Fontaine, ville « libre » - Bonus de La Bataille du Libre

Titre :
BONUS Fontaine, ville « libre »/Bonus de La bataille du Libre
Intervenants :
Thibault Prat - Nicolas Vivant - Brice Di Gennaro - Jean-Paul Trovero
Lieu :
Arte - Documentaire de Philippe Borrel Internet ou la révolution du partage
Date :
mai 2019
Durée :
4 min 30
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Licence de la transcription :
Verbatim
Illustration :
copie d’écran de la vidéo

Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l’April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.
Certains propos tenus dans la vidéo et présents dans cette transcription concernent le système d’exploitation GNU/Linux mais le nomment « Linux ».

Transcription

Vers une laïcité numérique… à l’école ou dans les services publics

Thibault Prat, directeur de l’école élémentaire Robespierre : Qu’est-ce que c’est coder ? Le codage c’est vous rentrez des choses dans l’ordinateur, un petit programme et ça va permettre au petit bonhomme de se déplacer pour écrire et pour dessiner la figure. D’accord ? C’est ça le codage. Vas-y, essaye.

Qu’est-ce qu’on fait ? Parfait.

Pas tout le temps la même qui a la souris.

Vous arrêtez juste une seconde, vous me regardez, je veux tous les yeux sur moi. Pensez-bien à relancer régulièrement votre programme pour voir ce qui se passe. D’accord ?
Thibault Prat : Parce que ce n’est pas 120.
Élève : Il n’y a pas d’autre !
Thibault Prat : Eh bien si, clique. Il ne faut pas que tu arrives d’ici, il faut que tu arrives d’ailleurs !
Élève : D’ailleurs ?
Thibault Prat : Eh oui.
Peu de gens savent qu’il est possible d’utiliser des logiciels libres. L’école est un endroit laïc et quand on parle de laïcité on parle des groupes de pression et les groupes de pression, on pense souvent aux religions, mais ce n’est pas que les religions. La laïcité est aussi liée à toute forme de commerce et autres et s’affranchir des grosses firmes peut aussi permettre, au niveau de l’école, de montrer qu’on peut utiliser l’informatique par d’autres biais.
Ça leur plaît, ils n’ont pas l’impression qu’ils font des mathématiques, mais en fait ils sont en train de faire des maths.
Nicolas Vivant : Tous les principes de la programmation sont là, en fait.
Thibault Prat : Oui. Mark Zuckerberg ! [Photo de Mark Zuckerberg à l’écran, NdT] [Rires]

Depuis 2001, la mairie de Fontaine a équipé les 600 ordinateurs municipaux de logiciels libres.

Nicolas Vivant, directeur des services municipaux d’information : J’arrivais du privé et le logiciel libre [1] je n’en avais jamais entendu parler avant d’arriver à Fontaine. Donc j’ai découvert ça en arrivant ici et c’est parce qu’il y avait une volonté politique que moi, en tant que directeur des services informatiques, je me suis à faire le boulot. D’ailleurs c’est assez intéressant parce que je n’étais pas quelqu’un de convaincu à priori, je n’étais pas un militant du Libre. Et c’est parce que ça marchait, c’est parce que j’ai pu mesurer cette stabilité que j’ai été convaincu de l’utilité du Libre.
On a toujours l’impression que Linux, notamment, c’est fait pour des informaticiens avec des fenêtres dans le genre de celle-ci [Fenêtre du terminal, NdT], auxquelles on ne comprend absolument rien. Linux, ça fait bien longtemps qu’on a des interfaces graphiques qui sont aussi belles, voire plus belles que celles de certains logiciels propriétaires, et qui permettent de travailler encore plus simplement et avec une meilleure réactivité.
Jean-Paul Trovero, maire de Fontaine : Non seulement ça fonctionne, mais ça nous permet aussi, alors là c’est le grand argentier, je ne suis pas l’adjoint aux finances de la commune mais quand même, ça nous fait faire des économies, entre 80 000, 100 000 euros annuels, ce qui n’est quand même pas négligeable ! Même une grande ville comme Grenoble s’est approchée de mes équipes pour dire « ce n’est pas mal ce que vous faites ! » Utiliser, y compris au quotidien, des choses qui ne relèvent du droit de propriété, qui ne génèrent pas de profit, c’est du service public. Voilà ! Je considère que c’est au même titre que du service public.
Brice Di Gennaro, adjoint à la culture, spécialiste du numérique : L’enjeu est exactement à ce niveau-là : à un moment donné s’émanciper, se libérer d’un monopole qui n’a pas raison d’être. On peut lutter avec nos modestes moyens et à notre modeste niveau contre la toute puissance des multinationales américaines.
Nicolas Vivant : Personne ne paye de publicité à la télévision pour vendre un logiciel libre. Les PC ne sont pas livrés avec des logiciels libres, ils sont livrés avec des logiciels propriétaires, donc les gens ne savent pas ; le dernier frein est là, il est culturel. Les gens, en utilisant du logiciel libre au sein de la mairie de Fontaine ou dans les écoles et en prenant conscience, du coup, que ça fonctionne, que ce n’est pas plus compliqué, que ce n’est pas moins beau, que ce n’est pas moins rapide, eh bien c’est autant de gens pour qui le frein culturel, dont je parlais à l’instant, est levé.

Références

Avertissement : Transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant⋅e⋅s mais rendant le discours fluide. Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.