Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Frédéric Couchet : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Bienvenue dans Libre à vous !. C’est le moment que vous avez choisi pour vous offrir une heure trente d’informations et d’échanges sur les libertés informatiques et également de la musique libre.
Parcours libriste d’Isabella Vanni, ma collègue, qui est coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April, l’occasion d’en savoir plus sur Isabella, ce sera le sujet principal de l’émission du jour. Avec également au programme, en début d’émission, la chronique « Que libérer d’autre que du logiciel », avec Antanak, en présence d’Isabelle Carrère et, en fin d’émission, la chronique de Benjamin Bellamy intitulée « L’antéchrist et les petits hommes verts ».
Soyez les bienvenu·es pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission qui vous raconte les libertés informatiques, proposée par l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.
Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.
Le site web de l’émission c’est libreavous.org, vous pouvez y trouver une page consacrée à l’émission du jour avec tous les liens et références utiles.
Nous sommes mardi 10 février 2026.
Nous diffusons en direct, sur radio Cause Commune mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.
Nous saluons également les personnes qui nous écoutent sur les webradios radio Cigaloun, radio Broussaille, ainsi que sur les radios FM, Radios Libres en Périgord et Radio Quetsch.
À la réalisation de l’émission, mon collègue Étienne Gonnu. Salut Étienne.
Étienne Gonnu : Salut Fred. Bonne émission.
Frédéric Couchet : Merci. Nous vous souhaitons une excellente écoute.
[Jingle]
Chronique « Que libérer d’autre que du logiciel » d’Isabelle Carrère de l’association Antanak
Frédéric Couchet : « Que libérer d’autre que du logiciel », la chronique d’Antanak. Isabelle Carrère et d’autres personnes actives de l’association Antanak se proposent de partager des situations très concrètes et/ou des pensées mises en actes et en pratique au sein du collectif : le reconditionnement, la baisse des déchets, l’entraide sur les logiciels libres, l’appropriation du numérique par tous et toutes.
Bonjour Isabelle.
Isabelle Carrère : Bonjour.
Aujourd’hui j’avais envie de vous parler des Assises de l’attention. Je crois avoir annoncé, ici ou là, cet événement qui a lieu tous les deux ans. D’ailleurs, ici à Cause Commune, en 2022, on avait capté les tables rondes et échanges. Du coup, j’ai fait de même cette année, quatre ans plus tard donc le 24 janvier 2026.
De quoi s’agit-il ? C’est amusant car le concept d’attention a d’abord été un sujet plutôt populaire « vas-y, fais attention » et un sujet philosophique avec les pensées et écrits de Saint Augustin par exemple. Et ensuite, ai-je appris, c’est en 1958 qu’un psychologue anglais, Donald Broadbent, a travaillé sa théorie du filtre attentionnel. Autrement dit, on a parfois besoin d’un canal unique pour penser et/ou pour réaliser quelque chose, que, parfois, plusieurs informations ne peuvent pas être traitées à la fois. Mais voilà, le capitalisme étant passé par là, on parle depuis plusieurs décennies maintenant d’économie de l’attention – les sciences de gestion, le management, etc. –, la façon dont les professionnels publicitaires, ou autres marchands, ont besoin de capter ou de conserver le plus longtemps possible l’attention des quidams, vus majoritairement, n’est-ce pas, comme des consommateurices avant tout.
On sait que les algorithmes des réseaux antisociaux travaillent à cela et se font aider par les calculs des outils qualifiés à tort, de mon point de vue, d’intelligents, mais qui ont ou sont, en effet parfois, de jolis artifices.
Bref !
Plusieurs personnes et collectifs se rassemblent ici ou là, un peu partout dans le monde, pour protester, empêcher, lutter contre les injonctions de plus en plus majeures d’être connectés en permanence, de se mettre un ou des fils à la patte, de toujours, en fond de tâche et quoi qu’on fasse, être joignable, obligé ou attiré à regarder des écrans sur un ordiphone, dans les espaces publics, à son travail, à l’école, pour prendre un billet de train ou un rendez-vous à la préfecture, etc.
Le Collectif Attention est organisateur de ces Assises de l’attention que j’évoquais. Il est composé de 11 associations qui sont toutes indépendantes de l’industrie numérique et cela est important car on sait que plusieurs des GAFAM ou autres puissants, milliardaires ou pas, se gaussent de financer des œuvres et des actions, menées par des associations qui, du coup, ne sont plus vraiment libres de leur dires et de leur faire.
Les 11 associations du collectif Attention sont :
Agir pour l’environnement qui a à peu près, disent-ils, 25 000 adhérents, des associations ou des personnes. Cette association agit comme pression face au politique en mobilisant sur des thématiques diverses dont le numérique et les impacts sur l’environnement.
On a aussi Alerte Écrans qui est orientée sur la sauvegarde de l’enfance libre, scolairement indépendante du numérique dans ses apprentissages.
Il y a le CoSE, Collectif contre la Surexposition aux écrans, de même que Alerte Écrans, Éducation Numérique Raisonnée, Enfance – Télé : Danger ?, Grandir sans smartphone, Présent simple, toutes les six sont constituées de parents mais aussi de pédiatres, de psychologues, de psychomotriciens/psychomotriciennes qui luttent contre la présence incessante d’écrans devant les yeux des enfants et jeunes, au primaire, en collège ou au lycée.
Pas à Pas l’Enfant, une autre des associations membre de ce collectif Attention, fait de même à propos des tout-petits, en PMI [Protection maternelle et infantile], en maternelle ou en crèche. Eh oui, les écrans sont rentrés là aussi !
HOP, Halte à l’Obsolescence Programmée, qu’on ne présente plus ici, n’est-ce pas, fédère les citoyens et citoyennes pour engager les décideurs publics et privés afin d’aller vers des produits durables et réparables. Elle agit par la sensibilisation des citoyens et citoyennes aux enjeux de l’allongement de la durée de vie et propose des solutions.
Les deux dernières associations qui font partie de ce collectif sont Priartem, une des premières ONG créées sur la problématique ondes/santé/environnement, qui se bat par rapport aux risques liés à l’exposition aux ondes électromagnétiques. Et enfin Lève les yeux !, une association dont Antanak est membre, qui a constaté, comme nous, que la société était de plus en plus dépendante des écrans, ce qui entraîne de graves effets sur la santé, l’éducation, mais aussi sur le lien humain, l’environnement, les droits et la démocratie. Du coup Lève les yeux ! promet, non, promeut, pas promet, elle aimerait bien promettre, mais elle n’en a pas le pouvoir ! Elle promeut la déconnexion pour mieux préserver l’attention humaine qu’on peut imaginer comme une ressource, certes, mais rare et précieuse.
Pendant ces assises, il y a eu plusieurs tables rondes.
Dans l’une d’entre elles, il est débattu de points de vue différents, par exemple : est-ce qu’on peut réguler et imaginer des villes sobres ? Des intervenants et intervenantes se sont dit « tiens, on pourrait peut-être profiter des élections municipales pour demander à chacun et chacune des candidats et candidates des positions plus tranchées et peut-être plus conformes à ce que tout le monde s’accorde à décrire comme vraiment pas supportable quant au numérique et son incidence sur nos vies, les ressources de la planète, le vivant, etc. » Donc, est-ce qu’on continue les écrans à l’école, puisque les villes peuvent faire des choses, pas sur le collège et sur le lycée, mais sur le primaire ? Ou bien est-ce qu’on continue avec la métropolisation et une bétonisation de plus en plus grande pour avoir à nouveau, encore et encore, des datacenters, etc., et qu’on soit comme des agents involontaires des rendements des industries numériques ?
Dans une autre table ronde il est débattu justement de cette question des stratégies d’influence des industries numériques, notamment, alors que ce sont quand même des fonds publics qui sont en jeu tout le temps, de la façon dont ça se passe de ce côté-là et comment des manipulations sont opérées par ceux qui ont besoin qu’on continue à regarder ailleurs pendant qu’ils engrangent des bénéfices de tous ordres ; c’est la stratégie de ces marchands de doute, j’aime bien la formule.
Vous pouvez écouter toutes ces tables rondes, sur lesquelles on a fait cette captation, sur les podcasts de la radio Cause Commune et sur le Web, vous allez les trouver très facilement.
Du coup, personnellement à Antanak, nous sommes vraiment tous en train de dire qu’on a maintenant les savoirs sur les incidences du numérique à tout crin, on a des enquêtes, on a des études et pourtant, tout continue comme si de rien n’était. Les institutions politiques traitent comme vérité des discours sur les « bonnes » utilisations de l’IAG et des technologies numériques, partout, dans les vies de tout le monde. Du coup, on se dit que c’est peut-être vraiment le moment de se reposer des questions un peu plus fondamentales sur ce qu’on veut comme société, demain matin, et qu’est-ce qu’on prépare pour les jeunes, les enfants et les moins petits.
Plusieurs questions ont été posées à l’issue des tables rondes et je ne peux que vous recommander d’écouter ces échanges. Il y en a même un, assez cocasse, entre une ex-ministre de l’Éducation nationale et des participants à propos du Plan numérique à l’école qui a été lancé en 2015. Qui était ministre de l’Éducation nationale en 2015 ? Vous vous souvenez ?
Frédéric Couchet : Najat Vallaud-Belkacem ?
Isabelle Carrère : Yes. Bravo ! Il y a donc un échange assez comique avec elle dans ces podcasts. Je vous laisse en prendre connaissance. À bientôt.
Frédéric Couchet : Merci Isabelle.
C’était la chronique d’Antanak. Je rappelle qu’Antanak sont nos voisines au 18 rue Bernard Dimey dans le 18e arrondissement et le site est antanak.com, avec un « k ». On se retrouve le mois prochain pour la prochaine chronique.
Isabelle Carrère : Absolument. Avec plaisir.
Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale.
[Virgule musicale]
Frédéric Couchet : Après la pause musicale, nous entendons le Parcours libriste d’Isabella Vanni. En attendant nous allons écouter L.I.T.L, par Radio Déserte. On se retrouve dans trois minutes trente. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.
Pause musicale : L.I.T.L, par Radio Déserte.
Voix off : Cause Commune, 93.1.
Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter L.I.T.L, par Radio Déserte, disponible sous licence libre Creative Commons, Partage dans les mêmes conditions, CC By SA 3.0.
[Jingle]
Frédéric Couchet : On va passer au sujet suivant.
[Virgule musicale]
Parcours libriste d’Isabella Vanni
Frédéric Couchet : Nous allons poursuivre par notre sujet principal, le Parcours libriste de ma collègue Isabella Vanni. Un parcours libriste, c’est l’interview d’une seule personne pour parler de son parcours personnel et professionnel, un parcours individuel qui, bien sûr, va être l’occasion de partager messages, suggestions et autres.
Bonjour Isa.
Isabella Vanni : Bonjour Fred.
Frédéric Couchet : N’hésitez pas à participer à notre conversation au 09 72 51 55 46 ou sur le salon web dédié à l’émission, sur le site causecommune.fm, bouton « chat » tout en bas, ou directement sur le site libreavous.org.
Isabella, tu es née en 1977, en Italie.
Isabella Vanni : Merci de le mentionner. Affirmatif.
Frédéric Couchet : Ça permet de poser un peu le cadre, avec l’accent chantant, musical. Tu travailles à l’April depuis septembre 2014 où tu es coordinatrice vie associative et responsable projets. Nous parlerons de toute de la partie libriste après la pause musicale. Dans une première partie, nous allons passer un petit peu en revue ton parcours. Quand je t’ai proposé de faire ce parcours libriste, tu n’étais pas forcément partante, tu hésitais et, finalement, tu as accepté. En première question, j’avais envie de te demander pourquoi as-tu accepté ?
Isabella Vanni : La réponse pas sérieuse « parce que je n’avais pas le choix ! ». La réponse sérieuse c’est parce qu’on cherche à avoir plus de diversité à l’April, dans les communautés libristes. On a mis en place plein d’actions à ce sujet et ça me paraît normal, ça me paraît important que les femmes libristes fassent entendre leur voix pour montrer qu’on existe, pour montrer l’exemple, peut-être pour donner envie à d’autres de participer. Je l’entends dans ce sens-là.
Frédéric Couchet : Nous sommes ravis, en tout cas je suis ravi et toutes les personnes qui nous écoutent seront ravies.
À quelle époque es-tu venue en France ?
Isabella Vanni : En 2011 de façon permanente.
Frédéric Couchet : Bien sûr, tu connaissais ce beau pays, la France, qui n’est pas très loin de ton pays, l’Italie.
Isabella Vanni : C’est facile.
Frédéric Couchet : Dans un premier temps, on va parler de la période italienne, notamment de ta découverte de l’informatique. Quand as-tu découvert l’informatique ? À quel moment ? Dans quel contexte ?
Isabella Vanni : Je m’en souviens très bien. Mon père m’a acheté un ordinateur quand j’avais 14 ou 15 ans, un ordinateur, hélas à l’époque, sous Windows. Je pense que j’étais l’une des rares filles de ma classe à avoir un ordinateur, je l’utilisais surtout pour jouer. J’ai aussi essayé de bricoler quelques fichiers texte, des choses comme ça. C’est vraiment comme cela que j’ai découvert et même à l’école, au lycée, je pense que la première fois qu’on a fait quelque chose autour de l’informatique, c’était assez tard, avec la prof de maths et physique qui nous faisait faire de simples programmes, des mini-programmes en C. Je voulais profiter de cette émission pour remercier mon père.
Frédéric Couchet : Ton père est informaticien ?
Isabella Vanni : Non, pas du tout. Maintenant il est à la retraite, il était comptable et il est très curieux de tout. Il a eu la chance de programmer un IBM à l’ancienne, avec les fiches perforées, etc., dans le cadre professionnel. Je n’ai pas les détails, mais je me souviens qu’il trouvait incroyable de pouvoir faire ça, de profiter des machines, de les programmer et tout. Il tenait absolument à ce que sa fille puisse s’approcher de l’informatique le plus tôt possible pour qu’elle soit à l’aise par la suite parce qu’il avait compris que ça aurait été un peu central.
Frédéric Couchet : Tu n’avais pas de frère et sœur ?
Isabella Vanni : Non.
Frédéric Couchet : Par rapport à l’utilisation de l’ordinateur. Quand il y a plusieurs enfants dans les familles, c’est souvent, malheureusement, historiquement dans cette génération-là, le garçon qui a l’ordinateur.
Isabella Vanni : Peut-être que ça aurait été comme ça. Qui sait ? En tout cas, j’ai bien monopolisé l’ordinateur de la famille, c’est sûr. Et puis je me souviens que quand j’étais au lycée j’aimais énormément les jeux vidéo, les click and point. Dans ces jeux vidéo il y a une histoire, on suit un personnage, on lui fait faire des actions pour avancer dans l’histoire. Ce sont plutôt des jeux d’aventure mais aussi de logique, il y a des actions, des plateformes, ça va dans tous les sens.
Frédéric Couchet : Si je peux me permettre le gamer de la bande, Étienne, qui est à la régie dit que c’est Point’n Click, c’est l’inverse.
Isabella Vanni : Et moi je dis click and point ! Merci Étienne.
Frédéric Couchet : J’en profite pour poser la question : est-ce qu’un nom de jeu te revient en tête auquel tu jouais à l’époque ?
Isabella Vanni : Zak McKracken and the Alien Mindbenders.
Frédéric Couchet : Je ne connais pas du tout.
Isabella Vanni : Ces trucs-là c’est du Point’n Click, c’est pour cela que j’ai été super contente quand Gee a fait le jeu Superflu Riteurnz.
Frédéric Couchet : Gee, un des chroniqueurs de Libre à vous ! et, à côté de ça, qui est développeur, dessinateur.
Isabella Vanni : Auteur, dessinateur, créateur, auteur de jeux vidéo, la liste est longue.
C’était génial, c’était une façon, pour moi, d’interagir de façon ludique avec les copains, surtout des garçons de ma classe. Parfois on n’arrivait pas à avancer, on s’appelait, on se donnait des astuces, ce qu’on pouvait faire, etc. J’ai un souvenir lié à ces choses-là.
Frédéric Couchet : D’accord. Donc l’ordinateur pour jouer ; 1997, vers ta vingtaine, c’est la démocratisation d’Internet, je sais pas si, en Italie, c’est à la même période, je suppose que c’est à peu près à la même période, donc la découverte du Web. Est-ce que le Web a été quelque chose d’excitant pour toi ? Est-ce que tu l’as utilisé ? Qu’est-ce que tu en as fait ?
Isabella Vanni : C’était l’e-mail, le courriel si on veut utiliser le mot français. Je trouvais super de pouvoir contacter les autres si facilement. Je ne me posais pas de questions, je ne me questionnais pas sur Internet à l’époque, je ne voyais que les aspects positifs. Je me souviens qu’au bout d’un moment j’ai commencé à devenir un peu dépendante, c’est-à-dire que si je ne voyais pas de courriels, de messages arriver, je commençais à être un petit peu anxieuse, c’est la dépendance qui se crée. J’avais plein de correspondants et de correspondantes dans tous les sens et j’avais juste ça comme questionnement : comment se fait-il que je sois si mal à l’aise, dans l’inconfort, si rien n’arrive ? Sinon, à l’époque je ne me posais pas trop de questions.
Frédéric Couchet : À l’époque, en France, il y avait beaucoup de pages personnelles, il y avait des sites. On pouvait créer gratuitement des pages personnelles via les fournisseurs d’accès ou autres sites. Est-ce qu’il y avait la même chose en Italie et, si oui, est-ce que tu as créé une page personnelle ou un blog et sur quel sujet ?
Isabella Vanni : Il y avait des blogs. Je n’ai pas créé de blog. J’en lisais, j’étais curieuse, je naviguais, c’était très primaire comme mise en page, ça ne ressemblait pas du tout aux blogs qu’on peut voir aujourd’hui. Mais, non, il ne m’est pas venu à l’esprit de faire une page personnelle.
Frédéric Couchet : Donc tu es au lycée, tu finis tes études secondaires. Est-ce que tu sais déjà ce que tu veux faire ?
Isabella Vanni : Pas du tout !
Frédéric Couchet : Pas du tout ! Alors comment arrives-tu à faire des études de sciences politiques ?
Isabella Vanni : Déjà, il faut préciser que sciences politiques en Italie ce n’est pas du tout sciences politiques en France. En France, tout de suite on pense prestigieux, faire de la politique et tout.
Frédéric Couchet : On pense Sciences Po, ENA.
Isabella Vanni : Exactement Je ne veux pas dire qu’en Italie sciences politiques est beaucoup plus simple, tout est simple et tout est compliqué, ça dépend de la façon dont on fait face aux choses. Pour moi, c’était une occasion de continuer à approfondir ma culture générale, on avait la possibilité d’étudier un peu tout : histoire, statistiques, économie, droit. Ça répondait à la fois à mon besoin de toucher à tout, parce que c’est un peu ma façon d’être, ne pas forcément chercher une spécialisation et, à la fois, en y repensant, c’était aussi une façon de ne pas choisir, c’est-à-dire de procrastiner le moment du choix professionnel.
Frédéric Couchet : Ce genre d’études, que tu as faites, amenait vers quels métiers, à priori ? C’est large ?
Isabella Vanni : Justement, ça peut ouvrir énormément de portes, tellement c’est vaste et généraliste, ça peut être le journalisme, ça peut être l’enseignement, ça peut être aussi une carrière politique, bien sûr, travailler dans des ONG, dans des associations aussi. Ça peut être très vaste.
Frédéric Couchet : On va revenir sur les ONG. Dans le cadre de ta formation, sur quels sujets as-tu notamment travaillé ?
Isabella Vanni : À la fin des quatre premières années, j’ai fait un mémoire sur un écrivain, Georges Sand, sur la pensée politique de cette écrivaine, plutôt écrivaine, ou autrice, en français, c’est encore plus simple, donc sur la pensée politique de cette autrice, qui était intéressante. Elle avait des idées socialistes. Au moment du gouvernement républicain, en 1848, elle a beaucoup contribué, c’est un personnage qui est aussi très intéressant pour sa vie, sa biographie. Elle est un peu décevante parce que, malheureusement, c’est une femme qui s’affirme parce qu’elle arrive à obtenir son indépendance grâce à son travail, elle a cette facilité d’écriture qui lui permet d’écrire énormément d’œuvres, de pouvoir gagner sa vie donc de pouvoir se séparer de son mari, de s’émanciper, etc. Mais, en même temps, quand des groupes féministes de l’époque lui demandent de l’aide, du soutien pour militer pour le droit de vote des femmes, elle refuse. Elle dit que les femmes doivent déjà apprendre à gagner leur vie. Ça montre qu’on peut admirer des femmes fortes, des personnalités, mais ça ne veut pas dire qu’elles sont forcément féministes, ça ne veut pas forcément dire qu’elles pensent aux autres femmes et, malheureusement, c’est une sorte de misogynie intériorisée dont elle n’avait probablement pas conscience.
Frédéric Couchet : Ta thèse de doctorat c’est sur Léon Blum.
Isabella Vanni : Toujours sur l’histoire de la pensée politique.
Frédéric Couchet : C’est toujours un peu orienté ! Léon Blum !
Isabella Vanni : Oui, on est plus ou moins dans la même sphère, on va dire. Le titre de la thèse c’était « L’épanouissement de l’individu dans le socialisme de Léon Blum », ça remonte à il y a 20 ans, je ne me souviens pas exactement de tout ce que j’avais écrit. Ce qui m’avait marqué c’est que, quand il était jeune, il disait qu’on devait s’autoriser à prendre des chemins de traverse, et là je fais une citation qui est le titre de ton émission [Chemins de traverse], mais c’est vraiment le cas. Au départ il était critique d’art, il était passionné de théâtre, de littérature, c’étaient ses passions initiales et puis le cours de l’histoire a fait qu’il est devenu une figure politique de premier plan au Parti socialiste. Quand il adhère au Parti socialiste, il change un peu d’avis et son énorme confiance dans l’État lui fait dire que non, ce serait bien, dès tout petit, de commencer à s’orienter vers un métier, à la limite être aidé à choisir un peu et ce n’est pas du tout ce qu’il disait au départ. C’est un peu décevant. Par contre, il a écrit une œuvre très intéressante qui s’appelle Du mariage, dans laquelle il dit que les femmes doivent avoir le droit d’expérimenter des relations amoureuses, sexuelles, avant le mariage, tout comme les hommes, et il s’est fait insulter, démonter même du côté de son bord politique pour cette œuvre. Il avait quand même des aspects assez intéressants à creuser.
Frédéric Couchet : OK. Tu as parlé juste avant des ONG. Tu as dit tout à l’heure que ces formations peuvent ouvrir plusieurs pistes de travail et puis, finalement, tu vas très rapidement, en Italie, travailler pour des ONG, notamment, j’ai vu dans ton CV, Oxfam [Oxford Committee for Famine Relief]. Qu’est-ce qui t’a amenée à t’orienter tout de suite vers des ONG, notamment Oxfam ?
Isabella Vanni : J’ai d’abord fait une formation coopération internationale. Une formation qui m’a permis ensuite d’avoir un stage dans une association qui, à l’époque, s’appelait UCODEP [Unità e Cooperazione per lo Sviluppo dei Popoli], qui, en fait, avait été contactée par Oxfam pour devenir Oxfam Italia, une annexe. C’est comme cela que ça fonctionne chez Oxfam, c’est-à-dire qu’au lieu de faire des spores, elle préfère fédérer des associations qui existent déjà, qui ont donc déjà une expérience sur le terrain et ça c’était très intéressant. Tout simplement, au cours de ma formation, j’avais eu plusieurs enseignants et enseignantes qui venaient de UCODEP puis Oxfam Italie et qui m’avaient beaucoup frappée par leur engagement. Je me souviens notamment d’une personne qui coordonnait une équipe sur le terrain et qui disait « je serais heureux de pouvoir partir de ce pays, parce que ça voudra dire qu’ils n’ont plus besoin de nous. » Je suis rentrée tout de suite en phase avec ces personnes, j’ai postulé pour un stage en communication et c’est comme cela que j’ai fait ma première expérience dans une ONG.
Frédéric Couchet : Donc ça c’est en Italie et la deuxième va être en France.
Isabella Vanni : Oui.
Frédéric Couchet : Pourquoi, tout d’un coup, tu te dis « je vais rejoindre ce beau pays qu’est la France » ?
Isabella Vanni : Il se trouve que j’ai rejoint mon compagnon qui est Français. Il y avait donc une raison personnelle, mais je pense que je serais quand même partie d’Italie, je sais pas si je serais venue en France, ou ailleurs. Je me pose les questions et j’y réponds ! Il faut déjà dire les choses clairement, partir de l’Italie pour la France, quand en plus on connaît déjà le français, ce n’est pas non plus…
Frédéric Couchet : Tu parlais déjà français à l’époque.
Isabella Vanni : Oui, un français plus littéraire, on va dire, puis on arrive à Paris et on apprend que les mots les plus communs ne sont pas utilisés, on ne dit pas « voiture », on ne dit pas « chaussures », on utilise d’autres mots, il faut donc un temps d’adaptation.
Je pense que je serais partie pour me mettre dans un petit inconfort. Pour moi, de l’Italie à la France, ce n’est pas un grand inconfort ! Je connais des personnes qui sont allées bien plus loin et dans des contextes culturels beaucoup plus différents, alors que France-Italie c’est assez proche culturellement. Je savais, au fond de moi, que me mettre dans un petit inconfort m’aurait permis de faire ressortir je ne dis pas le mieux de moi, mais ça m’aurait permis de m’outiller, de me mettre davantage en action.
Frédéric Couchet : Tu avais besoin d’un nouveau challenge.
Isabella Vanni : D’un petit inconfort, pas trop parce que sinon on déprime.
Frédéric Couchet : Peut-être as-tu aussi besoin de nouveauté ?
Isabella Vanni : Oui, sans doute. Ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai amélioré mon français, même si l’accent reste un petit peu !
Frédéric Couchet : C’est un grand plaisir, même si parfois, à table, on se vanne.
Isabella Vanni : Ça dépend de la fatigue.
Frédéric Couchet : On se vanne sur les accents respectifs, parce que, en France, il y a aussi beaucoup d’accents.
Donc tu rejoins la France, on comprend pourquoi, il y a effectivement deux raisons : créer un petit inconfort et puis rejoindre ton compagnon qui est Français et tu te retrouves à Action contre la Faim, une ONG. Peux-tu expliquer ce qu’est Action contre la Faim et pourquoi avoir candidaté et rejoindre Action contre la Faim ?
Isabella Vanni : Je cherchais à rejoindre une ONG, mais mes candidatures ne recevaient pas de réponse ou des réponses négatives. Je n’ai pas perdu espoir, j’ai essayé de garder le moral et, comme je n’arrivais pas à rentrer par la porte, je suis rentrée par la fenêtre. À un moment, j’avais besoin d’avoir des revenus, j’étais en France depuis trois mois et j’étais toujours sans travail. Je ne comprenais pas pourquoi mon profil n’intéressait pas, je l’ai compris par la suite : il y a énormément de candidatures pour ces postes-là, ce sont des jobs qui ont du sens, auxquels énormément de gens postulent. Je me suis inscrite à une agence d’hôtesses et, par hasard, qui avait besoin d’une hôtesse ? Action contre la Faim, alors que j’avais reçu une réponse négative une semaine plus tôt, mais ils avaient besoin d’une hôtesse.
Frédéric Couchet : Tu es quand même rentrée par la porte, les hôtesses ne rentrent pas par la fenêtre !
Isabella Vanni : Pour dire que mon premier contrat a été fait avec une agence d’hôtesses et puis on a commencé à me proposer des missions, des actions qui allaient un peu au-delà des tâches qui m’étaient confiées. Je disais oui parce que je voulais montrer que je pouvais faire plus et voilà, j’ai réussi à me faire embaucher dans le service Partenariats entreprises et collectivités, donc le département de la collecte de fonds.
Frédéric Couchet : Ce qui est essentiel dans les ONG, déjà à l’époque et encore plus aujourd’hui !
Isabella Vanni : Tout à fait. D’ailleurs, à part le fait qu’il y avait une très bonne ambiance dans l’équipe, ce que j’aimais le plus dans mon travail c’est que j’organisais deux fois par an un petit-déjeuner partenaires où on avait la possibilité de présenter aux entreprises des actions sur le terrain. J’aimais beaucoup cet événement, ce projet, parce que ça me permettait justement d’aller voir les collègues qui travaillaient sur les postes plus en lien avec le terrain, de savoir comment ils travaillaient, de connaître plus leurs métiers, leurs actions. C’était une occasion de faire lien avec les autres départements, les autres services.
Frédéric Couchet : Combien étiez-vous à Action contre la Faim dans votre espace, pas globalement ?
Isabella Vanni : Dans notre espace collecte de fonds, je ne sais pas, je dirais une trentaine.
Frédéric Couchet : C’est pour faire la comparaison avec l’association que tu as rejointe après !
Isabella Vanni : Une grosse taille, on était sur les 250 entre salariés, stagiaires, c’était un gros machin.
Frédéric Couchet : C’est pour cela que je posais la question. C’était un gros machin et tu as rejoint un petit machin après ! Ça change beaucoup de choses en termes d’équipe !
Isabella Vanni : Mais ça me convient beaucoup mieux !
Frédéric Couchet : On va en parler après, mais, avant qu’on en parle parce que le temps avance, il va bientôt y avoir la pause musicale. La pause musicale a un lien avec une de tes passions, on va expliquer, on va en parler avant la pause musicale, parce que tu as une expérience dans des groupes de rock en tant que guitariste. Comment es-tu à arrivée à faire ça ?
Isabella Vanni : C’est une bonne question. Étant petite, j’ai étudié le piano.
Frédéric Couchet : Tu l’avais choisi ou ce sont tes parents qui ont décidé ?
Isabella Vanni : Ils m’ont proposé, ça m’a plu. À vrai dire, là encore il faut que je parle de mon père. Quand j’avais sept ans, il m’a offert un petit clavier, tout petit, sur lequel on ne pouvait pas jouer grand-chose, on pouvait surtout faire des petits motifs, mais que j’adorais. Donc, quand on m’a proposé de m’acheter un piano, un instrument plus conséquent, et de prendre des cours, ça m’a paru une idée tout à fait géniale. J’ai donc suivi des cours privés. À l’époque, mon enseignante avait même commencé à parler de passer un examen en tant qu’externe au conservatoire, mais j’étais déjà au lycée à l’époque et il fallait beaucoup trop de travail, je n’étais pas si talentueuse que ça. J’adorais jouer du piano, mais ça demandait vraiment beaucoup de travail, je me rendais compte de mes limites et pour les dépasser il fallait travailler encore plus et, franchement, ce n’était pas jouable avec la quantité à étudier déjà au lycée. Du coup, j’ai pensé que je pouvais continuer avec la guitare parce que c’est plus simple. Plus simple ! On va dire qu’il est possible de jouer des accords très facilement, en une semaine on apprend les accords principaux et on peut déjà s’accompagner sur des chansons.
Frédéric Couchet : Et autour d’un feu de camp, c’est plus simple d’avoir une guitare qu’un piano !
Isabella Vanni : Tout à fait !
Frédéric Couchet : Tu as commencé toute seule à apprendre la guitare en regardant des trucs sur Internet, par exemple, des tutos ?
Isabella Vanni : Non, je n’ai pas suivi des tutos, je me suis mise à faire un truc hyper compliqué. Je pense que la première chose que je me suis obligée à apprendre c’était l’intro de Stairway to Heaven des Led Zeppelin, un truc hyper compliqué, je ne sais pas ce qui m’avait pris, mais, en y repensant c’est très drôle, c’est le défi que je m’étais lancée, bien évidemment c’était beaucoup trop compliqué, surtout qu’à l’époque j’écoutais surtout du rock indépendant anglophone, qui pouvait se jouer, des choses beaucoup plus simples. Et puis j’aimais le fait d’apprendre par moi-même, c’est-à-dire en totale opposition avec la façon scolaire, classique, académique, traditionnelle, avec laquelle on apprend le piano. J’aimais le fait d’appréhender l’instrument de façon complètement anarchique.
Frédéric Couchet : D’accord. Mais il y a quand même un gap entre apprendre la guitare toute seule et le fait de rejoindre un groupe. Quelle a été la motivation ? Le collectif ? Des copains et copines que tu as rencontrées ? Comment ça s’est fait ?
Isabella Vanni : C’est le collectif. Une personne de ma classe m’a dit « vu que tu as commencé l’instrument, c’est un instrument qui se joue normalement dans des groupes, sache que mon frère vient d’être éjecté d’un groupe musical, peut-être que tu peux te proposer ». C’était très sympa de sa part, son frère a été éjecté et il vient me dire que ce groupe cherche une guitariste. Je candidate, la candidature commence par un appel téléphonique avec le bassiste avec lequel je découvre avoir énormément de goûts communs en musique. On commence à parler de tous les groupes qui nous plaisent et puis je fais, entre guillemets, « l’audition » – nous sommes à la radio, vous ne voyez pas les guillemets que je suis en train de faire avec les mains. Pendant l’audition, il me fait d’abord écouter ce qu’ils faisaient et, tout de suite, j’ai adoré parce que ça ne rassemblait à rien de ce que j’avais l’habitude d’écouter. J’ai joué un de mes morceaux, qui a plu, et puis on m’a dit « maintenant on improvise » et là j’ai écarquillé les yeux parce que je n’avais jamais fait ça de ma vie. Je me suis jetée à l’eau, comme on dit, ils étaient contents. Ils étaient contents aussi d’avoir trouvé une fille.
Frédéric Couchet : Les autres n’étaient que des mecs ?
Isabella Vanni : C’étaient deux mecs, le batteur était aussi chanteur. Ils étaient contents d’avoir une fille, parce que, à l’époque, les filles que je connaissais ne jouaient que de la basse, je ne sais pas pourquoi, sinon elles chantaient. Donc fille guitariste qui, en plus, faisait des solos, c’était déjà moins fréquent. C’est le premier groupe, ça a duré environ deux/trois ans. Après, j’ai joué dix ans dans un autre groupe, avec le même bassiste. Si jamais mais mes potes écoutent ou lisent la transcription, je leur dit que c’est une des choses dont je suis le plus fière de ma vie. Nous nous sommes amusés comme des fous, nous faisions la musique que nous aimions. Quand je suis venue en France, que j’ai dû dire adieu à ce groupe, c’est comme si on m’avait coupé un bras, j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre.
Frédéric Couchet : D’accord. C’est donc le groupe dont on va écouter la musique. On parlera de l’aspect licence de musique après, dans la deuxième partie. On va faire une petite pause.
On va écouter par Caldo, par Legru, On se retrouve dans deux minutes quarante. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.
Pause musicale : Caldo, par Legru.
Voix off : Cause Commune, 93.1.
Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Caldo, par Legru, disponible sous licence Art Libre.
[Jingle]
Frédéric Couchet : Nous sommes toujours avec ma collègue Isabella Vanni qui est coordinatrice vie associative et responsable projets à l’April.
Juste avant la pause musicale, nous avons parlé un petit peu de son parcours personnel, de son expérience dans les groupes de rock, notamment dans le groupe Ledru dont on vient d’écouter un petit morceau. J’ai dit qu’il est sous licence libre, on viendra peut-être tout à l’heure, dans le cours de l’émission, à la raison pour laquelle il est sous licence libre.
Là on va aborder, la suite, la deuxième partie, c’est-à-dire la partie plus libriste de ton parcours.
Tout à l’heure, avant la pause, nous en étions en 2014. tu es à Action contre la Faim et de notre côté, à l’April, nous recherchons, nous faisons une offre de poste pour de l’assistance, de la gestion administrative, financière, relation avec les membres, support aux différentes actions, parce que la personne qui occupe le poste s’en va. On fait donc une annonce et tu es parmi les candidates. Pourquoi as-tu candidaté à cette offre de poste à l’April ?
Isabella Vanni : Tout à l’heure, on parlait du fait que j’ai travaillé pour une ONG qui était plutôt grosse, dont la dimension, il faut le dire, permettait justement de faire des actions très importantes, c’était complètement justifié, mais j’avais envie de trouver une dimension où on soit plus proche des décisions, où ce soit plus simple de faire sentir sa voix.
Frédéric Couchet : Ce qui n’est pas forcément le cas des petites structures, parfois, il peut y avoir…
Isabella Vanni : J’avais ce sentiment. Quand je suis allée éplucher le site de l’April, qui était riche en informations, comme il l’est toujours.
Frédéric Couchet : Est-ce qu’il était beau ? Est-ce qu’il était fonctionnel ?
Isabella Vanni : Quand on cherche un travail et qu’on a toutes ces informations sur l’association, la structure pour laquelle on postule, je dois dire que c’est formidable.
Frédéric Couchet : Je peux préciser aussi que quand on fait des offres de poste, qu’on fait du recrutement, qu’on reçoit des candidatures, c’est agréable de voir des candidatures ciblées. Je me souviens très bien de la tienne, je m’en souviens d’autant plus que je l’ai relue avant l’émission, elle était particulièrement ciblée ce qui n’est pas toujours le cas. Parfois les gens ne vont même pas regarder ce que fait la structure, parfois ils parlent d’une entreprise alors que nous sommes une association. Ta candidature était particulièrement ciblée, ce qui explique qu’on t’a prise en entretien. Malgré le fait qu’on soit une petite structure, il y a plusieurs entretiens à l’April au moment de la procédure de recrutement.
Isabella Vanni : C’est très sérieux !
Frédéric Couchet : C’est très sérieux. Est-ce que tu connaissais le logiciel libre et les libertés informatiques à l’époque ?
Isabella Vanni : Tellement vaguement que je préfère dire non. J’avais des informations tellement vagues que je n’étais pas en mesure d’en parler, de l’expliquer à d’autres personnes, je préfère dire non pour cette raison. Mais bien évidemment, comme la plupart des gens aujourd’hui, j’utilisais des logiciels libres sans le savoir, sans en avoir conscience, un exemple classique c’est le navigateur Mozilla Firefox. Je le dis en toute sincérité, j’ai appris tout ce que je sais sur le logiciel libre, et très rapidement, grâce à mon travail à l’April.
Frédéric Couchet : As-tu eu une petite crainte, au début, au sujet des nouveaux outils que tu allais devoir utiliser ? Autant Firefox, bon, c’est un navigateur, mais les outils de collaboration ou autres, les outils de mail par exemple ?
Isabella Vanni : Non, je n’avais pas d’appréhension particulière, d’ailleurs je crois que j’avais mis que j’étais à l’aise avec l’informatique. Je pense que j’ai eu cette aisance dès toute jeune : apprendre en faisant, c’est la chose la plus naturelle qui soit, on apprend comme ça, ça ne me faisait pas plus peur que ça. Par contre, c’était intéressant de voir comment on travaille. À l’April, la plupart des choses se fait en mode collectif, par exemple la rédaction d’un texte : on se met sur un pad, un bloc-notes en ligne afin que tout le monde puisse lire, modifier, commenter, amender, etc. C’était une nouveauté. C’était une nouveauté de se parler avec une messagerie instantanée tout en étant dans la même pièce, à un mètre de distance.
Frédéric Couchet : Il faut peut-être expliquer pourquoi, parce que, dit comme ça, ça peut paraître bizarre.
Isabella Vanni : Ça permet de choisir à quel moment traiter le message. Je suis peut-être en train de me concentrer sur une tâche, même si c’est une messagerie instantanée, je peux me permettre de décaler de quelques minutes la réponse. Ça permet de respecter les autres, de respecter leur façon de s’organiser, de fonctionner.
Frédéric Couchet : Il y a une deuxième raison : on travaille avec des bénévoles qui sont aussi connectés sur le système.
Isabella Vanni : Tout à fait. Ce qui me faisait rire, c’est la façon de se parler entre collègues. Mais bien évidemment, comme on travaille aussi avec des bénévoles, des soutiens qui sont à distance, ça permet effectivement d’être en lien avec tout le monde en même temps, même à distance. C’est assez formidable et c’était une grosse nouveauté pour moi.
Une autre nouveauté, peut-être plus connue des gens, c’est le fait d’utiliser un gestionnaire de tickets, ce qu’on appelle des tâches, pour signaler des anomalies ou pour faire des demandes par exemple aux bénévoles admin-sys, pour gérer un projet. Cela était aussi une façon nouvelle de travailler et, plus généralement, la méthode agile, que les admins, surtout, utilisent, que j’ai trouvée aussi très intéressante dans ma façon de m’organiser. C’est-à-dire avoir en tête les tâches sprint, les tâches qui doivent être faites rapidement, par exemple dans la semaine, et puis les tâches de fond, en background, qu’on peut passer en revue régulièrement pour voir si on peut les mettre dans le sprint. Cette méthode est intéressante surtout parce qu’elle permet de se délester le cerveau, c’est-à-dire qu’il y a tellement de choses à faire que c’est bien de pouvoir caser chaque tâche quelque part, donc de se délester, de la poser, ce qui me permet déjà de moins stresser vu qu’il y a tellement de choses à faire, et ça me permet justement de la reprendre en main au moment voulu ou alors de dire « non, celle-là on ne la fera pas ou peut-être un jour. » C’est une méthode d’organisation du travail qui me convient très bien.
Frédéric Couchet : Très bien. Est-ce que tu peux faire une présentation rapide de tes différentes missions, de tes tâches aujourd’hui ? Coordinatrice vie associative responsable projets c’est effectivement très large, l’April fait beaucoup de choses. Rapidement un petit tour d’horizon de ce que tu fais, en tout cas de ce qui paraît le plus important.
Isabella Vanni : On commence par la radio. Je participe à l’émission de radio Libre à vous ! de l’April en tant qu’animatrice, personne qui prépare les émissions aussi d’un point de vue communication, je peux être amenée à faire la régie, même si on a une super équipe de bénévoles pour cela.
Je m’occupe de l’organisation de la participation de l’association aux différents événements auxquels on participe chaque année, que ce soit avec un stand ou juste avec des interventions.
Je coordonne l’initiative Libre en Fête, qui va bientôt commencer, pour laquelle nous mobilisons les associations, les structures locales de promotion du logiciel libre partout en France, nous les invitons à proposer des événements de découverte. C’est une action de sensibilisation notamment vers le grand public.
Je mobilise aussi ces mêmes organisations à d’autres occasions qui ne sont pas forcément coordonnées par l’April, comme la Fête des Possibles, qui est plutôt en septembre, qui est coordonnée par le Collectif pour une Transition Citoyenne.
Je peux être moi-même amenée à intervenir pour l’April, d’ailleurs, au début, ça a été un beau défi.
Frédéric Couchet : Quand tu étais à Action contre la Faim, est-ce que tu faisais des interventions au-delà du fait d’aller voir des gens pour la partie financements ?
Isabella Vanni : Non. Pour l’April, je suis très à l’aise sur les stands, je n’ai pas de soucis à parler avec les gens, voire à aller les chercher, leur dire « bonjour, connaissez-vous l’April ? », entamer une conversation, je suis très à l’aise avec ça. Parler à un public plus grand, c’est quand même une autre échelle.
Je m’occupe aussi de la production de documents de sensibilisation en lien avec le groupe Sensibilisation. La dernière chose que j’ai produite, le dernier projet que j’ai suivi, que j’ai coordonné, ce sont notamment les marque-pages qui illustrent nos actions. J’en profite pour faire un coucou à Antoine Bardelli, notre graphiste bénévole, qui s’est occupé de la partie graphique.
Frédéric Couchet : Le recrutement de bénévoles aussi pour des projets réguliers, parfois des gens partent, arrêtent, et on a de nouveaux projets. Par exemple, on a maintenant une belle galerie photo de nos événements et, derrière, il y a trois ou quatre bénévoles qui s’occupent des photos. Ce sont des gens que tu as amenés à l’April.
Isabella Vanni : Tout à fait. Il faut les trouver avec des annonces. Je profite aussi des stands pour trouver des personnes, Julien, de l’équipe podcast, c’était à Toulouse. Toute occasion est bonne et surtout, c’est en continu parce que la personne bénévole peut être disponible à un certain moment de sa vie, ne plus l’être après, il faut être prête à remettre en mouvement la machine de recrutement. Récemment, justement, je me suis occupée du recrutement pour étoffer un petit peu l’équipe podcast. J’en profite pour dire qu’on va essayer d’étoffer aussi l’équipe régie et l’équipe photos. Vous verrez passer des annonces, n’hésitez pas à postuler. Comme tu vois, je profite de chaque occasion !
Frédéric Couchet : Tu as tout à fait raison. Toutes les références concernant les sujets dont on a parlé à présent et dont on va parler d’ici la fin de l’émission sont sur la page de l’émission, sur libreavous.org/268, parce que c’est la 268e émission, ou dans les notes de l’épisode si vous nous écoutez en podcast.
Avant de faire un petit point, l’énonciation des quatre libertés versus ne pas énoncer les quatre libertés, on va rester un peu sur ce que tu fais parce qu’il y a eu beaucoup d’évolutions dans ton poste. C’est un poste dans lequel tu as de plus en plus de responsabilités et d’autonomie. C’est aussi ce qui nous a paru très intéressant dans ta candidature à l’époque, je crois me souvenir que nous nous sommes dit « elle va nous bouger, ça va nous faire du bien », donc depuis 12 ans elle nous bouge, ça fait du bien et ce n’est pas fini, on en parlera à la fin.
Tu as quelques expériences récentes dont tu voulais parler, notamment l’intervention avec la présidente de l’April, Bookynette, à MiXiT ? Rappelle ce qu’est MiXiT et pourquoi voulais-tu parler particulièrement de cette intervention ?
Isabella Vanni : MiXiT est une conférence sur l’éthique dans la tech qui a lieu chaque année à Lyon en avril/mai, ça dépend des années, au printemps, à Lyon, ce sont deux journées où on ne parle pas que de technique, on essaye aussi d’introduire d’autres thématiques, par exemple comment on travaille en équipe, l’éthique dans les métiers de l’informatique, il y a même une thématique alien, des sujets autres, d’ailleurs c’est intéressant de préciser que toutes les plénières sont aliens. C’est vraiment une invitation aux personnes.
Frédéric Couchet : Elles ne sont pas techniques, elles sont autour, ça peut être social, politique, c’est très varié.
Isabella Vanni : On a eu droit à tout : un scientifique, un graphiste est venu. C’est vraiment très large, ce qui fait qu’on peut apprécier même si on est pas informaticien ou informaticienne. Avec la présidente, Bookynette, nous avons proposé une conférence, une présentation concernant les actions qu’on a mises en place à l’April, notamment dans l’émission Libre à vous ! pour valoriser les femmes, mettre en avant les femmes. Comme on le disait tout à l’heure, on a mis plusieurs actions en place, depuis un moment déjà, pour avoir plus de diversité à l’April. C’était assez excitant de pouvoir en parler dans une conférence qui est reconnue pour ses thématiques.
Frédéric Couchet : Peut-être impressionnant aussi ! Intervenir à MiXiT, devant, potentiellement, beaucoup de monde, filmées en plus !
Isabella Vanni : Beaucoup de monde et avec une qualité des conférences globalement assez élevée. Nous étions en binôme, déjà ça rassure, si l’une des deux oublie, l’autre arrive en soutien. J’ai réécouté la conférence, je pense qu’on a réussi à dire ce qu’on voulait dire.
Frédéric Couchet : En plus, si je me souviens bien, vous avez eu des problèmes techniques avant.
Isabella Vanni : Oui. Nous étions super stressées à cause des problèmes techniques. On avait vraiment très bien préparé, donc bravo à nous ! Nous nous en sommes sorties.
Frédéric Couchet : Elle est très bien. La prochaine édition, ce sont les 16 et 17 avril 2026. En 2022, c’était en mai, nous précise Étiennequi est en régie. Merci de nous le préciser.
N’hésitez pas, si vous êtes à Lyon, d’aller à MiXiT. Il y a bientôt des loteries, il y a tellement de demandes pour y assister qu’il y a deux loteries pour éventuellement pouvoir acheter un billet.
Isabella Vanni : Je pense que la billetterie est ouverte et le premier arrivé est le premier servi ou la première arrivée, première servie.
Frédéric Couchet : Je crois qu’ils ont deux loteries. On n’est pas d’accord. Allez sur mixitconf.org, mais je crois me souvenir qu’il y avait tellement demandes qu’ils faisaient des loteries.
Isabella Vanni : À un moment oui, mais cette année, vraiment dépêchez-vous parce que les places partent vite.
Frédéric Couchet : On fait travailler un petit peu Étienne qui a beaucoup travaillé avant l’émission. Pour tout vous dire, cinq minutes avant l’émission nous n’avions plus de courant au studio. On le remercie d’avoir mis en place tout ça très rapidement.
Ça c’est MiXiT. Mais tu fais aussi participer l’April à de nombreux événements, surtout de nouveaux événements. Tu voulais en parler un petit peu, même si tu en as déjà parlé un petit peu tout à l’heure, des événements où on n’avait pas forcément l’habitude d’aller, c’est-à-dire des événements qui ne sont pas que geeks, même pas du tout geeks.
Isabella Vanni : Oui tout à fait, évènements pas geeks. Je n’ai pas révisé tous les événements auxquels on a participé, mais c’est effectivement important pour l’April de se faire connaître par des publics nouveaux. Si on va au Capitole du Libre, aux Journées du Logiciel Libre, qu’on demande « connaissez-vous l’April ? », la réponse est généralement oui. Donc, si on nous propose de participer, j’essaye de faire participer l’April. Par exemple l’année dernière, grâce à un contact sur le Capitole du Libre, on a pu participer au FAIRE Festival, un festival autour des espaces du faire, donc hackerspaces, fablabs, etc., c’était une première pour nous.
Nous avons aussi été invités aux Assises Francophones de l’Art Libre en été, en Suisse. Comme nous sommes une association nationale, nous avons la chance d’avoir des membres partout, c’est très important parce qu’on ne peut pas forcément toujours se déplacer.
Frédéric Couchet : On a même un membre franco-suisse, Vincent Calame, chroniqueur dans Libre à vous !, on en parlera juste après.
Isabella Vanni : Donc, en tant que personne responsable de la participation, je n’hésite pas à solliciter les membres en région. D’ailleurs j’en profite aujourd’hui, j’ai quand même un peu la casquette April, c’est aussi l’occasion de dire que si vous êtes membre ou soutien de l’April, que vous pensez que vous ne pouvez pas faire grand-chose à part contribuer au financement de l’association, sachez que, déjà, on apprécie la contribution au financement, mais vous pouvez aussi tenir un stand et que ça ne va vous prendre que quelques heures. Il n’y a pas besoin de contribuer sur la durée, sur une année, il y a des activités qui demandent effectivement une présence régulière, mais tenir un stand c’est finalement juste une journée, un après-midi. C’est une très chouette occasion de nous aider et ça permet aussi de rencontrer d’autres membres de l’April et peut-être de participer au recrutement d’autres personnes, de faire adhérer d’autres personnes, ou tout simplement de faire connaître le logiciel libre à d’autres personnes, donc n’hésitez pas ! Tu as utilisé un bon adjectif tout à l’heure, « impressionnant », ça peut être impressionnant au départ, mais vous verrez qu’il suffit de parler de sa propre expérience avec le logiciel libre. Si vous ne savez pas répondre, vous pouvez toujours orienter vers notre adresse de contact.
Frédéric Couchet : En plus la responsable vie associative envoie plein d’informations, des documents éventuellement pour le stand.
Isabella Vanni : On ne vous laisse pas seul. Vous avez de la documentation, vous pouvez poser des questions.
Frédéric Couchet : Justement, quand tu parles des stands, pour préparer l’émission tu m’as envoyé des informations. Pourquoi as-tu appris à ne plus commencer par énoncer les quatre libertés aux néophytes qui visitent le stand ?
Isabella Vanni : Les quatre libertés, ça ne marche pas !
Frédéric Couchet : Explique pourquoi rapidement, parce qu’il y a encore deux/trois points à aborder avant la fin de l’émission.
Isabella Vanni : Déjà parce que c’est long et ce n’est pas si concret que ça pour une personne qui n’est pas geek. Bien évidemment, au bout d’un moment il faut dire les quatre libertés.
Frédéric Couchet : On va juste les répéter pour les gens qui nous découvrent.
Isabella Vanni : Liberté d’utilisation, d’exécution sans limite, sans restriction aucune, c’est la liberté 0 si on veut ; la liberté d’étudier le code, on va dire la recette de fabrication du logiciel ; liberté de le modifier pour apporter des améliorations, pour corriger des bogues, pour le traduire, il y a 1000 raisons de le modifier ; et la liberté de le partager. Par exemple, si vous n’êtes pas programmeur ou programmeuse, vous pouvez le partager et vous pouvez le faire auditer par des personnes qui connaissent le code.
Si on commence par ça, je pense qu’on perd les gens. Je préfère m’adapter au profil des personnes, j’avais fait une chronique sur cela : à l’époque, par exemple pendant la période du confinemen, une enseignante de gymnastique cherchait un logiciel éthique, non intrusif, un logiciel de visio pour continuer à faire ses cours et j’avais tout de suite compris que, pour cette personne, la protection de la vie intime était très importante. Du coup, c’est cet argument que j’ai mis en avant quand je lui ai proposé d’utiliser par exemple BigBlueButton, un outil de visioconférence. À d’autres occasions, je peux porter le discours sur le fait que les logiciels libres sont une condition nécessaire pour maîtriser notre informatique, pour ne pas se faire contrôler par l’informatique et pas l’inverse. Après je peux énoncer les quatre libertés, expliquer pourquoi ces quatre libertés nous permettent de ne pas être dominés par les éditeurs de logiciels et expliquer qu’entre les personnes qui développent et les personnes qui utilisent, les relations sont paritaires, il n’y a pas de hiérarchie.
C’est vraiment avec l’expérience que j’ai appris à adapter les arguments, le discours au profil que j’ai en face de moi.
Frédéric Couchet : D’accord. Pour MiXiT, on va préciser qu’il y a deux créneaux. Il y en avait un le 9 février, un autre le 23 février, effectivement ce ne sont pas des loteries, donc premiers arrivés, premiers servis. Donc prochain créneau le 23 février, je crois que c’est en soirée, à 21 heures, donc mixit.org, sinon vous regardez dans les notes de l’épisode.
Rapidement, un projet récent dont tu voulais parler aussi, la base de données de musiques.
Isabella Vanni : Là aussi, on peut renvoyer à la chronique qu’on a faite sur les coulisses de Libre à vous !. J’aime beaucoup ce projet parce qu’il est né d’un besoin personnel. Quand on prépare l’émission, j’avais besoin de pouvoir trouver facilement des musiques qui me plaisent pour les pauses musicales, et l’outil qu’on utilisait à l’époque, un pad, un bloc-notes en ligne, était devenu beaucoup trop volumineux, beaucoup trop grand pour s’y retrouve. Au bout d’un moment, j’ai eu vraiment besoin d’avoir un outil plus adapté, comme une base de données. Et hop, pendant une rencontre April, en soirée, j’en ai parlé avec un bénévole de l’April, Vincent Calame, qui est spécialiste des bases de données, qui aime aussi beaucoup la musique et qui s’est mis dessus.
Donc aujourd’hui on a un outil et puis mon collègue Étienne a proposé de mettre davantage en exergue, en valeur ce projet. Il nous sert, mais il peut servir aussi à d’autres personnes. Nous-mêmes nous avons besoin de trouver des sites qui proposent des musiques libres pour l’émission, c’est un donc besoin qui peut concerner d’autres personnes. Il s’est demandé comment faire pour mettre davantage en valeur et là la page où on met les musiques sur le site de Libre à vous ! a évolué tout dernièrement. Maintenant c’est encore plus coloré, plus intuitif.
Frédéric Couchet : Il y a même les images des albums. C’est très beau.
Isabella Vanni : Tout à fait, les images des albums. Vincent Calame et l’équipe Spip se sont vraiment éclatés là-dessus. Je trouve super chouette que d’un besoin professionnel on arrive finalement à un projet qu’un bénévole s’est approprié et qui sert à tout le monde maintenant.
Frédéric Couchet : Les dernières questions, on approche de la fin de l’échange. Tu es entrée à l’April en 2014, nous sommes en 2026, 12 ans ! Nous avons encore du plaisir de travailler ensemble et, à priori, pour encore quelques années. Qu’est-ce qui te motive encore à continuer ?
Isabella Vanni : Bonne question.
Déjà, il y a quelque chose de très important pour moi, ce n’est peut-être pas le cas pour d’autres personnes, mais j’ai compris que, pour moi, l’ambiance de travail est quelque chose de fondamental. J’ai parlé de la grosse ONG et de la dimension petite structure qui me convient.
Parce que c’est une cause pour laquelle je m’engage à titre professionnel mais aussi à titre personnel. C’est formidable d’avoir cette chance : pouvoir travailler, être rémunérée, pour une cause qui me tient personnellement à cœur.
Et puis parce que j’apprends tous les jours. Il y a des personnes qui disent « j’ai fait le tour de mon travail, j’en cherche un autre », je suis loin d’avoir fait le tour de ce qu’on fait à l’April, parce qu’on se donne aussi le droit d’essayer de nouvelles choses.
Vous entendrez encore parler de moi !
Frédéric Couchet : C’est super. Là on a parlé plutôt professionnel. On peut parler en dernier sujet, avant les questions de fin, de questions plutôt personnelles. Quelle a été l’évolution de tes pratiques informatiques ? Tu utilises de plus en plus de logiciels libres, mais est-ce que tu en fais la promotion aussi autour de toi ou est-ce que tu préfères séparer les deux ?
Isabella Vanni : Non, tout à fait. Ça a été progressif, c’est ce qu’on dit aussi aux personnes qui débutent : il ne faut pas baliser si on n’a pas tout de suite un système d’exploitation libre, une messagerie libre et compagnie. On peut faire les choses progressivement, c’est un cheminement, on le dit souvent.
Actuellement, je n’utilise que des logiciels libres aussi à titre personnel. Quand mes amis me demandent, je préfère ne pas la nommer, d’utiliser une application pour la messagerie instantanée sur le téléphone, je dis « tant qu’il n’y aura pas vraiment une urgence vitale, je m’en passerai et je vous remercie de respecter mes choix ». Et puis, si je peux, je fais des recommandations, des suggestions. Pas plus tard que hier j’ai écrit à mon syndic pour lui proposer d’utiliser, pour le prochain sondage de date, date.chapril.org parce que ça marche bien. Il m’a remercié pour l’astuce. Toute occasion est bonne et après respecter aussi, bien évidemment, les personnes qui ne sont pas prêtes, qui ont besoin d’un accompagnement plus poussé. Mais déjà le fait d’en parler je vois que les personnes s’intéressent et certaines sont passées sur un système d’exploitation libre, une copine en particulier. D’ailleurs, elle a fait ça dans un Repair Café. Pour rappeler qu’il y a les merveilleux groupes d’utilisateurs et utilisatrices de logiciels libres qui peuvent vous aider à installer un système libre sur votre ordinateur et, dans certains Repair Cafés, des personnes peuvent aussi faire ça, on sait que ça permet d’allonger la durée de vie de nos appareils. Si vous avez des difficultés avec les dates, les horaires, sachez qu’il y a cette possibilité en plus, c’est bon à savoir.
Frédéric Couchet : Quelles sont les applications libres qui ont changé ta vie récemment ? C’est toi qui m’a suggéré cette question, c’est l’avant-dernière question.
Isabella Vanni : Changé la vie, c’est peut-être un peu fort, mais je suis très enthousiaste à propos de ces applications.
Il y a AnkiDroid que j’ai connue grâce à une conférence éclair donnée le jour de l’AG de l’April en 2025. Nous faisons l’AG un samedi après-midi et, le matin, on propose des conférences qui durent six minutes ce qui permet de balayer plusieurs sujets. C’est une application qui permet de faire des flashcards numériques. En gros, on peut mémoriser ce qu’on veut. Pour moi, pour le coup c’était plutôt des phrases en anglais. L’application elle-même repropose ces cartes, ces fiches avec une fréquence qui augmente à fur à mesure qu’on apprend les choses. J’ai fait énormément de progrès, j’ai énormément augmenté mon vocabulaire anglais grâce à cette appli.
Frédéric Couchet : Une application pour téléphone Android.
Isabella Vanni : L’autre c’est Organic Maps, mais aujourd’hui on recommande plutôt d’utiliser CoMaps qui est un fork. C’est aussi une chose géniale des logiciels libres : comme le code est libre, eh bien, si on n’est plus content de la gouvernance, on peut prendre le code et faire un autre logiciel. C’est génial parce que ça fonctionne sans être connecté et ça permet surtout, ce que j’adore, de marquer ses endroits préférés. Pour moi qui ai un très mauvais sens de l’orientation, ça a changé pas mal ma vie, surtout quand je dois aller à un rendez-vous.
Frédéric Couchet : Super. Dernière question. Le fromage joue un rôle important à l’April. Nous faisons beaucoup de repas avec du fromage, la question m’a été proposée avant l’émission : est-ce que tu préfères le fromage italien ou le fromage français ?
Isabella Vanni : Oh, là, là ! C’est taquin comme question ! Je vais utiliser la neutralité ! Il y a du bon dans les deux. Je ne peux pas, mon cœur balance comme on dit.
Frédéric Couchet : OK. Est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ?
Isabella Vanni : Finalement, j’ai été moins stressée que je pensais, c’est plutôt pas mal.
Frédéric Couchet : Super. Merci Isabella.
Je rappelle que les références citées seront sur la page de l’émission, sur libreavous/268 ou dans les notes de l’épisode si vous nous écoutez en podcast.
Isabella Vanni : Merci Fred.
Frédéric Couchet : Et puis à bientôt pour une animation d’émission, je ne sais pas quelle prochaine émission tu vas animer, je ne me souviens pas.
Isabella Vanni : Moi non plus. Vous découvrirez avec nous.
Frédéric Couchet : À bientôt.
Nous n’allons pas faire de pause musicale, nous allons enchaîner directement avec le sujet suivant.
[Virgule musicale]
Chronique « Le truc que (presque) personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous » – « L’Antéchrist et les petits hommes verts »
Frédéric Couchet : Nous allons poursuivre avec la chronique de Benjamin Bellamy, « Le truc que (presque) personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous ».
Benjamin Bellamy est fondateur et dirigeant de la société Ad Aures, papa de Castopod, un hébergeur de podcasts, et animateur du podcast Rien de Grave Patron.
Le thème du jour, « L’Antéchrist et les petits hommes verts ».
Benjamin n’est pas avec nous en studio, la chronique a été enregistrée.
[Virgule sonore]
Benjamin Bellamy : Effectivement, je vous parle de l’autre côté de mon enregistreur numérique, mais je ne suis pas seul pour autant, car je suis accompagné de mon camarade Gaël.
Bonjour Gaël !
Gaël Lago : Bonjour Benjamin ! Dis-moi, tu as l’air en forme aujourd’hui, qu’as-tu fait hier ?
Benjamin Bellamy : Hier, à travers la foule du boulevard, je me sentis frôlé par un être mystérieux que j’avais toujours désiré connaître, et que je reconnus tout de suite, quoique je ne l’eusse jamais vu. Il y avait sans doute chez lui, relativement à moi, un désir analogue, car il me fit, en passant, un clignement d’œil significatif auquel je me hâtai d’obéir.
Gaël Lago : Tu te moques de nous ! Ce n’est pas du tout de toi ça, c’est du Baudelaire !
Benjamin Bellamy : Il a reconnu Baudelaire ! Quelle culture ce Gaël ! Oui c’est du Baudelaire et alors ? On ne peut pas essayer d’élever un peu le niveau ici ? Pour faire des blagues vaseuses, il y a du monde, mais dès qu’on veut faire un peu de littérature, c’est fini, il n’y a plus personne ! On ne pourra pas dire que je n’ai pas essayé.
Gaël Lago : Tu ne voulais pas nous parler de l’Antéchrist et de petits bonhommes verts ?
Benjamin Bellamy : Si, tout à fait ! Figure-toi que j’ai assisté au discours de Peter Thiel à l’Académie des sciences morales et politiques.
Gaël Lago : Peter Thiel, c’est celui qui a construit l’enceinte autour de Paris ?
Benjamin Bellamy : Non ça c’est Adolphe Thiers. Peter Thiel c’est celui qui roule en Peugeot 403 et qui demande toujours à sa femme…
Gaël Lago : Non, ça c’est Peter Falk, Peter Thiel c’est celui qui ne voulait pas grandir.
Benjamin Bellamy : Ah non ! Ça c’est Peter Pan. Bon, trêve de plaisanteries, Peter Thiel c’est celui qui a donné un discours à l’Académie des sciences morales et politiques, discours auquel j’ai assisté.
Gaël Lago : Toi tu es allé à l’Académie des sciences morales et politiques ! Je ne te crois pas.
Benjamin Bellamy : Je me doutais que tu ne me croirais pas, j’ai donc discrètement enregistré le début de son intervention avec mon dictaphone. Écoutez donc : « Je voudrais maintenant vous présenter quelqu’un qui fait autorité en matière de prophétie biblique. Cette personne est un expert absolu de la fin des temps et de la venue de l’Antéchrist. Veuillez accueillir Monsieur Peter Thiel ! »
Diverses voix, en chantant : Peter Thiel, il nous sait tout sur l’Antéchrist ! Peter Thiel, il nous sait tout sur l’Antéchrist !
Je suis Peter Thiel et je sais tout sur l’Antéchrist !
Il nous apprend ce qu’il sait sur l’Antéchrist !
Bonjour les enfants, je m’appelle Peter Thiel et je viens vous parler de l’Antéchrist !
Gaël Lago : Ce n’est pas du tout l’Académie des sciences morales et politiques, on dirait South Park !
Benjamin Bellamy : Il a reconnu South Park ! Mais quelle culture ce Gaël ! Donc tu m’as démasqué, je n’ai pas réussi à entrer. En même temps, si on m’avait invité, je ne suis pas sûr que j’y serais allé. Peter Thiel, vous savez, c’est un de ces entrepreneurs de la tech. Milliardaire américain, d’origine allemande, il a cofondé de PayPal et c’est le premier investisseur extérieur de Facebook. Mais lui ne s’est pas rallié à Trump aux dernières élections, il fait partie de ses supporters de la première heure. Il s’est imposé comme le principal idéologue et financier de la droite tech américaine.
Gaël Lago : Et en plus, il a droit à sa chronique ? Mais en quoi nous concerne-t-il toutes et tous ?
Benjamin Bellamy : Il nous concerne parce qu’il est persuadé de savoir mieux que tout le monde ce qui est bien pour l’humanité et c’est systématiquement à côté !
Gaël Lago : Par exemple ?
Benjamin Bellamy : Dès 1995, il co-écrit The Diversity Myth, Le mythe de la diversité, dans lequel il fustige le multiculturalisme. Puis, en 2004, dans The Straussian Moment, Le moment straussien, il s’en prend à la démocratie représentative. En 2007, dans L’Éducation d’un libertarien, il déclare ne plus croire que la liberté et la démocratie soient compatibles et il s’oppose au droit de vote des femmes. Et, dès 2016, il soutient Donald Trump.
Gaël Lago : OK. Ce n’est pas la personne qu’on a envie d’inviter à déjeuner. Mais en quoi ses positions nous concernent-elles ?
Benjamin Bellamy : Ça nous concerne parce que Peter Thiel a également fondé Palantir, une société américaine dont l’objet est la collecte d’informations et la surveillance des citoyennes et des citoyens. Le nom « Palantir » est d’ailleurs une référence à la pierre de vision qui permet à son utilisateur d’observer des lieux distants dans l’espace et dans le temps dans Le Seigneur des anneaux. Flippant d’assumer avec une telle désinvolture d’être un connard ! Évidemment, Palantir a aidé Cambridge Analytica à exploiter les données personnelles des utilisateurs de Facebook. Et en France, la Direction générale de la Sécurité intérieure, la DGSI, lui a acheté des logiciels pour 10 millions d’euros en 2016, suite aux attentats de 2015. Promis juré, ça devait être temporaire, mais bon, le temporaire on connaît ! Palantir a été renouvelé en 2019, puis en 2025. Palantir a aussi d’autres très bon clients en France, comme Airbus, Forvia ou Stellantis.
Gaël Lago : C’est charmant tout ça, mais quel rapport avec les hommes verts ? La zone 51 c’est aussi Peter Thiel ?
Benjamin Bellamy : Non, ce n’est pas à ceux-là que je faisais allusion. Je parlais des académiciens qui, le mois dernier, ont trouvé opportun d’accueillir chaleureusement ce monsieur à l’Académie des sciences morales et politiques. À quel point faut-il être cynique et/ou corrompu pour recevoir quelqu’un qui crie haut et fort que la démocratie est un problème ? Pour finir, en citant à nouveau Baudelaire, je vous dirai : « Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des Lumières, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas ! »
Gaël Lago : Ce n’est pas du Baudelaire, c’est du Keyser Söze !
Benjamin Bellamy : Ah oui, tu as raison. Bref. Moi si j’étais l’Antéchrist, plutôt que de vous convaincre que je n’existe pas, j’essaierais de vous faire croire que je suis là pour le chasser et le détruire. Bien tenté Peter, mais avec nous, ça ne prend pas !
Voix off de Keyser Söze, film The Usual Suspects : Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu’il n’existait pas.
[Virgule sonore]
Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter la chronique de Benjamin Bellamy, « Le truc que (presque) personne n’a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous ».
Benjamin est très fort parce qu’il sait que notre invitée, Isabella Vanni, est une cinéphile avertie, donc finir par du Keyser Söze, le titre du film est The Usual Suspects. Je pense que c’était une dédicace.
Nous approchons de la fin de l’émission nous terminer par quelques annonces
[Virgule musicale]
Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l’April et le monde du Libre
Frédéric Couchet : Je vous rappelle que les liens utiles concernant les annonces de fin sont sur la page consacrée à l’émission du jour, sur causecommune.fm, sur libreavous.org/268 ou dans les notes de l’épisode si vous nous écoutez en podcast.
Libre en Fête 2026. La campagne de mobilisation pour la 25e édition de Libre en Fête est lancée. Pour accompagner l’arrivée du printemps, toutes les organisations ayant à cœur la promotion du logiciel libre et de la culture libre sont invitées à proposer des événements de découverte partout en France autour du 20 mars, dans une dynamique conviviale et festive.
L’édition 2026 aura lieu du samedi 7 mars au dimanche 12 avril et c’est ma collègue Isabella Vanni qui coordonne l’initiative.
La campagne du Pacte du Logiciel Libre. À l’occasion des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026, l’April propose aux personnes candidates de signer le Pacte du Logiciel Libre afin de marquer leur engagement, si elles sont élues, à promouvoir et défendre une priorité aux logiciels libres et aux formats ouverts au sein de leurs collectivités.
Nous invitons toutes celles et ceux qui le souhaitent à contacter les candidates et les candidats qui ont déjà pu se manifester, pour les encourager à signer le Pacte du Logiciel Libre et profiter de l’occasion pour les sensibiliser aussi aux enjeux de liberté informatique. C’est mon autre collègue, Étienne Gonnu, qui est à la manœuvre pour cette campagne avec évidemment des bénévoles
Tout à l’heure, nous avons parlé de Bookynette, la présidente de l’April. Magali Garnero sera à Échirolles le 17 février 2026 pour l’événement AlpOSS, pour une conférence « Adieu Windows, bonjour le Libre ! »
Toujours dans le cadre de la campagne Adieu Windows, bonjour le Libre !, la campagne visant à migrer de Windows ou de macOS aussi vers des systèmes d’exploitation libres, je peux signaler
à Chaumont, la Permanence les samedis 14 février et 21 février de 9 heures à 12 heures, c’est visiblement chaque samedi à Chaumont, Grand Est ;
à Fourmies, dans les Hauts-de-France, le samedi 21 février, il y a un atelier « Donner une seconde vie à vos ordinateurs » de 9 heures 30 à 12 heures ;
à Paris, une journée d’installation GNU/Linux, samedi 21 février de 13 heures 30 à 17 heures dans le 11e.
Si vous souhaitez rencontrer l’équipe de la radio, la prochaine soirée traditionnelle mensuelle aura lieu le 6 mars 2026 à partir de 19 heures 30 au studio de Cause Commune dans le 18earrondissement
Et sans oublier, très important, l’assemblée générale de l’April le 28 mars 2026. Le matin il y aura des conférences éclairs. Vous pouvez y participer en soumettant une conférence, l’appel à conférences est ouvert jusqu’au 15 mars.
Je vous invite à consulter le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, pour trouver tous les évènements en lien avec les logiciels libres ou la culture libre près de chez vous.
Notre émission se termine.
Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission du jour : Isabelle Carrère, Isabella Vanni, Benjamin Bellamy.
Aux manettes de la régie aujourd’hui, Étienne Gonnu, qui a beaucoup sué, on le remercie, on le félicite, parce que, je le répète, cinq minutes avant l’émission nous n’avions plus d’électricité au studio.
Merci également aux personnes qui s’occupent de la post-production des podcasts : Sébastien Chopin, Élodie Déniel-Girodon, Nicolas Graner, Lang 1, Julien Osman, bénévoles à l’April, et Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio.
Merci aussi aux personnes qui découpent les podcasts complets des émissions en podcasts individuels par sujet : Quentin Gibeaux, Théocrite et Tunui, bénévoles à l’April.
Merci également à Marie-Odile Morandi, et au groupe Transcriptions, qui permet d’avoir une version texte de nos émissions.
Vous retrouverez sur notre site web, libreavous.org/268, toutes les références utiles de l’émission du jour ainsi que sur le site de la radio, causecommune.fm, ou dans les notes de l’épisode si vous nous écoutez en podcast.
Nous vous remercions d’avoir écouté l’émission du jour.
Si vous avez aimé cette émission, n’hésitez pas à en parler le plus possible autour de vous et à faire connaître également la radio Cause Commune, la voix des possibles.
La prochaine émission aura lieu en direct mardi 17 février 2026 à 15 heures 30. J’aurai le plaisir d’animer de nouveau cette émission. Le sujet principal sera Un café libre, un débat autour de des actualités du logiciel libre.
Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve donc en direct mardi 17 février et d’ici là, portez-vous bien.
Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.