Fabien Paquereau : Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Papot’Cast.
C’est le dernier de la deuxième session, avec, aujourd’hui, deux invités pour finir en beauté.
Avant de démarrer, j’ai bien envie de vous poser une question : et si cet été était l’occasion de faire une vraie bascule, une belle bascule pour quitter Windows et passer sous Linux ? Voilà notre thématique du jour, autour de Linux qui, à mon sens, est au cœur de l’actualité.
Pour répondre à cette question, nous sommes aujourd’hui avec deux invités, dont un éminent défenseur et acteur du Libre, je crois ne pas me tromper en disant qu’il a créé, cocréé Framasoft [1], aujourd’hui, est à l’initiative de la démarche NIRD [2]. Vous l’avez peut-être reconnu, c’est Alexis Kauffmann.
Et ce n’est pas fini, nous sommes aussi aujourd’hui avec une deuxième personne, pour ce final en beauté, c’est Romain Silvasi, autre défenseur du Libre dans l’enseignement agricole.
Il est temps, maintenant, de s’attaquer au sujet et démarrer la bascule. Bonjour à tous les deux.
Romain Silvasi : Bonjour.
Alexis Kauffmann : Bonjour.
Fabien Paquereau : Bien content de vous avoir pour ce dernier épisode. On va peut-être commencer par se présenter. Alexis, si tu veux bien démarrer ?
Alexis Kauffmann : Oui, avec plaisir. Actuellement je travaille au ministère de l’Éducation nationale, à la Direction du numérique pour l’Éducation [3] qui est la grosse DSI [Direction des systèmes d’information] du ministère mais qui s’occupe également, en même temps, du numérique éducatif : éducation au numérique, éducation par le numérique. Je suis référent ministériel logiciels libres et communs numériques.
Sinon, tu l’as souligné, dans une vie antérieure, j’étais acteur associatif, j’ai été à l’initiative de Framasoft, c’est même moi qui l’ai fondée quand j’étais dans un collège, mon premier poste en tant que professeur, puisque c’est ma vocation, je suis professeur de mathématiques avant tout. C’était mon premier poste à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, à la fin du siècle dernier. En même temps que je découvrais mon métier j’ai aussi découvert le logiciel libre, via Internet qui était un petit peu émergent également. Ça a fait tilt tout de suite : « Bon sang, mais bien sûr, entre le logiciel libre et la mission de service public, il y a de très fortes convergences » et j’ai essayé de porter ça en tant que prof, en tant que président de l’association Framasoft et aujourd’hui en tant qu’agent du ministère de l’Éducation nationale.
Fabien Paquereau : OK. Tu étais donc bien à l’initiative de Framasoft.
Romain, à toi.
Romain Silvasi : Je me présente. Romain Silvasi, délégué régional au numérique pour l’enseignement agricole, plus précisément en Occitanie. Je travaille pour le ministère de l’Agriculture, basé en DrAAf, la Direction régionale de l’agriculture, l’alimentation et de la forêt. Très porté, aussi, sur le Libre en tant qu’ancien professeur d’informatique, j’ai été entraîné, bien sûr, notamment par Framasoft qui fait partie de nos bases pour le Libre. Je suis donc ravi d’être là et de rencontrer Alexis, c’est un événement assez spécial.
Fabien Paquereau : Pour rassurer un peu tout le monde, parce que, tous les trois, ça peut faire un peu geek, l’objectif c’est de se rendre compte que Linux devient accessible à tout le monde et peut très bien faire partie du matériel indispensable de l’enseignante ou de l’enseignant.
Est-ce que cela vous dit de faire une petite définition de Linux ? Peut-être qu’il y en a plein qui ne connaissent pas et je pense que ça peut être bien de faire un petit rappel. En 180 secondes, Linux, c’est ?
Alexis Kauffmann : Vas-y Romain et je compléterai si besoin.
Romain Silvasi : C’est un système d’exploitation libre qui peut être installé par tout le monde, de manière gratuite, qui se base effectivement sur la communauté pour pouvoir évoluer et proposer différentes solutions non commerciales – elles peuvent l’être, en tout cas, pour le grand public, plutôt non commerciales – et différentes de ce qu’on peut avoir au niveau des Windows ou macOS, par exemple, pour les plus connus.
Alexis Kauffmann : De tous les logiciels, j’ai envie de dire que c’est celui qui est la base pour faire fonctionner un ordinateur, donc, effectivement, la comparaison se fait directement avec Windows, avec macOS ou avec Android pour les smartphones.
Je me souviens que le premier slogan de Framasoft c’était « Partir de Windows pour découvrir le Libre ». « Le partir de » avait une double acception, c’est-à-dire « démarrer de Windows », parce que c’est là qu’étaient les utilisateurs, et c’est là qu’ils sont toujours, d’ailleurs, 25 ans plus tard, mais également « quitter Windows » pour un système d’exploitation libre.
Romain a cité les mots clés. Un autre mot clé c’est « souveraineté » : c’est un système d’exploitation libre, souverain et communautaire, un autre un autre mot clé c’est « communautaire ». Il est ouvert, il appartient à tout le monde, même si la gouvernance du projet est très organisée et assez hiérarchique. In fine, c’est Linus Torvalds [4] et quelques-uns qui vont décider de ce qu’on ajoute ou de ce qu’on n’ajoute pas dans l’OS, notamment parce qu’il y a des questions de sécurité extrêmement pointues. Il n’empêche que c’est ouvert et, si un jour Linus Torvalds décide de prendre de mauvaises décisions, on peut créer des bifurcations, ce qu’on appelle des forks, et avoir un autre système d’exploitation, toujours libre, qui corresponde mieux à nos besoins.
L’un des problèmes, quand on découvre l’informatique, quand on achète un ordinateur, malheureusement, le plus souvent, c’est qu’il y a déjà un système d’exploitation intégré et le plus souvent c’est Windows ou macOS si vous achetez un Mac, mais le plus souvent c’est Windows et sans qu’on vous dise, sans qu’on vous le spécifie. Par exemple, il y a eu un mouvement contre ce qu’on appelle la vente liée, c’est-à-dire qu’à l’achat vous avez un unique prix non seulement pour le matériel mais aussi pour logiciel et on finit par les confondre et croire, que dans un ordinateur, il y a Windows, que ça a toujours été comme ça et que ce sera toujours comme ça. Non, pas du tout ! On peut très bien acheter un ordinateur sans système d’exploitation ou on peut acheter un ordinateur avec un système d’exploitation libre dedans, comme Linux, mais évidemment, pour des questions d’accords entre distributeurs et des questions commerciales, c’est très rarement le cas et on voit très rarement du Linux dans les grandes enseignes.
Fabien Paquereau : Je vais faire mon petit complément aussi. En fait, la grosse question de l’enseignant lambda c’est de se demander s’il peut continuer à travailler sans Windows. C’est un petit peu le pari du podcast d’aujourd’hui qui est de dire « oui, c’est possible. » Et, même si on a acheté un ordinateur avec Windows, on peut installer Linux dessus.
J’ajouterais une petite chose assez intéressante aussi qui concerne la durée de vie de l’ordinateur. Comme Linux est moins gourmand en termes de ressources, en fait des ordinateurs qui ont 10 ans, 15 ans fonctionnent très bien sous Linux, ce qui est quand même à noter et intéressant, en tout cas pour garder du matériel longtemps.
Maintenant, concernant le côté éducation, Alexis, peux-tu nous parler un petit peu de la nouvelle démarche que tu as lancée, qui s’appelle NIRD [2], chacun prononce comme il veut. En quoi consiste-t-elle ? Quel est ce mouvement qui se dessine ?
Alexis Kauffmann : Quand on se projette dans l’éducation, il y a peut-être deux sujets, c’est-à-dire l’équipement individuel des enseignants et des agents qui sont dans les rectorats, etc., c’est un premier point, et puis l’équipement, dans les établissements scolaires, qui va toucher les enseignants dans leur pratique professionnelle et évidemment nos élèves.
Tout à l’heure, j’ai cité le premier slogan de Framasoft « Partir de Windows pour découvrir le Libre ». Je ne veux pas du tout faire le vieux combattant des internets, mais il faut s’imaginer qu’il y a 25 ans migrer ses postes de Windows à Linux était déjà un sujet. Je me souviens aussi que dans le « milieu des libristes », entre guillemets, chaque année on se disait « cette année va être vraiment l’année du poste de travail Linux, on va y arriver, le grand public va enfin basculer, etc. ». Et non, malheureusement, ce n’était pas le cas, même si Linux a gardé sa toute petite part de marché, on parle de 1 à 2 % chaque année.
Qu’est-ce qui fait que la donne a changé aujourd’hui, qu’est-ce qui fait que vous en avez fait un sujet de votre podcast ? Il y a plusieurs facteurs.
Tu l’as souligné, il y a le facteur écologique, le facteur du numérique responsable et de l’obsolescence programmée. C’est-à-dire qu’il y a eu l’annonce, par Microsoft, de la fin du support de Windows 10, une décision unilatérale de Microsoft, qui obligeait et qui oblige encore, puisqu’il y a eu un délai depuis, à migrer de Windows 10 à Windows 11. Dans les établissements scolaires, le matériel peut être assez ancien, voire vétuste, cela les oblige à faire leur inventaire et, tout d’un coup, s’apercevoir qu’un certain nombre de machines ne peuvent pas, par leur puissance, passer à Windows 11, donc qu’est-ce qu’on fait ? Je constate trois choix, trois options, pour les établissements scolaires :
- faire l’effort financier d’acheter du neuf, on passe à Windows 11 les machines qui peuvent passer et on rachète ;
- réduire le parc, c’est une réelle option, c’est-à-dire tant pis, on va avoir moins de machines, donc on aura moins d’usages. La question du matériel est un vrai sujet. Comme aujourd’hui, en plus, on parle de numérique raisonné, on interdit les portables dans les classes, etc., il y a un risque qu’on n’ait même plus de matériel pour faire du numérique éducatif, je ferme la parenthèse ;
- et, dernière option, étudier les alternatives libres suite à ce choix brutal de Microsoft. En plus, les études montrent qu’on ne gagne pas en rapidité avec Windows 11, on a d’autres problèmes parce qu’il y a l’IA Copilot qui va être très invasive, on ne sait pas très bien ce qu’elle va faire, etc.
En tout cas l’obsolescence programmée, la question de l’empreinte écologique, etc., c’est le premier élément.
Deuxième élément, on ne va pas se le cacher, les restrictions budgétaires étatiques : on a moins d’argent, le public a moins d’argent, doit faire des économies. Un système d’exploitation libre, qui est aussi « gratuit », évidemment entre guillemets, parce qu’il faut s’en occuper, il faut du support, etc., n’empêche qu’il n’y a pas à payer de licence, ce qui peut être aussi un élément qui, tout d’un coup, fait qu’on s’y intéresse davantage que par le passé.
Troisième élément, la géopolitique. Parfois, dans le mouvement du Libre, on s’amuse à remercier Donald Trump, carrément, on ne va pas se le cacher, c’est-à-dire que tout d’un coup on a réalisé que les Américains n’étaient pas forcément à 100 % nos amis, nos alliés fidèles, et que la question de maîtriser sa technologie, être autonome, pouvait devenir une question cruciale jusqu’au plus haut niveau de l’État, si vous me permettez l’expression. Nous nous sommes aussi aperçus, par là même, de notre complète dépendance, en tout cas de notre très forte dépendance à des outils, à des services, à des plateformes américaines. C’est pour cela, par exemple, que l’État développe LaSuite numérique [5], et c’est pour cela aussi, que même au niveau européen, on s’intéresse pour la première fois à ces systèmes d’exploitation libres. Un autre élément c’est la souveraineté.
Et j’ajouterais que, depuis 25 ans, Linux a fait des progrès, il est beaucoup plus UX [User eXperience], c’est-à-dire qu’il est beaucoup plus ergonomique que par le passé, ce n’est pas Matrix, vous n’êtes pas devant un écran noir et des caractères verts, il y a des interfaces graphiques, ça a beaucoup évolué et l’expérience utilisateur est de bien meilleures qualité.
Encore un dernier élément, dernier argument – je suis un peu long, désolé : on a déplacé des usages du poste de travail vers le cloud, vers le Net. Par exemple, comme en plus je travaille sur les sites collaboratifs, ouverts, qu’on propose, sur le web, Apps.education [6], etc., typiquement je ne lance aucune application en local, de mon poste de travail, dans la journée. En gros, un navigateur me suffit, je me connecte aussi à ma messagerie via le navigateur et, à partir de là, c’est plus facile de migrer. Le gros frein, chez les agents, reste encore la suite bureautique Microsoft Office, Word, Power Point auxquels ils sont habitués.
Et puis, un autre frein, ce sont peut-être des applications métiers qui ont été développées uniquement sous Windows, peut-être en avez-vous dans votre champ un peu spécifique. La donne a un peu changé, il y a vraiment une fenêtre de tir, je le constate tous les jours, pour s’intéresser pour la première fois sérieusement à être libres et autonomes également dans nos machines.
Un dernier élément. Je constate que des profs pas férus du numérique, des profs un peu lambda, pour qui ce qu’ils avaient dans leur machine n’était pas un sujet, même des professeurs qui étaient, comment dire, acteurs politiques, acteurs syndicaux, etc., disent effectivement « Alexis, tu as raison, ce qu’il y a dans nos machines n’est pas neutre, ton Linux m’intéresse. J’ai une vieille machine qui traîne, dont la famille ne se sert plus, peut-être peut-on essayer pour voir, ça m’intéresse. » On a aussi un intérêt nouveau, individuel, de la part d’enseignants qui ont pris conscience et qui souhaitent se libérer. Par exemple, les enseignants qui, au niveau écologique, font des efforts pour trier leurs déchets, etc., se disent tout d’un coup « on peut aussi faire des efforts au niveau du numérique pour migrer nos machines. »
Fabien Paquereau : Avant de laisser la parole à Romain, pour la petite histoire, depuis trois semaines je travaille avec un vieux Macbook qui a 15 ans, sur lequel j’ai mis Linux et effectivement, je confirme. Comme tu l’as dit tout à l’heure, Alexis, comme on ne travaille quasiment qu’avec un navigateur, j’ai travaillé avec pendant trois semaines, en total confort, et c’est vrai que la donne a vraiment changé.
Romain, côté enseignement agricole, comment vois-tu les choses ? As-tu des retours d’expérience.
Romain Silvasi : Comme, je pense, à l’Éducation nationale, dans l’enseignement agricole on a des établissements qui, il y a longtemps, ont fait le choix de faire le test de Linux autant côté pédagogique qu’administratif, ça se voit mais c’est loin, encore, d’être la majorité. Les événements qu’Alexis a décrits commencent effectivement de plus en plus à faire boule de neige, même dans les lycées. Chez nous, effectivement, le côté financier du renouvellement des PC se pose, pouvoir garder des PC plus longtemps, la partie écologique nous parle aussi beaucoup et rentre en jeu, et le côté souveraineté.
On voit de plus en plus de lycées, à travers les techniciens et les professeurs d’informatique en premier lieu, qui commencent à mettre en place des petites salles pour permettre de découvrir un peu plus Linux, que ce soit les élèves ou les professeurs, parce que, souvent, on a cette vieille image de Matrix, le mode console avec plein de caractères qui tombent, etc., et des interfaces pas forcément conviviales alors que, aujourd’hui, les progrès sont tels que, même à titre personnel, je trouve qu’il y a plein d’interfaces qui sont supérieures, et de loin, à ce que peuvent nous proposer des concurrents commerciaux.
Depuis un an ou deux, on voit que des projets auxquels, jusqu’à présent, on avait du mal à faire prendre vie, commencent à être mis en place par nécessité, par la force des choses, avec cet environnement changeant. Le côté cloud, comme vous l’avez dit tous les deux, est effectivement quelque chose d’assez impactant puisque, aujourd’hui, un simple navigateur suffit pour, je pense, 80 % des usages qu’on peut avoir.
Fabien Paquereau : Du coup, je suis tenté de demander : qu’est-ce qui nous empêche, qu’est-ce qui empêcherait un collègue enseignant de se dire « tiens, cet été, je prends une clé USB avec Linux dessus et j’installe Linux. »
Alexis Kauffmann : C’est exactement ce qui a été le point de départ de la démarche NIRD [2]. L’été dernier on a vu arriver la fin du support de Windows 10 et on savait qu’on allait en parler dans les médias. Nous étions quelques profs et acteurs de l’Éducation nationale réunis sur des salons Tchap [7] – on utilise Tchap qui est la messagerie instantanée libre et souveraine développée par la DINUM [Direction interministérielle du Numérique] – et nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Ce que je sais faire de mieux c’est réunir et fédérer les énergies et les initiatives qui existent déjà pour, ensuite, créer des dynamiques. Nous nous sommes donc dit « déjà ouvrons des espaces de discussion sur Tchap sur ce sujet-là ».
Depuis 25 ans – excusez-moi, je refais encore un « depuis 25 ans » –, j’ai constaté que, dans les établissements scolaires, il y avait des salles sous Linux, principalement grâce à des profs passionnés et ce n’était pas favorisé par l’institution, je veux dire que ce n’était pas grâce à l’institution. En tout cas, des profs passionnés avaient installé du Linux dans leurs salles informatiques, mais c’était un peu sous les radars, parfois sous les radars de leur propre établissement scolaire et ça ne survivait pas à cet enseignant un peu passionné, un peu geek : s’il était muté ou s’il partait à la retraite, le projet tombait de lui-même.
Et là, on a pu s’appuyer sur deux grands projets chez nous, deux réussites.
Le premier c’est PrimTux [8]. PrimTux est une distribution Linux faite par les professeurs des écoles pour les professeurs des écoles, là je parle au niveau école primaire. N’empêche qu’on a une distribution Linux qui existe depuis presque dix ans, qui est candidate pour équiper les écoles primaires, d’ailleurs ça se fait : la ville de Blois l’a installée, la ville de Lyon, à Montpellier on s’y intéresse aujourd’hui.
L’une des forces d’un système d’exploitation libre, c’est qu’on peut complètement l’adapter. Quand on y réfléchit, c’est complètement absurde d’avoir un Windows qui soit le même pour nos élèves et pour les adultes, pour les enfants et pour les adultes ! Pourquoi nous oblige-t-on, un petit peu, à avoir un truc formaté pour tous les publics ? Non ! Là c’est intéressant. On adapte PrimTux, on met des grosses icônes parce que c’est pour des enfants qui ont entre six et douze ans, on a une entrée avec des matières ou des compétences, des domaines – français, maths, savoir faire ceci, découvrir le monde, etc. –, on met plein de logiciels libres dedans, non seulement des logiciels libres type Firefox, LibreOffice, mais aussi ceux qui sont créés par nos propres enseignants, notamment sur la Forge des communs numériques éducatifs [9] que je pilote directement, ce sera peut-être un jour l’occasion de lui faire un podcast dédié parce que ça le mérite.
Donc une distribution Linux faite par les profs des écoles non seulement pour les écoles, mais même pour les familles. Je vais faire une petite digression vie privée. Je suis en congé, je suis chez moi, mon fils est dans la chambre d’à côté, il est sur PrimTux et je suis tranquille parce que je sais que les logiciels ont été choisis par des profs, c’est de l’éducatif ou du ludo-éducatif. D’ailleurs, je crois qu’il apprend à jouer aux échecs tout seul. C’est parfait, je suis tranquille, d’ailleurs c’est avec ou hors-connexion si je le décide. C’est donc aussi un système d’exploitation pour équiper les ordinateurs dans les familles.
Donc une grande réussite associative mais pas encore soutenue à son niveau par l’institution, ça fait justement partie de notre travail de valoriser et d’accompagner ce genre de produit.
Deuxième réussite. Un établissement particulier, le lycée Carnot, dans le Nord de la France, à Bruay-la-Buissière, dans les Hauts-de-France, a été à l’initiative d’un projet, NIRD [2], ce sont eux qui ont donné le nom au collectif, NIRD pour Numérique Inclusif Responsable et Durable, vous remarquez qu’il n’y a pas le mot « libre » dedans. La grande force de ce projet, c’est justement un, mener de front transformation numérique et transition écologique et deux, sortir de la salle info le geek passionné, d’embarquer tout l’établissement et d’avoir non seulement l’aval mais le plein soutien et la motivation de la direction de l’établissement. C’est fondamental. C’est dans le projet d’établissement. Trois enseignants sont porteurs de ce projet-là [10].
Il s’agit non seulement d’équiper les salles informatiques en Linux, mais il s’agit aussi d’expliquer, il s’agit d’acculturer, il s’agit aussi de mettre des ordinateurs sous Linux en salle des profs et puis, surtout, il s’agit de recycler. Ils ont un atelier de recyclage, de reconditionnement, et c’est fait par les élèves eux-mêmes. Ils se sont montés en micro-entreprise pour pouvoir recueillir les ordinateurs cédés par les entreprises locales, par exemple, il y en beaucoup, et ils les reconditionnent eux-mêmes. Ils nettoient les données, parfois ça pose des questions de sécurité, parfois on change le disque dur, on ajoute un peu de RAM, etc. Ensuite soit ils les remettent dans le parc informatique de l’établissement soit, dans le cadre de la lutte contre la fracture numérique, ils équipent les familles qui en ont besoin notamment pour leurs enfants, etc., soit ils mettent du PrimTux dedans et ils vont livrer les ordinateurs aux écoles primaires du bassin, d’ailleurs ils les livrent à vélo pour cocher vraiment toutes les cases. C’est super, ça donne lieu à une cérémonie, « merci les lycéens de nous offrir les ordinateurs », les écoliers sont très contents, etc. Tout cela est très vertueux.
Évidemment, la question est celle de la transférabilité. On a un projet qui est très sympa, donc, l’été dernier, on s’est dit « essayons de modéliser ça, de transférer, que ça ne reste pas uniquement au lycée Carnot de Bruay-la-Buissière ». On a lancé des espaces pour réunir les personnes intéressées, on a on posé un site web, La démarche NIRD, qui propose aux établissements scolaires de s’engager dans la démarche avec trois jalons, quelque chose d’un peu progressif : d’abord juste faire des réunions d’information pour sensibiliser, pour montrer que ce n’est pas juste un sujet technique parce que c’est aussi cela la force de la démarche NIRD. Ce n’est pas que technique, on le positionne directement sur, allez, lâchons le mot, c’est politique, en tout cas c’est pédagogique et c’est politique au niveau de l’établissement scolaire quand il fait ses choix de projet d’établissement et au niveau de ses instances, de ses réunions, de ses assemblées, etc.
La mayonnaise a pris. Plein de collègues sont venus nous dire « j’ai fait ceci, j’ai fait cela » ou « je n’y arrive pas parce que ma collectivité bloque tout. » En tout cas, il y a eu toute une énergie, une dynamique d’échanges et puis on s’est aperçu que des collectivités jouent vraiment le jeu, que des collectivités sont beaucoup plus avancées que d’autres, excusez-moi si je suis un peu bavard. Je vais donner deux exemples. Les deux régions avancées sont Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire, Orléans-Tours, qui proposent d’installer soit Linux soit Windows dans les établissements scolaires en descendant ce qu’on appelle une image, un master Linux. C’est vraiment important parce que quand la collectivité propose cela, ça veut dire que vous avez un Linux qui est complètement intégré dans le réseau, dans les annuaires, dans les questions de sécurité, les firewalls, les machins, donc c’est assumé par la collectivité. Là où c’est encore plus avancé c’est en Centre-Val de Loire avec la DRANE [Délégation Régionale au Numérique pour l’Éducation], avec des agents pour assurer le support pédagogique et la collectivité qui assure le support technique. Il y a des plans de formations, il y a des profs référents Linux en Centre-Val de Loire, justement pour favoriser, pour inciter à ce qu’on installe Linux, parce que, mine de rien, je pense que Romain le sait, il y a des freins et, dans les freins, il y a aussi des profs qui n’ont pas que ça à faire, ils disent « j’ai déjà eu du mal à me mettre à Windows, tu ne veux pas encore me faire changer, etc ! ». Il y a pas mal de freins, en tout cas quelque chose de cohérent est mis en place dans cette région-là, qui est exemplaire. Donc, on cherche à mettre en valeur ce qu’ils font et éventuellement faire un effet boule de neige.
À la Direction numérique pour l’éducation, ils me disent « Alexis, la démarche NIRD c’est très bien, mais on ne veut pas ce qu’on appelle le shadow Linux », parce qu’on parle de shadow IT. Le shadow Linux ce seraient des postes un peu zombies dans l’établissement scolaire, sur lesquels on aurait mis Linux, mais qui ne seraient absolument pas raccordés au réseau et qui poseraient des problèmes à la collectivité auxquels il faudrait apporter des solutions. Donc, quand c’est avec l’aval de la collectivité, c’est très bien.
Notre boulot, c’est d’abord de mettre en valeur ce qui se fait déjà d’intéressant et d’inciter d’autres collectivités à faire de même, évidemment, au niveau région, mais aussi au niveau département pour les collèges, au niveau commune pour les écoles.
Fabien Paquereau : Je suis allé sur le site La démarche NIRD, on mettra sur le sur #acoustice.
Tu disais qu’il y a trois jalons :
jalon 1, c’est mobilisation
jalon 2 c’est l’expérimentation, c’est ça
et jalon 3 c’est l’intégration.
C’est vrai qu’il y a vraiment ce nœud autour de la collectivité. En tout cas, c’est chouette de savoir qu’en région Centre-Val de Loire c’est possible, c’est aussi un sacré argument, en tout cas pour nous, avec Romain, en tant que délégués régionaux au numérique, ça nous donne aussi des éléments pour aller voir les collectivités et dire que ça serait possible, en tout cas le faire Enseignement agricole et EN.
Romain, du côté de ta collectivité, est-ce que tu sens qu’il y a des ouvertures possibles parce qu’on voit que ça reste quand même un passage obligatoire ?
Romain Silvasi : Il y a des ouvertures, ils y réfléchissent, principalement pour les raisons qu’on a évoquées précédemment, mais aussi budgétairement. Les prix de ces derniers mois, pour ceux qui ont un peu regardé les prix de l’informatique, ont quand même bien augmenté et font augmenter l’intégralité des postes : augmentation des prix de la mémoire et des disques durs. Du coup, la question du passage à Linux se pose de plus en plus, tout simplement parce qu’on va pouvoir maintenir des PC plus longtemps, donc éviter de changer de manière très régulière, en fait de renouveler les postes dans les établissements.
À travers cette petite crise que l’on a au niveau mondial, ça permet aux régions également budgétairement de pouvoir trouver une issue intéressante grâce à Linux, donc ça « accélère », entre guillemets, les projets.
J’ai entendu Alexis parler des régions AURA et Centre-Val de Loire, c’est bien qu’on trouve un moyen de dupliquer ce qu’ils font. Je pense que c’est effectivement le bon moment pour accélérer sur ce sujet-là, voir comment on peut transposer ce qui a été fait dans les autres régions pour que nous puissions essayer de pousser les différents leviers, autant moi en tant que délégué régional, mais aussi les enseignants. Je pense qu’ils ont des leviers là-dessus en disant « ça m’intéresse, je veux voir comment ça peut fonctionner, comment on peut m’accompagner. » Je pense que c’est le moment, c’est maintenant !
Alexis Kauffmann : Merci Romain. Tu es en Occitanie, C’est ça ?
Romain Silvasi : C’est ça, oui.
Alexis Kauffmann : Je vais carrément citer des noms, j’ai des contacts avec quelqu’un qui s’appelle Stéphane Serre, que tu connais, qui est responsable de la stratégie numérique à la région Occitanie et qui s’intéresse sérieusement à la question de la migration vers Linux. Il m’avait expliqué, au dernier Ludovia, que ce n’est pas si simple parce qu’on part de loin et il avait raison de souligner la question des compétences, de la ré-internalisation des compétences parce que, quand on est habitué à travailler sur Windows sur étagère, clés en main pendant des années, on n’a pas forcément les compétences en interne pour adapter, personnaliser un Linux pour qu’il aille bien.
On développe une distribution Linux pour l’école primaire, mais on développe aussi une distribution Linux NIRD pour le collège et le lycée. Pourquoi le fait-on ?
D’abord pour répondre à la demande des profs qui arriveraient avec leur ordinateur perso et qui souhaiteraient mettre Linux dedans, on a des exemples. Là, ils ont tout de suite un Linux opérationnel avec, en plus, des logiciels pédagogiques, plein d’applicatifs dedans.
On le fait aussi pour aider les collectivités : déjà, on fait des choix de distribution, puis on fait des choix de logiciels utilitaires mais aussi pédagogiques, on met les ressources pédagogiques, donc on fait un travail en amont qui peut aider. Alors attention, les collectivités sont toujours maîtresses, c’est la question de la décentralisation et des prérogatives, etc., donc les collectivités sont toujours maîtresses, ce n’est pas le ministère, ce n’est pas Paris qui va décider, mais elles peuvent s’appuyer sur ce travail-là : le choix de la distribution, des logiciels, ça peut être intéressant, on n’est pas obligé de refaire tout un travail si des profs ont déjà fait ce travail pour nous.
Et puis on va chercher aussi à mutualiser, justement, le travail que font la région AURA et la région Centre-Val de Loire. Je ne vais pas entrer dans le détail, ça me dépasse, pour scripter un peu la distribution, pour qu’elle s’intègre au réseau, ce travail peut se mutualiser, il y a besoin de logiciels notamment pour gérer les parcs, des choses comme ça.
Voilà donc le service qu’on fait et puis on propose aussi un support de premier niveau, j’ai envie de dire, entre pairs, aussi bien technique que pédagogique, sur Internet, notamment sur Tchap, c’est-à-dire que les enseignants qui utilisent et qui sont plus aguerris vont aider les nouveaux arrivants, il y a de l’entraide. C’est juste du premier niveau, on a toujours besoin de formation en présentiel, d’interventions sur site, et là c’est la collectivité, c’est la région, c’est l’organisation du territoire. Mais à un premier niveau, en entraide, on peut faire des webinaires si besoin, par exemple au niveau national, pour présenter la distribution, on le fait notamment pour PrimTux [8].
On essaye donc de mettre en place quelque chose qui soit en soutien et en accompagnement à des collectivités qui seraient intéressées à passer leurs postes sous Linux.
Fabien Paquereau : C’est une vraie bonne nouvelle, en tout cas ça peut rassurer les collectivités.
Romain, je suis en train de me dire que c’est à nous d’aller à la rencontre de nos DRANE, de nos DRASI [Direction régionale académique des systèmes d’information] et d’aller voir les collectivités. C’est vrai qu’avoir une distribution choisie, comme tu viens de l’expliquer, Alexis, c’est quand même déjà une grosse part bien rassurante, en tout cas pour démarrer.
Super. Si on résume, il y a vraiment cette partie qui est propre à l’établissement et qui est quand même assez fortement liée à la collectivité, aux choix de l’équipe de direction et là il y a encore un petit peu de travail à faire, mais on va dire, comme tu l’as expliqué Alexis, qu’on a quand même pas mal de billes, en tout cas en ce moment, pour avancer.
Et puis en tant qu’enseignant, si, cet été, certains veulent tester, en tout cas passer sous Linux, on mettra les liens vers le site de la démarche NIRD. Je crois que la distribution est basée sur Mint [11], c’est ça ?
Alexis Kauffmann : C’est ça.
Fabien Paquereau : Elle est basée sur Mint, ça a l’air quand même ultra simple voire plus simple que Windows, j’ai presque envie de la vendre, en tout cas plus simple que Windows !
On va arriver à la fin de l’épisode. Je vous propose le petit jeu habituel.
Vous êtes face à une roue que je vais lancer et on va sortir une question. Et hop, c’est parti, ça tourne.
Quelle est la question que tu ne voulais pas que je te pose ?
Alexis Kauffmann : Sur ce sujet-là, il n’y en a pas beaucoup. Maintenant, sur un sujet beaucoup plus vaste, qui est celui des ressources numériques éducatives, la question que je n’aurais pas voulu que tu me poses c’est : ne penses-tu pas qu’on a trop financé de la commande de ressources numériques éducatives par des marchés publics, donc à l’extérieur, alors qu’à l’intérieur nos profs étaient tout à fait capables de créer et partager eux-mêmes leurs propres ressources numériques ?
Fabien Paquereau : Je vois bien.
Romain, tu veux la même question ou tu en veux une autre ?
Romain Silvasi : Je ne vois pas ce que je pourrais répondre à celle-là, donc je pioche pour une autre.
Fabien Paquereau : Allez, une autre, c’est parti.
Dans quelle autre discipline aimerais-tu enseigner si tu devais choisir une autre discipline ?
Romain Silvasi : Si je devais choisir une autre discipline ? Prof d’informatique, ancien prof d’info, je dirais peut-être à l’opposé de ça, peut-être professeur documentaliste : l’esprit critique, la découverte des livres, de l’information, je trouve cet apprentissage-là très intéressant. En tout cas, je pense que c’est celui qui m’attirerait le plus.
Fabien Paquereau : Alexis ?
Alexis Kauffmann : J’aurais préféré cette question, j’aurais répondu tout de suite que c’est la philosophie, professeur de philo. Je suis un prof de maths qui est plus attiré vers l’épistémologie, vers les mathématiques abstraites comme langage, etc., que les mathématiques concrètes, appliquées, vers la physique, etc.
Fabien Paquereau : Oui, mais philo et maths, au final c’est très proche. Philo, c’est logique.
Alexis Kauffmann : D’ailleurs, on retrouve cela dans la Forge : parmi les profs les plus créateurs en ressources numériques, il y a très peu de professeurs de français, par contre, il y a pas mal de professeurs de philo et la philo est très dynamique sur le numérique.
Fabien Paquereau : Tu parlais de la Forge, je pense qu’on fera un petit épisode lors de la prochaine saison. L’idée c’était quand même d’avancer sur les questions du Libre. Petit rappel, l’épisode du mois de mai, était avec Louis Derrac. Sa réponse à cette même question, Alexis, la question que tu n’aurais pas voulu que je te pose et que tu t’es posée toi-même, la question sur le numérique.
Alexis Kauffmann : Si tu veux, Fabien, on préférerait, à l’avenir, davantage travailler avec Louis Derrac qu’avec la filière industrielle de l’éducation, qu’on appelle l’EdTech.
Fabien Paquereau : On a fait un petit enregistrement avec Louis au mois de mai. Si ça vous intéresse, vous pouvez l’écouter, c’est sur la question du numérique acceptable dans l’éducation [12].
Nous voilà à la fin de cet épisode et de cette saison avant d’entamer l’été. Est-ce que vous avez un dernier petit mot à passer à toute la communauté, agricole et autre, à tous ceux qui vont nous écouter ?
Alexis Kauffmann : Je peux dire très rapidement que je suis positionné sur les communs numériques. Les communs numériques c’est une ressource qui est gérée par une communauté qui en prend soin, qui assure son caractère partagé par tous, etc., et qui donne les libertés fondamentales à la ressource : la liberté d’accès, d’usage, d’étude, modification et partage. Notre mission fondamentale de service public c’est la transmission des savoirs, des connaissances, des compétences. Imaginez qu’on fasse obstacle à l’accès, à l’usage, à l’étude, à l’adaptation et au partage, on se retrouve légèrement bloqué. C’est pour cela que communs numériques et éducation vont si bien ensemble et qu’il faut les encourager, il faut les favoriser. D’ailleurs, c’est vraiment une orientation qu’on a prise, depuis quelque temps, au ministère, c’est pour cela que je me trouve bien à l’éducation. La question « est-ce que, depuis que tu es au ministère, tu as une bonne expérience ? », est une question que je n’aurais pas aimé que tu me poses parce que, très franchement, j’ai l’impression que ça avance dans le bon sens et qu’on peut faire des choses intéressantes.
Fabien Paquereau : Alexis, je te remercie de la part que tu as apportée sur toutes les applications pour l’éducation, tous les communs numériques. On voit très bien qu’il y a eu un levier, qu’on est passé à un autre stade. Dans les Pays de la Loire, on a un ENT [Environnement Numérique de Travail], un commun numérique qui est en train de se créer avec la Bretagne.
Plein de choses ne vont pas dans le bon sens, mais il y a quand même des choses qui vont dans le bon sens en ce moment et il faut le noter. Pour ma part, je trouve que cela en fait partie.
Alexis Kauffmann : Une dernière chose, Fabien, si je puis me permettre. Derrière les communs numériques, derrière aussi le choix de Linux, il va y avoir de l’entraide, il va y avoir de la résilience entre les collègues et c’est vraiment extrêmement important parce que, aujourd’hui, être enseignant c’est difficile. La relation de confiance entre le terrain et l’institution est ce qu’elle est, je ne m’étends pas, n’empêche que faire commun ou utiliser Linux c’est nécessairement aller à la rencontre des autres pour essayer d’adapter, pour comprendre, pour mieux se former. Ces questions du lien et de la résilience sont donc vraiment très importantes dans un moment où l’Éducation nationale publique est, comment le dire de manière politiquement correcte, en tout cas est challengée.
Fabien Paquereau : Tout à fait, je n’aurais pas mieux dit. En tout cas, c’est une vraie porte qui s’ouvre vers plus de communs et de liens pour l’éducation.
Romain, un petit mot ?
Romain Silvasi : Je sais pas trop comment conclure après vous deux, c’est compliqué, vous me posez une grosse colle.
Peut-être « gardez votre esprit curieux, même pour l’informatique ».
On se met des freins souvent parce qu’on ne connaît pas. Notamment en informatique, on a beaucoup de peurs, tester, faire des choses parce qu’on va tout casser, parce que c’est trop compliqué, etc., j’entendais beaucoup ça quand j’étais prof. Il ne faut pas avoir peur de tester. Il faut se renseigner. Dans la communauté du Libre et du partage du commun, les gens sont plutôt ouverts, on est bien d’accord là-dessus, en général l’entraide est là et c’est facile de tester, d’essayer. Il ne faut pas avoir peur de casser, si on casse ce n’est pas grave, ça se répare, et c’est comme cela qu’on fait des découvertes et qu’on apprend.
Si l’épisode c’est « Profitez de l’été pour passer à Linux », n’ayez pas peur de casser, allez-y, testez !
Fabien Paquereau : C’est quand même beaucoup plus simple que ça l’était et c’est une bonne occasion de retrouver de la liberté.
Merci à tous les deux pour ce dernier épisode. Je suis vraiment content qu’on finisse la saison sur ce sujet qui me tient à cœur. Je trouve que c’est un premier pas vers, je vais employer le mot, une bascule, aller vers autre chose et, en ce moment, ça fait du bien.
Prochaine saison. Dans mon oreillette on me dit que le premier épisode sera certainement avec quelqu’un que tu connais, Alexis, Rémi Lefeuvre, qui va nous parler d’Éléa [Plateforme d’apprentissage en ligne, libre, pérenne et intuitive] et entre autres, pareil, de cette question de partage et de commun avec le réseau des concepteurs, construire des cours ensemble. Donc tout un tas de choses qui vont arriver à la rentrée.
Merci à vous deux. C’est l’occasion de souhaiter un bon été à tout le monde et à bientôt alors pour une prochaine saison.
Romain Silvasi : À bientôt.
Alexis Kauffmann : À très bientôt. Merci.
Fabien Paquereau : Avant de clôturer ce dernier épisode de la saison si, comme nous, vous êtes tenté de passer sur Linux et de profiter de l’été pour tester tout ça, je vous donne rendez-vous sur acoustice.educagri.fr/, menu « Papot’Cast » et vous aurez des liens à côté de ce dernier épisode pour installer des distributions comme Linux Mint, etc. Vous verrez que c’est assez simple et n’hésitez pas à contacter aussi les teams ou autres référents numériques dans l’établissement.
Je vous redis à bientôt. Merci encore à toutes et tous pour cette deuxième saison. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter. Rendez-vous en septembre pour la troisième saison. Bonne été à toutes et tous.