dans les roues. En fait, ce n’est pas aussi simple que de booter sur une clé, parce que, selon le modèle de téléphone, il va falloir faire une danse plus ou moins compliquée pour arriver à démarrer l’installation.
Laurent Costy : Tu es en train de me dire que Windows n’a jamais mis de bâtons dans les roues pour empêcher des installations de GNU/Linux ?
Florian Monteghetti : C’est arrivé, mais globalement, depuis Windows 8, ça arrive beaucoup moins. Il y a eu un problème avec le secure boot et l’arrivée de l’UEFI.
Laurent Costy : Attends. Tu as dit secure boot, UEFI. Est-ce que tu peux réexpliquer ces deux termes-là pour les gens qui sont à la radio ?
Florian Monteghetti : Secure boot c’est juste une façon, une technologie qui permet de s’assurer que le logiciel qui démarre l’ordinateur n’a pas été modifié depuis le dernier démarrage. C’est donc un procédé de sécurité. Le seul problème c’est que, historiquement, la plupart des ordinateurs ne pouvaient installer que des OS signés par Microsoft. Du coup, pour les distributions Linux ça pouvait être un énorme obstacle. En général, l’obstacle numéro un pour installer une distribution Linux sur ce type d’ordi c’était ce problème lié à secure boot, même si, sur le papier, rien n’empêche une distribution Linux de signer sa distribution pour permettre l’installation. Mais quand même, il y a moins d’obstacles que sur téléphone où c’est vraiment extrêmement exagéré.
Laurent Costy : D’accord. Effectivement ce n’est pas à la portée tout le monde et, comme il y a aussi moins de recul, c’est sans doute plus compliqué pour passer son téléphone. D’ailleurs tous les téléphones ne peuvent sans doute pas accepter ce qu’on appelle une ROM alternative, ROM c’est pour système d’exploitation quelque part.
Est-ce que tu veux rajouter quelque chose Otyugh ?
Otyugh : Mon point de vue sur la question c’est qu’il faut se passer de téléphone !
Laurent Costy : Ah oui, c’est une bonne solution. Par contre, pour quelqu’un qui a un usage avancé d’un téléphone Google ou même Mac, du jour au lendemain supprimer son téléphone, c’est quand même une désintoxication assez violente. J’entends tes propos, mais ça reste un peu compliqué.
Otyugh : Disons que même dans le meilleur des cas, si on avait du logiciel libre, le matériel reste complètement fermé, donc, à mon avis, il n’y a pas vraiment de solution. Le système est une boîte noire.
Laurent Costy : Au-delà de la question logicielle, il y a aussi la question des composants : on ne sait pas complètement ce qu’ils font. C’est un peu ça la problématique.
Otyugh : La partie téléphonie est un peu perdue quelque part.
Laurent Costy : C’est ça. On n’arrive pas à avoir de l’open hardware, comme on dit, du système électronique ouvert sur ce type d’appareil.
Otyugh : Donc pas de fiabilité si le téléphone nous écoute.
Isabella Vanni : Marie-Odile demande ce qu’est ROM.
Laurent Costy : J’ai expliqué que c’était un synonyme de système d’exploitation pour téléphone. On a cité LineageOS, il y en a d’autres. Aidez-moi.
Florian Monteghetti : /e/OS.
Laurent Costy : Le FairPhone est vendu avec /e/OS.
Florian Monteghetti : Le plus gros c’est GrapheneOS.
Laurent Costy : Tout à fait.
Otyugh décline l’acronyme ROM en Read Only Memory, ça vient effectivement de là.
Florian Monteghetti : Je voudrais faire juste une petite remarque sur ça, malheureusement pour beaucoup de gens se passer de téléphone ce n’est pas forcément facile dans le sens où on a de plus en plus de services, y compris gouvernementaux qui, progressivement, vont supposer qu’on a accès à ce genre de smartphone. Je pense qu’il y a quand même un enjeu à essayer d’éviter qu’on demande aux citoyens d’avoir un smartphone Android ou Apple sur soi.
Laurent Costy : Oui. C’est même une volonté des Big Tech que d’encourager à utiliser plutôt un téléphone qu’un ordinateur puisque, là encore, ils vont pouvoir collecter plus de données. Il y a donc une stratégie des Big Tech qui est de faire consommer plus de smartphones, de faire utiliser plus de smartphones, de faire que les gens ne se rendent pas compte qu’ils laissent par exemple la localisation tout le temps allumée sur leur téléphone et que, de fait, pendant tout ce temps-là, de la donnée est collectée, ce qui permet aux Big Tech de croiser de la donnée publicitaire, etc. Il y a effectivement tous ces enjeux-là qui, évidemment, ne sont pas clairement posées et dont il faut avoir conscience.
Otyugh : Aujourd’hui la plupart des banques en ligne imposent d’avoir un logiciel spécial sur son smartphone, ce qui n’existe pas pour l’ordinateur.
Laurent Costy : Tu parles des banques, c’est bien ça. On est d’accord, avoir la double authentification, l’appli, etc., ça reste extrêmement compliqué, j’en conviens et ce sont des choses dont il faut avoir conscience.
Je vais passer la parole à Isabella pour la pause musicale.
Isabella Vanni : Pour cette pause musicale, j’ai choisi le titre By Force, par Punch Deck. On se retrouve dans environ deux minutes. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles,
Pause musicale : By Force, par Punch Deck.
Voix off : Cause Commune, 93.1.
Isabella Vanni : Nous allons poursuivre notre discussion. Je suis Isabella Vanni. Les autres personnes qui participent à l’émission sont Florian Monteghetti de l’association CercLL et Otyugh de l’association Libre à Quimperlé qui parlent de la vie de leurs associations, qui sont des GULL. On parle aussi de la Fête des Possibles. L’échange est animé par Laurent Costy.
N’hésitez pas à participer à notre conversation au 09 72 51 55 46 ou sur le salon web dédié à l’émission, sur le site de causecommune.fm, bouton « chat ». Je viens de m’apercevoir que j’ai oublié de désannoncer la musique. Nous venons d’écouter By Force, par Punch Deck, qui est disponible sous licence libre CC By 3.0.
[Jingle]
Isabella Vanni : Nous reprenons l’échange avec Laurent Costy qui anime ce sujet autour des GULL et de la Fête des Possibles.
Laurent Costy : Merci Isabella.
Pendant la pause musicale la discussion a continué sur le chat de l’émission, du coup on peut apporter quelques précisions. On précisait ce qu’est une ROM, xnx nous a précisé que le système d’exploitation est écrit dans une mémoire qui est figée, en tout cas qui est plus difficile à enlever de l’ordinateur que les fichiers dont parlait tout à l’heure Gee. C’est un peu l’origine du mot ROM. On se disait aussi dans le chat qu’il y a effectivement des téléphones qui facilitent le changement de système d’exploitation, en particulier les FairPhone dont on a déjà parlé dans l’émission, je n’ai pas numéro de l’émission, on essaiera de le retrouver[Émission 118 du 19 septembre 2023].
Isabella Vanni : On le mettra dans les références.
Laurent Costy : Parfait. Il y a donc des téléphones qui favorisent quand même le changement de système d’exploitation, qui vous permettent d’enlever toutes ces couches qui sont là pour collecter de la donnée et puis de tracer vos vies pour pouvoir vous vendre beaucoup plus de choses à consommer, on va dire comme ça.
On va revenir sur la vie des GULL avec le GULL Libre à Quimperlé et le CercLL de Marseille avec Florian et Otyugh. La question suivante que j’avais envie de vous poser : finalement quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées par les personnes dans la migration de leur système d’exploitation ? Qu’est-ce qui les repousse, qui les empêche d’avancer ? Florian.
Florian Monteghetti : Je pense que les gens sont tellement dans une monoculture de Windows qu’ils ont du mal à imaginer qu’ils peuvent utiliser autre chose. Je pense qu’ils ont tout bêtement peur d’être perdus dans leur environnement de bureau, ne pas savoir manipuler des fichiers ou faire des choses. Ça peut éventuellement être des gens qui ont des besoins spécifiques, de façon classique c’est, par exemple, Photoshop. Mais, de mon expérience, aujourd’hui la plupart des gens vivent dans des navigateurs, donc là-dessus je pense qu’on n’a pas d’énormes frictions pour la migration, en tout cas initialement.
Laurent Costy : Très bien. Merci Florian.
Otyugh, est-ce que tu veux compléter ? Je pourrais aussi vous faire part de mon expérience dans le monde associatif si vous le souhaitez.
Otyugh : Globalement j’ajouterais la compatibilité du matériel qu’on ajoute, genre l’imprimante, le scanner, même le smartphone : est-ce qu’il sera bien reconnu ? C’est aussi ce genre de chose. Mais, globalement, les gens connaissent pas du tout Linux, c’est ça le vrai blocage.
Laurent Costy : D’accord. Un des avantages c’est que s’il y a 15/20 ans il pouvait y avoir quand même un effet repoussoir à cause de l’esthétique, là on a quand même eu des progressions assez intéressantes, me semble-t-il, en termes d’esthétique.
Florian Monteghetti : Oui. Globalement il y a eu pas mal de progrès dans les environnements de bureau standard, même si les interfaces ne sont pas toujours aussi propres que ce qu’on peut avoir dans les équivalents propriétaires et ça peut créer des situations où on a des messages d’erreur un peu cryptiques ou des problèmes qu’on ne peut résoudre qu’en utilisant la ligne de commande par exemple. Parfois cela peut être source de petites difficultés, mais c’est quand même de plus en plus faible. Globalement, sur un Ubuntu récent ou un Linux Mint c’est quand même assez léché graphiquement.
Laurent Costy : Est-ce que dans les install parties, parfois, je vais essayer d’être politiquement correct, n’y a-t-il pas cette nécessité de montrer qu’on connaît la ligne de commande, de l’afficher devant la personne qui est néophyte pour dire « j’ai la compétence, je suis compétent et je me place un peu en surplomb par rapport à toi qui découvres » ?
Otyugh : Je sais que j’essaye d’éviter ça activement même si, quand je le fais, je dis en gros que c’est parce que j’en ai besoin là, mais normalement il n’y en aura jamais besoin. Malheureusement ça impressionne et sans doute de la mauvaise façon.
Laurent Costy : D’accord, c’est quand on n’a pas le choix et c’est effectivement contre-productif parce qu’on dit « normalement on n’en a pas besoin et on le fait ». C’est vrai que c’est un peu compliqué en termes démonstratifs, mais je comprends que, parfois, on n’a pas d’autre choix, qu’on ne sait pas comment faire autrement dans l’interface graphique et, parfois, l’interface graphique ne permet pas de le faire. Il y a encore des fonctions cachées, des fonctions qui n’ont pas été mises « sous interface graphique », entre guillemets. Très bien.
Sur ce point-là, sur les difficultés, on a sans doute fait le tour.
Tu évoquais la compatibilité incertaine avec l’imprimante, le scanner. J’ai vu, puisque je suis dans le monde associatif et que j’utilise aussi GNU/Linux depuis longtemps, qu’on a quand même fait un pas. Il y a 10/15 ans, effectivement ce n’était pas certain de trouver le pilote de l’imprimante. Là je dirais qu’on le trouve pratiquement dans 100 % des cas. Par contre on ne va pas avoir les fonctionnalités avancées que le constructeur a développées pour le système d’exploitation propriétaire, donc le recto-verso quatre pages en couleur, machin, on ne l’aura pas forcément effectivement dans l’interface et je pense que c’est ça qui, parfois, peut être bloquant. J’ai un peu cette impression-là, je vous la partage.
Florian Monteghetti : Si je peux rebondir sur ce que tu dis, j’ai l’impression que ce qui est dur, quand on passe à Linux, c’est que c’est une démarche globale et après, quand on achète du matériel, il faut se poser la question : est-ce qu’il va bien fonctionner sur Linux ? Aujourd’hui on peut toujours trouver du matériel, y compris une imprimante, qui fonctionne bien sur Linux. Ce qui est difficile c’est que quand les gens viennent ils ont leur matériel et il faut faire avec. De leur point de vue, que ce soit de la faute de Linux ou pas, ce n’est pas leur problème. Quand le matériel ne marche pas, c’est problématique et cela peut être un peu délicat. J’ai l’impression que pour les imprimantes c’est moins populaire globalement, c’est vrai que je n’en ai jamais trop entendu parler.
Isabella Vanni : Je voulais juste dire que les imprimantes coinçaient aussi, pour ce qui me concerne, quand j’avais un système propriétaire ! En général, les imprimantes c’est l’horreur !
Laurent Costy : Il ne faut pas avoir de téléphone portable et il ne faut pas imprimer ! Retenez ça de l’émission, s’il vous plaît !
Otyugh : C’est un peu une arnaque !
Laurent Costy : Bien sûr ! En plus, l’obsolescence programmée de certaines imprimantes a été démontrée par des journalistes, donc oui, tu as le droit d’affirmer logiquement que certaines imprimantes sont des arnaques, je partage un peu cette analyse, il y a un peu de ça. L’imprimante était vendue à 50 euros, mais en fait, l’enjeu c’était la vente des cartouches et la marge sur les cartouches avec laquelle ils s’y retrouvaient très rapidement de fait. Je connais quelqu’un qui a encore une vieille imprimante laser qui sort 2000 pages et ça marche du tonnerre, par contre il n’a pas besoin d’imprimer en couleur. C’est sûr que pour les gens qui font de la communication, qui ont besoin de voir les couleurs, ça ne marche pas.
Je voulais juste aussi compléter par une expérience récente au sein de l’association dans laquelle je travaille. Plusieurs personnes sont arrivées et c’est vrai que cette capacité à adopter tout de suite un système d’exploitation alternatif va être fonction des gens. Quand les gens débarquent, c’est un moment clé pour leur demander et pour les faire passer éventuellement sous GNU/Linux. Une collègue m’a dit « il y a pas de problème, je veux bien essayer », alors que j’avais déjà préparé tout l’ordinateur sous Windows, j’avais déjà passé une demi-journée pour passer toutes les non-autorisations à collecter de la donnée, il faut au moins une demi-journée. Elle m’a dit « je veux bien passer sous Linux » donc j’ai fait ça. Une autre collègue vient d’arriver mais qui est plutôt sur le département communication et là, évidemment, elle ne peut pas me dire « je veux bien passer sous GNU/Linux » parce qu’elle a des habitudes sous Adobe, etc. Donc là on a bien un lien avec les usages habituels qui font que c’est plus ou moins compliqué. J’ai failli ne pas m’autoriser à demander à la première collègue si elle voulait passer sous Linux et j’aurais fait une erreur parce que, finalement, elle était prête à le faire. Il faut aussi penser que des gens ont l’habitude de travailler majoritairement sous navigateur, à qui ça ne pose pas de problème de passer sous GNU/Linux.
Voilà ! J’apporte mon petit témoignage, je me suis aussi invité dans l’émission !
On l’a peut-être déjà un peu évoqué : quelles sont les demandes, les besoins des personnes qui viennent ? Pourquoi viennent-elles ? Comment arrivent-elles chez vous ? Quelle est leur motivation ?
Otyugh : « Mon ordinateur ne marche pas », « j’en ai marre de Windows », ce genre de chose.
Laurent Costy : D’accord. Mais quand mon ordinateur ne marche pas et qu’il est sous Windows, je voudrais qu’il remarche sous Windows ?
Otyugh : Certaines personnes, c’est exceptionnel mais ça arrive, des personnes qui se sont perdues et qui veulent un dépannage gratuit !
Laurent Costy : D’accord et là on les renvoie ! OK.
Pour Florian ?
Florian Monteghetti : Chez nous on a généralement beaucoup de gens curieux puisqu’ils font quand même la démarche de venir, ce qui a déjà un certain coût, on va dire. En général, ils veulent par exemple commencer par tester Linux sur une machine secondaire et si ça se passe bien, ils reviennent le mois d’après, par exemple, pour passer leur machine principale ou pour poser des questions sur la maintenance et l’installation. Donc, souvent, les gens qu’on voit sont au minimum des gens curieux, qui en ont entendu parler soit par hasard soit parce que Marseille est quand même une ville assez activiste, les gens sont parfois assez politisés et s’y intéressent pour des raisons éthiques on va dire.
Laurent Costy : D’accord. Merci pour cet éclairage. Dans la préparation de l’émission je me posais la question et je voulais avoir votre retour aussi sur cette question du double boot. Je vais vous demander d’expliquer ce qu’est le double boot, mais j’ai l’impression que c’est aussi quelque chose qui a changé dans les dizaines d’années qui viennent de s’écouler. Qui veut prendre la parole ? Otyugh ?
Otyugh : J’ai l’impression que ça n’a pas tellement changé.
Laurent Costy : D’accord. OK. Je repose la question. En gros, il y a une dizaine d’années, une quinzaine d’années, la question c’était vraiment d’y aller doucement, de permettre le démarrage soit de GNU/Linux soit de Windows sur la machine qu’on a principalement. C’était vraiment l’enjeu et ça permettait de se dire « comme ça, quand j’ai un problème je retourne sous Windows ». J’ai l’impression que cette question-là est un peu dépassée maintenant parce que, d’une part, avec le boom de l’IA récemment, les coûts des disques durs ont vraiment augmenté, on ne continue pas à augmenter la capacité des disques durs. Quand on a un disque dur de 250 gigas, que Windows prend déjà 100 gigas, avoir deux systèmes d’exploitation sur la bécane ça commence à être un peu rude. Par ailleurs, j’ai l’impression aussi qu’on est plus susceptible de récupérer une deuxième machine un peu ancienne et que celle-là, du coup, on peut vraiment la passer entièrement sous GNU/Linux, afin d’avoir plutôt deux machines avec deux systèmes d’exploitation différents que d’avoir deux systèmes sur la même machine. C’est un peu mon ressenti, je voulais vous le partager, vous avez le droit de pas être d’accord, Otyugh entre autres.
Otyugh : En fait, c’est assez vrai. On fait assez peu de dual boot dernièrement. Ce n’est pas faux.
Laurent Costy : Florian.
Florian Monteghetti : Pour nous c’est pareil, on fait assez peu de dual boot. Je dirais qu’il y a une raison assez pragmatique qui est que c’est plus dur à mettre en place. En tout cas, quand je le fais, c’est un truc qui s’anticipe, c’est-à-dire que j’installe Windows sur une partition, Linux sur une autre. Si quelqu’un vient avec un Windows qui prend tout le disque, ce n’est pas forcément évident de modifier les partitions pour faire le dual boot. Pour nous le dual boot c’est difficile. Souvent les gens viennent avec l’idée qu’ils sont prêts à formater leur machine et à essayer. Si quelqu’un veut utiliser Linux, éventuellement je vais plutôt lui conseiller d’utiliser une machine virtuelle, aujourd’hui on peut avoir de bonnes performances et généralement ça suffit.
Laurent Costy : Ah oui, je n’avais pas pensé à ce critère-là qui peut expliquer aussi pourquoi le dual boot serait en perte de vitesse, je dis « serait », encore une fois c’est vraiment un ressenti, mais nous sommes un peu en train de converger là-dessus et je n’avais pas pensé à la question de la machine virtuelle. La machine virtuelle et éventuellement aussi à une clé USB qu’on appelle bootable, c’est-à-dire qui peut faire tourner le système d’exploitation simplement sur la clé et qui permet de tester le système d’exploitation GNU/Linux. Ce sont aussi des choses qui ont évolué avec le temps et qui peuvent peut-être expliquer pourquoi. Tout à fait. Je trouve qu’on progresse.
Isabella.
Isabella Vanni : Tout à l’heure j’ai parlé du fait que Microsoft a annoncé que son programme de mise à jour de sécurité allait se terminer. Windows 11 ne tourne pas sur les vieux ordinateurs. Je voulais savoir si des personnes s’adressent à vous pour des questions écologiques et économiques, c’est-à-dire « je n’ai pas envie de jeter un ordinateur qui a six ans, d’en racheter un autre ou d’aller chercher un autre ordinateur parce que je veux continuer à utiliser du matériel qui marche ». Je fais bien évidemment aussi un clin d’œil à la campagne Adieu Windows, bonjour le Libre de l’April, qui est toujours active, qui est toujours en cours.
Laurent Costy : Florian, tu veux répondre ?
Florian Monteghetti : Je dirais que, pour le moment, ce n’est pas trop arrivé chez nous. Je pense que ça rajoute de l’eau au moulin des gens qui étaient curieux. Je ne dirais pas que c’est ce facteur qui décide. Je pense que prosaïquement la plupart des gens utilisent des Android qui n’ont pas été mis à jour depuis cinq ans, donc avoir un ordinateur pas mis à jour depuis quelques années, je pense que ça ne les empêche pas de dormir !
Isabella Vanni : Il faut aussi faire un peu de pédagogie sur la sécurité finalement.
Florian Monteghetti : Exactement. En réalité, sur la sécurité je pense que nous ne sommes pas bons collectivement.
Otyugh : Je pense complètement pareil. Je vois encore des gens, mais c’est rare, j’ai vu une personne dont l’entreprise était sous XP, sa compta était sous XP, donc je pense qu’on va voir des Windows 10 très longtemps encore, il n’y a pas de problème ! Parfois, on a même le problème de gens qui apportent leur ordinateur qui a un giga de RAM et mettre Linux pour le sauver c’est un peu compliqué !
Laurent Costy : Oui, c’est juste ! C’est clair.
Je voulais juste signaler et je me demande si je n’ai pas vu ça sur le wiki du CercLL, mais c’est peut-être sur le wiki d’un autre GULL : il y a actuellement un projet d’un programme sous Windows [Grub2Win, vu sur le site de Korben, Note de l’intervenant] qui permettrait de faciliter la mise en place d’un dual boot, alors un peu à contre-courant de ce qu’on vient dire. Alors que jusqu’à maintenant ça restait extrêmement compliqué, Florian l’a dit tout à l’heure, il faut paramétrer les partitions, etc., là il y aurait carrément un programme qui se lancerait sous Windows, qui permettrait de tout de suite faire le partitionnement. J’essaierai de retrouver le nom, de le mettre dans les références de l’émission, mais si quelqu’un a la référence ce sera intéressant de la signaler.
Otyugh : Je suis étonné, je n’ai jamais trouvé que c’était compliqué.
Laurent Costy : La complexité ça reste toujours extrêmement relatif quand on connaît. J’ai toujours ce défaut de dire « mais si, c’est facile ! ». Oui je connais, donc c’est facile ! J’ai ce problème-là.
Isabella Vanni : On peut partager le témoignage de xnx.
Laurent Costy : Xnx est intervenu dans le chat. Il explique que quand on lui demande de passer sous Linux c’est parce que les gens en ont marre de Windows, donc ils ont une posture très radicale, ils ont fait un choix éclairé pour passer sous Linux. Du coup, il n’y a pas de double boot, on dégage Windows et on installe GNU/Linux sur l’ensemble du disque. Et comme ces personnes avaient des usages de logiciels libres sous Windows – VLC, Firefox, LibreOffice – finalement, une fois qu’on est sous GNU/Linux, on retrouve presque ses habitudes d’usage de logiciels.
Isabella Vanni : C’est pour cela que ça peut être aussi une bonne idée, pour une personne qui veut changer, de commencer déjà à lui proposer des logiciels avant de changer direct le système d’exploitation. C’est une façon plus progressive de faire.
Laurent Costy : Il signale aussi que sa maman de 75 ans utilise Linux Mint depuis quatre ans. Ma maman aussi qui doit être un peu plus âgée, c’est moi qui ai la maman la plus âgée qui utilise GNU/Linux. Je te bats xnx ! J’espère qu’il ne m’en voudra pas !
Je vais peut-être te repasser un peu la parole pour la Fête des Possibles, Isabella, c’est vrai qu’on arrive vite à la fin de l’émission.
Isabella Vanni : Comme je disais, la Fête des Possibles c’est l’occasion de mettre en avant, de donner un coup de projecteur, de rendre visibles des initiatives alternatives qui font une société où il fait mieux vivre, échanger, manger, etc., et le logiciel libre a toute sa place, bien évidemment, dans une initiative de ce type. C’est pour cela que l’April est partenaire de la Fête des Possibles depuis de nombreuses années, je crois qu’avant ça s’appelait la Fête la Transition, depuis cinq/six ans ça s’appelle la Fête des Possibles, peu importe. Nous sommes ravis d’être partenaire de cette initiative parce qu’on trouve que c’est une excellente occasion, justement, de faire connaître les GULL et toutes les autres organisations locales de promotion du logiciel libre. C’est un prétexte, bien évidemment, les personnes trouvent le rendez-vous près de elles, elles y vont, connaissent l’organisation, nos actions et le logiciel libre en plus. Ça rentre tout à fait dans les missions de l’April de mobiliser les GULL dans le cadre de cette initiative.
Que faisons-nous ?
Nous relayons l’appel à participation sur tous nos canaux de communication donc le site, le compte Mastodon, les listes de diffusion, la lettre d’information.
On fait aussi un mailing auprès de nos associations membres, une centaine d’associations, dont des GULL, sont membres de l’April.
Notre présidente Bookynette a profité de la campagne Adieu Windows, bonjour le Libre pour adresser un courriel aux organisations participantes à cette initiative en disant que la Fête des Possibles c’est finalement une autre façon de montrer vos rendez-vous, vos install parties, donc allez-y.
Parfois je vais moi-même regarder sur l’Agenda du Libre s’il y a des événements sur la période de référence, cette année du 11 septembre au 11 octobre, et, dans ces cas-là si je vois qu’ils n’ont pas encore été inscrits, je contacte directement les organisations. Je fais aussi des suggestions personnalisées et trouve que la plupart des organisations jouent le jeu, comprennent l’intérêt d’être sur ce site, donc elles font le pas même si c’est dur de remplir plein de formulaires, les associations se plaignent aussi du fait qu’il faut remplir des formulaires, mais voilà, ce n’est pas une initiative de l’April c’est une initiative d’une autre organisation, il faut donc passer, malheureusement, par un formulaire.
Laurent Costy : C’est le prix à payer pour pouvoir se faire connaître dans d’autres univers que les nôtres. L’Agenda du Libre est quelque chose d’extraordinaire, qui existe depuis très longtemps dans le monde du Libre, mais effectivement ça cible et ça s’adresse aux structures qui connaissent déjà. Ça veut s’ouvrir, mais on est bien sur l’écosystème et sur les gens qui connaissent bien le Libre. Là on a une opportunité pour essayer de pousser un peu ces initiatives-là qui vont effectivement dans le sens d’une société moins pire, je vais le dire comme ça, ce n’est pas très optimiste. On a cette opportunité-là. Ce sont des partenariats qui sont pertinents pour faire connaître et promouvoir le logiciel libre en dehors des cercles qui ont habituellement cette connaissance.
Il est 16 heures 36, tu m’as donné jusqu’à 16 heures 42, ce qui veut dire que Otyugh et Florian ont trois minutes chacun pour évoquer un sujet qu’on n’aurait pas assez creusé ou faire un petit pas de côté par rapport au sujet qui nous occupait aujourd’hui. Je couperai de toute façon à 16 heures 42 puisque tu as ton déroulé qui nous emmène jusqu’à 17 heures.
Vous avez donc trois minutes, vous n’avez pas beaucoup plus, j’en suis désolé. Je passe la parole à Florian.
Isabella Vanni : Deux minutes et demie maintenant !
Laurent Costy : Deux minutes et demie ! Je parle un peu trop, je passe la parole à Florian.
Florian Monteghetti : Je voulais signaler que ces dernières années j’ai quand même vu la qualité de l’écosystème et la popularité de Linux vraiment progresser. Je pense qu’en bonne partie c’est lié à Valve, la société de jeux vidéo qui a énormément investi dans la compatibilité entre Windows et Linux au point qu’aujourd’hui on peut facilement jouer à n’importe quel jeu Windows sous Linux et cela amène un nouveau public. Il y a énormément de youtubeurs qui n’étaient pas portés sur Linux et qui se mettent à en parler, je pense que c’est très positif pour l’écosystème.
Le deuxième point que je voulais mentionner c’est un petit peu de pub : le 16 octobre nous organisons un apéro libre dans nos locaux du Foyer du Peuple. On aura l’honneur d’accueillir la présidente de l’April, donc si vous êtes sur Marseille, n’hésitez pas à venir nous voir.
Laurent Costy : Très belle annonce, c’est une bonne idée. Donc Booky, notre présidente, sera présente dans les locaux du CercLL. J’abonde sur cette question, je prends quelques secondes, mais tu n’as pas utilisé tes trois minutes, récemment une personne beaucoup plus jeune que moi, je vais le dire comme ça, m’a évoqué son passage à Linux et cette capacité de pouvoir jouer sous Linux, ce qui était un blocage jusqu’à maintenant pour elle. C’est effectivement quelque chose qui contribue à la popularité de GNU/Linux, grâce aussi aux youtubeurs, aux influenceurs qui mentionnent ces usages-là, à mon avis ça pèse dans le jeu. Sachant qu’à priori – c’est un indicateur à prendre avec beaucoup de pincettes –, pour la première fois de son histoire le pourcentage de systèmes d’exploitation GNU/Linux sur les ordinateurs « aurait dépassé 10 % », je mets plein de guillemets, etc., en tout cas on a une tendance à la croissance et à l’appropriation de ces systèmes d’exploitation.
Isabella Vanni : Je gratte juste quelques secondes pour dire que l’événement que CercLL a inscrit à la Fête des Possibles aura lieu le 26 septembre, c’est une install partie à Marseille. Vous le retrouverez sur l’Agenda du Libre et sur le site de la Fête des Possibles.
Laurent Costy : Merci beaucoup Isabella.
Otyugh pour le mot de la fin.
Otyugh : Juste deux mots sur la compatibilité des jeux vidéo avec Steam. Je connais Antoine le Gonidec qui développe Play-it. Il ne serait relativement pas d’accord parce qu’il pense que Wine marchait déjà très bien sur la plupart des jeux vidéo, que c’est surtout une campagne de communication, mais c’est tant mieux si ça fait connaître Linux aux joueurs.
En réalité, je voulais dire qu’il y a trois mois j’ai découvert que l’IA générative était partout et partout dans le logiciel libre. En fait, depuis deux ans, sur presque tous les repositories, tous les gits, les forges, on voit des contributions de Claude, Gemini, Codex. En fait, je m’aperçois qu’à peu près 85 % des logiciels qu’on utilise aujourd’hui, sans trop me mouiller, utilisent déjà de l’IA dans leurs contributions et c’est un peu gênant vu qu’on voulait que le logiciel libre soit un peu cette alternative du moins pire et, malheureusement, il va un peu dans le pire. Pour moi c’est un sujet de démotivation et je suis un peu en déprime militante en ce moment. Je suis encore en train de réaliser. On reste les moins pires, mais voilà !
Isabella Vanni : Pour remonter le moral, je parle des événements que Libre à Quimperlé a inscrit sur la Fête des Possibles, nous sommes là aussi pour parler de cela. Vous avez donc inscrit deux « Point info Linux », c’est le nom de vos évènements, donc à Quimperlé le 19 septembre et le 25 septembre. C’est à quel endroit ?
Otyugh : C’est toujours à la médiathèque de Quimperlé.
Isabella Vanni : J’ai oublié de citer le lieu de l’install partie de CercLL.
Florian Monteghetti : Au Foyer du Peuple dans le 5e arrondissement.
Laurent Costy : On arrive sur la fin, je signalais qu’on avait eu une émission avec Antoine Le Gonidec sur Play.it, c’est bien ça, je ne dis pas de bêtises. On essaiera de retrouver le numéro de l’émission [Émission 155 du 11 octobre 2022].
Il est 41, je m’autorise à te repasser la parole Isabella
Isabella Vanni : Merci. Merci à nos personnes invitées. Bonne suite avec tous les événements à venir. J’espère que le moral va revenir pour Otyugh.
Vous pouvez retrouver toutes les références de l’émission de ce jour sur la page consacrée à l’émission, libreavous.org/284, ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez en podcast. Je vais les rajouter dans les prochains jours, j’ai déjà mis des références, il en manque quelques-unes, mais on va rectifier cela, on ne peut pas savoir à l’avance tout ce dont on va parler.
On va faire maintenant une pause musicale.
[Virgule musicale]
Isabella Vanni : Après la pause musicale, nous entendrons une toute nouvelle chronique qui s’appelle « Libérons notre quotidien pas après pas app après app » dont le premier épisode a pour titre « Complète ta rue ! ».
Pour l’instant nous allons écouter Insomnia, par Lily-Anne Jutton. On se retrouve dans environ trois minutes. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.
Pause musicale : Insomnia, par Lily-Anne Jutton.
Voix off : Cause Commune, 93.1.
Isabella Vanni : Nous venons d’écouter Insomnia, par Lily-Anne Jutton, disponible sous licence libre CC By 3.0.
[Jingle]
Isabella Vanni : Je suis Isabella Vanni de l’April. Nous allons passer au sujet suivant.
[Virgule musicale]
Chronique « Libérons notre quotidien, pas après pas, app après app » d’Anne L’Hôte – « Complète ta rue ! »
Isabella Vanni : Nous allons poursuive avec une toute nouvelle chronique, la deuxième nouvelle chronique de la saison, « Libérons notre quotidien, pas après pas, app après app ». Elle est proposée par Anne L’Hôte qui est développeuse webm artisane logiciel et ingénieure données dans le Libre. Elle a d’ailleurs été interviewée dans Libre à vous !, dans le cadre d’un Parcours un libriste en juin dernier, c’était l’émission 280, si vous souhaitez la réécouter ou l’écouter pour la première fois.
Pour sa première chronique Anne L’Hôte a choisi le thème « Complète ta rue ! ».
Le sujet a été enregistré il y a quelques jours. Je vous propose de l’écouter ensemble et on se retrouve juste après.
[Virgule sonore]
Anne L’Hôte : Bonjour à toutes. Bonjour à tous.
Ce matin, en me réveillant, je suis allée chercher du pain. Intéressant n’est-ce pas !
Comme toute personne avisée, j’ai commencé par vérifier sur mon smartphone les horaires de la boulangerie la plus proche, vous savez, sur un service de cartographie en ligne, ces services qui permettent à la fois de produire, de concevoir, de traiter et de publier des cartes géographiques, mais également de planifier des itinéraires ou encore de connaître les horaires d’ouverture des commerces. Google, Apple Amazon, Microsoft, Yahoo et beaucoup d’autres proposent leurs propres services de cartographie en ligne, preuve de l’intérêt stratégique de connaître ce qui nous entoure et les usages que nous en faisons. Mais je me perds, nous sommes sur Libre à vous !, je vais donc évidemment vous parler de l’alternative libre de ces services, donc du célèbre OpenStreetMap.
OpenStreetMap est une base de données géographiques sous licence OdbL, Open Database License.
Cette initiative a été lancée en 2004, à Londres, par Steve Coast. En effet, à cette époque, l’organisme national de cartographie du Royaume-Uni refuse de mettre ses données à la disposition du public sous licence libre.
Le projet OpenStreetMap est collaboratif donc entre les mains de chacune et de chacun de nous.
Que faire si je constate des erreurs ou des oublis en consultant les données d’OpenStreetMap ? Rien de plus simple ! Vous pouvez installer une des applications suivantes CoMaps, Every Door, Maps.me, Organic Maps, OsmAnd, et ainsi vous pourrez accéder aux données collectées par OpenStreetMap et, si besoin, les corriger ou les compléter. Pour ma part, j’utilise CoMaps.
Pourtant, après avoir complété les horaires de votre boulangerie préférée comment contribuer davantage ? Par où commencer ?
Voilà exactement la raison d’être de StreetComplete.
StreetComplete est une application qui recense les données manquantes autour de vous et vous propose de les compléter sous forme de quêtes. C’est une version gamifiée de la contribution à OpenStreetMap. Le joueur qui sommeille en vous est en train de se réveiller ! Ainsi, vous pouvez déambuler dans les rues, votre smartphone à la main, et résoudre les quêtes qui se proposent à vous. Les questions sont plutôt faciles, par exemple : est-ce que le banc à votre droite a un dossier ? Ou encore : est-ce que l’arrêt du bus que vous voyez au loin est équipé d’un éclairage public ? Donc n’oubliez pas votre smartphone la prochaine fois que vous allez faire une course à pied ou que vous partez vous balader !
À force de résoudre de telles quêtes, je me suis demandé quels pouvaient en être les usages.
Bien sûr, chaque quête que vous résolvez contribue à corriger ou à augmenter les données d’OpenStreetMap et c’est un premier objectif. Néanmoins, je voulais connaître les usages précis qui pouvaient en être faits. Souvent je réponds aux quêtes : est-ce que ce passage piéton est entouré de bateaux et ensuite dispose-t-il de bandes podotactiles ? Dans ces cas-là, l’usage est assez immédiat, on s’imagine bien que c’est pour compléter des cartes qui sont dédiées, pour la première quête, aux personnes en fauteuil roulant et, pour la seconde quête, aux personnes déficientes visuelles.
StreetComplete me précise que le site wheelmap.org réutilise de telles données au sein d’une cartographie de l’accessibilité des lieux aux fauteuils roulants. Allez-y faire un tour, vous constaterez qu’il y en a assez peu.
De son côté, mappy.com propose un format d’export de ces cartes pour les imprimer en trois dimensions à destination des personnes malvoyantes.
Un autre usage des données OpenStreetMap ce sont des cartes avec des visées très spécifiques, par exemple des cartes dédiées à une pratique sportive. Ainsi openclimbing.org référence les endroits de grimpe et les informations nécessaires à cette pratique.
Je pense que plein d’autres applications pourraient être développées, par exemple un service d’itinéraires nocturnes qui n’emprunteraient que des rues équipées de trottoirs et ceux-là dûment éclairés. Ou bien un calcul d’itinéraires pour ma mamie qui a besoin de s’asseoir régulièrement sur un banc afin de souffler. Mais peut-être avez-vous d’autres idées de réutilisation de ces données géographiques d’OpenStreetMap.
Sur des aspects plus techniques, le site internet steetcomplete.app vous donnera accès à tout ce que je viens d’expliquer. Cette application est disponible sur Play Store, le magasin d’applications de Google, ainsi que sur F-Droid, un magasin d’applications alternatif.
Le code de StreetComplete est ouvert et disponible sur la plateforme de partage de code GitHub sous licence GPL 3.
StreetComplete est donc une façon simple et à la portée de toutes et de tous de contribuer aux communs numériques. Je vous laisse vérifier si votre rue est complète !
Merci à toutes et merci à tous pour votre écoute et à bientôt pour continuer à libérer notre quotidien.
[Virgule sonore]
Isabella Vanni : Nous sommes de retour en direct sur radio Cause Commune. C’était le premier épisode de la toute nouvelle chronique « Libérons notre quotidien pas après pas app après app » signée Anne L’Hôte.
Nous approchons de la fin de l’émission nous allons terminer par quelques annonces.
[Virgule musicale]
Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du Libre
Isabella Vanni : Les liens utiles concernant les annonces de fin sont sur la page consacrée à l’émission du jour, sur libreavous.org/284, ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez en podcast.
Il est encore temps d’inscrire vos événements autour du Libre sur le site de la Fête des Possibles, on en a parlé tout à l’heure, et ainsi faire découvrir votre organisation, vos actions et bien sûr le logiciel libre à des nouveaux publics partout en France et en Belgique du 11 septembre au 11 octobre.
Une install partie est organisée au Roselab de Toulouse samedi 26 septembre dans le cadre de la campagne Piratons Microsoft qui est portée par les mouvements Alternatiba et ANV COP21.
Le concours des Acteurs du Libre est organisé par le CNLL [Union des entreprises du logiciel libre et du numérique ouvert] dans le cadre de l’Open Source Experience qui aura lieu à Paris les 9 et 10 décembre 2026. L’an dernier l’April avait été récompensée par le prix spécial du jury pour l’émission Libre à vous !. Cette année notre présidente, Magali Garnero alias Bookynette, fait partie du jury. La date limite pour candidater est le 2 octobre 2026.
Cause Commune vous propose un rendez-vous convivial chaque premier vendredi du mois à partir de 19 heures 30 dans ses locaux, à Paris, au 22 rue Bernard Dimey dans le 18e arrondissement. Une réunion d’équipe ouverte au public avec apéro participatif à la clé. Occasion de découvrir le studio et de rencontrer les personnes qui animent les émissions. La prochaine soirée radio ouverte aura lieu vendredi 22 octobre. Vous êtes les bienvenus.
Le prochain Premier Samedi du Libre aura lieu samedi 3 octobre de 14 heures à 18 heures au Carrefour numérique2 de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris dans le 19e arrondissement. Venez aider ou vous faire aider à installer et paramétrer des logiciels libres et toute distribution GNU/Linux ou Android avec les nombreuses associations présentes.
Bookynette, présidente de l’April, sera présente à l’apéro libre organisé par CercLL vendredi 16 octobre 2026 à Marseille, on l’a cité tout à l’heure au cours de l’échange lors du sujet principal.
Et je vous invite, comme d’habitude à consulter le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, pour trouver des événements en lien avec les logiciels libres ou la culture libre près de chez vous.
Notre émission se termine.
Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission de ce jour : Gee, Laurent Costy, Florian Monteghetti, Otyugh, Anne L’Hôte.
Aux manettes de la régie aujourd’hui, pour sa première, Yann Collette, bravo Yann, épaulé par Julie Chaumard.
Merci également aux personnes qui s’occupent de la post-production des podcasts : Sébastien Chopin, Élodie Déniel-Girodon, Nicolas Graner, Lang 1, Julien Osman, bénévoles à l’April, et Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio.
Merci aussi aux personnes qui découpent les podcasts complets des émissions en podcasts individuels par sujet : Quentin Gibeaux, Théocrite et Tunui, bénévoles à l’April, et Frédéric Couchet.
Merci également à Marie-Odile et au groupe Transcriptions, qui permet d’avoir une version texte de nos émissions.
Vous retrouverez sur notre site web, libreavous.org/284, toutes les références utiles de l’émission de ce jour ainsi que sur le site de la radio, causecommune.fm, ou dans les notes de l’épisode si vous écoutez en podcast.
N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi des points d’amélioration. Vous pouvez également nous poser toute question et nous y répondrons directement ou lors d’une prochaine émission. Toutes vos remarques et questions sont les bienvenues à l’adresse bonjour chez libreavous.org.
Si vous préférez nous parler, vous pouvez nous laisser un message sur le répondeur de la radio, le numéro : 09 72 51 55 46.
Nous vous remercions d’avoir écouté l’émission.
Si vous avez aimé cette émission n’hésitez pas à en parler le plus possible autour de vous et à faire connaître également la radio Cause Commune, la voix des possibles.
La prochaine émission aura lieu en direct mardi 22 septembre 2026 à 15 heures 30. Notre sujet principal sera un Café libre, notre rendez-vous mensuel autour de l’actualité du logiciel libre et des libertés informatiques, avec notre équipe d’experts et expertes de choc.
Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve en direct mardi 22 septembre et d’ici là, portez-vous bien.
Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.