Sortir les entreprises des GAFAM - OpenPony - PSES2015

Titre :
Sortir les entreprises des GAFAM
Intervenant :
OpenPony
Lieu :
Pas Sage En seine 2015 - Paris
Date :
Juin 2015
Durée :
28 min 30
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Description

Par facilité d’usage, beaucoup d’entreprises utilisent les services des GAFAM, comment les admin sys (et simples salariés) peuvent contribuer à faire entrer le libre dans l’entreprise et adopter de bonnes pratiques.
Qui dans l’entreprise ne s’est pas confronté à l’utilisation massive de Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft et d’une manière générale à une utilisation d’outils centralisés ? Oui, mais vous comprenez, c’est facile à utiliser et en plus c’est gratuit ! Quels sont les risques pour l’entreprise et ses salariés ? Quelle solution existe pour sortir de cet état de fait ? Comment et qui pour les aider à sortir de cette situation ?
Le but de cette conférence est un petit état des lieux et une discussion autour du sujet.

Transcription

Bonjour. Je suis OpenPony, je suis aussi administrateur système. Je voulais faire un petit retour d’expérience, la mienne. Donc je n’ai pas forcément la réponse à tout. C’était plus pour partager une vision sur l’idée de sortir les PME des GAFAM et éviter aussi de subir, parce qu’on subit très régulièrement ce genre de rapport. On va faire un essai. Qui utilise IRC [1] ? Qui utilise Tor [2] ? Bon, eh bien vous êtes tous des terroristes selon ce rapport. Voilà, des cybercriminels en puissance. Et, malheureusement, c’est ce genre de rapport [3] que lisent les dirigeants d’entreprises et qui font qu’on a beaucoup de soucis à utiliser d’autres choses que les GAFAM. Pourquoi ? En tout cas ce sont elles qui attirent la confiance, à tort à mon avis, mais, en tout cas, à l’heure actuelle, c’est le cas.
Que sont les GAFAM, donc Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft. Pour moi, je fais une généralité également, à tort ou à raison, sur le fait que ce sont toutes les entreprises privatrices ou réductrices des droits et des libertés des utilisateurs. Plusieurs constats dans les entreprises. J’ai repris une enquête Ipsos, de septembre de l’année dernière, qui a été faite auprès des dirigeants de petites et moyennes entreprises :

  • 99 % d’entre elles sont équipées d’informatique, connectées à Internet.
  • 93 % ont accès au Web.
  • 82 % permettent un accès sans restriction.
  • 80 % utilisent des terminaux mobiles connectés à l’Internet, donnant accès au réseau de l’entreprise, sans VPN.
  • 9 sur 10 évaluent l’usurpation des mots de passe et l’usurpation frauduleuse et malveillante de leurs ressources informatiques comme un risque.
  • 7 sur 10 le pensent aussi pour le piratage des données détenues, des données de l’entreprise, ou des données clients
  • et 76 % savent qu’elles sont pénalement responsables de l’utilisation d’Internet dans leur entreprise.
  • Mais 87 % d’entre elles utilisent une messagerie qui, dans 70 %, des cas est un fournisseur d’accès de type Google. Et elles ne savent donc pas où sont stockées leurs pièces jointes, les mails. Pour elles, c’est sur leur ordinateur. Après il y a une partie firewall. Évidemment pas de système de backup, de chiffrement pour 50 % d’entre elles, et, petite part intéressante, 50 euros par salarié, en budget sécu, annuel.

Les outils fréquemment utilisés, j’ai fait un petit état. Il y en a d’autres, forcément. On pourrait rajouter également, Nitot, hier, a parlé de Uber aussi, qui est assez privateur de données, notamment à partir de la géoloc.
Qui a lu des CGU dans sa vie ? Mais les lire, pas les parcourir ! Celles de Google, par exemple, qui les a lues ?
Donc voila un exemple de ce que nous donne Google dans ses CGU, c’est que tout ce qui transite chez eux, eh bien vous leur donnez une licence d’utilisation, sans restrictions. Ils peuvent utiliser n’importe quoi : vos mails, les pièces jointes, ce que vous dites en privé sur Hangout, tout est réutilisable. Alors, officiellement, pour des données de services, sans limite de durée, Je fais passer assez rapidement, je ne sais pas s’il y en a qui étaient là à la conf de Stan hier sur tosdr.org [4]. C’est un petit site de juristes qui a été développé pour recenser les principaux paramètres des CGU, et ils essayent de donner des notations, un petit peu comme on peut l’avoir sur l’électroménager en classant de A à E. D’ailleurs, ils ont besoin de développeurs pour leurs CSS, donc si vous en éprouvez l’utilité, n’hésitez pas.
Pour moi, les alternatives, eh bien, il n’y en a pas beaucoup. Il y en a trois : le chiffrement, les logiciels libres et la formation utilisateurs aux bonnes pratiques.
Les logiciels libres parce que c’est la seule possibilité d’être sûr d’avoir des logiciels qui respectent la vie privée et les droits des utilisateurs. Ils sont programmés, revus, corrigés et audités régulièrement. On n’a pas besoin, nous-mêmes, d’être auditeur, mais on peut quand même être sûr que les logiciels n’ont pas de faille ou, en tout cas, s’il y en a une, elle est détectée très vite et corrigée, parce que les sources sont disponibles. Dans les solutions alternatives, il y en a plein d’autres, mais ce sont des exemples de ce que j’ai mis dans l’entreprise où j’étais, alors, pas de manière simple, ça se fait assez violemment, généralement. Après, c’est beaucoup d’écoute et de formation des utilisateurs, et ça marche plutôt bien. Il faut tout le temps réexpliquer les mêmes choses, mais ça marche plutôt bien. On a installé des GNU/Linux de base sur tout nouvel appareil qui rentrait dans l’entreprise. Et puis, après, derrière, il y a eu toute l’interface serveur avec les mails qui n’étaient plus auto-hébergés chez Gmail. Ils sont récupérés quand même. Les mails étaient hébergés chez un hébergeur et on récupérait dans Gmail, quand même, les mails.
Petite histoire, quand on est dans une PME, typiquement dans une startup, quand on discute, on se transmet beaucoup de documents, et notamment, dans certaines startups, on peut aussi transmettre des brevets. Si vous vous rappelez, je vous ai dit que Google pouvait utiliser tout ce qui transite chez lui. Posez-vous la question pourquoi Google, en ce moment, investit beaucoup dans les biotechs, dans l’automobile, dans beaucoup de sujets. Comment ont-ils eu l’information sur des sujets qui ne sont pas forcément leurs sujets de prédilection ? Donc, c’est un peu dangereux, quand on démarre une activité, de faire transiter ce genre d’informations, de rapatrier sa boîte du boulot dans Gmail, parce que c’est super cool d’avoir sa boîte perso avec ! Ce sont des choses à ne pas faire.
Le plus compliqué c’est de faire adopter les bonnes pratiques. Eh bien, il faut les adopter soi-même. Il faut s’auto-discipliner. Ce n’est pas forcément simple tout le temps, au départ, parce que c’est vrai qu’il y a des outils, quand même, dans les GAFAM qui peuvent être utilisés et utiles. Il faut être très ouvert au dialogue. Le « je n’ai rien à cacher », le « ah, mais moi je m’en fous, c’est gratuit ; et puis, de toutes façons, je veux un truc simple, il faut que je clique ». « Oui, mais enfin, tu peux aussi prendre le temps. Viens, on se prend un sandwich ce midi, on en parle et on fait ensemble ».
Pour la direction ça peut être un petit levier, qui a bien marché là où j’étais, d’expliquer que le Libre est gratuit. Donc, du coup, ça aide.
Former les utilisateurs en étant très disponible au boulot, les repas du midi, l’afterwork, tout le temps parler, passer pour l’anarchiste extrémiste, exégète amateur. Ne pas avoir peur de répéter. Il faut adapter le langage à l’utilisateur, mais il faut, quand même, rester crédible : à trop vulgariser on finit aussi par prendre un peu la personne, elle peut se sentir diminuée, il faut quand même rester technicien sans trop vulgariser. Voilà.
Et il faut proposer des alternatives libres, en parallèle des habitudes, proposer des sessions d’initiation et de formation.
Mettre un tuto d’entreprise en place, un wiki avec des tutos.
Un blog. On met en place un blog et on met les alertes CERTA [5] qui, au final, commencent à être lues, même par des gens qui ne sont pas forcément habitués de le faire. Des infos de sécurité. Il y a pas de mal de flux RSS qui peuvent être rajoutés, pour les habituer à avoir des choses qui soient un peu plus maîtrisées au niveau des flux que le rapport qu’on peut lire précédemment.
Montrer que la communauté du Libre n’est pas une secte de barbus autistes.
Pour moi, en fait, c’est pour ça que j’ai fait un peu cette conférence. Ma vision c’est que l’informatique est rentrée dans les mœurs, s’est démocratisée, parce qu’elle est d’abord rentrée dans les entreprises et les gens l’ont ramenée chez eux. Et je pense que les bonnes pratiques, en termes de logiciel libre, de crypto et autres, il faut les faire rentrer par le travail, donc c’est souvent, eh bien nous, les informaticiens, qui devons pas mal ramer. Et une fois qu’ils sont habitués à l’utiliser au boulot de manière quotidienne, ils feront la même chose chez eux. Enfin j’espère. Voilà.
Est-ce que vous avez des questions ?

Public :
C’est une vraie question. Est-ce que tu as un cas précis, et assez « anonymisable », à nous donner, de ce à quoi tu as pu être confrontée, ou même avant, dans tes précédentes expériences professionnelles, où il a fallu batailler un peu, peut-être, où tu as obtenu des choses, ou au contraire tu as vu une résistance ?
OpenPony :
L’entreprise où je suis, typiquement, une startup qui est dans les biotechs, donc qui a trois ans d’existence. Celle d’avant, je ne veux pas en parler, c’était secret/défense. Étonnement, c’est dans les grandes entreprises où ça marche beaucoup mieux. Voilà, une startup qui fonctionne depuis trois ans. J’y suis arrivée depuis six mois et il y avait tout ce qu’il ne fallait pas faire, donc c’était le bon cas pratique : il y avait du Google, il y avait du Dropbox, du Uber, un AWS, voilà. Vraiment tout ce qu’il ne faut pas faire, et, petit à petit, c’est exactement ce que j’ai fait. Le midi j’en parle, je passe pour une extrémiste, les after work, on en parle. Ils ont les liens de Pas Sage En Seine, je sais qu’il y en a certains qui doivent être sur le streaming. C’est systématique, j’en parle en permanence, et puis on met en place certaines choses, au fur et à mesure. Tout n’est pas encore parfait, mais ça se fait, au cas par cas, et petit à petit.
Public :
Bonjour. Qu’est-ce que tu préconises comme outils de collab aujourd’hui, dans la problématique du travail en collaboration ? Les décideurs s’orientent énormément vers Google ou vers Microsoft, parce que leur solution est clé en main, facile, et surtout qu’elle plaît.
OpenPony :
Oui, eh bien il y en a plusieurs. Enfin moi j’en utilise plusieurs. Pour les documents en eux-mêmes, j’ai en place un ownCloud [6]. Depuis hier, je pense que je vais monter un Ping, aussi, pour les compte-rendus de réunions. C’est, actuellement, beaucoup de pads. Donc il y a eu la conf hier sur Ping [7], qui est outil collaboratif, développé pour tout ce qui est compte-rendu de réunions, avec une mise en page intégrée, donc ce qui est plutôt sympa. Après, pour tout ce qui est messagerie directe, il y a un serveur IRC qui est monté. Voilà. Après, c’est en fonction des besoins. Quand je vois ce qui est utilisé, je dis « ah tiens je vais vous monter ça ». Puis, on fait une petite mini formation où on explique comment ça fonctionne, et ils s’y mettent assez facilement, en dialoguant.
Public :
Moi, c’était juste pour réagir à quelque chose que tu as dit en disant qu’en amenant la techno dans les entreprises, on allait, après, l’amener dans les foyers. Je ne sais pas dans quel sens c’est vrai, en fait, parce que, aujourd’hui, si Microsoft s’implique autant dans les écoles, file du matos gratos, genre première dose gratuite. Tous les designers qui sont formés sur Photoshop et, du coup, qui traînent ça partout. Même les développeurs aussi, Visual Studio, si c’est autant dans les entreprises, c’est parce que les étudiants n’utilisent que ça, et n’ont accès qu’à ça. Donc est-ce que le problème ne serait pas aussi un peu dans l’autre sens ?
OpenPony :
L’éducation, clairement, c’est un gros problème. On est d’accord. Maintenant, on ne va pas être fataliste, une fois qu’ils sont arrivés en entreprise, tous ces jeunes, on va leur apprendre la vraie vie quoi !
Public :
Oui, ça c’est sûr qu’on peut les faire changer en entreprise, mais j’ai l’impression, quand même, que les mauvaises pratiques viennent aussi parce que chez nous, on fait déjà des mauvaises choses. Et je ne suis pas sûr qu’attaquer les entreprises, je ne suis pas sûr que ce seront les entreprises qui vont faire changer ; les usages en entreprise ne feront pas changer les usages personnels. Mais après, ce sont des grands débats philosophiques.
OpenPony :
C’est ça.
Public :
Mais aujourd’hui, Microsoft et tous les autres sont, quand même, vachement présents dans les écoles à nous filer des tablettes partout et autres. C’est vrai que, dans les foyers, on est déjà très mal lotis. Donc ça ne va être vraiment pas près pour les gros décideurs. Eh bien, ils font comme à la maison quoi !
Public :
Je passe vite là-dessus. C’est quoi l’argument qui marche le plus ? C’est le fait que ce soit Libre, c’est le fait qu’il y a de la formation, rassurez-vous ! Tu en as parlé rapidement, peut-être l’argument financier, éventuellement.
OpenPony :
Il y a un peu de tout. On va dire, ça dépend de la personne que je vais avoir en face. La direction, ça a été l’argument financier, en effet. Les utilisateurs, c’est le fait de les accompagner assez régulièrement. Autre argument pour la direction, ça a été de lui expliquer que les brevets qu’elle était en train de faire, de payer dix mille balles auprès d’un cabinet d’avocats, pour s’assurer que ça reste bien secret, bien protégé au niveau de la techno, quand je lui ai montré l’extrait des CGU, et que Google pouvait l’utiliser, ils se sont trouvés un peu bêtes, avec l’argument « Ouais, mais Google, ils ne nous connaissent pas »., et autres. Oui, mais on ne sait jamais. Moi, signer un accord de confidentialité, OK. Si Google ne l’a pas signé, à un moment donné, il faut rester cohérent, et ça a plutôt bien marché à ce niveau-là, au niveau de l’argument. Je n’ai pas de trame. C’est plutôt au cas par cas.
Public :
Bonjour. Peut-être un peu en lien avec ce qui a été dit tout à l’heure. Bien sûr, je vais complètement dans ce qui a été dit, et on m’a opposé un argument hier, ou avant-hier, en me disant, et ça rejoint l’autocollant qui est collé sur ton ordinateur, en me disant « ah oui, mais tu as vu que Snowden a dit que finalement Apple c’était vachement bien, qu’ils protégeaient les données », et j’avoue que je ne savais pas trop quoi répondre à ça. Alors est-ce qu’il y a des arguments par rapport à ça ?
OpenPony :
Est-ce qu’on peut donner un micro à Aeris, c’est lui qui fera la réponse.
Aeris :
Après je peux faire très simple : suivez mon fil Twitter de ce matin, j’ai trollé pendant deux heures sur le sujet. Effectivement, il y a eu un article qui a été publié dans le New York Times, que Snowden a dit que « ouais c’était cool que Apple fasse du chiffrement sur le disque dur ». Ils ont oublié la suite de la citation [8] qui est « ouais, mais ce n’est pas cool parce que vous avez les clefs privées ». Et ça, c’est typiquement un gros problème sur la crypto. Les grosses boîtes, aujourd’hui, font beaucoup de choses sur la crypto. On l’a vu avec Gmail qui dit « on va faire du GPG ». Ben ouais, mais ils avaient la clef privée. On a vu Facebook qui dit « regardez, on est dans les onions, vous êtes anonymes ». Eh bien non, vous êtes connectés sur votre compte Facebook, etc. Là-dessus il y a vraiment un gros travail, en fait. Il y a les gros aficionados, Microsoft, Apple, qui sont derrière, effectivement. Dès que Snowden dit un truc sur chez eux, eh bien ce sont les meilleurs du monde et ils ne creusent pas assez sur ce sujet-là. C’est vrai que, parce qu’ils ont des budgets comm assez monstrueux, eh bien ça a été repris partout « Apple c’est le meilleur du monde parce que c’est adoubé par Snowden », mais ils ont oublié tout ce qui était dit à côté, par exemple que Snowden a dit qu’il ne toucherait jamais un téléphone portable Apple [9] de sa vie parce qu’il y a du tracking partout, et qu’il ne pourra, de toutes façons, rien faire. Ils ont oublié ces morceaux-là. Effectivement, on ne les retrouve que dans les journaux techos et autistes et pas sur macg.co et tous ces trucs-là, associés. Mais voilà, Snowden, il a violemment tapé sur Microsoft et Apple, je vous rassure.
Public :
Est-ce qu’on peut avoir la source pour la suite de l’interview d’Edward Snowden ?
Aeris :
Ouais, ça doit être, c’est sur le New York Times’, mais ça doit être dans ma timeline Twitter, j’ai dû mettre l’article je crois. Autrement je peux le redonner, il n’y a pas de soucis.
Public :
Moi, c’était pour confirmer ce que disait Aeris. Je suis en première année de DUT informatique et, en effet, notre école a passé un partenariat avec Microsoft. On nous apprend à développer sous Visual Studio et pas d’autres logiciels, etc. Ouais, je pense que c’est bien de virer, enfin de sortir les entreprises des GAFAM, mais c’est aussi bien d’apprendre dès l’école, en fait, de sortir des GAFAM.
OpenPony :
Je ne dis pas le contraire, c’est juste que moi, c’est ma vision. À l’heure actuelle, je ne suis plus dans l’école, mais effectivement, c’est aussi un autre problème à aborder. Je pense que les deux peuvent être menés conjointement. Après, il y a des IUT qui apprennent à coder encore sur des machines Linux.
Public :
Bonjour. Est-ce que tu as une idée du coût, ou des économies, suite au passage de solutions propriétaires, privatrices, à des solutions libres ? Parce que c’est souvent ça qui peut freiner les PME, je pense, le coût, parce que les économies ça intéresse tout le monde, mais souvent ça a un coût non nul.
OpenPony :
Je n’ai pas encore fait le bilan à six mois puisque c’est en cours. Déjà, il y a toutes les licences d’utilisation sur les niveaux PC qui ont été virées, que ce soit les licences Office ou Windows. Donc, déjà, là c’est déjà bien 150 à 300 euros, suivant les PC, d’économisés. Actuellement, on doit en être, à la louche, à 5 000 euros d’économies, à pondérer après mon taux horaire de formation, donc ça doit être plutôt neutre sur le court terme.
Public :
D’accord.
OpenPony :
Je pense que, sur le long terme, on peut faire ce type d’économies. Pour moi le but, enfin, ce que j’ai présenté comme plan, ce n’est pas forcément de faire une économie, c’est de pouvoir réattribuer le budget qu’il n’y a pas, parce que je ne sais pas si vous vous rappelez dans une des slides, 50 euros en budget sécu, par an, par salarié, c’est un peu faible, à l’heure actuelle, et c’est à peu près le budget qu’il y a chez moi. Donc c’est plutôt tout ce qui a été économisé, d’un côté, de le réutiliser pour améliorer l’infrastructure, en termes de sécurité, de matériel, en lui-même. Je rappelle, je suis quand même dans un modèle de startup où il n’y a pas un budget, non plus, énorme. Donc c’est on prend d’un côté pour utiliser ailleurs.
Public :
Je donne un mini élément de réponse, mais ce n’est pas sur de la TPE, c’est sur une plutôt PME. J’ai l’exemple d’une société qui a migré, qui a viré tout le pack Office, plus toutes les licences Adobe, et il y avait 150 licences pour toute la boîte. Ça fait quelque chose comme mille euros par tête. Donc il y a une économie directe, parce que tu as un coût que tu n’as plus. Après, il n’y a pas forcément, Pony le disait, il n’y a pas forcément d’économies à ce niveau-là, parce que tu peux réinvestir ton argent dans d’autres circuits, dans d’autres systèmes. Mais il y a quand même un gain à long terme. Clairement, il y a un gain.
OpenPony :
C’est ça. Le long terme, je pense, c’est vraiment phénoménal. Et ça permet, après, de pouvoir investir aussi sur des budgets formation des salariés, c’est souvent le budget qui est laissé un peu de côté. Je pense que ça permet, aussi, de bien redéployer les sommes disponibles.
Public :
Sur tes slides tu parles des PME, mais il y a aussi des très grands groupes, où tu dois signer parfois, même cinq pages de confidentiel défense, qui sont passées totalement chez Google.
OpenPony :
C’est évident.
Public :
Mais en même temps, ce qu’il y a c’est pourquoi ils passent aussi là-dessus ? C’est à cause du support. Moi je suis contre. Certains en fait, c’est que le support pour du Libre, payer quelqu’un quand tu as un problème « ah tiens, trouver Microsoft, ils vont aller trouver Linux. Ah c’est qui ? ». Il doit trouver une personne.
OpenPony :
C’est un peu dans les habitudes. Ce que j’explique, dans la petite session de formation que je fais, c’est que les problèmes qu’on a avec le Libre, il faut bien se dire qu’on n’est pas seul au monde et il y a forcément quelqu’un qui a eu le même problème. Le tout est de savoir faire une recherche comme il faut. Après, il y aussi un technicien Linux dans l’entreprise. Et puis, après, il y a aussi des boîtes qui ont bien compris, en montant leur business modèle, qui font du service sur du Libre. Eux, ils proposent vraiment le service, ils utilisent du Libre, et puis ils te vendent le support, pour justement ces entreprises qui pourraient être frileuses parce que Microsoft, il y a un support, Google il y en a. Petite info, pour Google, d’ailleurs, Google Drive, il y a deux, trois mois, ils ont changé leurs serveurs. Il y a eu un petit bug ; les documents, pendant deux jours, n’étaient plus disponibles. Dans une boîte, c’est un peu embêtant, quand on ne peut pas toucher à ses formulaires, ou à ses docs, qui ne sont pas disponibles pendant deux jours, ou que les colonnes changent de place, les données changent de place. Ça, il y a aussi la perte de l’info quand on ne maîtrise pas la source. C’est très compliqué. Tu vois ?
Public :
Entièrement. Moi je l’ai dit à une de mes anciennes entreprises : les salariés qui ne travaillent pas c’est autant de salaires fois le nombre d’heures.
OpenPony :
C’est ça.
Public :
Juste pour rebondir sur les supports aussi. Moi je suis dans un, ce n’est pas vraiment une PME moi, que je travaille, ce n’est pas, non plus, le grand groupe énorme, et justement, les contrats de support Microsoft, la boîte en avait souscrits, et quand on allait les voir, à chaque fois, c’était comme les assurances, ça ne rentrait jamais dans le contrat. Ils disaient « non, non vous n’avez pas pris le contrat business +++, avec toutes les étoiles, qui va bien », et du coup, le support ne servait juste à rien, et, à la fin, ils ont fini par l’abandonner. Et sur le problème, par contre, des gros groupes, les fichiers excel qui se sont transformés en ERP de l’intégralité de la boîte, c’est un peu le gros frein aujourd’hui pour la migration. Parce que leur dire « on va passer sur LibreOffice », c’est l’intégralité de la facturation, de la compta, de tout ça qui tombe, et là, il n’y a pas moyen de faire demi-tour. Aujourd’hui, là-dessus, sur les PME qui viennent de démarrer, effectivement, si on leur dit que « non, les macros excel, ce n’est pas bien », il y a moyen de vite corriger le tir. Mais, une fois que c’est lancé, eh bien on a du Microsoft Office, on a, du coup, du Windows, on a tout qui vient avec. Internet Explorer, on l’a, eh bien, du coup, on va faire de l’ActiveX tout pourri pour faire des applications, et c’est un peu ce truc-là qui pose problème aujourd’hui dans les migrations des grosses boîtes quoi. Microsoft Office qui s’est transformé en ERP [10], en ERP on steroids . Parce que ça fait vraiment peur ce qu’ils sont capables de faire avec une macro excel. J’ai un gros client qui gère toute sa safety dans des fichiers excel. Le fichier fait 88 mégas. Il y a sept cent mille lignes de macros vps.
OpenPony :
D’autres questions, réactions ?
Public :
Bonjour. C’est peut-être un peu naïf, mais j’ai vu récemment, je ne sais plus quel article sur je ne sais plus trop quel site, que Windows 10 captait à près tout ce qu’il est possible d’imaginer pouvoir capter, et le renvoyait à Microsoft, sur les serveurs de Microsoft. Est-ce qu’on ne peut pas penser, peut-être naïvement, que ça pourrait commencer, à amener à une prise de conscience, en tout cas en ce qui concerne les OS dans les entreprises ?
OpenPony :
En fait, pour revenir sur Windows 10, ils ont annoncé, avec la nouvelle mise à jour, pour ceux qui ne sont pas au courant, qu’ils allaient mettre en place un système avec une identité unique sur l’OS. Donc, même ceux qui n’ont pas de compte Windows, ou de compte Microsoft, auront les infos qui retourneront chez Microsoft, avec toutes les données de connexion et autres, alors pour de la maintenance. Voilà. Je ne suis pas sûre, malheureusement, que les gens en aient conscience, dans la mesure où c’est plus ou moins présenté comme une mise à jour, où il faut juste cliquer, comme on clique sur n’importe quelle case à cocher de « j’ai lu les CGU » et, en gros, vous étiez cinq à les avoir lues. Malheureusement, je ne pense pas que les utilisateurs prennent conscience de ce qu’il y a derrière.
Public :
D’accord. Merci.
Public :
Là-dessus, on l’a vu avec Google. Google, dans les Android, c’est le même principe, personne ne râle. Pourquoi ça râlerait avec Windows 10 ? Il n’y a pas de raison !
OpenPony :
Eh bien, merci.

Applaudissements
[footnotes /]