Sensibiliser toute une génération étudiante au Libre AlpOSS 2026

Bonjour et merci.
J’étais trop content quand j’ai vu sur les affiches de AlpOSS le logo de l’UGA [Université Grenoble Alpes]. J’ai découvert le logiciel libre il y a 30 ans, sur le campus de Grenoble, qui ne s’appelait pas encore l’UGA. Quand j’ai découvert le logiciel libre, j’ai compris quelque chose que j’utilise encore aujourd’hui dans mes formations, dans mes cours, c’est cette notion de la non-rivalité de la connaissance : je sais que le logiciel libre c’est bien et que ça peut changer le monde, je vous le dis et là, d’un coup, nous sommes quelques centaines à le savoir et moi je n’ai rien perdu. C’est carrément génial et je me dis qu’il faut que tout le monde sache ça. Moi qui suis formateur, enseignant, comment puis-je apporter ma contribution à cela ? C’est peut-être construire un cours sur le logiciel libre pour le plus possible d’étudiants.

Contenu pédagogique

Le contenu pédagogique de ce cours ce sont, en gros, trois points.
D’abord j’explique le droit d’auteur et les licences libres [1]. La présidente de l’April l’a rappelé tout à l’heure dans cette salle [2] : quand sur un contenu, un logiciel, une photo, une documentation, une œuvre d’art, il n’y a pas de licence, c’est le droit d’auteur dans sa forme la plus restrictive qui s’applique, donc tout est interdit, à part quelques modestes exceptions du droit d’auteur. Donc, lorsque vous produisez quelque chose, pensez-y systématiquement et posez-vous la question : est-ce que j’ai envie de le partager sous licence libre ?
Qu’est-ce qu’une licence libre ? Comment ça marche ? Qu’est-ce que ça fait ? C’est la première chose que j’explique à mes étudiants et j’essaye de les encourager, lorsqu’ils utilisent une image, un texte, un code source, à vérifier systématiquement la licence et à créditer les auteurs.
Ensuite, je leur parle d’open data [3], je leur explique comment on peut consommer les données ouvertes et pourquoi c’est important. Il y a des élections dans quelques semaines en France, j’ai la conviction, je pense que les données ouvertes peuvent apporter une réelle contribution au fait de se fonder un avis sur la manière dont est gérée une collectivité, une administration, il y a donc un réel enjeu citoyen là-dessus.
Et puis le logiciel libre et les données ouvertes, ce n’est pas que utiliser, c’est aussi contribuer. Un endroit intéressant et facile pour faire contribuer les étudiants, c’est sur OpenStreetMap [4]. Je leur propose de zoomer sur le village où ils ont grandi, où ils vont en vacances tous les étés, de trouver un problème, un manque, une erreur, de cliquer sur le bouton « Modifier », de corriger OpenStreetMap et de voir la carte mise à jour dans l’instant.
Voilà un petit peu ce dont je leur parle.

Historique et contexte IUGA [Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine]

Pourquoi ai-je intitulé cette conférence « Sensibiliser toute une génération étudiante » ?
Je fais ce cours depuis cinq ans à l’Institut d’urbanisme et de géographie alpine qui est une composante de l’UGA.
La première année on l’a fait pour le parcours de master GEOMAS [Géomatique et Analyse Spatiale], une formation qui forme une quinzaine d’étudiants qui se destinent à être géomaticiens, qui vont manipuler des systèmes d’information géographique. Ça a pas mal le plus aux étudiants, j’ai réussi à convaincre que c’était utile, donc, l’année suivante on l’a fait plus pour un seul parcours de master, mais pour tous les parcours du master géographie aménagement environnement développement, ça a donc touché 45 étudiants.
L’année dernière, la responsable de la licence de géographie et d’aménagement est venue me voir et m’a dit « ne ferait-on pas ce cours en première année ? Ce serait intéressant que les étudiants, dès la première année, sachent que les données de l’IGN depuis 2021, en France, sont en open data. Le saviez-vous ? En France, depuis 2021, vous pouvez télécharger la photo de votre maison avec une précision de 20 cm par pixel sous licence ouverte Etalab [5]. On essaye de dire cela à tous les étudiants. Cette année c’est une promo de 120 étudiants qui ont été sensibilisés aux logiciels libres, aux licences libres, à l’open data et à OpenStreetMap.

J’appelle de mes vœux qu’on comprenne que la sensibilisation au logiciel libre n’est pas une affaire d’informaticiens, il faut absolument la mettre dans toutes les formations, dans tous les parcours de sciences humaines, dans toutes les disciplines, ça concerne tout le monde, c’est un sujet citoyen, c’est un sujet de société.
Je vous remercie.

[Applaudissements]