Bonjour à toustes. Merci d’être là.
Je suis venue pour parler d’un jeu de société qui s’appelle Libérer, Délivrer. Sachant qu’on est dans un amphi comme celui-là, on ne va pas pouvoir y jouer même si j’ai apporté le jeu en vrai. Savez-vous ce que c’est ?
Déjà je vais me présenter, décidément j’oublie toujours. Je suis Bookynette, Magali Garnero. Je fais partie de l’April depuis 2007 et j’en suis la présidente depuis novembre 2022. Comme je ne suis pas du tout informaticienne, vu que je suis libraire, je m’amuse à faire des trucs que les informaticiens ne font pas, c’est-à-dire de la promotion, donc, ce coup-ci, des jeux de société.
Pourquoi faire un jeu ?
Pourquoi des jeux de société ? Je participe à un événement qui s’appelle les Geek Faëries. Est-ce que des gens, dans cette salle, connaissent les Geek Faëries ? Ah ! Quand même ! Les Geek Faëries, c’est un festival qui dure trois jours dans une petite ville qui s’appelle Selles-sur-Cher. C’est un festival de l’imaginaire où il y a énormément de joueurs de jeux vidéo, de jeux de société, de jeux grandeur nature et, en plein milieu, il y a un petit village du Libre. Qu’est-ce que vient faire un village du Libre dans un événement comme celui-là ? Je ne sais pas, en tout cas on y est, parce que, au sein de l’organisation, ils partagent nos valeurs, ils sont très libristes. On a donc un village, sauf qu’un village d’informaticiens sur un événement pareil, ça fait un peu tache. Nous avions pris l’habitude de tenir un village tout seuls, en essayant d’alpaguer les gens costumés qui passaient à côté de nous. Nous nous sommes dit qu’on allait essayer de se mettre au diapason, de proposer un truc qui va les attirer. On a donc proposé deux jeux :
un jeu qui s’appelle IA me anything. Comme son nom l’indique, ce sont des questions sur l’IA. Pour ceux qui connaissent le jeu Blanc-manger Coco, c’est ça mais avec l’IA. Pour ceux qui ne connaissent pas, venez me voir sur le stand Framasoft [1], je vous en parlerai. En fait, j’essaye d’attirer les gens sur le stand, vous allez voir, je vais le faire tout le long de la conférence ;
le deuxième jeu c’est Libérer - Délivrer. Ce n’est pas pour vous mettre une chanson pourrie en tête, c’est juste parce que ça parle aux gens. C’est basé sur des escape games. Est-ce qu’il y a des gens qui savent ce que sont les escape games ? Bien ! Les geeks sont joueurs, c’est cool !
Jeu comme Unlock
Moi je joue beaucoup à Unlock. Vous connaissez Unlock ? Unlock, c’est un peu un escape game, mais pour les gens qui vont pas s’enfermer dans une salle et qui jouent avec des cartes. Il y a donc plusieurs sortes de cartes.
J’ai tout fait sous Inkscape [2], je le dis parce qu’on m’a posé la question une fois, Inkscape, logiciel libre vectoriel. C’est donc modifiable par n’importe qui.
Il y a plusieurs sortes de cartes. Je n’ai pas repris les mêmes couleurs que celles de Unlock parce que je ne voulais pas qu’on me fasse un procès, ce qui est un peu bête parce que si on me faisait un procès ça m’aurait fait de la pub et ça aurait fait de la pub au logiciel libre et à l’April, mais bon, financièrement je n’ai pas les moyens en ce moment, donc non !
Les cartes grises sont des cartes d’information. Je vous ai mis l’April, forcément, puisque c’est la première carte que vous aurez dans le jeu.
Les cartes rouges en forme de puzzle et les cartes violettes en forme de puzzle, puisque ces deux pièces de puzzle vont s’emboîter et, quand elles vont s’emboîter, on va pouvoir additionner genre 20 + 26 ? 46, c’est bien.
Les cartes vertes sont des cartes machine.
Mon jeu est vraiment basé là-dessus. C’est un jeu de logique. Comme les vrais escape games ça va être limité dans le temps. Je dis « limité dans le temps », mais franchement, aux Geek Faëries, ça durait 20 minutes ou ça durait deux heures et demie. On s’en foutait, le but c’était de garder les gens sur notre stand et de parler avec eux. Je rappelle que le but du jeu Libérer - Délivrer c’est de faire découvrir les logiciels libres.
Attention Spoil alert !
Attention. À partir de maintenant on va rentrer dans le jeu, vous allez donc découvrir le jeu et après vous pourrez y jouer avec des gens. Comme tout est libre, vous pourrez, vous aussi, l’imprimer, le plastifier et le faire découvrir aux gens qui vous entourent. Si votre but c’est d’y jouer sans découvrir, partez, venez sur le stand, on y jouera ensemble, parce que là je vais vous donner toutes les réponses. Tout le monde reste ? OK !
Comme je n’ai que 25 minutes on va le faire en accéléré, pardon, je n’ai que 20 minutes et 40 secondes, on va vraiment le faire en accéléré. Je vous ai dit qu’il faut 45 minutes en temps normal, on en a 20, soit vous avez les réponses tout de suite, soit, du coup je vous spoile, pardon, je vous divulgâche.
Début – Scénario
Je vais continuer à expliquer les règles en même temps qu’on va jouer.
La carte numéro 0, c’est la carte qui explique en quoi consiste le jeu et qui va vous donner le scénario.
Pas de chance, on est devant des personnes qui ont un téléphone qui est ralenti, sûrement une nouvelle sortie d’Apple ou sûrement… Bref, le téléphone est ralenti, il est un peu vieux. On va essayer de le réparer parce qu’on n’a pas les moyens ou on n’a pas la volonté d’en changer. C’est bien, c’est écologique, au moins on ne va pas imprimer des trucs pour rien.
Sur la carte 0, il y a un petit texte et un petit 1. Pour ceux qui ne connaissent pas les jeux de logique, le petit 1 signifie qu’il faut prendre la carte 1, ça tombe bien, elle a côté, et, sur cette carte 1 vous allez voir d’autres numéros.
À partir du moment où on voit un numéro, il faut aller chercher les cartes.
Là, j’ai un écran avec deux cartes, donc, pour l’instant, logiquement vous êtes censé voir à peu près tous les détails des cartes. Je demande aux gens au fond ? OK. Pour ceux qui font des Unlock, ça ne va pas rester comme ça.
J’ai oublié de dire que sur la carte 1 vous avez le 0 barré, ça veut dire qu’il faudra mettre la carte 0 à la poubelle, c’est un principe pour éviter qu’il y ait trop de cartes sur le deck, pardon, sur la table où vous jouez. Désolée, je ne suis pas du tout anglophone, quand on me connaît on sait que je parle très mal anglais, mais il y a des mots comme ça !
Donc la carte 1 nous disait qu’il fallait récupérer la carte 20, la carte 6, la carte 62, la carte 5.
La carte 20, c’est votre téléphone, ça tombe bien puisque les personnes sont venues jouer pour réparer leur téléphone. La carte 20, comme il y avait sur la carte 1, c’est un vieux téléphone Android qui traîne, peut-être celui d’un parent, d’un conjoint, d’un enfant, on ne sait pas.
La carte 62, c’est une carte April. Je ne vais pas vous la lire. En gros, elle présente l’association qui fait la promotion et la défense du logiciel libre, un peu contre les GAFAM.
Vous piochez également la carte 5 où vous voyez une sorte d’ordinateur avec une image à l’intérieur. Est-ce qu’il y a des gens qui reconnaissent l’image ou le site internet qui est sur cette carte ? L’Agenda du Libre [3], exactement, et sur cette carte Agenda du Libre, il y a de nouveau trois numéros qui vont amener trois cartes. Attention ! Si vous êtes trop loin derrière, n’hésitez pas à vous rapprocher parce que la taille va diminuer au fur et à mesure. Forcément, mon écran ne grandit pas avec le nombre de cartes !
On a donc pioché la carte 9 qui était la carte de la communauté. Vous êtes beaux sur votre carte ! C’est un dessin de Gee [4], Simon Giraudot, qui a fait le Geektionnerd, qui a fait Sales Gosses !, bref, qui est sur le stand à côté de Framasoft, qui est extraordinaire.
Vous avez la carte 54 qui est Framasoft. Vous reconnaissez le site de Framasoft avec un super dessin de David Revoy [5], que je crois voir dans la salle, qui n’utilise pas Inkscape, il utilise Krita [6].
Vous avez une carte 15 avec install partie. Oh mon Dieu, qu’est-ce qu’il y a sur la carte 15 ? Encore des numéros ! Vous êtes prêts ? Bref !
Enfin de l’action
On va enfin avoir de l’action parce que jusqu’à présent on n’avait que des cartes rouges en forme de puzzle et là on a quatre cartes violettes qu’on va pouvoir associer.
La question que l’on pose aux participants à ce moment-là c’est : qu’est-ce qu’il y a sur votre ordinateur qui le ralentit ? Ils vont avoir quatre propositions :
soit ils ont un Windows Phone, ce qui est assez peu probable, mais c’est un moyen de parler de Windows Phone et j’adore parler de Windows ;
soit ils ont un Apple ; aux Geek Faëries, Apple était beaucoup fréquent ;
soit ils ont un téléphone, vraiment un téléphone qui ne fait que téléphoner ;
soit ils ont un Android, c’est génial.
Logiquement, ils n’ont qu’une seule réponse. En tout cas, ils se mettent d’accord pour dire « on a ça », mais parfois c’est amusant, pour nous animateurices, de tester les quatre réponses, on va donc tester les quatre réponses.
Soit ils vous ont répondu Apple, et là vous allez leur dire « c’est dommage pour vous. Apple n’aime pas du tout qu’on mette autre chose que du Apple sur ses téléphones. » Et là, c’est le moment où je peux dire beaucoup de mal d’Apple, de la prison dorée et ainsi de suite. Vous pouvez en faire autant, ça fait plaisir, c’est vraiment très jouissif !
Soit ils ont un Windows Phone, ce qui n’arrive jamais, OK, on est d’accord, mais ça peut aussi permettre de parler de Windows, de Microsoft, de l’arrêt du support de Windows 10, des ordinateurs qui ne sont pas compatibles, mais bon, c’est une autre conférence.
Soit ils ont un vieux téléphone et là vous pouvez les regarder très gentiment en disant « je ne peux rien faire pour toi, merci d’être venu ».
Soit ils ont la bonne réponse, si je puis dire, en tout cas la réponse qui va nous permettre de continuer à jouer, ils ont un Android, ce qui est quand même extrêmement fréquent, et on va dire « maintenant qu’on sait que ton téléphone est un Android, on va pouvoir l’améliorer. » Là, du coup, on retrouve la table avec toutes les informations qui nous restent. On sait ce qu’ils ont comme téléphone et on va se demander « qu’est-ce qu’on fait maintenant ? ». Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Il y a des gens qui ont envie de faire des calculs ? Il y a des gens qui ont envie de nous proposer quelque chose ?
Exactement. On va aller voir la communauté qui est prête à améliorer notre téléphone. On va pouvoir avoir un système d’exploitation libre sur notre téléphone, Youpi ! Sachant que si vous êtes dans un coin et que vous ne savez pas quelle est votre communauté, quels sont les GULL, les associations, n’oubliez pas qu’il y a l’Agenda du Libre, qu’on a vu juste avant, qui peut vous dire quelles sont les organisations dans votre coin. C’est un moment où je passe souvent beaucoup de temps avec les gens pour leur montrer comment ils peuvent aller chercher des informations, comment ils peuvent trouver des événements, comment ils peuvent trouver des gens. Je parle aussi de Aide GNU/Linux [7], où des parrains et marraines GNU/Linux peuvent les aider à changer de distribution sur leur téléphone.
Je rappelle que ce jeu est vraiment là pour faire la promotion du logiciel libre, leur faire découvrir, leur en parler pour qu’ils repartent avec toutes les informations dont ils auront besoin.
La nouvelle carte, puisque 48 et 9 égale 57, tout le monde aura calculé, c’est « et si je rentrais pour bidouiller ! ». On permet aux gens de rentrer chez eux. Donc maintenant, logiquement sur leur table il n’y a que ces cartes-là. Les gens sont rentrés chez eux, donc ils ont chopé la carte 2 qui leur a permis de virer la carte 5, la carte 9, la carte 15, la carte 57 et, bizarrement, on garde la carte 54 qui est Framasoft et on garde la carte 62 qui est April. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Sur cette carte 2, on a encore un numéro, c’est cool, on va pouvoir continuer, c’est le numéro 10 et c’est un numéro vert, c’est donc une machine.
Là c’est le moment le plus, comment dire, vicieux de ce jeu, parce que le la machine va demander de la réflexion. Vous pouvez facilement les laisser patauger pendant cinq à sept minutes, mais on va se le faire en accéléré parce qu’il ne reste que 13 minutes.
Ceci est un engrenage. Qui dit engrenage dit qu’on va faire tourner des roues. Il y a quatre couleurs. Il y a trois numéros qui vont nous donner trois cartes. Ces cartes sont censées nous aider. Il y a des « C » comme chiffre, donc oui, on va chercher des chiffres qui sont sur les roues de l’engrenage. Mais comment va-t-on faire ? Attention, indice, il y a un point noir tout en haut avec une flèche noire, alors que pour les autres roues, la flèche est bleue, la flèche est rouge, la flèche est verte. Il va donc falloir tourner la roue du haut de trois crans. On était sur l’engrenage numéro 13, on va aller sur l’engrenage 0, l’engrenage 1 et l’engrenage 2. Est-ce que je suis claire ? Je ne suis pas claire ! OK. Vous voyez la flèche noire ? Vous voyez le point noir ? Imaginez que la roue jaune tourne pour mettre le point en face de la flèche. Ça va ? Je fais appel à votre imagination, je suis désolée, je ne peux pas faire bouger l’image.
Elle va tourner de trois crans.
Ceux qui sont ingénieurs en mécanique, vont dire « cool ! ». Une roue qui tourne avec une roue, elle va tourner dans le mauvais sens et une roue qui tourne avec une poulie et une autre roue va tourner dans le bon sens. Tout le monde maîtrise cette notion-là ? OK. Du coup, je vous laisse me trouver les numéros suivants. D’accord. Pour ceux qui savent lire, c’est écrit en haut : le « C » jaune sera le 2, le « C » rouge sera le 8 et ainsi de suite, donc vous allez trouver 25, quelle que soit la carte indice que vous allez utiliser. Pour gagner du temps, laissez-les faire les trois calculs, on n’est pas sadique pour rien et ils sont là pour s’amuser, donc laissez continuer. Plus ils feront de tests, plus seront contents d’avoir réussi.
Dans les astuces que j’ai mises, il y a 14 engrenages. Souvent il est marqué 0, 3, 6, 9, 12, donc ils ont tendance à vous dire 0, 3, 6, 9, 12. Pas du tout. Il y a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 et l’astuce que je donne, je dis que ce sont des faits, ce sont des chiffres. Donc s’ils vous sortent « 10, 11, 12, 13, 14 », ils ont faux, vous savez qu’ils sont en train de se planter. Ils ont aussi tendance à ne pas savoir les roues tournent dans le même sens s’il y a des câbles entre elles, laissez-les se planter, il faut que cette énigme-là tienne cinq à sept minutes. Il y en a plusieurs, mais celle-là c’est vraiment la pire, autant commencer par la pire !
Une fois qu’ils ont trouvé le chiffre 25, on leur dit d’enlever la carte 10, donc les engrenages qui les ont fait souffrir disparaissent, par contre, les trois cartes indices restent et là vous allez pouvoir faire la causette en leur proposant de remplacer Twitter par Mastodon [8], de remplacer Chrome par Firefox [9], le Play Store par F-Droid [10]. Ce qui est amusant, c’est que, du coup, vous allez pouvoir parler pendant qu’ils galèrent, ou alors, s’ils n’ont pas galéré du tout, comme c’est arrivé une fois, vous pouvez leur parler avant de passer la carte suivant. S’ils sont encore motivés après l’engrenage, déjà c’est beau, on leur dit d’aller à la carte 3 et la carte 3 sera celle-là, forcément, qui va vous donner la 45 et la 21. Vous avez tous reconnu Wikipédia, une page de Wikipédia. Forcément, quand on parle de logiciel libre, on ne peut pas ne pas parler de Wikipédia. Je suis une très grande utilisatrice de Wikipédia, j’ai envie que tout le monde fasse comme moi. Sauf que là, quand on regarde la table, on se dit qu’on est bloqué parce que le téléphone et Wikipédia, effectivement, si tu fais 20 + 45, il n’y a pas de carte 65. C’est un jeu qui va se jouer sur 99 numéros, mais il n’y a pas 99 cartes.
Dans les jeux d’Unlock, il y a souvent des cartes qui s’appellent pénalités, on perd du temps et ainsi de suite. Je pense que j’ai été suffisamment vicieuse sur les énigmes pour ne pas, en plus, être désagréable en mettant des pénalités. Plutôt que de faire des pénalités, il n’y aura pas de carte, tout simplement.
Donc, comme il n’y pas de carte 65, on se retrouve bloqué. Dans ce cas-là, dans Unlock on a tendance à prendre toutes les cartes, à les rapprocher de soi pour voir si on n’a pas raté quelque chose. J’ai simplifié le truc, je vais juste en grossir une seule. Qu’est-ce que vous voyez ? Vingt-quatre langues. Vous croyez vraiment que 24 langues sur Wikipédia, c’est possible ? Non, effectivement, parce que là faut aller chercher la carte 24. C’est là où, en plus, on va pouvoir continuer à parler de Wikipédia, parler de son côté libre, de la licence, du fait que c’est traduit dans plein de langues, du fait qu’il y a une communauté derrière. Bref, on peut vraiment s’éclater et passer de deux/trois minutes à parler de Wikipédia.
On chope effectivement la carte 24 qui pose une question : c’est quoi les logiciels libres ? Puisque, forcément, on est toujours là pour faire la promotion du logiciel libre. On va prendre la carte 24 qui est un puzzle rouge, on n’a pas vraiment le choix, on est obligé de la prendre, de la mettre avec la carte 45, ce qui va donner le numéro 69.
La carte 69, c’est ce magnifique dessin de l’April, que j’adore, qui s’appelle les quatre libertésT-shirt de l’April, les 4 libertés du logiciel libre]]. C’est le moment où on va pouvoir parler de ces fameuses quatre libertés à ces pauvres personnes qui sont là, croyant s’amuser, donc étudier, utiliser, distribuer, modifier, et elles vont se retrouver à nouveau bloquées, sauf que les quatre libertés, il y a un chiffre, et la carte 4 va arriver. C’est le deck à ce moment-là [beaucoup de cartes, NdT]. Que fait-on ?
On voit bien le rond vert en haut et on se retrouve devant quatre boutons différents. C’est donc une machine, il y a un indice, dizaines et unités, qui commence à vous dire les chiffres 1, 2, 3, 4. Comme ce sont des cartes qu’on a déjà sorties, on ne peut pas les ressortir, c’est fait exprès, il va falloir faire quelque chose. Comme il est marqué « dizaines et unités » logiquement ils vont pouvoir vous dire quatre trucs. Soit ils vont se rendre compte que « Utiliser » et « Distribuer » ne sont pas dans le même sens, ils vont vous dire 14 ou 41, soit ils vont vous dire 32 et 23. Ça tombe bien, ce ne sont que des bonnes réponses. C’est-à-dire que s’ils vous disent 14 et 41, on va avoir tous les boutons dans le même ordre et, dans les deux cas, on va pouvoir passer à la carte 60 ; s’ils vous disent 32 et 23, c’est cool, on va pouvoir parler de VLC Media Player [11] ou on va pouvoir parler de Framalibre [12]. Autant vous dire qu’à ce moment-là le jeu s’arrête parce que le but c’est d’aller sur Framalibre et de voir comment ils vont remplacer les logiciels qu’ils utilisent. Le fait de le faire avec eux leur permet de savoir faire donc, forcément, s’ils savent faire, ils referont.
Mais ce qu’on veut c’est continuer le jeu, donc on va aller à la carte 60. Là, je pense que vous reconnaissez le site aussi même si c’est loin, c’est OpenStreetMap [13]. C’est facile de parler de ce genre de projets dans ce jeu-là parce que ce sont des projets qu’on utilise régulièrement et là on a de nouveau trois cartes qui vont nous faire éliminer la 14 et la 41, comme je le dis, hop, mais pas la 32 et la 23, c’est toujours normal.
Je ne sais pas si les gens du premier rang voient ce qui entouré dans le rond. La A11 et la Nationale 11 qui vont de Paris à, je ne sais plus, Le Mans peut-être, ou alors d’une autre ville jusqu’à La Rochelle [La A11 relie Paris à Nantes et la Nationale 11 relie Niort à La Rochelle, NdT], donc forcément A11, Nationale 11, ça veut dire que la prochaine carte sera 11 et on a le logo d’OpenStreetMap qui ne va pas disparaître.
La carte 11 arrive, on est de nouveau chez soi, sauf qu’un nouveau personnage est arrivé. Les cartes 42, 60 et 61 s’en vont et quatre cartes arrivent.
Voilà le deck, c’est toujours assez visible ? Comme vous voyez on retrouve la carte 32, la carte 23 et la carte numéro 11 au cas où ils ne vous l’auraient pas dit à l’étape d’après, ce serait dommage qu’ils passent à côté d’informations importantes et on a deux nouvelles cartes qui sont Exodus Privacy [14] et uBlock Origin [15]. Si vous voulez des informations sur ce que vous ne connaissez pas, vous pouvez venir me voir au stand, je serai ravie d’en parler avec vous.
Et on se retrouve de nouveau bloqué puisqu’on n’a que des cartes grises où on a rien à faire, pourtant le jeu n’est pas fini puisque logiquement l’animateur a toujours son paquet de cartes, d’accord ce paquet de cartes est de plus en plus petit, mais il en a toujours en main, donc il faut continuer. Est-ce que certains voient comment continuer ?
Si on fait un gros plan, on verra que notre ami a un superbe sigle infini sur sa chemise qui se transforme en 8 et, si on se rapproche, il dit « moi aussi je veux me libérer », c’est cool, on va libérer un copain et on va pouvoir sortir deux nouvelles cartes. Une carte qui, logiquement, va vous faire réagir, parce que ça fait réagir les libristes, donc se passer de WhatsApp pour Signal [16], ou une carte qui va permettre de se passer de YouTube pour PeerTube [17]
Et à la fin, il ne reste que…
Logiquement on se dit que c’est fini, mais il y a encore une carte dans la main de l’animateur et, si vous regardez sous le 8, il y a 93 qui se prend pour des boutons, vous voyez, c’est donc la dernière carte, on dit « bravo ! C’est fini, vous êtes allé au bout, il vous reste trois minutes vingt ». Là, j’ouvre la discussion avec les gens qui participent au jeu pour leur demander ce qui leur a plu, je discute, je papote, et à ce moment-là, sur la table, tout cela est affiché, toutes les cartes qu’on n’a pas enlevées au fur à mesure. Souvent je leur dis « prenez une photo avec votre téléphone – puisque tout le monde a un téléphone maintenant – comme ça, quand vous rentrez chez vous, vous avez toutes les informations. »
Réutilisation
À ce moment-là le jeu s’arrête, ma conférence s’arrête.
Je précise juste que ma conférence et le jeu sont sous triple licence [18] et, si vous avez des questions, j’ai encore deux minutes et demie pour y répondre.
[Applaudissements]
Questions du public et réponses
Je vais le faire sur les stands, si vous n’avez pas de questions, moi j’ai des réponses.
J’ai mis à peu près 150 heures pour faire ça.
Public : Avec combien de migraines ?
Magali Garnero : Je n’ai eu aucune migraine parce que j’adore les jeux de logique, c’est un peu mon côté sadique, c’est un peu ce qui me détend quand je râle sur les politiciens qui font de la merde. J’avais besoin d’un truc, je me suis dit « je me vengerai un jour ». Ça prend beaucoup de temps à faire. Sur les 150 heures, il y a aussi toutes les heures de test avec les gens, avec les copains, avec les membres de l’April, avec les pauvres membres de Framasoft aussi. Ça comprend aussi toutes les modifications qu’on m’a remontées et que j’ai dû mettre sur Inkscape. Je ne suis pas une pro d’Inkscape, je ne savais pas que je pouvais faire des trucs avec des calques, donc, si je recommençais je ferais différemment, mais c’est vraiment sympa. On l’a vraiment testé aux Geek Faëries, nous étions quatre animatrices à le faire. Autant le premier jour on demandait aux gens s’ils voulaient, autant les jours d’après les gens venaient en disant « j’ai entendu parler d’un jeu, j’aimerais bien le découvrir et jouer avec vous ». C’est la première fois que ça nous arrivait sur le village du Libre : des gens venaient nous voir pour nous, pour ce qu’on proposait, que nous n’étions pas obligés d’aller chercher sur les coins de pause.
Public : Bonjour. Est-ce que vous en proposeriez une version que vous vendriez pour éviter d’avoir à plastifier tout seul ?
Magali Garnero : C’est en discussion. Étant commerçante moi-même, en mode plutôt libriste, j’ai tendance à dire « je te propose une version, je te l’offre, tu peux aller la récupérer le site de l’April, tu peux l’améliorer, changer certaines cartes que tu n’aimes pas, faire découvrir d’autres logiciels et ainsi de suite. » On me demande effectivement souvent s’il y a une version réelle qu’on vendrait. Il s’avère qu’il faudrait passer par un éditeur de jeux de société et en ce moment entre « Adieu Windows » [19], Le Lama déchaîné [20]. et bientôt les municipales où on va contacter plus de 90 000 candidats, je n’ai pas le temps, mais, si quelqu’un veut le faire, je serais ravie de voir ce projet prendre vie réellement. Pour l’instant, c’est dans une boîte Office DEPOT, ça tient dans une boîte Office DEPOT, c’est fait exprès. J’ai rencontré certaines associations, certains GULL qui veulent le faire en format A6, il y a même une association qui m’a dit « on va le faire en format A4, vu notre cible, il vaut mieux vaut que ce soit grand. »
Aux personnes qui n’ont pas le courage de poser une question tout de suite, devant les autres, je suis toujours sur le stand soit April, soit Framasoft, et je serai ravie de discuter avec vous. En attendant, je vous remercie.
[Applaudissements]