Conférences éclairs - Assemblée générale de l’April 2026

L’assemblée générale de l’April a eu lieu samedi 28 mars 2026. L’AG est réservée aux membres de l’April. Le matin, un temps de conférences éclairs, ouvert à toute personne, membre ou pas de l’April, a été organisé.

Un autre langage pour concurrencer C, Zig – Stéphane Bortzmeyer

Diaporama support de la présentation – Vidéo

Magali Garnero : Stéphane, tu travailles à l’Afnic [Association française pour le nommage Internet en coopération dans le registre des noms de domaines en.fr. Tu te préoccupes surtout de l’infrastructure technique de l’Internet et tu aimes tester de nouveaux langages de programmation, évidemment en logiciel libre. Je te laisse le micro et je te remercie.

Stéphane Bortzmeyer : Merci d’être venus. On va attaquer en commençant par les langages de programmation, mais je vous rassure, dans les conférences éclairs, vous avez vu le programme, il n’y a pas que de la technique.
Le sujet, c’est bien l’infrastructure technique de l’Internet, donc pas les applications que vous voyez sur votre desktop, pas non plus les services des méchants GAFAM ou des gentils Chatons [1] qui sont derrière, mais vraiment ce qui est en dessous, qu’on ne voit pas, les routeurs bien sûr, il y a beaucoup de logiciels, un routeur ce n’est pas que du matériel, et les différents serveurs qui font fonctionner cette infrastructure : DNS [Domain Name System], DHCP [Dynamic Host Configuration Protocol], NTP [Network Time Protocol], etc. Dans ce monde-là, pour l’instant c’est encore C qui est hégémonique. On trouve du C partout. Il peut y avoir des influenceurs qui nous expliquent que tel langage c’est mieux, que Java c’est plus professionnel, des choses comme ça, mais pour l’instant tout cela reste en C. Dans les années précédentes, OK, C++ a grignoté une partie du marché, on le retrouve à certains endroits, et puis Rust est à la mode, tout le monde se déguise en crabe pour les bals costumés, on a partout des projets qui annoncent qu’ils vont recoder tout en Rust, qu’ils vont tout refaire en Rust. Pour l’instant, ce n’est pas encore tellement déployé, ça commence mais ça ne se retrouve pas encore tellement dans les systèmes qui sont déployés.
D’autres langages ont essayé ou essayent de remplacer C sur ce créneau-là, on ne peut pas dire qu’il y ait énormément de concurrents, surtout pas de concurrents à succès.
Je parle d’infrastructure. Vous allez me dire qu’il y a d’autres langages que C qui sont utilisés dans l’Internet, évidemment, mais pour l’infrastructure, ce qui est caractéristique c’est qu’il faut contrôler de manière très étroite le temps de calcul, la consommation mémoire, pouvoir jouer sur chaque bit individuellement, et pour ce genre de truc, Python ou Node qui sont par ailleurs très bien, surtout Python, ne sont pas adaptés à ce genre de tâche. Vous n’allez pas faire un serveur DNS en Python, par exemple, pour ne pas parler du code du routeur.
Donc là on est dans un créneau qui n’est pas forcément très visible, qui n’est pas forcément très représenté dans les rapports de Gartner ou d’autres consultants quand ils font le bilan des langages de programmation, mais sur lequel tout l’Internet repose. Si aujourd’hui, par un coup de baguette magique on faisait disparaître tous les programmes écrits en C, l’Internet s’arrêterait complètement.

Qu’est-ce que fait Zig [2] là-dedans, qu’est-ce qu’il propose ?
Zig est clairement un langage de bas niveau. « Bas niveau » n’est pas un terme péjoratif, c’est pour dire « loin de l’utilisateur » qui est quand même la source principale d’ennuis en informatique, et proche de la machine, c’est-à-dire le truc important.
Programmer en Zig nécessite donc de comprendre un peu la machine, contrôler ce qui se passe. Parfois des gens sont venus à Zig un peu imprudemment parce qu’on leur avait dit que c’était super, que c’était l’avenir, et qui disent : « Oh là, là, c’est vachement compliqué, il faut que j’alloue de la mémoire explicitement ! ». Oui, c’est cela un langage de bas niveau. Ça n’est pas une alternative, pour reprendre le terme de la dernière BD de Gee [3] à Python ou Node, c’est un langage de programmation différent, avec un cahier des charges différent.
Contrairement à C, il y a un typage fort, c’est donc le genre de langage qui est pénible à compiler parce que le compilateur vous dit toujours « vous n’avez pas le droit de mettre un pointeur dans un entier, ou réciproquement ». Il y a un débat en ce moment sur un forum de programmeurs Zig, un nouveau programmeur s’est plaint en disant « Zig, c’est un langage qui croit qu’il programme mieux que moi, il m’empêche de faire ce que je veux ». Oui, c’est fait un peu exprès, c’est le principe du typage fort, c’est pénible à compiler, mais l’idée c’est d’avoir moins de problèmes. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’un des principaux problèmes de C, c’est que, au contraire, c’est extrêmement laxiste, avec C il faut faire attention pour programmer correctement. Avec Zig on peut programmer salement si on veut, mais il faut faire un peu un effort. Par défaut, c’est un peu plus sécurisé, tout est explicite.
Un autre charme de C, c’est, par exemple, que vous n’êtes pas obligé de tester le code de retour d’une fonction, vous pouvez l’ignorer et continuer comme si rien ne s’était passé, en Zig, cela ne marche pas.
Tout est explicite, même l’allocation mémoire. Par exemple quand il y a une fonction qui va faire de l’allocation mémoire, ça ne peut pas être planqué au sein de la fonction, il faut lui passer explicitement un allocateur, un objet qui va faire les allocations mémoire.
Il y a quelques trucs rigolos, par exemple des variables qui ont une valeur optionnelle, ce qui évite le problème qu’on a en C où il faut réserver une valeur particulière pour dire qu’il n’y a pas de valeur.
Pas de macros, mais il y a un truc que vous trouverez tout le temps en Zig, qu’on appelle comptime, compilation time, c’est-à-dire que plein de choses peuvent être faites à la compilation, comme de la génération de code ; la génération de code à la compilation, c’est normal, mais je veux dire que vous pouvez faire ça avec un peu l’équivalent de macros, qui se font à la compilation.

Vous allez être déçus, je ne vais pas vous montrer de code, il n’y aura pas de hello world en Zig, parce que (1) ça vous ferait peur, et (2) on n’a pas le temps.

Où en est-on actuellement de l’avenir de Zig ?
Ce n’est pas un langage nouveau, ça fait des années qu’il est en développement. Et, en même temps, c’est un langage nouveau dans la mesure où il y a tout le temps des changements. On est à la version 0.15.2 donc, actuellement, on est très loin de la version 1.0, et ça continue à changer.
Il y a une communauté que je trouve sympa, dynamique, créative, il y a des forums, on discute, on s’échange. Certains concurrents de C se caractérisaient par un groupe très restreint, ce n’est pas le cas pour Zig.
Ceci dit, le langage n’est pas stable, et quand je dis pas stable, ça n’est vraiment pas stable. À chaque nouvelle version, pouf, vos programmes ne compilent plus.
Le cœur du langage lui-même commence à se stabiliser, la bibliothèque standard pas du tout, ce qui fait qu’actuellement, c’est un peu difficile à recommander pour des codes de production. Récemment, il y a eu un changement complet, par exemple des entrées-sorties, un petit détail de rien du tout. Ce qui fait que même Hello world ne compile plus, il faut le faire différemment, c’est un peu le problème, mais bon, on vit avec !

Je vous remercie de m’avoir écouté. Bisous.

[Applaudissements]

Magali Garnero : Je suis sûre que vous avez plein de questions. Rappelez-vous qu’il y a un repas à midi, Stéphane va y participer, vous pourrez lui poser des questions, je suis sûre qu’il y en aura plusieurs.

Les sans pagEs : un projet libre et féministe – Natacha Rault

Diaporama support de la présentation – Vidéo

Magali Garnero : L’intervenante suivante c’est Natacha qui va nous parler des Sans pagEs [4].

Natacha Rault : Bonjour, salut à tous, enchantée d’être avec vous pour vous présenter Les sans PagEs.
Je m’appelle Natacha Rault, je suis initialement économiste et coach en milieu universitaire.
Le projet Les sans pagEs est né en 2016, je ne vais pas tout à fait suivre les slides parce qu’on n’a pas le temps, mais si ça vous intéresse vous pourrez cliquer sur les liens.

Le biais de genre, dans la communauté Wikipédia et Wikimédia, est bien documenté. Les premiers rassemblements ont montré qu’il y avait très peu de femmes.
Sur la francophone, nous sommes à peu près 10 % de contributrices, le problème étant que les gens ne renseignent pas tout le temps leur genre, donc on ne peut pas savoir avec précision. On a environ 5 % de contributrices dans les gros comptes contributeurs et, actuellement, 20,42 % de biographies de femmes, on a dépassé l’anglophone.

Où sont les femmes ?
Elles lisent moins Wikipédia, du coup elles contribuent moins.
En 2012, Sue Gardner, la directrice de la fondation, avait invoqué plusieurs raisons :

  • une interface peu conviviale, ce qu’on a changé en mettant un éditeur visuel, ce qui facilite les choses
  • une culture masculine. Sur Discord, IRC, on a des posts qui sont parfois un peu des images problématiques d’une culture très masculine, qui shootent beaucoup de femmes ou de personnes africaines qui ne comprennent pas le contexte, qui ne savent pas comment répondre et quand elles se plaignent, on leur dit « shrug, shrug, shrug », mais si elles se permettaient un « osef » en tant que féministe, ce serait mal perçu.
  • manque de confiance et sentiment de ne pas être légitimes, ce que je viens de dire
  • et surtout, à mon avis, le manque de temps, c’est-à-dire que les raisons sociales, l’organisation sociale font que les femmes ont en général moins de temps, ont plus de charge IRL [in real life], donc elles ont moins temps pour discuter longuement sur des sujets polémiques. Il y a des pages mythiques avec des guerres d’édition et clairement les femmes ont moins le temps de participer, cela ne les intéresse pas.

Qu’est-ce que le biais de genre ?
Très schématiquement, on va dire, eh bien le nombre de biographies de femmes, le nombre de personnes qui contribuent, ce sont des chiffres qu’on peut suivre, mais c’est beaucoup plus fin quand on plonge dedans, c’est-à-dire qu’on va retrouver les mêmes biais que dans le journalisme, un biais de représentation :

  • on en a moins, elles sont moins bien représentées
  • les domaines de connaissances ne sont pas les mêmes, il y a des domaines surreprésentés et des domaines qu’on catalogue comme féminins moins représentés
  • le contenu des articles est problématique : beaucoup d’articles sur les femmes vont se rattacher à leurs relations affectives, leurs relations sexuelles, le nombre d’enfants, les mots « mariée, femme de, mère » sont surreprésentés
  • les articles de femmes sont moins reliés à l’écosystème de Wikipédia ce qui fait qu’ils sont moins lus
  • Pour aller plus loin, vous pourrez cliquer sur mes liens, visiblement pas là parce que c’est la version PDF mais ce n’est pas grave, vous pourrez me le demander.

    À propos des domaines de connaissance, on voit que dès qu’on tombe en dessous de femmes nées avant 1960, on a très peu de femmes, on tombe à 8 % de représentation, dans l’Antiquité c’est 3 à 5 %. On a beaucoup moins de femmes guerrières, scientifiques, activistes.
    Ici par occupations, on voit que l’occupation pour laquelle on a le moins de femmes, c’est « prêtres catholiques », donc toutes les fonctions honorifiques et religieuses et aussi les guerrières, les joueuses rugby, les ingénieures, en fait dans tous les trucs un peu chiadés, les postes à responsabilité, les femmes sont moins représentées. Par contre, les chanteuses, les écrivaines, les mannequins ; pour les mannequins, on a un biais de genre inversé, il nous faudrait des mecs, on en a très peu.

    Le biais de genre n’est pas constitué seulement par le manque de biographies de femmes, en plus c’est cumulatif : si vous cumulez le fait d’être queer, femme ou trans, c’est encore pire.

    Le projet Les sans pagEs est né en 2015 à l’université de Genève. Il s’est construit de manière rhizomatique, c’est-à-dire que des personnes viennent nous voir, on les soutient pour créer des projets.
    Nous nous sommes professionnalisées en 2022.
    On a eu un raz-de-marée, un admin est venu sur notre page pour proposer de « supprimer le projet, pour résoudre le problème par le haut », il n’y est pas arrivé car les participantes du projet se sont rebiffées.
    Actuellement on a plus 20 000 articles indexés au projet et c’est, je crois, le seul projet sur Wikipédia qui a une liste de maintenance à jour.

    Notre but stratégique c’est de devenir un centre de ressources et nous y sommes arrivées, le projet est beaucoup mieux perçu actuellement sur Wikipédia, après initialement, quand même, un peu de critiques.
    On a une communauté d’environ, on ne sait pas précisément, 100/300 personnes qui contribuent régulièrement. Il y a 30 % d’hommes, 50 % de femmes et il y a aussi beaucoup de personnes trans, non binaires qui sont représentées [selon notre sondage annuel de satisfaction, Note de l’intervenante].

    FoncEz, rejoignez-nous, venez, faites des ateliers avec nous.
    Voilà le projet sur Wikipédia, vous pouvez cliquer sur tous les boutons. On a une petite boîte « Participer » avec des tutoriels pour vous expliquer comment faire, on a une communauté que vous pouvez rejoindre sur Telegram ou sur la page de discussion. Je vous ai mis des petites choses pour aller plus loin, vous pouvez aller faire coucou, poser des questions.
    C’est terminé.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Natacha, j’aurais bien voulu que tu continues à en parler, mais c’est terminé, ça a été c’est pile-poil dans les temps. J’adore votre logo, franchement, je le trouve hyper inclusif ! Compliments !

    La pièce jointe, une calamité – Denis Dordoigne

    Vidéo

    Magali Garnero : Notre prochain intervenant, Denis Dordoigne, « La pièce jointe, une calamité ».

    Denis Dordoigne : Je vais vous parler de la pièce jointe. Je déteste ça. Si vous m’en envoyez, je vous insulterai. Si vous ne m’en envoyez pas, je vous insulterai, j’adore ça de toute façon !

    Magali Garnero : C’est pour cela qu’il n’y avait pas de pièce jointe à ton mail.

    Denis Dordoigne : Exactement.
    Je vais vous expliquer pourquoi il ne faut pas en envoyer. Non, je vais être sérieux, vous pouvez utiliser des pièces jointes, parfois on vous les demande, parfois c’est utile. Si vous faites un dossier, je ne sais pas, à Pôle Emploi – ça ne s’appelle plus comme ça, à l’ANPE [Agence nationale pour l’emploi] comme on disait quand j’étais jeune – sans les documents, ça risque de mal passer, ça peut se comprendre. Par contre, il y a des cas où ce n’est pas utile.
    Déjà, quand on vous demande un document, il faut vous poser cinq questions :

    • est-ce que c’est raisonnable ? Par exemple, il y a des trucs au sujet desquels on vous a toujours dit qu’il ne faut pas les transférer, qu’il ne faut pas les envoyer. Il y a peut-être une raison. On peut interférer sur un document si, par exemple il y a un mot de passe. Normalement personne n’a besoin de vous demander votre mot de passe, c’est plutôt suspect. Une photo intime, surtout si c’est moi qui demande, j’en ferai un mauvais usage !
    • la demande peut être excessive. Ça veut dire qu’on vous demande des informations dont à priori les gens n’ont pas besoin. Pourquoi le club de belote a-t-il besoin de savoir combien vous payez d’impôts, où vous habitez ?
    • la demande peut être nauséabonde. Ça veut dire que vous vous demandez « quel usage vont-ils en faire ? ». Par exemple, on vous demande une photo sur le CV, pourquoi ? Ils ne prennent que les gens qui sont beaux ? Ils ne prennent que les gens qui sont blancs ? Non.
    • la demande peut être irrespectueuse. Là, c’est juste quelqu’un que vous connaissez qui vous demande un document pour prouver un truc que vous lui avez dit en paroles. Non, soit tu me fais confiance, soit tu ne me fais pas confiance, je ne te donnerai pas le document.
    • et la demande peut être suspecte. Typiquement, votre mère qui vous envoie un e-mail pour vous demander votre date de naissance, à priori ce n’est pas elle !

    Comme vous voyez sur la présentation que je n’ai pas faite, cinq points : Déraisonnable, Excessive, Nauséabonde, Irrespectueuse, Suspecte, ça fait D, E, N, I, S, DENIS, c’est parfait !

    [Applaudissements]

    Denis Dordoigne : Il y a un autre truc que je n’aime pas recevoir en pièce jointe, enfin jamais recevoir, ce sont les documents de travail. Vous recevez un document, on vous dit « complétez-le, rajoutez des informations dedans », c’est insupportable. Déjà parce que ce n’est pas le meilleur moyen, et surtout les gens vont compléter, machin, et vous allez vous retrouver avec dix versions du document, à des dates différentes, avec des trucs différents, après c’est votre boulot de fusionner, bravo !
    Il existe des choses pour ne pas faire ça, des suites collaboratives.
    Typiquement, il y a les pads, ce qui est utilisé à l’April pour gérer des textes. Il y a pad.chapril.org [5], si par hasard il y avait une présentation sur un pad derrière, ce serait vraiment un gros hasard !
    Il y a aussi des suites bureautiques en ligne pour ceux qui aiment bien : Google Docs ; vous allez sur chatons.org [1], « Trouver un service » et vous mettez « alternative à Google Docs », il y a des choses. Personnellement, j’aime bien Tedomum, qui est une association, ils fournissent cela à prix libre.

    Voilà, maintenant que vous n’avez pas envoyé votre document, on va se dire « bon, on l’envoie quand même ? ». À l’ANPE, ils sont chiants, mais il peut y avoir une justification. Non, il n’y a pas qu’eux !
    Il faut juste réfléchir aussi au format de ce que vous envoyez. Donc, un format ouvert – je ne vous explique pas ce que c’est parce que vous le savez tous, sinon… dommage, il ne reste que deux minutes !
    S’il y a du texte, prévoyez qu’il puisse être copié-collé, donc n’envoyez pas une image avec du texte, c’est un peu ridicule.
    S’il y a, dedans, des informations qui ne sont pas utiles à la personne, censurez-les. Vous pouvez très bien envoyer un document avec des gros carrés noirs sur des infos personnelles, où il n’y a pas besoin, il n’y a pas besoin.
    Vérifiez le poids du document, parce que vous allez l’envoyer à quelqu’un qui va le stocker dans sa boîte mail, qui va le mettre dans son cloud, il va être répété plein de fois. Donc compressez, il y a plein d’outils pour gérer ça.
    Suivez vos documents. S’il y a un document avec des infos personnelles, vous pouvez mettre un filigrane dessus, avec un texte, je ne sais pas « Pour le loyer de machin ». Des outils existent, par exemple FramaPDF [6], en ligne, permet de faire ça, qui permet plein d’autres choses. Sur mobile, j’utilise Image Toolbox [7], qui permet aussi de gérer des PDF et d’ajouter des filigranes. Il y a filigrane.beta.gouv.fr qui existe aussi, mais il n’est pas terrible parce qu’on ne peut pas choisir la couleur et parfois c’est un peu illisible en dessous.
    Pensez aussi aux métadonnées : quand vous envoyez un document il y a des informations dedans, ces outils-là permettent de les gérer aussi. Typiquement, une photo, il y aura écrit où vous l’avez prise, à quelle heure, l’emplacement GPS… Pas forcément utile de les avoir.

    Vous voulez donner votre pièce jointe, comment faites-vous ?
    Si c’est un formulaire en ligne, vous la mettez dans le formulaire. Si la donnée est utile une fois ou quelques jours, vous la mettez sur un outil qui ne permet de l’avoir qu’une fois ou quelques jours. Par exemple, vous avez valise.chapril.org qui est très bien pour ça.
    Si ce sont des données de santé, vous ne les envoyez jamais par e-mail. Normalement, la personne qui vous les demande a un outil pour le faire. Il y a Doctolib, il y a « Mon dossier santé » [ « Mon espace santé », NdT] qui est fourni par la Sécu, il y a toujours quelque chose.

    Le prétexte pour lequel je fais cette conférence, c’est pour vous dire de nommer vos pièces jointes ! Mettez un nom crédible. Je me rappelle avoir fait la queue à la mutuelle, en janvier, parce qu’il y a cinq personnes qui envoient mutuelle.pdf. La pharmacie, elle sait que c’est une mutuelle. Mettez mutuelle-Maurice-Dupont.pdf.

    Et voilà, six minutes pile, à dix secondes près.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Denis.

    Multiplier par 4 en 4 ans la pénétration de Linux (et du Libre) – Éric Le Bihan

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : On va suivre avec Éric Le Bihan, entrepreneur dans la santé, qui présente le lancement de linux4all [8], coopérative européenne qui a pour mission de démocratiser l’usage de Linux et du logiciel libre auprès du grand public, en réduisant la fracture numérique, en contribuant à la transition écologique par l’allongement de la durée de vie des équipements informatiques.
    Le titre de ta conférence est « Glacier sous le soleil », pardon, est « Multiplier par 4 en 4 ans la pénétration de Linux (et du Libre), ce qui est en train d’arriver. Je te remercie, à toi.

    Éric Le Bihan : Merci.
    Je suis un nouvel adhérent de l’April. Historiquement, j’ai été un grand utilisateur d’Apple et j’ai basculé vers le monde merveilleux du Libre, j’ai eu un Fairphone 6 à Noël. Je suis ici en toute humilité, ne connaissant pas plus que ça, sinon comme utilisateur. J’ai quand même installé Nextcloud [9] dans mes sociétés, historiquement, j’ai donc apprécié concrètement la puissance du Libre.

    Ce que je propose, c’est que nous nous mobilisions tous pour accélérer la pénétration de Linux et du Libre en Europe. Pourquoi ? Pour vraiment conquérir notre liberté numérique, sachant qu’aujourd’hui nous sommes des vassaux numériques des Américains.

    Le paradoxe, c’est que 90 % des serveurs, dans le monde, sont basés sur du Libre, y compris ceux vendus par Microsoft et Oracle, et seulement 4 % occupent les bureaux ; en Finlande ils sont quand même à 11 %, 7 % en Allemagne, et ça progresse aussi en France. Par contre, notre raison d’être c’est le point d’interrogation : pourquoi est-ce si faible ? Nous avons démarré cette réflexion et surtout cette action. L’April, notamment, a beaucoup œuvré pour communiquer sur le Libre, sur Linux, et la réalité c’est que les gens ne basculent pas. Ils restent sur Windows parce que tout le monde a Windows, ailleurs ils ne sont pas conscients qu’il y a un problème.
    Le paradoxe c’est que Linux aujourd’hui est mature, libre, sécurisé, je suis complètement bluffé par la richesse notamment des logiciels, mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

    Quand on essaie de comprendre un peu, et on en est encore au tout début, pourquoi les gens ne basculent-ils pas ? Quand on discute, ils disent que c’est compliqué, que c’est technique, que ça ne marche pas.
    Par ailleurs, il y a clairement un manque de support, les 4 % sont des gens techniques qui acceptent qu’il y ait des bugs, mais les gens normaux ne l’acceptent pas. Ils veulent un service clé en main, ils veulent un ordinateur qui marche. Ce n’est pas Linux qui les intéresse, c’est d’avoir une solution pour remplacer leur ordinateur de bureau. Historiquement, il n’y avait pas les jeux et toutes ces choses, ce qui n’est plus vrai aujourd’hui.

    Nous nous sommes regroupés à quatre pour essayer de voir ce qu’on peut faire concrètement.

    La partie technique, et ce matin on va le voir, est très couverte, je ne prétends pas contribuer sur ce champ. Je dirais qu’il y a plutôt un trop-plein, il y a des centaines de distributions Linux, alors que quand on commence à réfléchir on se dit que pour le grand public, qui est le sujet qui nous intéresse, idéalement il faudrait une distribution. On parie sur la distribution Linux Mint [10] qui nous semble assez adaptée au basculement de Windows vers Linux.
    On va axer sur la communication, une communication de masse. Notre grande ambition c’est vraiment de trouver les influenceurs qui vont propager la bonne parole.
    Par ailleurs, pour répondre à ce besoin de support, on va développer en Europe un réseau de Linux Angels, donc des personnes qui, moyennant rémunération, vont aller chez les gens pour installer Linux et le Libre.
    On va essayer d’offrir un support utilisateur permanent. C’est une des failles de Microsoft et d’Apple qui n’offrent pas, finalement, un support utilisateur satisfaisant, voire ne l’offrent pas.
    Par ailleurs, évidemment, avoir des partenaires qui proposent des PC, notamment avec Linux. Il n’y en a pas vraiment en fait, si on veut en acheter un aujourd’hui, ce n’est pas vraiment possible.

    Je ne vais pas trop détailler. On a un processus pour faire un diagnostic à distance, encourager l’utilisateur à sauvegarder ses données, on est en train de concevoir des mécanismes pour le faire. L’objectif, c’est que le Linux Angel entre chez la personne, après cette préparation, et le fait en une heure, ce qui est quand même un challenge technique, aujourd’hui, on est plutôt sur 90 minutes. E5t, avant de partir, le Linux Angel a formé la personne et elle continue évidemment à accéder au support. C’est quand même un vrai challenge.

    Nous voulons être un acteur très actif pour promouvoir les valeurs du logiciel libre, les services du Libre, avec une focalisation sur le grand public non technique.
    Nous cherchons notamment du soutien de votre part. Nous sommes bien conscients qu’il y a énormément de documentation, de tutoriels, etc., qui ont été faits pour le grand public et nous sommes tout à fait intéressés à pouvoir bénéficier de votre grande expérience.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Éric, Françoise n’osait pas actionner la sonnette, c’est moi qui l’ai fait.

    Bielik AI, un LLM polonais – Ewa Kadziolka

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Nous allons continuer avec Ewa. Tu vas nous parler de Bielik, je ne sais pas comment prononcer, en tout cas un LLM polonais. Je te laisse venir jusqu’à nous.

    Ewa Kadziolka : Bonjour à tous.
    Aujourd’hui je vais vous présenter un LLM polonais qui s’appelle Bielik. C’est une initiative qui est faite en partie par des étudiants des universités à Cracovie, qui ont décidé de le faire. C’est vraiment la réponse à cette hégémonie des intelligences artificielles américaines, anglo-saxonnes, chinoises, tout ce qu’il y a maintenant.
    En ce moment, plus de 4000 bénévoles travaillent sur ce LLM qui est complètement open source.
    C’est vraiment centré sur la langue polonaise. Ils ont regardé tous les documents du Web en langue polonaise.
    Les données ont été vraiment bien filtrées, ils ont veillé à anonymiser les données.
    Ensuite, ils ont construit une autre intelligence artificielle, XGBoost [11], qui a vraiment permis de ne filtrer que les meilleurs textes en polonais, qui soient vraiment en accord avec la culture, le fonctionnement du langage. Avec ces données qui étaient vraiment d’excellente qualité, ils ont entraîné l’IA.

    Comment ça s’est construit ?
    À la base c’était Mistral, ils ont pris justement le LLM français, ils l’ont un petit peu dupliqué.
    Avec l’algorithme Depth Up-Scaling, ils ont multiplié les couches, parce que Mistral a seulement 32 couches et Bielik en a 50, mais Bielik est quand même très petit, il a seulement 11 milliards de tokens. On peut vraiment l’installer sur n’importe quel ordinateur moyen, de gamer, ça marche très bien parce que c’est petit.
    Il est vraiment très performant en ce qui concerne la langue polonaise. Il comprend la syntaxe de la culture et de la langue polonaise, il comprend aussi les expressions idiomatiques, il est capable de les analyser. Il a aussi une intelligence émotionnelle, il est capable de voir les émotions dans les textes et de vraiment comprendre aussi la culture polonaise beaucoup plus que les autres intelligences artificielles.

    Pourquoi est-ce si important ?
    Parce qu’on peut vraiment l’installer sur son propre ordinateur. Chaque entreprise, chaque personne lambda, peut l’installer sur son propre ordinateur.
    C’est complètement gratuit.
    C’est très sécure parce que, une fois installé sur la machine, il n’a pas de contact avec Internet, du coup c’est vraiment une bonne sécurité.
    Ce qu’on paie, c’est seulement le serveur.
    Il commence à être très utilisé par les institutions polonaises comme PZU qui est un assureur, les banques, le Crédit Agricole en France aussi. On l’utilise en Pologne, on peut le mettre dans tous les domaines et dans les clouds qui sont nationaux.

    Cette initiative est vraiment très importante parce qu’elle permet justement la souveraineté des projets.
    Elle supporte aussi les langues qui sont sous représentées. Beaucoup de personnes parlent polonais, mais aussi le tchèque, d’autres langages qui ont besoin d’être mis en valeur, d’autres cultures qui ont besoin d’être mises en valeur. Bielik fait justement en sorte de ne pas tomber que dans cette culture anglo-saxonne, il met en valeur aussi d’autres cultures, le langage et la souveraineté des données.
    Vous pouvez regarder les sources qui sont toutes nouvelles, de cette année et aussi les deux assistantes qui m’ont aidée à écrire cela [Photo de ses deux chats, NdT].

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Ewa.
    J’adore tes assistantes. Je suis sûre qu’il y en a plein qui te les envient.

    La collaboration chiffrée de bout en bout avec CryptPad – Fabrice Mouhartem

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Avec qui va-t-on continuer ? On va continuer avec Fabrice Mouhartem, qui ne vient pas nous parler d’origami mais de CryptPad [12].

    Fabrice Mouhartem : Merci.
    Aujourd’hui je vais vous parler de CryptPad, une suite office collaborative chiffrée de bout en bout. Ce n’est pas mal parce que les suites collaboratives ont déjà été évoquées précédemment par Denis, entre autres, sur les pièces jointes, sur la collaboration.

    Qu’est-ce que CryptPad ?
    CryptPad est une suite office qui propose d’emblée plein d’applications différentes pour divers usages, tout ce qu’il faut, tout ce dont on a besoin dans une suite bureautique : présentation, feuille de calcul, éditeur de document, donc, sur les corps de métier on peut avoir plus de présentations et de feuilles de calcul que de documents texte et aussi d’autres applications, qu’on peut voir ici, ce n’est pas exhaustif.
    Un éditeur de formulaire est proposé, chiffré de bout en bout, ce qui peut être assez utile étant donné l’importance des données qui peuvent être échangées dans les formulaires.
    Un éditeur de texte Markdown pour les personnes un peu plus tech.
    Un éditeur Rich Text qui va se différencier de l’éditeur des traitements de texte en forme de pad, dans le sens où on aura quelque chose qui sera plus proche du format web.
    Un éditeur de tableau blanc.
    Un éditeur de diagramme.

    L’objectif de CryptPad c’est de proposer une alternative pour essayer de s’émanciper des solutions des GAFAM, des Big Tech américaines, comme je l’ai dit.
    Historiquement, ça a été développé par XWiki SAS [13] qui est une entreprise membre de l’April depuis très longtemps.
    Initialement, XWiki est un éditeur de wiki. L’objectif est la de connaissance. On voulait avoir justement de l’édition en temps réel dans le wiki. L’ingénieur qui s’en occupait avait implémenté ça de manière chiffrée de bout en bout et en plus de manière modulaire. On s’est dit qu’on pourrait faire autre chose à part, d’où le nom CryptPad, le but étant de faire des pads, comme Etherpad, mais chiffrés de bout en bout, d’où le « crypt ». Ensuite, on s’est rendu compte qu’un document, dans beaucoup de cas, ça pouvait être juste du texte et qu’on pouvait adapter cela, s’occuper de faire l’interface, donc proposer une interface qui puisse permettre d’éditer facilement des documents.

    L’objectif, comme je l’ai dit, c’est de pouvoir proposer cette collaboration sécurisée, chiffrée de bout en bout, au plus grand nombre, puisque, du coup, l’outil de chiffrement existe déjà, on peut penser à OpenPGP, par exemple, pour chiffrer des mails, pour chiffrer des documents, etc. Souvent il y a une interface en ligne de commande qui ne va pas forcément être facile à utiliser avec une gestion explicite des clés qui ne va pas forcément être facile à déployer.
    Pour nous, l’objectif est de fournir une application web qui puisse permettre simplement, devant une page web, de partager les documents, de pouvoir commencer à collaborer dessus, éditer le document directement, éviter d’avoir 15 milliards de versions, le tout avec une interface le plus possible familière, sachant qu’on aura des limitations dues au chiffrement, etc. Le chiffrement de bout en bout va commencer directement dès l’identification, simplement à partir de son login et de son mot de passe. Techniquement, le login fait aussi un peu partie du mot de passe, on va dériver les clefs nécessaires à l’utilisation du logiciel. Ce qui veut aussi dire qu’un identifiant n’est pas unique, on peut avoir un identifiant avec plusieurs mots de passe, qui vont être plusieurs comptes, donc la même chose.
    Il y a des choses qui vont être un peu moins familières, par exemple ce qui va définir votre compte c’est une clef publique, c’est parfois un peu technique, mais lorsque vous partagez un document il suffit juste de cliquer sur « Partager » et on partage.

    On propose ainsi une dizaine d’applications, que j’ai montrées précédemment, avec en plus des formulaires qui sont assez utilisés. L’ONU avait testé pour un formulaire et pas mal d’associations humanitaires qui cherchent à protéger l’identité d’activistes, qui cherchent à protéger l’identité de leurs participants et participantes.
    Des kanbans pour la collaboration.
    Un éditeur de diagrammes si on veut faire des diagrammes un peu plus techniques.
    Et d’autres outils pour permettre une collaboration plus facile dans une interface web : on peut avoir des calendriers qui ont malheureusement l’inconvénient d’être chiffrés de bout en bout ce qui fait que c’est difficile de les partager. On peut les partager via l’application web, mais on peut difficilement les intégrer par exemple sur des téléphones.
    Une gestion d’équipe. On peut éditer les permissions document par document globalement en partageant des clefs. Si on n’a pas la clef de déchiffrement, on ne pourra pas voir le document, donc, de fait, il sera protégé. Si on n’a pas la clef de signature, on ne pourra pas écrire dans le document, etc.

    Notre objectif est de fournir à tous, en tout cas au plus grand nombre, de la collaboration et de la vie privée, et on peut effectivement avoir les deux grâce à CrytPad.

    Pour conclure, le projet est hébergé sur cryptpad.org. L’entreprise XWiki héberge l’instance cryptpad.fr.
    On a fait beaucoup de travail sur l’accessibilité UI/UX [User Interface/User Experience], l’interface utilisateur et l’expérience utilisateur et utilisatrice, dans le sens où on veut faire un projet qui soit utilisable par le plus grand nombre, comme on disait, on ne veut pas avoir quelque chose en ligne de commande un peu compliqué, ce qui est très bien, je le fais tous les jours, mais bon !
    Nous avons eu des problèmes sur notre serveur avec de gros ralentissements, parce que nous avons développé, sur la dernière année, une nouvelle architecture de serveur qui puisse passer à l’échelle.
    Nous avons aussi effectué, l’année dernière, pour des questions de sécurité, des expérimentations post-quantiques, je n’aurai pas le temps d’en parler, on pourra toujours en parler en off.
    Une alternative aux GAFAM, des finances transparentes, en logiciel libre, donc aussi la gestion est transparente.

    Si vous voulez participer au projet, il y a plusieurs solutions, vous pouvez participer aux traductions, vous pouvez faire des dons, ou aussi vous inscrire sur cryptpad.fr, créer un compte cryptpad.fr payant. D’ailleurs ce week-end, il y a une offre promotionnelle, il y a un code de réduction APRIL2026, collé et en majuscules, pour ce week-end.
    Merci beaucoup.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci beaucoup Fabrice. Si vous avez des questions, ce sera à midi puisque tu nous fais l’honneur de rester avec nous pour l’heure du repas.

    Strapi – CMS Headless – Julie Chaumard

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Ce n’est pas un problème technique, ce sont des détails techniques.

    Julie Chaumard : Je vais vous parler d’un outil qui s’appelle Strapi [14] avec lequel je travaille.

    Qu’est-ce que Strapi ?
    C’est un CMS Headless, ce qui veut dire que ça sert à saisir du contenu et ce contenu pourra être utilisé sur n’importe quel produit numérique, que ce soit sur un site internet, un dashboard financier. C’est donc un CMS Headless uniquement pour saisir du contenu, pour définir le contenu.
    C’est assez différent des types de CMS que l’on connaît déjà, qui seraient des CMS mais pas headless. On connaît par exemple WordPress, CryptPad, Spip, etc. Dans ces CMS-là, on peut saisir le contenu, mais on peut aussi faire des pages internet, on peut définir ce qu’on appelle le front-end, c’est-à-dire ce que les personnes vont voir. Ici pas du tout, les personnes saisissent le contenu et vont l’envoyer vers un produit numérique qui serait un site internet – un site internet qui, globalement, serait développé par un développeur –, une application mobile ou n’importe quel produit numérique.

    Strapi été développé par des Français. Maintenant l’entreprise est américaine mais toujours détenue par les fondateurs français.
    Il est sous licence MIT [15] et il fonctionne sur un open core model, c’est-à-dire que l’application en elle-même est libre, mais il rajoute des fonctionnalités payantes, par exemple l’historique de saisie, c’est le côté pas terrible.

    Pour saisir le contenu on a une interface. Strapi fournit une interface de saisie de contenu conviviale pour les personnes qui ne sont pas informaticiennes et cette interface a un score d’accessibilité de AA. Le score d’accessibilité le plus bas c’est A, ils sont à AA, ce n’est déjà pas mal, mais ça serait bien qu’ils atteignent AAA, les trois A. J’ai entendu une conférence du fondateur. Il a dit que c’était important pour lui, on espère qu’il va continuer.

    Donc Strapi peut fournir du contenu, par exemple un catalogue de produits, une application mobile. Un des avantages de Strapi, c’est vraiment seulement la saisie du contenu par rapport à un WordPress où ça fait tout et on met tout dans un bloc. Là on peut ajouter toutes les briques qu’on veut derrière et surtout un environnement de développement dont on aura envie en fonction des fonctionnalités qu’on veut créer.

    Comment installe-t-on Strapi ?
    Strapi propose son cloud, si on n’a pas envie de gérer un serveur.
    Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai installé Strapi moi-même sur un serveur VPS, un serveur virtuel que j’ai loué.

    Qu’est-ce qu’on installe sur ce serveur ?
    On installe Strapi, ça tourne sur Node.js [16], on doit donc installer Node.js. Il lui faut aussi une base de données, j’ai mis MySQL, mais on peut installer Postgres.
    Il faut aussi un serveur web parce que l’application n’est pas une application qu’on installe sur un ordinateur ou un terminal, en fait elle est accessible via Internet, par exemple Mozilla Firefox. Personnellement j’ai choisi le serveur web Nginx.

    La particularité de Strapi, comment ça fonctionne ?
    On l’installe sur le serveur et c’est à partir de l’accès sur ce serveur que les personnes non-informaticiennes vont saisir le contenu.
    Quant à nous, informaticiens, nous allons préparer les champs de saisie du contenu, par exemple on fait un site pour un orchestre. Les gens qui vont saisir des concert font partie du concert, mais ils ne connaissent rien à l’informatique, ils vont définir les champs et nous allons préparer le site – le titre du concert, la date, etc. On prépare ça en local, sur la machine du développeur, on ne le fait pas sur le Strapi qui est sur le serveur, c’est une chose sur laquelle on a du mal quand on démarre.
    On installe Strapi, pareil, même environnement, Node.js, serveur web, une base de données aussi en local et après on porte la configuration qu’on a faite sur le serveur.
    Comment je fais pour le porter ? J’utilise un dépôt git, j’ai mon propre dépôt git, Gitea, dont j’espère vous parler un jour.

    Magali Garnero : L’année prochaine !

    Julie Chaumard : Comment va-t-on récupérer les données que des personnes ont saisies dans Strapi ? Les personnes utilisent toutes les informations qui sont contenues dans le site internet et nous, nous devons les afficher sur un site. Comment va-t-on faire ? On va faire avec l’API qui va faire l’interface entre Strapi sur lequel il y aura le contenu et, par exemple, un site internet, une application web ou un dashboard.
    Pour ceux que ça intéresse, l’API permet de faire des requêtes REST ou GraphQL.
    Donc voilà comment on récupère le contenu.

    Strapi est quelque chose quand même d’assez puissant, il y a beaucoup de fonctionnalités dont je ne vous parlerai pas, mais une qui est intéressante c’est Webhook [17]. Pour ceux qui connaissent, en fait si quelqu’un modifie un contenu dans Strapi, par exemple qui rajoute un nouveau concert, ou n’importe quoi, on peut programmer un Webhook dans Strapi avec un programme qui dit « on envoie une newsletter avec un nouveau concert par exemple », juste le fait qu’une personne a saisi le concert, on peut programmer derrière un déclencheur, ça déclenche une action.
    On peut aussi injecter du contenu en automatique, par exemple une liste de profs, d’élèves, on ne va pas la ressaisir, on peut la rentrer dans Strapi si on en a besoin.

    En tant que développeur, on installe Node.js, ça tourne sur Node.js.

    Vous pouvez récupérer du contenu de Strapi avec PHP, avec Python, avec JavaScript, ça dépend de l’environnement dans lequel vous voulez mettre vos données. Mais il faut quand même installer Node.js sur son ordinateur parce que ça tourne avec Node.js Maintenant si vous n’aimez pas Node.js, si vous ne connaissez pas Node.js, si vous préférez Python par exemple, il faut quand même l’installer, mais on vous demande pas de connaître Node.js. Il suffit de lancer l’installation et voilà, on ne vous demande pas de connaître Node.js, c’est aussi pas mal en termes d’installation, ça se fait très facilement.

    Vite fait, voilà à quoi ça ressemble parce que j’arrive à la fin.
    Le bandeau que vous voyez sur le côté, c’est une école de musique qui a fait des actus, des professeurs, des événements. En fait, les gens qui veulent ajouter une actualité, ils cliquent sur « Actualité » et voilà. Ça c’est la liste des actualités que les personnes ont inscrites. Ils cliquent sur « Actualité », ça peut ressembler peut-être à WordPress et là ils saisissent et après on met sur un site.

    Voilà, j’ai fini, je n’ai pas tout dit, mais je n’ai déjà mal présenté.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Julie.

    Ouvrir les projets libres de l’April à la contribution – Frédéric Henry

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : On va recevoir Frédéric Henry.
    Tu es membre de l’April, tu animes le service BD [18]] du Chapril et, quand tu ne bidouilles pas des ordinateurs, tu participes à des projets logiciels. Ta conférence c’est « Ouvrir les projets libres de l’April à la contribution ».
    Merci.

    Frédéric Henry : Bonjour cher public.
    Aujourd’hui, je vais vous parler un peu de l’April et, plus exactement, des différentes manières de contribuer à ses projets logiciels.

    Sommaire.
    Je vais vous parler un peu de l’environnement de l’April, de sa contribution et de ses projets.

    L’environnement.
    L’April, cette association, a sa propre forge. C’est-à-dire qu’elle a plein de petits dépôts Git [19] avec le code source de tout un tas de projets logiciels.
    L’April c’est aussi un gestionnaire de tickets avec une instance Redmine [20].
    C’est aussi de la documentation avec plusieurs sites de wiki.
    Ce sont aussi des listes de discussion pour échanger par mail via une instance Sympa [21].
    Et enfin nous avons même de vieux salons IRC [Internet Relay Chat] pour nos échanges instantanés. IRC, c’est vraiment un truc de vieux, mais bon, ça marche tellement bien !

    Contribution.
    Cher public, sache que le moyen le plus simple de contribuer sans être membre de l’April c’est encore d’échanger via nos salons IRC.
    Si tu constates qu’on pourrait ajouter une nouvelle fonctionnalité, qu’il y a un petit dysfonctionnement sur un de nos services ou si tu veux quelque chose d’un peu plus pérenne, tu peux aussi passer par nos listes par courriel. En général, c’est quand on a la flemme d’installer un client IRC. C’est plus sympa de passer par le courriel et puis il y a un peu plus de pérennité dans les messages.
    Enfin, si tu as un peu plus de temps à nous consacrer, tu peux aussi nous rédiger des tickets. Via Redmine, tu peux nous rédiger de gros pavés de texte, avec un maximum de détails, que ce soit pour un incident ou pour proposer ,une nouvelle fonctionnalité. Il n’y a aucun problème. Ça reste longtemps et, parfois il nous arrive même de résoudre des vieux tickets qui datent de deux ou trois ans. Mais c’est toujours disponible et, au bout d’un moment, il y a toujours un membre de l’April qui finit par résoudre le problème.
    Enfin, en tant que membre de l’April, tu as des options supplémentaires.
    Par exemple, si tu es à l’aise sur ton clavier, que tu aimes la programmation, tu peux carrément nous faire ce qu’on appelle une requête de fusion. C’est-à-dire que tu vas proposer une solution à un problème. Tu pars d’un dépôt, tu bifurques sur le tien, tu fais la modification, tu proposes le changement sur le dépôt d’origine et un gentil membre va accepter, ou non, la requête.
    Tu peux aussi enrichir notre documentation. On a tout un tas de pages de wiki sans fin, avec des fautes d’orthographe, tu peux corriger nos fautes d’orthographe et de grammaire, nous serons contents. Si tu es aussi maniaque que moi, tu vas même refaire la typographie des titres !

    Projets.
    C’est bien beau tout ça, mais il y a quoi comme projets à l’April ? Il y en a plein.
    Déjà, il y a tous nos sites web : le site de l’April, le site du Chapril, notre ex-chaton [1].
    Il y a aussi Libre à vous ! [22].
    Je pourrais aussi citer l’Expolibre [23].
    Il y en a plein !

    Il y a des projets plus internes avec toutes sortes d’outils. Par exemple, au Chapril, nous avons des scripts dédiés à la modération, parce que, quand on automatise, c’est plus pratique pour faire la police.
    Et, pour nos administrateurs système, on a aussi ce bon vieux Icinga Bot [24] pour superviser la bonne santé de nos machines virtuelles.
    Je citerais aussi gDTC [25]. On n’en parle pas beaucoup et pourtant on s’en sert à chaque fois, ne serait-ce, par exemple, que pour valoriser votre bénévolat.
    Enfin, si vous traînez dans nos salons IRC, vous avez peut-être croisé Alexandrie [26] qui nous permet d’enrichir notre revue de presse mensuelle. Ou alors le fameux Hebdobot [27] que l’on croise chaque vendredi à midi pour notre revue hebdomadaire.

    Et voilà. J’espère vous avoir un peu motivés.

    Au fait, Echarp, je t’ai envoyé une pull request pour l’Agenda du Libre [28]. Ça fait un mois ! C’est mal !
    Salut.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci beaucoup Frédéric.
    Echarp, c’est mal ! La prochaine fois, c’est à moi que tu l’envoies !

    Les divisions dans la communauté Linux en particulier et du Libre en général – Boris Valero

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Boris Valero. Cette conférence a pour objectif de présenter les divisions dans la communauté Linux en particulier et du Libre. Son but est de partir d’une approche humoristique pour arriver à un questionnement sérieux. Son titre : « Les divisions dans la communauté Linux en particulier et du Libre en général. »
    Je précise, Boris, que tu as fait une alternance à Framasoft pendant plusieurs mois, c’est de là que tu nous viens aussi. Merci et je te laisse parler.

    Boris Valero : Merci.
    Comment l’idée de cette conférence est-elle venue ?
    J’étais dans une install partie pour aider les gens à installer du GNU/Linux et l’organisateur me tend une clef USB, avec dessus Ventoy [29], que certains connaissent peut-être, un outil qui permet d’installer Linux sur les ordinateurs. Sur cette clef, avec Ventoy installé, il y avait 20 fichiers ISO. La personne qui était à côté moi, une directrice d’école, me pose la question : « Pourquoi y a-t-il autant de distributions Linux ? ». C’est comme cela qu’est née cette conférence. Dans le même temps, j’ai vu l’appel à projets de l’April et j’ai proposé cette conférence.
    Il s’agit de poser un regard peut-être un petit peu humoristique sur ces divisions pour s’interroger, en fin de conférence, un petit peu plus sérieusement : finalement est-ce que ça fait avancer la cause du Libre ?

    On peut dire un mot sur la guerre des environnements de bureau.
    Ici, vous avez la courbe de popularité du bureau GNOME et ici, à partir de 2010, vous voyez une baisse globale qui correspond à l’apparition de la version 3 de GNOME, qui a déçu un certain nombre d’utilisateurs, qui a notamment été imposée dans les versions d’Ubuntu à partir de la version 16.4.
    Au milieu des années 2010, c’était un petit peu à la mode de proposer son fork de GNOME 3. Qu’est-ce que ça a donné ? Ça a donné Cinnamon, ça a donné MATE, certains prétendent que Xfce est un fork de GNOME 2, mais non ! C’est intéressant.

    La guerre des distributions.
    Vous avez peut-être suivi ce qui s’est passé autour de Red Hat, qui, maintenant, a arrêté le développement de CentOS, ça a donc donné lieu à la division de deux distributions Rocky Linux et AlmaLinux qui existent, donc division encore une fois.

    La guerre des langages.
    Vous avez peut-être suivi l’affaire. Ubuntu 26.04 arrive dans quelques jours. Quand vous allez taper votre mot de passe dans le terminal, notamment pour mettre à jour votre distribution, des astérisques vont apparaître alors qu’avant Ubuntu 26.04, quand vous tapiez votre mot de passe, vous n’aviez aucun astérisque. Pourquoi y a-t-il ces astérisques ? Parce que les équipes Ubuntu ont implémenté le langage Rust dans le terminal Ubuntu, donc Rust versus le langage C, cf. la première conférence. Il y a donc également des enjeux de conflits de langages derrière.
    Juste pour la petite histoire, vous avez actuellement des posts sur des forums anglophones où ça débat très sérieusement et de manière assez virulente de la possibilité d’avoir des astérisques ou non dans le terminal Ubuntu.

    Derrière, il y a aussi des enjeux d’innovation. J’ai choisi d’illustrer cela par deux distributions, moins connues qu’Ubuntu et que, par exemple, Fedora ou Arch, NixOs et Guix, c’est la même chose. Quelle est la différence entre les deux ? Celle de gauche [Guix] ne propose que des packages 100 % libres, validés par la FSF, la Free Software Foundation, alors que NixOs propose des packages dont certains sont propriétaires.
    Vous avez donc également des enjeux derrière qui concernent le monde du Libre.

    L’égo des développeurs.
    Je ne pouvais pas faire cette conférence sans parler de la petite guéguerre LibreOffice/OpenOffice.
    J’ai trouvé cette page hier ou avant-hier, c’est important de le noter, le 26 mars 2026. C’est un tableau fait par LibreOffice sur le site de LibreOffice. Ce qui est intéressant c’est qu’il indique, par exemple, que la dernière version majeure d’OpenOffice date d’avril 2014. Vous voyez les chiffres qui sont tout à fait au désavantage d’OpenOffice. Rappelons qu’OpenOffice est encore maintenu et a sorti une version en début d’année, la 4.1.6. Vous pouvez donc un petit peu apprécier ce que j’ose qualifier, mais c’est mon point de vue, de mauvaise foi de la part de LibreOffice envers OpenOffice.

    Pour ceux qui codent, vous avez également la guerre des éditeurs de texte. Avec quoi coder ? Vous avez aussi des débats, vous avez les pros de VS Code.
    Maintenant, avec l’intelligence artificielle, vous avez des éditeurs dopés à l’IA et, comme vous le voyez sur l’image, il y en a qui sont assez motivés pour produire des visuels sur des logiciels de graphisme.
    Je cite Vim, c’est intéressant. Et vous avez même des sources, comme j’ai mis en haut, « Vim versus Emacs : le grand débat », qui font débat : quel est le meilleur éditeur de texte ?

    Le plus visuel et le meilleur pour la fin. Je n’ai pas eu à chercher très loin pour celle-ci, je suis allé sur Wikipédia sur la page List of Linux distributions, « la liste des distributions Linux » [30], et c’est le graphique des distributions dérivées d’Ubuntu, que d’Ubuntu. J’ai voulu mettre celles de Debian, mais ça ne rentrait pas sur l’écran !

    Maintenant en conclusion, puisqu’on arrive à la fin, j’aimerais que tout le monde, dans la salle, ferme les yeux, se mette dans la peau d’un utilisateur de Windows, qui veut quitter Windows parce que son ordinateur est obsolète, parce que son ordinateur ne recevra pas la mise à jour vers Windows 11. Tout le monde se met dans la peau d’un utilisateur de Windows, c’est plus ou moins difficile selon les personnes ! Cette personne a entendu parler, à son bureau, qu’une alternative existe, Ubuntu. Elle se rend sur Wikipédia pour se renseigner sur Ubuntu et elle tombe sur ce graphique. Quelle serait votre réaction ?
    Merci beaucoup et bonne journée !

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Boris.

    MkDocs, Material et Zensical – Françoise Conil

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : On va continuer avec Françoise Conil, qui est développeuse logicielle et administratrice de l’April. Elle est en train de mettre en place ses slides juste derrière moi. J’ai l’impression que tu es prête, je te donne le micro.

    Françoise Conil : Merci Magali.
    Je vais vous parler de MkDocs, Material et Zensical.

    MkDocs [31] est un générateur de sites statiques, hyper simple, super pratique qui a été créé par Tom Cristie en 2014.
    Il est hyper populaire parce qu’il 90 000 projets, rien que sur GitHub, qui l’utilisent.
    C’est orienté plutôt de documentation technique.
    On écrit les sources en Markdown.
    Sa documentation est claire.
    Il intègre un petit serveur web de développement.
    Un greffon de recherche est intégré, ce qui fait que ça garde les recherches en interne sur le site, et c’est intéressant.
    Pour les gens qui sont habitués au Python, ça s’installe tout à fait classiquement, donc très simplement, on fait « pip install mkdocs » et on roule.

    Pour créer son site, il suffit de faire « mkdocs new » et là on crée une structure vraiment très simple avec un fichier de config qui a un seul paramètre obligatoire : le nom du site.
    Il y a une page d’accueil, en Markdown, et puis c’est tout et ça roule. Vous faites « mkdocs serve » et vous avez votre serveur qui marche, c’est vachement facile. Il n’y a pas de problème de montée en compétences, c’est super aisé.

    Il intègre deux thèmes par défaut : le thème « mkdocs » et le thème « Read the Docs ».
    Je passe parce que je dépasse déjà.

    Ce qui est assez cool : c’est un site statique, donc on génère des fichiers statiques avec la commande « mkdocs build ».
    Ensuite, il suffit de copier les fichiers statiques générés avec votre outil – scp, rsync, etc. – en suivant les indications de votre hébergeur. Sinon pour ceux qui sont à l’aise, il y a des commandes qui permettent de déployer des pages sur GitHub Pages, on fait juste « mkdocs gh-deploy », ça génère le site, ça crée un commit sur une branche, ça pousse la branche sur GitHub et ça vous indique, tout en bas de votre écran, l’URL de publication de ces pages.
    C’est hyper simple, hyper facile.

    Material, pour MkDocs, c’est le thème le plus populaire qui existe sur MkDocs.
    C’est porté par une société, une équipe qui a maintenant trois personnes, ça a été créé par Martin Donath en 2015.
    C’est utilisé par 50 000 projets sur GitHub.
    C’est moderne, c’est joli.
    La doc est très claire, c’est très professionnel, l’installation est super simple. Vous installez le paquet mkdocs-material sur MkDocs, vous changez le thème dans le fichier de configuration mkdocs.yml et roule.

    Vous avez plein de facilités d’adaptation de l’interface, ce qui est super cool quand vous n’êtes pas un pro de l’interface : 7 % des utilisateurs de Material savent faire du front-end, les autres sont des gens qui prennent ça parce que ce n’est pas leur truc.
    Vous pouvez facilement utiliser plein de fontes Google. Ce qui est chouette c’est qu’il y a une option pour les charger localement, donc faire en sorte que ça n’aille pas sur Google chaque fois que des fontes sont utilisées, c’est une option privacy.
    Vous avez la possibilité de changer une palette de couleurs, d’afficher les liens vers les dépôts git avec des petits indicateurs de forks, de machins, etc.
    Vous pouvez mettre des liens sociaux.
    Vous avez la possibilité de mettre plein d’icônes et d’émojis, avec des shortcode, c’est super sympa.
    Et puis vous pouvez intégrer des grilles, des cartes, des onglets, des diagrammes Mermaid [32]. C’est super chouette, vous pouvez vraiment faire plein de choses, c’est donc pour cela que c’est très utilisé.

    Voilà un exemple de rendu, on ne va pas s’éterniser, parce que je présente ça début décembre 2025 et mi-décembre 2025, paf, MkDocs is dead, publication de Martin Donath de Material qui dit « ça fait un an et demi que MkDocs n’est plus maintenu, on arrête Material ». On a un autre gros plugin qui est « mkdocstrings » pour la documentation technique, c’est-à-dire pour l’extraction des en-têtes de fonctions, ce qui permet de faire la documentation des différents d’API, etc., et il dit pareil, « on arrête ça. »
    Ils ont fait quatre articles de blog qui permettent de comprendre un peu pourquoi ça se passe comme ça, de leur point de vue, bien sûr. Ils décrivent les évolutions qu’ils envisageaient, les limitations qu’ils rencontraient, pourquoi ils arrêtent Material et bien sûr, à ce moment-là, pourquoi ils lancent leur nouveau framework « Zensical ».

    Il y a une semaine, le recul n’est pas énorme, on est en plein dans les turbulences, un article est sorti qui explique que l’écosystème MkDocs est en train de se fragmenter en temps réel, qu’il y a trois successeurs, trois visions et on continue dans la guerre qui a été évoquée juste précédemment, les compétitions, ce genre de problème.
    Effectivement, la créateurice de MkDocs a dit « je fais une version 2.0 ». Le problème c’est que cette version 2.0, qu’on attend encore, qui n’est pas encore visible, je crois, serait non rétrocompatible, plus de système de plugin sur lequel s’appuient justement Material, mkdocstrings, etc. Pour tous ceux qui avaient ces systèmes-là, ça ne pourra plus marcher. Plein de sites qui utilisent ça ne pourront plus fonctionner, donc ça pose problème.

    Zensical [33]
    C’est la suite de Material.
    C’est quand même une société, ils ont donc des clients et leur priorité première c’est de garantir à leurs clients de pouvoir migrer de Material vers leur nouvelle solution, d’avoir quelque chose qui tourne et de résoudre les problèmes techniques qu’ils avaient auparavant parce qu’ils ambitionnent de pouvoir avoir des sites statiques – parce que c’est déjà le cas – de clients qui ont des dizaines de milliers de pages. Il y a des problèmes de performance, etc., qu’ils doivent résoudre, des problèmes de gestion multilingues, des problèmes d’avoir plusieurs versions de la documentation statique, ce qui n’est pas toujours facile à résoudre. Ils vont donc faire ça.
    Ils promettent que Zensical est pleinement open source, sous licence MIT [15], et ils font un moteur de recherche, intégré, qu’ils promettent de mettre en open source.

    Du coup, j’avais fait mes pages personnelles avec le « combo » précédent, j’ai donc essayé de tester ce nouvel outil et ça a marché vraiment facilement.
    J’ai utilisé leur fichier de configuration. Il est beaucoup plus long, il y a plein d’options mais qui sont documentées donc je l’ai adapté avec ce que j’utilisais.
    Je n’ai même pas touché la structure et le contenu de mes dossiers, de mes pages Markdown ou quoi que ce soit. Ça a même simplifié les extensions que j’utilisais parce que, par défaut, il y a une configuration qui fait que ce qu’on utilisait à peu près dans Material, ça fonctionne.
    Donc assez cool, migration facile, pour un site, je le rappelle, simple, rien de compliqué dans mes pages personnelles. C’est donc une expérience plutôt positive pour moi pour le moment.
    C’est donc un outil potentiellement plus riche et plus puissant, avec le risque, je trouve, que peut-être le produit se complexifie. Si la cible visée ce sont peut-être aussi des gros clients, est-ce que ça restera quelque chose d’intéressant pour des petites solutions ?
    Il y a des discussions sur Discord, mais je n’aime pas.

    Tout cela m’amène à quelque chose dont je voulais vraiment parler ici. Je vous demande encore un petit peu d’attention. On a ce problème ce projet [34].
    On trouve des statistiques qui disent que pour 30 % des projets libres, il n’y a qu’un seul mainteneur.
    Je voulais montrer la fameuse Dependency de xkcd, avec le développeur du Nebraska, qu’on connaît tous, parce qu’effectivement, pour MkDocs, il y a toujours eu une succession d’une seule personne pour maintenir le projet et là-dessus il y a différentes choses qui se greffent : Material, il sont trois, c’est une société, ils vivent, ils arrivent à gagner de l’argent, mais sur MkDocs qui est à la base, il n’y avait pas cette force de développement.
    Malheureusement, dans ce genre de situation, on peut voir aussi des tensions, des réactions violentes, parce que ça réagit par en dessous, etc.
    Pour citer un petit peu différents projets que j’ai pu voir, par exemple Flask [35]qui est un outil pour faire du développement web, à la sortie de la version 3, il y a eu un article de blog de quelqu’un qui s’appuyait dessus et qui était vraiment très virulent. Des choses ne marchaient plus exactement comme avant, c’était un changement de version majeure, donc, c’était embêtant. En fait, la personne a fait un autre article de blog disant « je ne m’excuserai pas parce que j’ai signalé des problèmes qui étaient réels. »
    Vous connaissez sûrement probablement beaucoup les problèmes qu’on a eus de changement de Python 2 à Python 3.
    Il y a eu aussi une spécification sur laquelle plein d’utilisateurs dans le monde Python n’étaient pas d’accord, qui a fait que le fondateur de Python a dû laisser tomber son idée de Benevolent dictator for life, il a dit « je jette l’éponge parce que je me suis senti misérable avec toutes les attaques que j’ai reçues, la nuit je me suis levé, j’ai écrit un mail et j’ai abandonné ».
    Dans le cas de MkDocs, la personne dit : « J’en ai marre de travailler dans un environnement aussi peu diverse, je trouve qu’il n’est pas accueillant, etc. »
    Il faut aller lire l’article The Slow collapse of MkDocs [36]. Tant qu’on n’est pas au milieu des gens, on ne sait pas comment les choses se sont passées et pourquoi.

    Je voulais finir, je ne vais pas vous assommer, j’ai cette dernière slide. Alyssa Coghlan est une core developpement Python et a fait une conférence Do you want to get more involved in open source [37] qui est très intéressante. Elle explique que dans l’open source il y a effectivement beaucoup d’interactions humaines, une charge émotionnelle importante, des difficultés qui peuvent amener ces tensions-là. Elle rappelle qu’il ne faut pas oublier que la plupart des licences libres disent que le logiciel est fourni as it is, « comme il est », et que fitness for purpose is disclaimed, c’est-à-dire que l’adaptation à vos besoins ne relève pas forcément du mainteneur et que, malgré tout, on a des mainteneurs qui reçoivent aussi des demandes qui sont un peu irréalistes et des choses un petit peu dures. Elle parle aussi de toxic behaviour, du racisme, du sexisme et des différents types de discriminations qui peuvent exister aussi, et puis, derrière, de tous les aspects positifs de la contribution aux logiciels libres.
    J’arrête là. J’en ai plein. Je pourrais continuer sur les difficultés. On pourra en parler en dehors.
    Je vous remercie de votre attention.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci beaucoup Françoise. Je rappelle à ceux qui sont intéressés rendez-vous à midi pour les questions.

    ODFStudio.org : réinventer la contribution francophone à la bureautique libre ! – Régis Perdreau

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Nous accueillons maintenant Régis Perdreau qui nous fait conférence intitulée « ODFStudio.org : réinventer la contribution francophone à la bureautique libre ! »
    Merci beaucoup.

    Régis Perdreau : Bonjour.
    Je suis Régis Perdreau de l’association La Mouette [38].
    Je vais vous parler d’un petit projet récent, qu’on a au sein de l’association qui est ODF Studio [39].

    Pour situer le contexte de l’association.
    Nous sommes une petite association qui regroupe des passionnés de bureautique libre, à l’époque où c’était moins courant qu’aujourd’hui.
    Nous en faisons la promotion et nous sommes essentiellement centrés historiquement sur LibreOffice et Collabora Online, la version en ligne de LibreOffice.

    LibreOffice est un produit desktop, encore aujourd’hui, assez historique, c’est l’ancienne technologie, on va dire, et c’est toujours utilisé.
    On voudrait un petit peu favoriser à nouveau la contribution, surtout la contribution francophone qui, on va dire, est imparfaite.

    Pourquoi s’intéresser encore aujourd’hui une application desktop ?
    Simplement parce qu’on a un accès total à la machine, pas par le truchement d’un navigateur.
    L’indépendance du navigateur et du cloud est toujours recherchée par certaines personnes.
    Les documents lourds posent moins de difficultés et les documents privés le restent. Si vous ne voulez pas partager, avec qui que ce soit, ça reste possible.
    C’est aussi une source de vérité graphique. Les navigateurs ont une toute petite tendance à avoir leur vérité propre. Si vous changez de navigateur, vous n’avez pas toujours le même texte.
    Il y a aussi une problématique sur laquelle on travaille, c’est le format : qu’est-ce qui nous garantit que dans x années ce sera toujours lisible ? Eh bien, ce n’est pas garanti. Un bon format serait indépendant du logiciel, on n’est pas du tout sûr de la pérennité de n’importe quel logiciel, les documents peuvent vivre beaucoup plus longtemps.
    Et il y a une implémentation libre et documentée.

    Open XML, le format très utilisé dans le domaine professionnel, issu de la société bien connue dont le nom commence par « M », n’est ni libre, ni correctement documenté par ces autres points de vue [sic] et cela pose d’importantes difficultés.
    Un format a pris le relais, un peu alternatif, OpenDocument Format [40], qui est documenté, indépendant du logiciel et qui possède au moins une implémentation libre.

    C’est très militant. [Image d’une personne qui refuse le format OOXML et sourit au format ODF, NdT]

    Le projet LibreOffice est libre mais supervisé. Il est supervisé, gouverné par The Document Foundation [41], une fondation à Berlin.
    Il y a un savoir collectif qui est très important, mais il y a aussi beaucoup d’implicite et une entrée dans le projet demande énormément de temps. Beaucoup de gens veulent contribuer, par quoi on commence, où est le main [le dépôt maître, Ndt] du logiciel, le code source, il faut déjà aller chercher cela.
    La fondation est relativement stable, voire conservatrice, à tel point que Collabora Online, qui est en fait un fork, n’a pas été bien vécu par la communauté. Ça rejoint les propos de la conférence précédente.

    Nous avons une petite idée, en tant qu’association La Mouette, de faire un fork bienveillant, on a déjà fait ça pour corriger divers problèmes, c’est resté à l’usage interne, en ouvrant un espace d’expérimentation parallèle, dit de manière diplomatique.
    Mieux comprendre, autant que possible, le fonctionnement du logiciel.
    Proposer une voie d’évolution sans fracture communautaire, parce qu’il va falloir rester tous ensemble, par rapport à d’autres projets pour lesquels ça n’a pas toujours été possible, on reste strictement compatible.
    Par contre, on aimerait avoir des décisions plus proches, plus francophones.
    Et puis en savoir un peu plus. Souvent on reste très distant du code. Il y a 7000 lignes de code, je comprends que c’est un peu compliqué, donc on va rester à des choses simples et proches.

    L’idée de base c’est de ne pas toucher au core ou assez peu. On a le code source, le dépôt c’est un Core Upstream, dans lequel on va cloner librement et nous allons éventuellement ajouter nos petits patchs, le système de construction du logiciel le permet assez facilement, ce n’est pas quelque chose d’impossible à faire. Et simplement, à la compilation du logiciel, on fait « make », on obtient LibreOffice, et si on fait « make odfstudio », on obtient l’inclusion de toutes les modifications que l’on aura introduites, mais ça restera relativement séparé.
    On espère que ça facilitera la maintenance.

    On a quand même quelques idées en tête.
    Simplement et rapidement.
    On a voulu introduire un indicateur de qualité documentaire, juste pour dire que quand on charge un .docx, ça risque d’être correct ou pas, mais qu’on le sache à l’avance, parce que, souvent, c’est un peu la surprise. On a des idées là-dessus.
    Des améliorations sur l’affichage.
    Et puis ouvrir la traduction, actuellement c’est quelque chose de très centralisé.
    Et pouvoir ajouter des fiches d’aide, par exemple, ce qu’on ne peut pas faire facilement actuellement. C’est un peu périphérique, mais c’est une demande qu’on a eue.

    Actuellement un nouveau Basic, à voir, bien que Python soit plutôt candidat à l’évolution.

    On va simplement travailler dessus, on en est au stade où on a plein de modules à brancher.
    Et c’est terminé.
    Pour les JdLL [Journées du Logiciel Libre], j’espère avoir quelque chose de très concret à vous montrer.

    [Applaudissements]

    Quel genre de bénévole êtes-vous ? – Bookynette

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Françoise Conil : On va continuer avec la conférence de Bookynette qui est libraire et présidente de l’April. Elle va nous parler de « Quel genre de bénévole êtes-vous ? ». Je la laisse faire le changement de slides.

    Magali Garnero : Avec la conférence qui a eu lieu juste avant, je pense qu’on pourrait poser ces questions aux gens de LibreOffice.

    Quel·le bénévole êtes-vous ?
    On peut récupérer toutes les slides des conférences sur le site de l’April ainsi que les enregistrements.

    C’est une conférence, mais, en fait, je vais vous poser des questions.

    Pourquoi êtes-vous bénévole ?
    Moi, je sais pourquoi je suis bénévole, je suis incapable de rester sans rien faire, c’est pour cela que je suis devenue libraire, je prends un bouquin, j’ai l’air intelligent.
    Certains deviennent bénévoles pour acquérir de l’expérience sur certains sujets.
    Certains deviennent bénévoles pour partager leur expérience sur ces mêmes sujets.
    Certains ont besoin de se sentir utiles, surtout dans la société dans laquelle on vit. J’ai pas mal d’amis qui disent « je suis dans mon coin, je n’aime pas la société dans laquelle je vis, je voudrais changer le monde, qu’est-ce que je peux faire, où puis-je m’investir ? »
    Et puis il y a des gens qui ont juste envie de rencontrer de nouvelles personnes, d’élargir leur horizon.

    Toujours quel bénévole êtes-vous ?
    Je vous laisse regarder la carte un instant. Vous pouvez voir que c’est un bateau. Sur ce bateau, il y a plein de gens. Certains membres de Framasoft ont dû reconnaître cette image puisqu’on l’avait vue en atelier sur la qualité de la vie au travail.
    Je ne vais peut-être pas tout décrire parce que je n’ai que six minutes.
    Chaque bénévole a un numéro.
    J’aime bien le numéro 4, il est en train de faire le zouave au niveau de la toile.
    Il y a le 18 qui nage largement en avance.
    Il y a celui qui se noie, celui qui est sauvé, celui qui est sur un hamac, j’aime bien le hamac, j’aimerais bien pouvoir être sur un hamac de temps en temps, celui qui se demande ce qu’il fout là, il serait mieux sur une île déserte.
    J’espère que chacun a trouvé son numéro. Ce numéro peut changer selon les situations, rien n’est figé, vous avez le droit de bouger, vous avez le droit de changer de bateau si vous avez pris le numéro 25.

    Ce qui est compliqué quand on est bénévole dans une association, et plus l’association est grande plus c’est compliqué, c’est de travailler en équipe. Travailler en équipe ce n’est pas quelque chose d’évident, ce n’est pas quelque chose d’implicite, ça se coconstruit.
    Ça va commencer par savoir quels sont les objectifs, c’est mieux si ce sont des objectifs communs. Si chacun a des objectifs différents, on va partir dans tous les sens.
    Il va falloir travailler ensemble, partager des idées, plein d’idées parce que pour mettre tout le monde d’accord ça va prendre du temps.
    Il va falloir développer des stratégies, c’est-à-dire comment mettre en place les idées, comment communiquer, quelle sera l’image qui sera donnée à l’extérieur.
    Il va falloir gérer les conflits. Une astuce pour gérer les conflits, c’est la communication : il faut se parler, il ne faut pas laisser les malentendus s’installer.
    Et puis, en faisant tout ça, si on arrive à le faire bien, on va gagner en efficacité, on va être visible et ça va logiquement bien se passer, ce qui fait qu’on sera performant. Je déteste ce mot, « performant », depuis que j’ai vu la conférence d’Olivier Hamant sur performance et robustesse [42] je vous laisse aller découvrir. On va être efficace, on va être visible, on va faire progresser, on va peut-être changer le monde un pixel à la fois.

    Quand il y a beaucoup de bénévoles, c’est compliqué de travailler ensemble, chacun va aller à sa vitesse et c’est OK.

    Vous allez avoir 1 à 5 % des gens qui seront proactifs, qui seront là hyper souvent, hyperactifs qui vont faire plein de choses ; c’est 1 à 5 % et c’est normal quelle que soit la taille du groupe, ce pourcentage n’augmentera pas ou ne diminuera pas.

    Vous allez avoir des gens qui sont réactifs, de 10 à 50 %, ce sont des gens qui feront des actions de manière ponctuelle, qui viendront aider de temps en temps, mais pas forcément tout le temps, pas constamment.

    Vous allez avoir une autre catégorie : les observateurs inactifs, vous avez vu qu’ils sont sur deux marches, ce sont ceux qui observent, mais qui ne font rien. Ceux qui observent, mais qui, de temps en temps, vont faire une remarque, peut-être une remarque tous les trois ans, mais elle sera ultra pertinente. Ce seront aussi des membres qui diront « je n’ai pas le temps de faire, mais, cette chose-là, ça serait bien que… ». Ils sont assez nombreux, on l’estime de 50 à 90 %, et c’est très bien, ils sont utiles, ils sont utiles quand il le faut.

    Et les derniers, ils ne font pas partie du groupe, des gens qui ne sont pas membres de l’association, qui sont à l’extérieur, qui ne feront rien ou qui, de temps en temps, feront des choses.

    Tous ces genres de personnes, tous ces bénévoles sont différents les uns des autres et c’est important d’avoir tous ces profils dans une association. On ne peut pas demander à une association d’avoir 100 % de proactifs, ce n’est pas possible ou alors c’est crevant.
    Si on a une association qui n’a que des observateurs, elle ne fera rien, c’est évident.
    On a donc vraiment besoin de ce panel, de ces différentes implications et c’est OK. Ne culpabilisez pas si vous n’êtes que membre et si vous n’avez pas le temps de faire quelque chose. Dites-vous que votre cotisation permet à des salariés de faire plein de choses.
    Je ne culpabilise pas parce que je fais trop de choses. Un des rôles de la présidente, c’est d’essayer de tout suivre, je dis bien « essayer de tout suivre ».
    Chaque bénévole a son importance quel que soit son taux d’implication, de toute manière, vous êtes tous des bonnes personnes.

    [Applaudissements]

    OpenHikePlanner – Marcher et rouler librement – Anne L’hôte

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Après moi, j’ai l’honneur de présenter Anne L’hôte qui va nous faire une conférence. Tu vas présenter ton outil, je vais essayer de lire : « Outil libre en ligne d’aide à la planification des randonnées à pied ou à vélo » – d’ailleurs je crois que tu es venue à vélo – développé par ton Hexatrek 2025.
    Je te laisse le micro et merci.

    Anne L’hôte : Merci.
    Bonjour à tous et merci à l’April pour l’accueil, même des gens hors du groupe.

    Je vais vous parler de mes vacances, de mes grandes vacances, qui est la raison pour laquelle j’ai développé ce petit outil.
    Pendant mes vacances, je suis partie faire une randonnée, c’était assez cool. Je suis partie d’une randonnée qui existe, HexaTrek, qui part de Strasbourg, en haut à droite et le but c’est d’aller se baigner à Hendaye, en bas à gauche. Ce sont des grandes vacances, il y a 3000 kilomètres à parcourir et 138 000 mètres de D+ [dénivelé positif] parce que ça passe à travers des montagnes : Vosges, Jura, Alpes et Pyrénées. Nous avons plutôt un beau pays, nous avons cette chance et ça m’a pris cinq mois.
    Comme c’était une expérience en France, je me suis dit que j’allais proposer à mon entourage, donc à mes proches, de m’accompagner, pas forcément sur tout mais au moins sur quelques parties. Et pour ceux qui étaient partants, du coup les questions c’était « oui, mais où, quand et comment on te rejoint ? ». Après, d’autres personnes avaient d’autres questions, comme mon employeur, genre « quand est-ce que tu reviens ? ». Et moi j’avais mes propres questions genre « comment trouver de l’eau ? ».
    Pour répondre à toutes ces questions, j’ai développé OpenHikePlanner.

    Avant je vais vous présenter deux petits concepts, désolée pour ceux qui connaissent déjà, mais que j’ai découvert à travers ce projet.
    En premier, ce qu’est un fichier GPX. C’est un fichier pour les parcours, c’est un fichier XML avec un format ouvert, donc c’est quand même bien et c’est juste une succession de points qui relient ensemble tout le parcours, chaque point est un point GPS, donc latitude, longitude, avec en plus une information, comme l’altitude, elevation en anglais, avec un tag, et ça va nous servir pour la suite, notamment pour calculer les notions qui viennent du monde du trail, donc des courses en montagne où souvent ça monte.
    La notion de kilomètre-effort c’est l’idée de convertir le dénivelé en effort. La formule la plus simple, on n’abordera pas les autres en six minutes, mais c’est de dire que 100 mètres de dénivelé positif, donc si je monte de 100 mètres, c’est comme si j’avais parcouru un kilomètre supplémentaire.
    Pour mettre un peu en application cette formule, par exemple si je regarde la rando que j’ai faite, il y avait 138 000 mètres de dénivelé positif, on divise par 100, 1380, on ajoute les 3000 kilomètres, c’est comme si j’avais parcouru 4380 kilomètres sur du plat. On voit que ça a une grosse incidence, ça augmente de quasiment 50 %. Pour la planification c’est important de prendre cela en considération.

    Assez parlé, maintenant on va voir le projet.

    L’idée c’est vraiment de dire que, sur un parcours donné, pour quelqu’un qui uploade son GPX, c’est essayer de mesurer le temps que ça va prendre, donc convertir dans une unité donnée, par exemple en kilomètres, en kilomètres-effort, mais ça pourrait être en mètres et après chaque utilisateur, en fonction de sa forme physique ou de ses ambitions, va dire combien il va parcourir par jour dans cette unité-là. Par exemple, pour moi, c’est plutôt 25 kilomètres-effort par jour. En vélo je suis en général entre 80 et 100, mais ça dépend vraiment de la forme de chacun. Ça reste à la main de l’utilisateur.

    Ensuite, on met son jour de départ et, comme cela, on a le jour d’arrivée.
    La petite innovation c’est vraiment de prendre en compte les dénivelés. J’avais cette problématique-là.

    Ensuite, l’avantage c’est qu’il y a des données ouvertes qui signalent tous les points d’eau qui existent en France, ça s’appelle OpenStreetMap [43], du coup on peut interroger, via l’appli Overpass, toutes les données d’OpenStreetMOp.
    Du coup, je suis tombée sur des données intéressantes quand on randonne.
    Vous voyez par exemple, ou vous ne voyez pas, la petite ville de Sare dans le pays basque. Ça rassemble toutes les solutions d’hébergement en jaune, en rouge les bars, c’est important parce qu’ils servent aussi de l’eau.Il y a des endroits où on peut faire des courses, en bleu évidemment les points d’eau. Par exemple les cyclistes savent très bien le point qu’on voit en haut c’est le cimetière parce que les cimetières c’est souvent ouvert et accessible et il y a de l’eau potable, ce sont des choses importantes. Via OpenStreetMap, j’avais aussi récolté toutes les gares pour que les gens qui souhaitaient me rejoindre aient l’accès aux transports en commun via les gares, en tout cas là où il y en avait en France.

    Voilà toutes les personnes avec qui j’ai eu la chance de partager la route sur cette grande randonnée, il y a ma maman quelque part.

    Voilà, je vous ai présenté quelque chose d’un peu idéal, ça « marchote ». En tout cas, j’ai réussi à avoir des réponses à mes questions initiales.
    Il y a encore plein de choses à faire, notamment améliorer l’utilisation d’Overpass, recoder plutôt en Python. Aujourd’hui j’avais tout fait côté client, sur un GPX de 3000 km, c’est beaucoup trop lourd, mais coder un package plutôt en Python. Et puis il y a peut-être des gens qui n’ont pas besoin d’interface, essayer de séparer les différentes fonctionnalités, il faut tester, donc d’un côté le découpage, d’un autre côté ajouter les points d’intérêt et ensuite améliorer tout ça dans plusieurs forges pour que chacun, dans son propre outil de navigation, ait l’intégralité des données parce qu’il y a d’autres problématiques quand on est sur de la randonnée longue distance : la batterie, le service aussi, parfois il n’y a plus de réseau donc tout avoir en offline c’est intéressant.

    Le dernier point c’est évidemment de repartir en rando, en voyage, à pied ou à vélo. C’est une invitation, pour tout le monde, pour essayer de s’évader de cette façon.

    Comme il reste un tout petit peu de temps, juste mentionner que j’utilise une application sur mon téléphone qui s’appelle Locus Map [44]. C’est une application ouverte pour, justement, naviguer avec ce genre de fichier.
    Merci à tous.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci Anne.

    La navigation web de façon humaine – Christophe Villeneuve

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Nous allons continuer avec Christophe Villeneuve. Tu es consultant open source, consultant open source et membre des communautés Mozilla, PHP, MariaDB, DupalFR, etc., tu viens nous parler de la navigation web de façon humaine.
    Merci.

    Christophe Villeneuve : Merci.
    Bonjour à tous, bonjour à toutes et bonjour à tous ceux qui sont en train de nous regarder en direct.

    Je vais vous parler de la navigation de façon humaine. Je me suis dit « quand on va sur Internet, il nous faut un outil, un logiciel. » Quand je vais sur Internet, il existe tout plein d’outils, de logiciels.
    Le problème c’est que lorsqu’on veut essayer de surfer, il y a donc un petit surf qui nous permet de pouvoir glisser, là on ne sait pas trop, un appareil, un écran. Avec des petits objets on peut naviguer facilement. Et lorsqu’on veut essayer de naviguer, si on n’a pas ce type d’outil, on ne va pas pouvoir aller sur Internet. On peut y aller en ligne de commande, mais c’est un peu barbare, si on veut voir des images en pixels, on retourne sur du Minitel, c’est un plus historique.

    Par contre, il y a eu des évolutions, vous le savez, la technologie a évolué et puis il y a eu l’intelligence artificielle ; l’intelligence artificielle est arrivée. Elle a quasiment été imposée par les géants en disant « voilà ce dont vous avez besoin. Même si vous n’en avez pas besoin, vous en avez quand même besoin », et les navigateurs ont suivi, ils n’ont pas eu trop le choix, on leur a imposé de mettre ça dans le navigateur, sans penser à notre façon de naviguer et de surfer. Et là on n’a plus le choix, on se retrouve avec des outils qui embarquent de l’intelligence artificielle, on ne sait pas où, on ne sait pas comment, mais ça existe et c’est dans le navigateur. Et bien entendu, tous les navigateurs, je ne vais pas les lister parce que ça ne rentrait pas dans l’écran, il y a des intelligences artificielles qui ont créé leur propre navigateur, on dépasse l’écran, donc je n’en ai pas mis sinon ça aurait été horrible.

    Par contre, il y a une solution. C’est la solution que Mozilla avait suivie au début, se positionner comme tout le monde parce que c’était innovant, et ils l’ont annoncé.
    Heureusement qu’il y a la communauté, puisque Mozilla Firefox [45] est un navigateur libre, soucieux de la vie privée, c’est pour cela que l’on s’en sert et j’espère que vous vous en servez tous les jours, que vous ne vous en êtes pas détourné, parce qu’il y a eu parfois des idées de s’éloigner, je l’ai eue, on m’a posé la question, on m’a dit « il y a plein de navigateurs », mais on n’avait pas compris comment c’était construit.

    C’est pour cela, donc, que l’annonce a permis de rappeler qu’à la base l’utilisateur et l’utilisatrice, donc vous comme moi, voulons pouvoir naviguer comme nous en avons envie, suivant notre envie, suivant notre sentiment.
    C’est pour cela que Mozilla a proposé, même s’il y a la fonctionnalité d’intelligence artificielle dedans pour ceux qui ont besoin de l’avoir, de pouvoir la désactiver.
    Lorsqu’on veut la désactiver, il y a un bouton d’urgence, un bouton rouge qui va nous permettre de pouvoir personnaliser, de configurer selon ce dont on a besoin réellement. Et lorsqu’on parle de bouton rouge, c’est un peu exagéré, on l’a fait plus nuancé, vous pourrez l’apprécier à l’œil, c’est pour vous montrer qu’un « on », un 0 ou un 1, ça marche très bien et ça va être le cas.

    Il y a un bouton qui permet de tout désactiver, vous l’avez dans l’encart sur votre droite, tout ça va être dedans. Vous allez me dire que ça fait seulement trois lignes, mais ce ne sont pas trois lignes que vous avez dans votre navigateur, c’est plutôt la possibilité de désactiver certaines fonctionnalités.
    Bien entendu, lorsqu’on a désactivé l’ensemble de toutes les fonctionnalités, on a une liste. En France cette liste c’est la totalité, dans d’autres pays c’est nuancé, c’est-à-dire qu’on peut paramétrer ligne par ligne, le customiser. Pourquoi ? Parce qu’il y a des lignes qui vont être utiles, par exemple à ceux qui ont un handicap. Pensez au lecteur PDF. Vous mettez votre PDF dans votre navigateur, vous pouvez remplir un formulaire, mais quand vous mettez une image, les utilisateurs oublient de mettre la balise « Alt » pour renseigner la description avec du texte. Eh bien, la Fondation Mozilla a eu l’idée et l’a mise à disposition, donc à travers de l’IA, d’illustrer, de remplir automatiquement la balise « Alt », donc là on n’a pas trop le choix. Si on veut avoir le renseignement alternatif, utile, pour les lecteurs d’écran, on peut avoir cette fonctionnalité supplémentaire. C’est une des fonctionnalités.
    Il y a aussi la partie traduction, la partie « Aperçu des liens », il y a un chatbot. Donc là on désactive tout.
    Par contre, pouvoir se dire « et si on faisait la traduction ». Vous avez envie de traduire un texte en français, en japonais, vous sélectionnez un texte que vous voulez traduire en arabe, vous pouvez le faire, c’est fun. Je le montre régulièrement dans les stands. Je pourrai vous le montrer facilement, vous pouvez avoir dans une même page jusqu’à quatre langues en même temps, tout ça avec des clics de souris.
    Vous pouvez bien sûr le bloquer quand vous le souhaitez, il y a un bouton, vous bloquez, et vous n’avez plus le raccourci sur le clic droit, vous n’avez plus le raccourci en haut, etc.
    Si vous n’êtes pas friand de chatbot, je l’ai désactivé, on ne va pas revenir dessus, vous pouvez enlever tous les chatbots en tout genre.

    On peut dire que l’IA est quand même utile parce que la Fondation Firefox a fait un partenariat avec Claude, donc de l’IA, pour penser aux utilisateurs, c’est-à-dire la correction de failles de sécurité. Oui, c’est bien d’avoir un outil libre, sécurisé, indépendant et autonome, mais il y a quand même toujours des CVE [Common Vulnerabilities and Exposures, un identifiant pour une faille de sécurité, NdT] comme on le sait, des failles de sécurité. Le partenariat, donc l’IA, a été utile puisque les CVE sont déjà disponibles depuis la 148 et je dirais que si vous avez des doutes, prenez la version 149 qui vient de sortir tout récemment parce que dedans il y a des nouveautés, il y a tout plein de choses merveilleuses avec un kit et vous allez pouvoir naviguer sereinement.
    Merci à tous et je vous dis à bientôt.

    [Applaudissements]

    Réparer le Futur – Olivier Deiber

    Diaporama support de la présentation – Vidéo

    Magali Garnero : Nous allons passer à la dernière conférence, je sens que tout le monde a faim.
    Olivier Deiber : Réparer le Futur.

    Olivier Deiber : Bonjour à toutes et à tous. Je vous rassure, ce n’est pas une conférence technique, j’espère que j’aurai un petit peu d’attention après tout ça.
    Je suis parent d’élève dans un collège, à côté de Tours, à Montlouis-sur-Loire.
    Je me suis aperçu, en contexte Covid, que la majorité des enfants n’avait, pour périphérique de travail, qu’une tablette ou un smartphone. Du coup, j’ai eu l’idée de contacter les entreprises d’Indre-et-Loire, je leur ai fait un mail leur disant « on a un projet de collecte d’ordinateurs et de donation à des élèves qui sont dépourvus d’équipement chez eux. Est-ce que vous avez des machines à nous donner ? ». Sur les 50, autant vous dire que j’ai reçu pratiquement zéro réponse, un seul refus et une seule acceptation de la [46] que je remercie chaleureusement, qui nous a suivis, qui nous a donné, depuis environ deux ans que l’action existe, une cinquantaine de machines.
    J’ai aussi répondu à un appel à projet de la [47] qui nous a alloué de l’argent pour acheter des machines au travers de structures qui font du reconditionnement et qui emploient des personnes en situation de handicap.

    Aujourd’hui, le projet, l’action se fait en lien avec des enseignants du collège qui identifient les enfants qui n’ont pas d’équipement chez eux. Une fois que les enfants sont identifiés, les enseignants nous mettent en lien avec les parents et sur une matinée, dans un tiers-lieu de Montlouis, le Rubixco que je remercie aussi, qui nous met à disposition sa structure, on va faire trois actions :

    • la première c’est une sensibilisation à l’impact du numérique sur l’environnement ; ces images, ce n’est pas très beau, sont issues d’un documentaire qui s’appelle [48] que je vous invite à regarder, donc c’est la première sensibilisation ;
    • ensuite on fait une sensibilisation pour expliquer ce qu’est le logiciel libre ;
    • et enfin, on anime un atelier pratique où, pendant en gros deux heures, on va faire faire l’installation aux enfants, accompagnés de leurs parents, puisque l’action se fait au sein du tiers-lieu, il y a donc forcément un parent qui accompagne l’enfant. C’est un atelier pratique où on installe Ubuntu sur les machines.

    Jusqu’à présent, on a eu de la chance. De la part de la Fondation STMicroelectronics on recevait des machines Intel Core x5 de 10e génération avec 8 gigas de RAM et des SSD de 258 gigas. Autant vous dire des machines correctes pour installer un Ubuntu dessus.

    Pendant cette matinée, au-delà de l’installation du système Ubuntu, on fait aussi un peu d’hygiène numérique, c’est-à-dire robustesse des mots de passe, comment filtrer – ça c’est plus pour les parents – les sites pornographiques avec du [49]. Un peu de bases par rapport à ça.

    Aujourd’hui, je suis confronté à plusieurs problématiques.
    La fondation n’a pas un vivier de machines à nous donner ad vitam æternam, même si elle continue à nous soutenir. Il s’agit donc de trouver des machines quasi identiques qu’on pourrait donner aux enfants.
    Notre deuxième point, c’est que je souhaiterais élargir l’action au-delà du collège de Montlouis. J’ai contacté le rectorat de l’académie de Tours, j’espère qu’ils regarderont l’enregistrement. La responsable du logiciel libre m’a fait zéro réponse suite à quatre ou cinq mails en trois ans. Si vous avez des points d’entrée dans des académies… En fait, je l’avais sollicitée pour savoir s’il existait un agrément pour pouvoir proposer le projet dans des collèges. J’ai fait la proposition de l’action dans le collège à côté de Montlouis. On m’a dit « mais qui êtes-vous ? Vous n’avez aucune légitimité dans notre collège, vous n’existez pas. » On m’a envoyé bouler, c’est pour cela que j’ai eu l’idée de me tourner vers l’académie.
    Aujourd’hui c’est un peu compliqué.
    Au-delà de ce projet, j’aimerais bien aussi élargir l’action, notamment pour les collégiens, avec une sorte d’atelier d’hygiène numérique qui irait au-delà de ce qu’on fait avec l’installation d’Ubuntu : robustesse des mots de passe, de l’audit, comment vérifier les informations parce qu’aujourd’hui, pour les collégiens, l’informatique c’est TikTok, WhatsApp, Snapchat et toute la clique. Quand ils arrivent en quatrième ou en troisième, il faut qu’ils fassent un rapport de stage suite au stage qu’ils font sur une semaine, ils sont incapables d’utiliser un traitement de texte. Ils ont aussi une présentation orale à faire en fin de troisième, qui compte pour le brevet, ils sont incapables d’utiliser un logiciel de présentation. Tout cela pour dire que j’aimerais bien élargir cet atelier à ces usages-là. Je suis donc preneur de toute idée, tout contact notamment académique, pour proposer l’action plus largement.

    C’est terminé. Je remercie l’April d’avoir accepté mon intervention, à nouveau la Fondation Afnic et la Fondation STMicroelectronics pour leur accompagnement dans notre action.
    Merci beaucoup.

    [Applaudissements]

    Magali Garnero : Merci beaucoup Olivier. Il est midi pile.

    [Applaudissements]